Écrit par Mahdy Ibn Salah - Catégorie : Anecdote - - Affichages : 2802



Un jour que je débattais avec un frère de la question du Takfir et de la législation par autre chose que la révélation, j’ai été étonné d’écouter le discours de grands en provenance de la bouche de petits ! Même si le frère en question était une personne de science, qui avait étudié à la Mecque et en Egypte, et qui ne quittait pas sa chambre pour lire, étudier et visionner des cours sur son pc, je remarquais en lui, toutefois, des failles comportementales comme celles de mépriser celui qui ne sait pas, de mettre en évidence ses erreurs en public, ou de lire le Coran, à haute voix, la lumière allumée pendant que les colocataires dorment...

 

Ayant passé la nuit chez ce frère, nous avons arrêté le débat pour éviter que celui-ci finisse en mésentente et en dispute. Et, dans mes pensées, la nuit, je cherchais à comprendre la contradiction en lui, que je ressentais en moi sans que je ne puisse la mettre en évidence ou la prouver !

 

C’est alors que le Muezzin appelle à la prière du Fajr, que j’allume la lumière plus de 30 minutes, et que le réveil du frère sonna plus de 10 fois sans que ce dernier ne se lève pour faire sa salat, alors qu’il me voyait prier !

 

J’ai compris de cette anecdote que la science qui ne permet pas l’action est une science futile qui augmente, entre nous et notre Seigneur, la distance ! Que le comportement est une preuve ! J’ai compris que la hiérarchisation véritable ne devait pas s’opérer par rapport à la quantité mais bien par rapport à la qualité. Et que celui qui connaissait peu mais bien, c’est-à-dire pratiquant ce qu’il sait était de loin supérieur à celui qui connaissait beaucoup mais mal, c’est-à-dire sans profondeur et sans compréhension. J’ai compris ainsi que la majorité des gens se trompait à ce niveau puisqu’elle privilégiait la forme sur le fond, la quantité sur la qualité, et l’apparence sur l’intériorité… Et que la petitesse d’une personnalité était proportionnelle à son étroitesse d’esprit, découlant, à son tour, d’un manque de sincérité, d’où le fait que les sectaires n’arrivent pas à comprendre !



Nous pouvons illustrer notre propos par l’exemple des khawaridjs, qui étaient des égarés avec une belle forme puisqu’ils étaient des adorateurs chevronnés, avec le comportement le plus laid ! En effet, leur adoration était animée par une fausse sincérité puisque relative, c’est-à-dire qu’ils cherchaient à plaire à leur ego par la recherche de l’agrément divin, si bien qu’ils surpassaient les compagnons dans la lecture du Coran et les prières nocturnes, leurrés qu’ils étaient par l'idée d'eux-mêmes hissés au rang d'idole ; au point d'ailleurs d'avoir été nommés « chiens de l’enfer !» par le Prophète sws en raison de leur ressemblance à Iblis dans son illusion passionnelle !

 

Je ne regrette pas, en conséquence, d’avoir privilégié la spiritualité, ces dernières années, et la science des profondeurs sur l’apprentissage traditionnel, quoique l’accès aux principes nous ouvre les portes à toutes les ramifications…

 

 

En conclusion,

 

Fais donc attention, mon frère et ma sœur, à l’illusion,

Par laquelle ne profite aucun savoir,

Aussi belle puisse être ton adoration,

Si, en parallèle, tu manques à tes essentiels devoirs…

 

La sincérite est la porte, par excellence, qui mène à la vérite !

 

 

Mahdy Ibn Salah

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