Écrit par Mahdy Ibn Salah - Catégorie : Apbif (ahbachisme) - - Affichages : 1488

 

 

 

Dans un cours vidéo diffusé sur internet, un professeur de l'Apbif[1] compare ceux qui lisent les versets du Coran et les récits de la Sunna selon leurs sens apparents à des personnes qui pensent que l'expression française « poser un lapin » implique la présence d'un lapin...

A partir de cette image, il justifie la nécessité de quitter la littéralité de tous les versets et récits équivoques qui décrivent Allah avec des attributs présentant une ressemblance nominale avec ses créatures, pour leur trouver d'autres sens qui n'entreraient pas en contradiction avec la révélation.

Il est triste qu'un professeur puisse enseigner une doctrine sur laquelle se regroupent des milliers de musulmans à partir d'une image : « la parabole du lapin »! Je me suis, à la vue de cette vidéo, attristé de voir comment autant de musulmans s'accrochent encore à cette idéologie de vouloir exempter, à tout prix, et ce, au niveau des termes de la langue, Allah de l'espace et du temps ! Et la plus grande des preuves qui justifie simultanément ma tristesse est que cette idéologie n'a point existé de l'époque du meilleur des hommes : notre Prophète ! Que dis-je ! Aucun prophète n'est venu avec la mission d'exempter à Allah le corps nominalement, oui aucun... N'y avait-il pas dans le Coran et la Sunna de quoi justifier votre voie au point qu'une image ait pu servir d'argument ? N'est-ce pas là la preuve que votre voie ne repose sur rien ? Et pourtant toute une mouvance s'est construite sur ce credo dont la fausseté est occultée par la logique de son discours, la logique de ses paraboles... Toute logique n'est cependant pas bonne à prendre puisque quand elle est limitée, elle ne peut revendiquer l'universalité. Ainsi, un cas particulier ou une parabole ne doivent aucunement servir de support à une règle générale ! Il y a, effectivement, une différence de taille entre une parabole authentique qui donne une règle générale à partir d'un cas particulier et une autre qui particularise une règle générale ! Et, c'est à la seconde catégorie qu'appartient la parabole du lapin, citée par notre professeur de l'Apbif.

Notre professeur insiste sur le fait que le Coran a été révélé certes : « en une langue arabe claire »[2] Mais y a-t-il de la clarté dans l'usage d'un discours perpétuellement imagé? En effet, s'il est vrai que parfois certains mots peuvent quitter leur sens apparent, il est important de souligner que c'est uniquement dans des cas particuliers ! Un lapin reste toujours un lapin en dehors de l'expression : « poser un lapin ». Ainsi, la règle veut que le mot lapin signifie lapin à l'exception des expressions dans lesquelles le mot signifie autre chose ! Le professeur de l'Apbif commet, par conséquent, une erreur en utilisant une image relative à un cas particulier pour justifier une idéologie qui veut faire de l'exception une règle ! En effet, pour les membres de l'Apbif tous les attributs par lesquels Allah se décrit dans le Coran et la Sunna doivent être interprétés quand ils présentent une ressemblance nominale avec la création! Ils ont établit toute une mouvance sur cette base idéologique inexistante de l'époque prophétique et vont jusqu'à jeter l'anathème sur ceux qui se contentent de la littéralité des textes dans la description d'Allah. C'est par souci de préserver l'incomparabilité d'Allah que les membres de l'apbif ont adopté cette idéologique de chasser tous les versets et récits équivoques pour leurs trouver d'autres sens que le sens apparent ! Mais l'égarement ne peut que frapper celui qui s'éloigne de la voie tracée par l'ultime messager... En effet, aussi noble soit-elle, l'intention des membres de l'Apbif ne justifie pas le recours à l'interprétation des récits et versets équivoques sur la base de l'élimination successive des sens autres que peuvent porter un terme quand ceux-ci s'opposent à d'autres versets et récits. En effet, quitter la littéralité pour préserver la pureté de la description divine mène à deux autres altérités, une doctrinale et une autre pragmatique :

– Celle de croire qu'Allah a voulu nous induire en erreur en ne nous disant pas ce que réellement Il a voulu dire !

– Et celle de faire dire à Allah ce qu'Il n'a pas dit car ni Allah, ni son messager n'apportent d'éclaircissements sur la majorité des versets et récits équivoques

Les défenseurs de la littéralité veulent autant que vous, mes frères et sœurs de l'Apbif, préserver l'Unique Divinité de l'imperfection ! C'est pourquoi, nous pensons que la meilleure des choses à faire en ce qui concerne les nombreux récits et versets équivoques, est de suivre l'exemple des meilleurs des hommes, ceux des premières générations, c'est-à-dire en les laissant tels qu'ils sont dans la révélation tout en précisant qu'Allah n'a aucune commune mesure avec sa création, la ressemblance est uniquement nominale comme l'est la description du paradis contenue dans le coran avec le paradis lui-même. Quelle énergie, il y a à perdre à courir derrière la résolution de questions accessoires qui se règlent en une seule phrase : « Allah est tel qu'il s'est décrit, et c'est lui qui donne le sens des mots qu'il emploie ! Si contradiction, il y a, elle ne peut provenir que du lecteur qui se standardisera dans les sens des termes qu'il lira. » Le premier antropomorphiste est, avant tout, celui qui quitte la littéralité puisque avant de l'avoir quitté il a fallu au préalable comparer....

Mahdy Ibn Salah

 

Participant à cette conversation

  • Le Prophète (sws) a dit: « Celui qui voit un acte blâmable qu’il le change par la main ; s’il ne peut pas, alors par la parole ; s’il ne peut pas, qu’il le réprouve dans son cœur, et cela est le degré le plus faible de la foi. » {Rapporté par Mouslim} Qu'ALLAH délie ta langue pour que tu sois mieux compris. Macha'ALLAH mon Frère c'est bien de montrer la Vérité publiquement même si certains aime la réfuter. Qu'ALLAH nous guide et qu'ALLAH guide par nous.

    il y a environ 6 ans
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