Écrit par Mahdy Ibn Salah - Catégorie : Développement collectif - - Affichages : 1447
 
Chapitre I
La méthodologie
 
Le terme « Minhaj » que signifie en français « méthodologie » traduit la voie de la réalisation d’un objectif ou le chemin qui mène à destination. Un verset du coran soutient : « A chacun de vous Nous avons assigné une législation et un plan à suivre. »[1] La science de la méthodologie est la science qui traite de l’établissement de la voie à suivre ou de l’acte à accomplir en vue de réaliser un objectif. Elle se propose de rechercher l’acte meilleur qui concilie au mieux la réalité du contexte et l’idéalité du but. La science de la méthodologie a pour finalité, au sein d’une association, d’organiser ses différentes composantes, d’assurer la pérennité de la dynamique et d’atteindre les objectifs. Une société qui réunit un ensemble d’individus doit impérativement s’organiser.
 
Sans la structuration, c’est le déclin qui survient immédiatement car les hommes sont dotés d’une âme égoïste qui a tendance à se standardiser en matière de plaisir et de peine et cela au détriment du confort et de l’appréciation de son prochain. Ainsi, la vie d’un groupe s’entretient et se conserve par l’organisation de ses différentes composantes et la fixation de limites permettant d’éviter sa destruction par l’intérieur. La science de la méthodologie est une science plus que indispensable car la longévité d’un ensemble est fonction de l’organisation des éléments de ce dernier. En effet, sans une organisation chargée d’assurer la pérennité d’un ensemble, c’est l’anarchie qui l’emportera, entraînant, de surcroît, l’incapacité de l’association à résister à un système hostile et mieux organisé. Notre prophète a mit en relief la nécessité de l’organisation de la communauté musulmane au moyen de la parabole suivante : « L’image des croyants dans les liens d’amour, de miséricorde et de compassion qui les unissent les uns aux autres est celle du corps : dès que l’un de ses membres se plaint de quelque mal, tout le reste du corps accourt à son secours par la veille et la fièvre. »


Cette tradition illustre de manière pertinente la nécessité de s’organiser, car en effet le corps à l’instar d’une société se doit d’organiser, d’harmoniser l’action des membres qui le composent afin de subsister. Si la main souffre, c’est tout le corps qui doit réagir afin de remédier à la douleur de ce membre. A partir de là, il devient compréhensible que si l’on ne soucie guère de la situation de nos frères et sœurs insouciants, c’est comme si l’on amputait un élément d’une chose composée, qui à force s’affaiblira jusqu’à l’impuissance.
Le récit précédent révèle que la communauté musulmane doit à l’instar du corps humain, se coordonner, s’organiser afin d’assurer son bien être. La parabole met en évidence, la naturelle « responsabilisation » de l’ensemble du corps, si une partie de ce dernier viendrait à souffrir. Or, la souffrance d’un membre a pour cause une détérioration de sa nature, une opposition par rapport à son mouvement naturel. Ainsi, à l’imitation du corps, les musulmans doivent s’organiser, s’unifier derrière la volonté de leur dirigeant, afin de soigner la douleur de leurs frères et sœurs qui s’éloignent de leur propre nature : celle d’adorer leur Seigneur. Les « méthodologues » sont ceux qui proposent et organisent, lors des conseils, les idées assurant la réalisation des objectifs du groupe et conceptualisent une action en vue de leur concrétisation. Ils constituent le bureau de la dynamique associative et sont supérieurs en mérite par rapport aux membres ordinaires car ils sont pour le groupe ce que le coeur est pour le corps. Leur responsabilité est supérieure à celle d’un membre quelconque car leur défaillance engendre plus de dégâts à l’échelle collective.


Questions
 
  1. Qu’est-ce que la science de la méthodologie ?

  2. Quelle est la finalité de la science de la méthodologie au sein d’une association ?

  1. Pourquoi la science de la méthodologie est-elle nécessaire ?

  1. Qui sont les méthodologues ?

  2. Pourquoi les méthodologues sont supérieurs en mérite ?

 
Chapitre II
L’association
 
La réunion des membres de la communauté musulmane est l’un des bienfaits de la prédication de notre noble prophète qui a mit en relief, dans un grand nombre de traditions, la nécessité d’être et de rester en groupe. Une association est une structure qui réunit un ensemble d’individus dans la finalité de réaliser des objectifs communs. Une tradition soutient effectivement : « Soyez en groupe car celui qui s’éloigne du groupe s’éloigne pour l’Enfer. »[2] Dans un autre récit, le prophète a dit : « Le croyant par rapport au croyant est comme la construction d’un édifice dont tous les éléments se soutiennent (Et, il croisa les doigts en guise d’illustration). » Ce récit révèle que les musulmans doivent s’unir dans l’intention d’élever et de consolider l’édifice de l’islam. Les versets du coran qui vont dans ce sens abondent : « Et cramponnez-vous tous ensemble au câble d' Allah et ne soyez pas divisés. »[3],« Cette communauté, la vôtre, est une seule communauté. »[4] « Craignez Allah et maintenez la concorde entre vous. »[5] « Et ne soyez pas parmi les associateurs, parmi ceux qui ont divisé leur religion et sont devenus des sectes, chaque parti exultant de ce qu'il détenait. »[6]


C’est parce que l’individu se consolide et se protège par le groupe, et le groupe par les individualités que la division et l’individualisme sont strictement interdits dans l’islam car sans l’unification de la communauté musulmane, c’est l’islam qui dépérira au profit de la réalisation de l’intérêt d’une cause fausse, égoïste et injuste d’un autre groupe hostile. La création d’une association est nécessaire car l’effort collectif est plus bénéfique que l’effort individuel puisque le partage des tâches par spécialisation intensifie la force. Elle permet, en outre, de protéger l’identité et la pratique individuelle des membres contre un environnement hostile à l’épanouissement de la foi. Un récit soutient que : « Satan est avec celui qui est seul et de deux personnes il se trouve plus éloigner. » Il faut savoir que le musulman qui s’isole de ses frères et sœurs de foi contribue, inconsciemment ou pas, à la perte de sa communauté et donc à la décadence de sa religion car un individu ne peut exister sans un groupe et  s’il n’y a pas affiliation à un groupe de l’islam alors il y a nécessairement affiliation à un autre groupe, qui lui risque fort probablement d’être hostile puisque reposant sur des principes non islamiques ! Or, les mouvements de l’environnement comme la mode peuvent constituer un groupe. Un verset du coran met en relief l’interdiction absolue de consolider ou de soutenir les mécréants dans leur système injuste : « Ne sois donc jamais un soutien pour les mécréants. »[7] Notre passivité face à l’injustice et nos désobéissances à Dieu sont des facteurs de la décadence de l’islam puisque profitant aux ennemis de ce dernier ! Il est donc nécessaire d’adhérer à une dynamique associative qui profite le plus à notre foi. Une association est complète quand elle réunit six éléments :
  • une autorité

  • une constitution

  • un bureau

  • des membres

  • des activités

  • une consultation

 
Questions
 
  1. Qu’est-ce qu’une association ?

  2. Pourquoi l’adhésion à une dynamique associative est-elle nécessaire ?

  3. Quelles sont les différentes composantes nécessaires à la création d’une association ?

 
Chapitre III
L’autorité
 
C’est par la soumission à l’autorité que s’est réalisé l’intérêt divin. L’autorité est l’instance supérieure chargée d'harmoniser l’action des membres d’une association. En effet, le but de l’être humain consiste à n’adorer que Dieu par la réalisation de son unicité dans la fin d’unifier les cœurs des hommes. Ce but n’est réalisable sans la soumission à un prophète chargé de transmettre la volonté divine. Notre prophète ne parlait pas, effectivement, de son propre chef : « Et il ne prononce rien sous l’effet de la passion. »[8] Ainsi, la soumission au prophète équivaut à la soumission à Dieu puisqu’il ne faisait que transmettre la volonté divine. Un verset du coran précise : « Celui qui obéit au Messager, obéit certainement à Allah. »[9] C’est la soumission à cette volonté divine qui peut engendrer l’unification et l’harmonisation de la communauté musulmane car étant unique. Ainsi, sans Dieu l’union des hommes est impossible : « Et, rappelez-vous le bienfait d’Allah sur vous : lorsque vous étiez ennemis, c’est Lui qui réconcilia vos cœurs. Puis, par son bienfait, vous êtes devenus des frères. »[10] « Il a uni leurs cœurs par la foi. Aurais-tu dépensé tout ce qui est sur terre tu n’aurais pu unir leurs cœurs, mais c’est Allah qui les a unis, car Il est Puissant et Sage. »[11]« Celui qui meurt sans s’être jamais lié par un pacte d’allégeance meurt d’une mort de la période d’ignorance. »[12] Dans un verset du coran, Allah dit : « Ô les croyants ! Obéissez à Allah et obéissez au messager et à ceux d’entre vous qui détiennent le commandement. »[13] A travers ce verset intemporel, nous avons une autre preuve que le musulman doit toujours obéir à une autorité supérieure et qu’il doit, par conséquent, toujours en avoir une. Dans le cas contraire, il doit adhérer à un groupe ou, s’il n’y en a pas, travailler à la fondation d’une association. Un autre récit confirme cette volonté divine d’unifier la communauté même en l’absence du prophète : « Celui qui obéit à mon émir m’a certes obéit et celui qui m’obéit a obéit à Allah. Celui qui désobéit à mon émir m’a certes désobéit et celui qui me désobéit à certes désobéit à Allah. »[14] Dans ce dernier récit le prophète veut assurer la conservation du projet divin en sanctifiant le respect de l’autorité en son absence. L’autorité est une fonction lourde car elle doit gérer les besoins de l’ensemble. Notre prophète nous a avertit : « Vous vous empressez à obtenir le commandement alors que ce sera une source de remords le jour de la résurrection. »[15] Le calife Omar savait l’importance d’une telle fonction, c’est pourquoi il était d’avis qu’il est préférable de désigner celui qui possède les compétences requises pour une fonction, et ayant le minimum de droiture personnelle exigée, sur celui qui a atteint un niveau de foi plus important mais n’ayant pas les compétences requises. L’autorité doit donc vérifier, d’une manière générale, certaines caractéristiques indispensables :
  • une piété

  • une vision large

  • une science ferme

  • une disponibilité

  • une force de caractère

  • un amour du risque

  • un beau relationnel

     

Le droit de l’autorité, c’est d’être obéit loyalement et son devoir est d’écouter ses sujets ainsi que de privilégier l’intérêt du groupe sur ses propres intérêts. Le prophète disait à ce sujet : « Chaque fois qu’un responsable prend en charge les affaires des musulmans puis ne se dépense pas à leur service et ne veille pas loyalement à leur sauvegarde, il ne rentrera pas avec eux au Paradis. »[16] L’autorité doit agir avec douceur, sans imposer des tâches difficiles et en  veillant à l’intérêt de ses sujets. Aïsha rapporte qu’elle a entendu le messager de Dieu dire : «  Seigneur ! Jette dans la peine et la difficulté quiconque prend en charge une partie des intérêts de ma nation et la soumet à la peine et à la difficulté et Sois doux avec quiconque prend en charge une partie des intérêts de ma nation et la traite avec douceur. »[17] Un groupe ne peut s’épanouir sans une autorité juste, équitable et pleine de compassion. Le prophète a dit : « Tout homme à qui Dieu a confié la gestion des intérêts d’un groupe, s’il meurt en trompant ses administrés, Dieu lui interdit le paradis. »[18] Le Prophète a dit pour finir : « Celui qui nomme un homme à la tête d'un groupe de gens alors qu'il sait qu'il s'y trouve un qui est plus compétent, celui-là a trahit Dieu, Son Messager et l’ensemble des croyants. »[19] C’est pourquoi l’autorité n’est pas fixe car peuvent adhérer dans le futur des personnes plus qualifiées et plus compétentes pour diriger. C’est l’autorité qui se situe entre l’union des hommes et l’unicité de Dieu qui est susceptible de relier ces deux dernières entités. La fixation d’une autorité est donc nécessaire car d’elle, dépend la cohésion du groupe. L’obéissance à l’autorité devient fondamentale car sans cette dernière l’unité du groupe est mit en péril. Il vaut mieux parfois s’unir dans l’erreur, en ce qui concerne les œuvres surérogatoires, que de se désunir par la vérité car l’union est plus importante que les œuvres surérogatoires puisque étant obligatoire. C’est pourquoi l’obéissance à l’autorité est une prescription fondamentale de l’islam sans laquelle le musulman est incomplet et l’intérêt divin de faire triompher la religion n’est point réalisable. Le prophète disait :
 
Questions
 
  1. Qu’est-ce que l’autorité ?

  2. Pourquoi la fixation d’une autorité est nécessaire ?

  3. Pourquoi l’autorité est une charge lourde ?

  4. Quelles sont les qualités indispensables de l’autorité ?

  5. Quels sont les droits et les devoirs de l’autorité ?

  6. Pourquoi l’obéissance à l’autorité est fondamentale ?

  7. Pourquoi l’autorité revient au plus méritant

 
Chapitre IV
La constitution
 
Dès son arrivé à Médine notre prophète a ressentit la nécessité d’organiser sa nouvelle communauté. C’est pour cette raison qu’il a définit par l’entremise d’une constitution les droits et les devoirs des différents groupes d’individus composant la nation indépendante de Médine. Une constitution est un ensemble de principes et d’objectifs sur lesquels se réunissent les membres d’un groupe. En effet, il n’y avait pas, à cette époque, d’organisation politique à Médine. Chaque tribu constituait une unité indépendante, qui ne reconnaissait aucune autre autorité si ce n’est celle de son propre chef. Il fallait ainsi concilier ces tribus, dissiper leurs rivalités, organiser cette population hétérogène et disparate, créer les conditions d’une coexistence pacifique entre les différents groupes, définir les droits et les devoirs des musulmans d’un coté et ceux des non musulmans de l’autre, organiser la vie collective, la doter d’institutions judiciaires, financières, éducatrices et militaires… Un document tenant lieu de loi organique fut donc rédigé sous la dictée du prophète durant la période médinoise afin de réglementer les rapports de la nouvelle communauté. C’était la première constitution écrite dans l’histoire. L’Islam a donc  construit dès son apparition un Etat de droit, un système organisé, fondé sur une constitution et des lois formant ce qu’on appelle la chari’a, dans la fin de faire régner la justice dans la cité. Ainsi, l’élaboration d’une constitution est indispensable si l’on tient à assurer la pérennité d’une association car sans un ensemble de principes chargés de restreindre ou d’encadrer les tendances égoïstes, il y a impossibilité de réaliser un objectif commun puisque les âmes tendent à se normaliser. Une constitution se compose de différentes parties :
  • La présentation structurale

  • L’objectif

  • Les moyens de la réalisation de l’objectif

  • La méthodologie

  • Les rôles

  • Les limites des fonctions

  • Les sanctions et les récompenses

  • Le relationnel interne et externe

  • La fréquence des consultations



Questions
  1. Qu’est-ce qu’une constitution ?

  2. Pourquoi une constitution est-elle nécessaire ?

  3. Quelles sont les différentes composantes d’une constitution ?



Chapitre V
Les membres


Un membre est une personne qui adhère aux objectifs d’une association, suit les directives de son autorité et participe à ses activités. Les membres permettent donc la réalisation des objectifs d’une association. L’appel à l’adhérence est nécessaire car plus une association est dynamique et complexe plus elle réclame des membres. Sans une augmentation des membres, c’est la capacité de l’association qui se paralyse. Allah a dit : « Donne leur l’exemple des cités quand leur vinrent les envoyés, quand nous leur envoyâmes deux et qu’ils les traitèrent de menteurs, nous renforçâmes nos deux envoyés par une troisième et ils dirent vraiment nous sommes envoyés à vous. »[20] Le prophète a, par ailleurs, invoqué Allah de la manière suivante : « Seigneur renforce l’islam par celui que tu préfères : Omar Ibn al Khattab ou Abou Lahab Ibn Hicham.»  Il existe différents critères sur lesquels se définit l’adhérence des membres :
  • Le passif

  • L’actif

  • Le régulier

  • L’irrégulier

  • Le spécialisé

  • Le polyvalent

  • Le mineur

  • Le majeur

  • Le lié

  • L’indépendant

  • Le meneur

  • Le suiveur

     

Le passif est celui qui subit l’activité comme par exemple l’étudiant. L’actif est celui qui participe à la dynamique comme par exemple l’enseignant. Le régulier est celui qui est constant tandis que l’irrégulier est celui qui est inconstant. Le spécialisé est celui qui surpasse les autres dans une discipline. Le polyvalent est celui qui maîtrise plusieurs disciplines et qui peut se spécialiser dans chacune d’entre elle. Le mineur est celui dont l’action au sein de la dynamique n’est pas prioritaire dans sa vie et le majeur est celui dont la dynamique est prioritaire. Le lié est celui qui est relié à la dynamique tandis que l’indépendant est celui qui participe sans adhérer comme par exemple un professeur. Le meneur est celui qui possède l’aptitude de diriger et qui est novateur dans sa pensée tandis que le suiveur est celui qui est dépendant, en grande partie, d’autrui dans son comportement. C’est en fonction de ces critères que l’autorité distribuera les tâches et les fonctions des membres. Signalons que l’adhérence à une association donnée ne veut pas dire contribution à la division de la communauté. La secte sauvée ne regroupe pas une catégorie particulière mais contient tous ceux qui donnent le meilleur d’eux-mêmes pour le triomphe de l’islam. En effet, ce principe permettra de justifier et d’expliquer la naturelle division de la communauté par spécialisation. La divergence est une chose inévitable, il nous appartient donc de la gérer et cela par la recherche de l’atteinte de l’idéal commun, en harmonisant l’action des différents groupes par la soumission à une autorité commune. C’est la sincérité des musulmans qui seule peur unifier les différentes dynamiques car le sincère ne peut que tendre vers le meilleur et l’union est préférable à l’indépendance surtout quand cette dernière est interdite et nuisible !
 
Questions
 
  1. Qu’est qu’un membre ?

  2. Quel est le rôle des membres ?

  3. Pourquoi l’augmentation des membres est nécessaire ?

  4. Quels sont les différents critères d’adhérence ?

  5. En quoi l’adhérence à une association ne doit pas diviser la communauté ?

 
Chapitre VI
La consultation
 
Le prophète convoqua une sorte d’assemblée générale à laquelle participèrent les musulmans et les non musulmans. Cette assemblée s’est tenue dans la maison d’Anas et tous étaient d’accord pour se constituer en communauté-Etat. Une consultation est une séance qui réunit les membres d’une association en vue de discuter de la méthodologie. Un verset fait allusion à ce principe constitutif de la société musulmane : « Ceux qui répondent à l’appel de leur Seigneur, accomplissent la prière et se consultent entre eux à propos de leurs affaires, dépensent de ce que Nous leur attribuons. »[21] Une consultation régulière est nécessaire car toute dynamique a besoin de faire un état des lieux de la situation en vue de parfaire son action et d’éviter sa disparition sous la vague du système dominant. Les axes fondamentaux d’une consultation sont :
  • Le bilan

  • Les déficiences

  • Les obstacles

  • Les remèdes

  • La proposition d’activités nouvelles

  • Le partage des tâches



Une consultation se déroule de la manière suivante : l’autorité introduit et fait un état des lieux de la situation actuelle. Il se charge de voir si les tâches fixées par la consultation précédente ont été respectées. Un tour de cercle lui permet de recueillir par écrit les déficiences, les obstacles et les remèdes. L’autorité distribue ensuite les taches amélioratrices. Un compte-rendu sera établi pour la prochaine séance.
 
Questions
 
1)       Qu’est-ce qu’une consultation ?
2)      Pourquoi une consultation régulière est-elle nécessaire ?
3)      Quels sont les axes fondamentaux d’une consultation ?
4)      Comment se déroule une consultation ?
 
Chapitre VII
Les activités
 
L’activité est l’action qui résulte de la recherche de l’atteinte d’un but. C’est elle qui confirme ou infirme, enrichit ou affaiblit notre intention et notre finalité. L’action est un témoin de notre croyance. Un verset du coran met en évidence que l’homme agit dans tous les cas : «Ils ont en contrepartie des actions pour lesquelles ils s’investissent. »[22] Celui qui n’agit pas n’a pas de but. On agit toujours pour ce que l’on croit. C’est pour cela que le suicide a pour origine le constat de l’inaccessibilité d’un but. La foi est comparable à un feu que l’on alimente en bois, et le bois représente ici les actions. Une règle célèbre affirme que la foi augmente par les obéissances et diminue par les désobéissances. L’action permet ainsi le raffermissement ou la détérioration de la foi. On peut faire un étroit parallélisme entre la foi et l’action d’un individu et les objectifs et les activités d’une association. Il existe deux sortes d’activité :
  • intellectuelle

  • physique



La théorie sans la pratique ne mène à rien parce que la théorie n’a de sens que par la pratique et la pratique sans la théorie ne dure pas car sans la théorie, il n’y a pas d’organisation assurant l’épanouissement de l’œuvre. L’architecte sans ouvrier n’arrivera jamais à mettre sur pied son œuvre, si cette dernière réclame plusieurs ouvriers, et les ouvriers qui bâtissent sans architecte construiront un édifice fragile et instable. Ainsi, il faut joindre l’idéologie à la pratique, si l’on veut parfaire une dynamique associative. Une association vit et se fortifie par les activités qu’elle propose. Plus elle proposera des activités, plus elle se renforcera.
 
Questions
 
1) Qu’est-ce qu’une activité ?
2) Pourquoi l’activité est-elle nécessaire ?
3) Quelles sont les différentes sortes d’activité ?
4) Pourquoi la jonction entre ces deux sortes d’activité est-elle nécessaire ?

[1] C5/48

[2] Boukhari

[3] (C3/103)

[4] C23/52

[5] C8/1

[6] C30/31-32

[7] C28/86

[8] C53/3

[9] C4/80

[10] C3/103

[11] C8/63

[12] Moslim

[13] C4/59

[14] Boukhari

[15] Boukhari

[16] Moslim

[17] Moslim

[18] Boukhari

[19] Hakim

[20] C36/13-14

[21] C42/38

[22] C23/63

 
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