Écrit par Mahdy Ibn Salah - Catégorie : Hizb Tahrir - - Affichages : 1642

 

Wa ahléikoum salam akhi al karim

 

Comme je l'ai écris dans mon dernier article: «  il existe justement différentes formes de démocratie en fonction de la nature et des limites de ce « pouvoir », ainsi que de l'entièreté ou de la fraction de la participation de la population à celui-ci. » Il est donc réducteur de limiter la souveraineté uniquement au pouvoir législatif car il existe différents autres pouvoirs comme le pouvoir judiciaire, exécutif, économique ou médiatique...

 

Il est important de revenir au pouvoir législatif puisque c'est sur ce pouvoir qui repose toute la problématique car les tenants d'un avis extrémiste, parmi lesquels se trouvent en premier plan les khawaridjs, considèrent que celui-ci est la propriété exclusive d'Allah en se basant sur la parole divine: « Le jugement n'appartient qu'à Allah »1 Dans un autre verset du coran, Allah dit: « Et ceux qui ne jugent pas d'après ce qu'Allah a fait descendre ceux-là sont les mécréants! »2 A partir de ce dernier verset, ils excommunient tous les musulmans qui reviennent au niveau législatif à une loi étrangère à la Shari'a. En quoi, « porter plainte » par exemple, impliquerait le « koufr », si grâce à cette plainte, j'ai des chances de retrouver un objet volé par l'entremise des registres de la police?

 

La question capitale qui se pose à présent est: le domaine législatif appartient-il entièrement à Allah? La réponse se trouve dans le même verset qu'utilisent ceux qui excommunient car Allah attribue l'acte de juger aussi à l'homme. En effet, un autre verset appuie notre thèse: « Et juge parmi eux d'après ce qu'Allah a fait descendre. »3 Donc le jugement est humain mais la base de celui-ci doit être divin. C'est pourquoi, Allah attribue le qualificatif de « juge »(hakaman) à des hommes pour reprendre un argument d'Ibn Abbas: « Si vous craignez le désaccord entre les deux [époux], envoyez alors un arbitre (un juge) de sa famille à lui, et un arbitre (un juge) de sa famille à elle. Si les deux veulent la réconciliation, Allah rétablira l'entente entre eux. »4 Il est donc important de bien traduire le sens du terme « hukm »! Fait-il référence exclusivement au pouvoir législatif ou inclue-t-il aussi le pouvoir judiciaire, c'est-à-dire respectivement le pouvoir de faire et de défaire des lois, ainsi que celui de trancher entre différents partis, ou relativement à des contextes particuliers, parfois en opposition avec les références comme dans le cas du vol par exemple (la sentence de couper la main s'applique-t-elle en période de disette, contre des pauvres qui ne reçoivent pas leur zakat, contre des voleurs de biens de moindre valeur, ou d'objets exposés sans indication de l'existence d'une propriété ?)

 

Nul doute que, pour nous musulmans, le pouvoir judiciaire est humain et que le pouvoir législatif doit être divin! Le sens du concept « khalifat » illustre pertinemment cette assertion puisqu'il synthétise les deux pouvoirs, en octroyant à l'homme le devoir de représenter et de faire régner, en toute liberté, la justice divine sur terre. A partir de là, il est important de souligner que la base législative, dans ses ramifications, ne peut être complète sinon le concept de liberté perdrait toute sa signification! L'homme possède, par conséquent, une part dans le domaine législatif, et c'est à partir de cette part que les différents corpus et écoles de droit ont vu le jour dans le monde musulman! En effet, pour prendre un exemple, le délai de viduité de la femme divorcée est-il de 3 périodes menstruelles ou de 3 période de pureté? Car le terme « qourou » visé par le verset du coran est utilisé dans la langue arabe pour les deux périodes.

 

En conclusion, il existe un domaine où le législatif divin est clair et un autre où il est équivoque et implique par conséquent une participation humaine par l'interprétation (exemple précédent du terme qourou), ou le développement (interdiction du hachich sur la base de l'interdiction de l'alcool).

 

A partir de là, il est évident que la démocratie occidentale qui octroie au peuple ou aux députés le pouvoir de faire et de défaire des lois sur une autre base que divine ou contre cette même base est contraire à l'essence même de l'islam et implique l'excommunication de celui qui légitime un tel système organisationnel pour l'islam ou le considère meilleur que ce dernier.

 

Cependant le caractère associateur du système démocratique occidental n'implique pas nécessairement l'excommunication de celui qui y participe. En effet, la participation par laquelle l'intention n'est pas l'octroi absolu du pouvoir législatif au peuple, grâce à une définition islamisée du concept de la démocratie, mais uniquement l'accès à l'autorité afin justement d'améliorer le système et la situation des musulmans, alors cette participation est permise tant qu'elle n'implique aucunement une négation des principes de la foi musulmane, même si elle nous contraint à faire des concessions stratégiques.

 

Ainsi, le but de mes analyses du « maqdissime » n'est pas de légitimer la démocratie ou d'intégrer ce concept à l'islam! Mon but est d'encourager les musulmans à se présenter aux municipales, par la réfutation des idées maqdissistes, car la foi d'une population dominée est liée à son autorité. Par la victoire, nous assurerons par déduction une progression de l'islam, et ce pas uniquement dans les villes gagnées mais aussi dans toutes les contrées de France grâce justement à la symbolique de cette victoire, comme cela est arrivée d'ailleurs dans les années 90, en France, avec la victoire du FIS en Algérie. Et beaucoup de villes en France sont très accessibles!

 

Et dans le cas où nous n'avons pas de candidats alors je légitime le principe du « vote pour le moins pire » tant que ce vote n'implique pas adhésion au programme mais visent uniquement la victoire du plus proche de nos intérêts, surtout quand notre abstention risque de renforcer nos véritables ennemis. Et la preuve se trouve dans le coran : «Les Byzantins ont été vaincus, dans la contrée voisine, et après leur défaite, ils seront les vainqueurs, dans quelques années. »5 En effet, les mecquois associateurs se réjouirent de la défaite des byzantins, gens du livre, proche du monothéisme contre les perses adorateurs du feu. Et c'est pourquoi, le prophète et les croyants furent heureux de la révélation de ce verset et prirent le parti des byzantins dans leur conflit qui les opposa aux Perses.

 

A partir de ce récit, il est permis de prendre partie dans un duel, opposant deux non musulmans, en faveur du moins pire ou du plus proche de nos intérêts, ou contre le plus hostile...

 

Mahdy Ibn Salah

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5C30/2

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