Écrit par Mahdy Ibn Salah - Catégorie : Hizb Tahrir - - Affichages : 1720

 

 

Bien que non mandaté par Hizb ut-Tahrîr, je me propose de dissiper un certain nombre de confusions faites dans l’article ci-dessous référencé, qui ne cite aucune source d’origine. Cette absence totale de référence aux ouvrages publiés et adoptés par Hizb ut-Tahrîr (qui en a pourtant édité plus d’une centaine) explique tous ces amalgames. Or la présentation d’une école de pensée doit se faire en puisant à la source même et non pas en se basant sur des références de seconde main. Pour des raisons de méthode, je formulerai mes remarques en suivant un ordre thématique.


1°) Hizb ut-Tahrîr n’est pas fondé pour libérer la Palestine


Il est faux de dire que Hizb ut-Tahrîr est fondé « au départ dans la fin (sic) de libérer la Palestine. » En effet, sa création à al-Qouds (Jérusalem) en 1372/1953 est une réponse à une injonction coranique : « Qu’il y ait parmi vous une communauté qui prêche le Bien et ce qui est décent, et proscrit ce qui est blâmable ; ce seront eux les bienheureux. » Cette injonction est formulée à titre d’obligation comme le prouvent de nombreux indices, dont ceux mentionnés dans le hadith suivant : « Par Celui qui détient mon âme entre Ses mains ! Vous devez assurément préconiser les bonnes actions et déconseiller les mauvaises. Sinon, vous risquerez d’encourir un châtiment de Dieu, puis vous L’implorerez sans que vos invocations soient exaucées. » Cette noble mission qu’est la transmission de l’islam ou da‘wah a pour objectif la reprise de la vie islamique, interrompue depuis l’abolition du Khalifat  en 1342/1924 par Mustapha Kemal, homme lige des Britanniques. Or Hizb ut-Tahrîr conçoit le Khalifat comme le seul moyen permettant de revivre pleinement l’islam. Du reste, ce Khalifat est indispensable pour faire renaître la ’Oummah de ses cendres et mettre en vigueur les prescriptions islamiques, aujourd’hui abandonnées. La vocation du Khalifat est précisément d’être un commandement général des musulmans du monde entier en vue de l’application des prescriptions de la charia et la propagation de l’islam à travers la Terre tout entière. De ce fait, le Khalifat n’est pas « la somme des états (sic) islamiques gouvernés et administrés par un seul », mais l’Etat  unique, qui verra le jour dans une aire géographique donnée, pour s’étendre progressivement par la suite jusqu’à englober le monde islamique dans son ensemble. A long terme, le Khalifat sera même mondial, comme le prouve ce hadith : « Dieu m’a rassemblé la Terre, et j’en ai vu l’orient et l’occident. Le pouvoir de ma Nation s’étendra à tout ce qui m’a été rassemblé. » Quant à la libération de la Palestine, elle coule de source une fois le Khalifat rétabli. Mais elle ne peut se faire autrement que sous la bannière de ce Khalifat, pour la simple raison qu’une terre occupée ne peut être libérée que par les armes, que les armes ne sont détenues que par une armée, et qu’il ne peut y avoir d’armée sans Etat. D’ailleurs, la Palestine n’a pu être spoliée qu’après l’abolition de l’Etat islamique ; ce, malgré les tentatives répétées du sioniste Théodor Herzl auprès du sultan ‘Abd-al-Hamîd et les offres alléchantes faites à ce dernier. En outre, la Palestine n’est pas le seul territoire islamique occupé ; d’autres comme le Cachemire, la Tchétchénie, l’Andalousie, etc. sont également sous occupation, et doivent islamiquement être reconquis. A cet égard, le Khalifat n’est pas seulement une obligation légale pour l’application effective de l’islam. C’est aussi une nécessité politique pour protéger les musulmans et préserver leur intégrité territoriale.

2°) Pourquoi le rétablissement du Khalifat est-il capital ?


Une prise de conscience politique devrait permettre de percevoir le rôle capital dévolu à l’Etat dans la vie d’une nation. C’est pourquoi les oulémas dignes de ce nom ont appelé le Khalifat l’ "Obligation mère" (’Oumm al-farâ’id). Et pour cause, l’application de la plupart des prescriptions de l’islam en dépend. En effet, si des pratiques religieuses (‘ibâdât) comme la prière, la zakat ou le jihad ne peuvent être préservées sans l’intervention de l’Etat, que dire alors du système du pouvoir, du système social, du système économique, du code pénal, de l’éducation, de la politique étrangère ! Il n’y a donc pas lieu de s’étonner de « la focalisation sur l’instauration du califat ». Car si Hizb ut-Tahrîr se focalise effectivement sur le Khalifat, ce n’est pas qu’il faille « œuvrer pour quelque chose d’illusoire et donc […] gaspiller du temps et de l’énergie à scander des slogans au détriment d’une action instantanément bénéfique pour la communauté ». C’est bien plutôt parce cet Etat islamique est la condition sine qua non pour l’application de l’islam à l’intérieur, sa propagation à l’extérieur, l’unification de la ’Oummah et la proclamation du jihad libérateur. En outre, le Khalifat est aussi un remède efficace contre la médiocrité intellectuelle, la misère morale et l’indigence matérielle qui rongent les musulmans d’aujourd’hui.


3°) Le rétablissement du Khalifat précédera nécessairement le Mahdî


Nombre de hadiths authentiques annoncent l’avènement du Mahdî, qui viendra faire régner la justice sur Terre à une époque de grands troubles. Mais aucun de ces hadiths n’indique que le « […] Khalifat qui suivra la voie tracée par la Mission prophétique » sera initialement rétabli par le Mahdî. Bien au contraire, il est précisé que le Mahdî recevra à La Mecque le serment d’allégeance ou bay‘ah à son corps défendant quand « surviendra une divergence à la suite de la mort d’un Khalife […]. » Ce hadith est d’ailleurs confirmé par cet autre : « Un de vos Khalifes de la fin des temps distribuera les richesses sans compter. » Il apparaît ainsi que le Mahdî est un Khalife parmi d’autres Khalifes qui gouverneront à la fin des temps en appliquant le Coran et la Sounna suivant la voie prophétique. Il sera même le dernier à gouverner puisqu’il n’y aura après lui que le Messie. Son règne sera l’apogée en matière de réforme et de justice. Or un tel idéal de société ne peut être atteint tout d’un coup, mais progressivement suivant l’ordre des choses en matière de changement, d’où la nécessité d’œuvrer en amont pour préparer la venue du Mahdî. Pourquoi donc mettre en opposition ces deux évènements majeurs qui sont chronologiquement conciliables ? Sur quoi vous basez-vous pour estimer que « si la doctrine de l’avènement du califat prophétique avant celle de l’imam al-Mahdi est déconstruite alors c’est toutes les assises (sic) du Hizb Tahrir qui s’écroulent car le mouvement repose sur la probabilité du rétablissement avant la victoire des croyants » ? Selon toute probabilité, le rétablissement du Khalifat et l’avènement du Mahdî ne peuvent que se succéder dans le temps. Le Khalifat sera rétabli quand Dieu le voudra, comme annoncé dans le hadith. Quant au Mahdî, il viendra rétablir la justice peu avant la fin des temps, lorsque ce Khalifat aura régné avant  de disparaître de nouveau. Il ne s’agit donc pas, dans le cas du Mahdî, de « régler un problème déjà résolu », mais de remédier à une nouvelle éclipse du Khalifat. Même en supposant que le Khalifat annoncé sera rétabli par le Mahdî, cela ne dispense pas les musulmans d’assumer leur responsabilité en œuvrant, entre autres, pour l’accomplissement de cette obligation légale. Car Dieu promet certes à la ’Oummah suprématie, émergence et sécurité, mais cela signifie-t-il que nous devons croiser les bras en attendant cette victoire ? Le rétablissement du Khalifat reste incontestablement une obligation islamique que les musulmans ne peuvent négliger : il y va et de leur survie et de celle de leur civilisation. Ceux qui attendent passivement le Mahdî pour restaurer le Khalifat à leur place annoncent tout simplement leur démission. Une démission lourde de conséquences ici-bas et dans l’au-delà.


4°) Appeler à l’islam global ce n’est pas commencer par le haut


« Les membres du Hizb Tahrir font fausse route en pensant que d’accorder (sic) la priorité par le haut, c’est-à-dire au rétablissement du califat, réglera tous les problèmes de la Oumma ! » Encore une affirmation gratuite car, pour Hizb ut-Tahrîr, la restauration du Khalifat est tout un programme qui consiste, non pas à commencer par le haut, mais naturellement par la base. Ce, à travers trois grandes étapes, toutes issues du cheminement du Prophète (SA‘WS), dont la méthode est indissociable de l’idée islamique elle-même :


a)    l’étape d’instruction dans des cercles d’étude, pour approfondir la culture islamique des membres au niveau idéologique, juridique et politique, à l’image de ce que faisait le Prophète (SA‘WS) durant la période mecquoise, dans la maison d’al-’Arqam (la spécificité de l’islam étant que ces trois composantes sont fondées sur la spiritualité) ;


b)    l’étape d’interaction avec la société, une fois que le noyau du Parti est suffisamment dur pour mener la lutte idéologique et le combat politique contre tout ce qui est en contradiction avec l’islam, exactement comme procédait le Prophète (SA‘WS) lorsqu’il ordonna à ses Compagnons de sortir pour la première fois au grand jour en deux rangées, afin de proclamer publiquement qu’il n’y a d’autre dieu que Dieu et que Mouhammad est Son Envoyé ; il s’agit de préparer la société à l’application de l’islam en suscitant une opinion publique favorable à la mise en vigueur de la loi de Dieu, comme le faisait le Prophète à travers toutes ses actions publiques durant la période mecquoise ;


c)    l’étape de la prise du pouvoir, en s’appuyant sur des instances influentes, comme l’armée, en vue de conquérir le pouvoir et procéder sans tarder à l’application intégrale de l’islam ; cette demande d’assistance auprès d’instances influentes, le Prophète (SA‘WS) l’a faite en s’adressant à plus de vingt chefs de tribu. Il est à noter que, bien qu’il en soit aujourd’hui à l’aube de la troisième étape, Hizb ut-Tahrîr continue toujours et partout la phase d’instruction, car le Prophète (SA‘WS) n’a cessé de transmettre l’islam aux musulmans et de les instruire, même après la fondation de l’Etat islamique à Médine. En clair, la méthode consiste à opérer à la base en permanence, non seulement pour atteindre le haut de façon naturelle, mais aussi pour assurer la pérennité de cette même base.


5°) L’action islamique n’a pas le choix des armes

 

Il est inexact de soutenir que « les membres du Hizb Tahrir s’opposent […] aux actions bénéfiques et sociales en faveur (sic) de la communauté musulmane, quelques soient leur provenance (sic), car elles (sic) les considèrent comme des anesthésiants freinant le retour du califat puisque empêchant le renforcement doctrinal et le désir d'un changement radical ! » En effet, toute action bénéfique pour la ’Oummah est la bienvenue quelle qu’en soit la nature, puisque relevant des œuvres pies (ma‘roûf), instituées par l’islam. Ce que Hizb ut-Tahrîr dénonce, c’est le piège qui consiste à transformer un mouvement politique en organisation caritative ou autre : au lieu de poursuivre l’objectif initial déclaré qui consiste à changer la société par les idées, certains mouvements se consacrent entièrement à raccommoder les inégalités et injustices du système en place. Ce faisant, ils viennent au secours du statu quo au lieu de lui donner le coup de grâce par des actions idéologiques et politiques à la hauteur du défi. Cette dégénérescence – qui affecte plus d’un mouvement – ne peut s’expliquer que par le flou dans la vision politique. Quoi qu’il en soit, Hizb ut-Tahrîr ne peut se permettre de se laisser prendre à ce genre de diversion. Et pour cause, face à l’absence de l’islam en tant que modèle de société et à l’invasion du monde islamique, au sens propre comme au figuré, par des puissances impies, le musulman se trouve légalement devant une alternative : (1) l’action directe sur le front, le jihad étant ici défensif, et donc individuellement obligatoire (fard ‘ayn) ;

(2) le combat idéologique et politique pour changer la société de mal en bien grâce à l’islam.

Il n’y a pas d’autre choix possible. Or, si l’action directe sur le front permet certes de s’acquitter de cette obligation individuelle, cela ne garantit pas pour autant la réalisation du but même du jihad défensif, à savoir la libération des territoires islamiques occupés. Cela garantit encore moins le retour intégral de l’islam sur Terre, puisque les sociétés ne peuvent être changées par l’action armée, mais bien par les idées. En revanche, prôner l’islam global et indivisible permet d’aboutir au rétablissement du Khalifat qui, lui, non seulement se chargera de l’application de la charia, mais donnera aussi la priorité au jihad jusqu’à la libération totale du monde islamique. Ainsi, il ne s’agit pas de « perdre du temps à étudier la manière d’administrer un califat », mais d’être idéologiquement et politiquement préparé à ce changement radical que sera l’application intégrale de l’islam. Préparation indispensable pour prémunir les musulmans contre ces défections dont l’histoire abonde. Bref, Hizb ut-Tahrîr n’invite pas les musulmans à l’inconnu : une de ses spécificités, c’est précisément son programme détaillé de la vie islamique.


6°) Jihad offensif et groupe sauvé


« Leur mouvement [Hizb ut-Tahrîr] est aussi un mouvement non violent car le jihad ne peut être offensif à leur yeux puisque celui-ci ne peut exister que par la restauration du califat ! Ce dernier élément révèle que le Hizb Tahrir n'est pas le groupe sauvé, par excellence, mais un groupe parmi les nombreux groupes musulmans, plus ou moins louables, qui aspirent à la réforme de la communauté car le groupe sauvé ne cessera, quant à lui, de combattre à travers les époques et les générations ! » Les points d’exclamation qui ponctuent ces phrases sont une illustration de la surprise et de la dénonciation qu’elles expriment. Mais au fait, est-il possible que la ’Oummah ainsi fragmentée et incapable de s’autogérer elle-même entreprenne un quelconque jihad offensif ? A-t-on jamais vu, de mémoire d’homme, une nation sans consistance, sans Etat et sans armée acquise à sa cause partir à la conquête ? N’est-il pas déraisonnable, voire surréaliste, qu’une telle nation inscrive le jihad offensif à l’ordre du jour ? Car le jihad offensif est, par définition, un combat armé mené à l’extérieur des territoires islamiques, contrairement au jihad défensif qui, lui, comme son nom l’indique, consiste à repousser ou à évacuer les envahisseurs. De là vient justement la classification du combat armé en obligation solidaire (fard kifâyah) pour le jihad offensif et en obligation individuelle (fard ‘ayn) pour le jihad défensif. Les oulémas s’accordent sur cette classification. En clair, il ne peut y avoir de jihad offensif sans Khalifat. D’ailleurs, ce serait contraire à la méthode du Prophète (SA‘WS), qui n’a commencé le jihad qu’une fois édifié l’Etat islamique à Médine. Quant aux spéculations sur le groupe sauvé, Hizb ut-Tahrîr ne s’y livre point, peut-être faute de temps. D’autres que lui s’en occupent fort bien. Mais on ne peut que demeurer stupéfait devant ceux qui vous déclarent, le plus naturellement du monde, qu’ils représentent le groupe sauvé, quand ‘Oumar b. al-Khattâb lui-même exprimait ses craintes de faire partie du groupe des hypocrites ! Encore que Hizb ut-Tahrîr aurait pu, lui aussi, se revendiquer de ce groupe sauvé qui, d’après les hadiths, « se trouve dans la ville d’al-Qouds et ses alentours », lieu de naissance de ce Parti. Seulement, ce combat-là n’est pas le sien.


7°) Il faut savoir distinguer le bon grain de l’ivraie


A quoi vous référez-vous quand vous écrivez ceci : « Ils [les membres de Hizb ut-Tahrîr] s’opposent ainsi à toute introduction étrangère dans la gestion et l’administration du califat quand Omar Ibn al Khattab a copié le positif de l’empire Byzantin ! Ainsi, ils s’opposeront, par déduction, contre ceux qui adopteront une autre voie, particulièrement dans l'action politique car c’est leur domaine de prédilection comme le Hamas par exemple, d'une opposition par laquelle ils chercheront parfois à excommunier afin de montrer et de prouver l’exclusivité de la véracité de leur manière de procéder ! » ? La confusion est ici à son comble puisque Hizb ut-Tahrîr a pris soin, dans son programme, de définir la différence claire et distincte qui existe entre la civilisation culturelle (hadârah) et la civilisation matérielle (madaniyyah). La civilisation culturelle est l’ensemble des représentations idéologiques qui découlent nécessairement d’une certaine vision du monde, tandis que la civilisation matérielle est le résultat des connaissances scientifiques et techniques ; la première est spécifique, la seconde universelle. Autrement dit, il y a des éléments positifs et permis chez d’autres nations que les musulmans puissent et doivent intégrer et d’autres, négatifs et interdits, qu’ils ne doivent pas approcher. C’est ainsi que le Khalife ‘Oumar adopta l’organisation de la chancellerie byzantine, sans toutefois recourir à la moindre loi du droit romain. Et pour cause, la chancellerie est un dispositif administratif d’ordre purement technique, tandis que le droit relève de l’idéologie. Tout n’est donc pas à prendre ni à rejeter dans les autres cultures. Encore faut-il savoir faire la différence ! Par conséquent, quand Hizb ut-Tahrîr combat la démocratie en tant que système de pouvoir accordant la souveraineté au peuple comme source de loi et établissant la division du pouvoir en législatif, exécutif et judiciaire, c’est parce qu’il s’agit d’un système impie aux antipodes de la vision islamique, qui institue la législation en matière de permis et d’interdit comme prérogative de Dieu seul. Ce combat contre des dogmes et représentations incompatibles avec l’islam est la matière même de la da‘wah telle que prônée par le Prophète (SA‘WS). Il doit donc être mené toujours et partout, et le fait que ces conceptions étrangères à l’islam soient prêchées par des musulmans n’y change rien. En s’opposant à cette démocratie qui fascine certains musulmans, Hizb ut-Tahrîr n’excommunie personne et ne s’en arroge point le droit ; il ne fait que mener une lutte idéologique légitime et nécessaire « afin que plus aucun croyant ne soit tenté d’abjurer, et que le culte tout entier soit rendu à Dieu. » D’ailleurs, ce combat se situe au niveau des idées, non à celui des personnes.


8°) Hizb ut-Tahrîr combat le sectarisme


Il est étrange de lire une conclusion comme celle-ci, qui prend le contre-pied d’une introduction plutôt élogieuse : « Ainsi, la voie du Hizb Tahrir risque de générer un sectarisme naturel que la bay‘a (serment d’allégeance) consolidera, surtout quand les membres du Hizb Tahrir pensent que le futur calife de l’islam est un membre de leur Hizb ! » Hizb ut-Tahrîr n’a pas en effet de coloration patriotique, nationaliste ou sectaire. Présent aujourd’hui dans plusieurs dizaines de pays, par la Grâce de Dieu, il regarde les musulmans en tant que tels, sans considération aucune pour leur appartenance nationale, ethnique ou doctrinale (madhhab). D’ailleurs, son programme politique – qui existe dans plusieurs langues – intègre parfois des avis juridiques émanant de diverses écoles islamiques suivant un seul critère d’adoption : la preuve la plus solide. Le but de Hizb ut-Tahrîr n’est pas d’accéder au pouvoir en tant que groupe, mais d’édifier un Etat islamique digne de ce nom. Quant au choix du Khalife, il n’appartient qu’à la ’Oummah et à elle seule, et ne peut être consacré que par le serment d’allégeance dans les règles fixées par la charia. C’est donc à la ’Oummah, et non à Hizb ut-Tahrîr, que revient la désignation du Khalife. Ainsi, le véritable combat est celui du Khalifat, seul garant de la reprise de la vie islamique. Les grands de ce monde ne s’y sont pas trompés quand ils ont mis leurs suppôts en garde contre l’imminence de « ce Khalifat qui s’étendrait de l’Indonésie jusqu’au Nigéria. » Autant dire que les croyants sincères et actifs ne devraient pas oublier qu’ils auront à rendre compte de leur temps et de leur énergie le jour de la Rétribution. « Dieu fait toujours triompher Ses desseins, mais les hommes, pour la plupart, ne peuvent s’en douter. »


Sayyed Chinqiti

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