Écrit par Mahdy Ibn Salah - Catégorie : Médecine du corps - - Affichages : 833

hyperphagie

Salam alikoum Akhy,

Je souhaite intervenir inchaAllah suite à votre vidéo sur les troubles du comportement alimentaire, ayant été moi-même atteinte de la maladie de l'hyperphagie depuis mon enfance, et ce, pendant des dizaines d'années.

Votre analyse globale est juste, notamment sur les sources du déséquilibre comportemental ainsi que sur les remèdes proposés.

Cependant, je pense que vos propositions sont trop générales pour être comprises par les hyperphagiques, et je ne parle que de cette maladie car c'est celle que je connais bien. Ne comprend véritablement les tenants et les aboutissants de cette maladie que les personnes ayant personnellement vécu les effets dévastateurs de celle-ci.

Je m'explique. Le mécanisme de compensation alimentaire est venu s'installer chez moi suite à une défaillance affective de la part de mes parents. C'est par cette défaillance que le démon s'est installé "en moi". Ainsi, vous ne maîtrisez plus rien de votre comportement alimentaire, Sheitan (à travers la société) vous poussant à croire que vous manquez de volonté et que vous devez travailler votre volonté pour pouvoir vous en sortir. Or, cette maladie ne s'installe que parce qu'il y a différentes défaillances très importantes à plusieurs endroits: tout d'abord à l'endroit du Tawhid, car vous substituez à Allah l'effet calmant illusoire de la nourriture (et pas n'importe laquelle!!) par lequel vous pouvez "tenir" pendant des années dans cette illusion de calme, telle une drogue dure. Le piège de la nourriture vient notamment de son importance culturelle chez les maghrébins, ne considérant absolument pas la gourmandise et les excès alimentaires comme un péché. Bien au contraire, dans nos cultures, si vous tenez à quelqu'un, vous lui offrez les meilleurs mets possibles. Cela étant, cette mentalité devant être réservée à l'invité au départ, s'est retrouvée réservée à sa famille proche et est venue se substituer au devoir de prodiguer de l'affection. Ainsi, l'hyperphagique ne se rend pas compte qu'il a une énorme déficience au niveau de l'estime de soi (consécutive notamment d’un manque d’affection), car l'abondance de nourriture n'est pas, dans notre culture, considérée comme un mal en soi. Ajoutons à cela un manque d'éducation alimentaire, tant dans le comportement, que dans le choix des produits, et vous atteignez les sommets de l'hyperphagie. C'est la raison pour laquelle je pense que la proposition simple d'un "régime", sans étudier auparavant ce qui a amené la personne à devenir dépendante de substances addictives, est contreproductive, car vous ne traiterez que les symptômes sans traiter les causes de la maladie. Ceci favorisera l'emprise de plus en plus forte des démons, à travers les compulsions alimentaires de plus en plus intenses, par ignorance de ce qui nous pousse à manger frénétiquement sans réfléchir, et je dirais même sans en avoir la possibilité, car lors des compulsions alimentaires, la raison s'efface laissant place à la passion incontrôlée. En effet, ce qui alimente les démons est encore présent et ne permet pas de s'arrêter par sa seule volonté.

C'est la raison pour laquelle je pense que les régimes tels qu'ils sont proposés aujourd'hui par L'INDUSTRIE DU REGIME sont tous aussi vicieux que l'industrie alimentaire, car l'une provoque la maladie, et l'autre entretient comme c'est le cas avec l'industrie pharmaceutique qui entretient les maladies au lieu de les guérir. Car malgré leur apparence "logique", dans le sens où il est logique de proposer une diminution des calories pour obtenir une perte de poids, ou de proposer un apport quasi-exclusif de protéines pour faire fondre la graisse, ce ne sont que des solutions éphémères, je dirais même chimériques car elles donnent l'illusion que ça marche un temps (et c'est le cas!!!) sans travailler le fond du problème qui est d'ordre psychologique et spirituel, et laissant croire au gens qui ne réussissent pas qu'ils doivent s'acharner à répéter ce régime s'ils veulent que ça marche. Or dans le cas de l'hyperphagie, le régime hypocalorique par exemple n'est pas, selon moi, une solution à long terme, car le problème de l'hyperphagique est qu'il est dépendant du sucre raffiné et des farines raffinées. En effet, dans ce régime, on autorise des farines blanches et les sucres raffinés en petite quantité, or c'est là le stratagème satanique, car l'hyperphagique ne peut se défaire de sa dépendance que s'il supprime totalement et à vie les sucres et les farines raffinées, et qu'il respecte ce que vous avez proposé c'est à dire la non-association des glucides et des graisses (et je parle des glucides intégrales et non raffinées).

Je vous parle là de mon expérience, et cela n'est qu'une proposition tirée de mon expérience:

Il faut d'abord traiter les problèmes de fond, car la plupart du temps, le malade refuse d'aller chercher la souffrance qui est à l'origine de sa dépendance, exactement comme ce que vous faites lors de vos différentes roqyas.

Ensuite, par la découverte du problème, on accède à une certaine lucidité par la transformation interne de notre être (changement au niveau spirituel), ce qui permet une réunification de l'être, et enfin, on peut traiter le problème comportemental alimentaire strictement.

Cette deuxième partie est assez difficile car il faut accepter de "faire le deuil" du sucre et des farines raffinées, mais cela est tout à fait accessible aux personnes désirant accomplir leur Tawhid, car en effet, seule la volonté de plaire à Allah peut venir à bout de notre attachement au sucre et aux farines raffinées. Cela passe par unvéritable sevrage(suppression totale et à vie des sucres et farines raffinées) dont les symptômes sont les suivants (pour moi): irritation excessive, agressivité, froid intense aux extrémités des membres, insomnies, obsessions alimentaires, fatigue excessive, sensations de "trous" dans l'estomac. Ces symptômes de sevrage durent environ 5 semaines avant de se calmer.

Puis on lui substituera des aliments complets, bios, sans jamais toucher aux substances incriminées, sinon, les compulsions reprennent et vous perdez la main sur vous. Bien évidemment, la vie continue, et j'avais des épreuves qu'il fallait affronter sans cette mauvaise nourriture, ce qui est le plus difficile à supporter.

J'ai également fait une cure de désintoxication par le charbon actif, ce qui a éliminé les candidas (mauvaises bactéries intestinales) présents dans l'intestin et qui se démultiplient en présence de sucre.

Dans un troisième temps, j'ai progressivement diminué les glucides, même intégrales, car le corps de l'hyperphagique ne supporte pas les glucides en abondance, quelles que soient leurs formes, ces dernières alimentant les démons. De toute façon, la personne ayant retrouvé son esprit saura reconnaitre quelles sont les substances qui lui font « perdre la raison » avec l’expérience.

Je tenais à vous faire part de cette expérience car je pense que les personnes concernées, notamment les sœurs qui ont un énorme déficit affectif dans nos cultures, ont besoin d’être comprises dans leur maladie afin de créer le déclic qui va leur permettre inchaAllah de se prendre en charge. Les troubles du comportement alimentaires ne sont pas des problèmes de gourmandise, d’un point de vue strict. Il s’agit d’une fragmentation de l’être, non reconnue socialement, du fait justement qu’on la confond avec la gourmandise. waAllahoua3lam.

Je voudrais rajouter qu’il sera très difficile (voire impossible) de s’en sortir si le malade le fait pour les autres. Si celui-ci répond au culte de l’apparence et à l’attachement au regard des gens, il ne pourra pas accéder à cette intériorité nécessaire pour se délivrer de ses démons. Car ce travail demande beaucoup de patience, de courage, mais il est accessible à toute personne sincère inchaAllah, qui accepte de voir en face ses laideurs et qui veut plaire à son Seigneur.

BarakaAllahoufikoum d’avoir traité ce sujet ô combien vital pour les personnes concernées.

Hayet de Lyon.

 

Participant à cette conversation

  • Suite 2 : Si nous n’étions pas bien aimés, reconnus ou compris, nous nous reformatons pour nous adapter aux situations. Nous revoyons nos attentes à la baisse, nous ne demandons pas d’aide, nous ne montrons pas que nous avons besoin de réconfort ou que nous avons été blessés. Nous cessons d’espérer et nous commençons à ne compter que sur nous-mêmes pour nous offrir plaisir, confort et nourriture. Et nous commençons à manger, et à manger, et à manger.Amour et compulsions ne peuvent pas coexister.
    L’Amour est la volonté et la capacité à être touché par un autre être humain et à laisser ces effets influer sur nos paroles, nos actes et notre destin.La compulsion est l’acte de s’envelopper dans une activité/substance/personne pour survivre, pour tolérer ou endormir notre du vécu du moment.L’Amour est connexion : il implique la vulnérabilité, l’abandon, l’estime de soi; la stabilité, et la volonté de faire face à notre part d’ombre plutôt que de s’en enfuir;

    il y a environ 1 an
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  • Suite 1 : Les aliments sont devenus les choses les plus proches de l’amour que nous connaissions.Beaucoup d’entre nous nous tournons vers la nourriture pour remplacer l’amour depuis si longtemps que nous ne connaissons plus la différence entre manger pour aimer ou aimer pour aimer. Nous ne reconnaitrions pas l’amour même s’il nous renversait… Pas parce que nous sommes ignorants, mais parce que nous n’avons jamais été bien aimés, nous ne savons pas ce que l’amour procure, nous ne savons pas ce qu’est l’amour.La conséquence est que si nous n’avons pas été bien aimés, nous ne pouvons pas nous aimer non plus. Les comportements compulsifs sont donc à la base un manque d’amour de soi, ils sont la manifestation de notre croyance que nous ne sommes pas assez bons.Nous commençons à manger de manière compulsive pour des raisons qui ont à voir avec la façon d’aimer et la quantité d’amour dans notre vie ou son absence.

    il y a environ 1 an
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  • Extraits de " Lorsque manger remplace aimer", Geneen Roth :
    Les compulsions sont un signe de désespoir au niveau émotionnel : les substances, les personnes ou les activités auxquelles on est accro sont celles qu’on croit capable de nous débarrasser de notre désespoir. L’amour est ce à quoi nous aspirons depuis toujours. Nous ne voulions devenir compulsifs envers rien, mais nous l’avons fait pour survivre, nous l’avons fait pour ne pas devenir fous. C’était bon pour nous.La nourriture était notre amour et l’alimentation était notre manière d’être aimé. La nourriture était là quand les parents ne l’étaient pas. La nourriture ne se lève pas ni ne nous quitte comme notre père le faisait. La nourriture ne nous blessait pas. Elle ne disait jamais non, elle ne nous battait pas, elle ne buvait pas trop. La nourriture était toujours là. Elle avait bon gout. Elle était chaude quand nous avions froid et elle était froide quand nous avions chaud.

    il y a environ 1 an
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  • Salamoualaykoum
    Vous avez trouvé la bonne voie ma soeur, tout est lié j'en suis persuadée et pas uniquement ce qui concerne les troubles alimentaires mais beaucoup d'autres maladies ont pour cause l'alimentation.
    Je vous conseille d'ailleurs le lien suivant

    http://conscience-et-sante.com/barath-wladislas/

    il y a environ 1 an
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