Écrit par Mahdy Ibn Salah - Catégorie : Médecine du corps - - Affichages : 2079

 

Es salam alikoum,  je suis la maman d’un enfant autiste ted, non verbale, âgé de 7 ans. Je souhaite plus que tout au monde que mon fils puisse parler un jour... Je nourri cet espoir depuis tellement d’années bref, qu’est ce que vous me conseillez de faire pour mon fils svp barraka llahoufik ya akhi.

 

wa ahleik salam,

 

Sachez ma sœur qu’il y a une sagesse dans la maladie et l’handicape. En effet, selon une tradition le prophète a dit « Après avoir crée les descendants d'Adam, Dieu les lui montra et lui dit : « O Adam! Ceux-là sont tes descendants ! » Adam les regarda et vit qu'il y avait parmi eux le mutilé, le lépreux, l'aveugle et toutes sortes d'autres malades. Adam dit : « O Seigneur! Pourquoi as-Tu fait cela de mes descendants ? » Dieu dit : « Pour que les gens voient l'ampleur de Mes faveurs et se montrent reconnaissants. » »[1]

 

Comprenez qu’une chose pour qu’elle soit évidente a besoin de son contraire. « C’est par les contraires que les choses se distinguent » énonce un adage célèbre. La nuit ne serait point ce qu’elle est sans le jour, ni la richesse sans la pauvreté, ni la lumière sans les ténèbres, ni le bien sans le mal…

 

Ainsi, dans la création des cieux et de la terre, il est nécessaire qu’il y ait des contraires négatifs aux choses positives car sans ces contraires, les choses positives ne seraient point ! Or, ces contraires sont nécessaires pour compléter et équilibrer notre spiritualité puisque celle-ci possèdent aussi des stations contraires comme la crainte et l’espérance, la patience et la reconnaissance…

 

C’est pourquoi, sans les maladies et les handicapes, les bonheurs et les malheurs, Allah ne pourrait pas éprouver notre patience et notre reconnaissance ! Il nous éprouve directement afin de tester notre patience, mais il nous éprouve aussi indirectement, en éprouvant autrui afin de tester notre reconnaissance d’avoir été exempté de son épreuve !

 

 Il ne faut, par conséquent, pas regarder le mal indépendant de son inscription dans globalité car nous risquerons de fauter à l’endroit de la justice divine, en reniant l’existence d’Allah, en se mettant en colère contre Lui par le délaissement de sa religion, ou en s’opposant à son destin…

 

Comprenez ma sœur, que la non acceptation du destin est une maladie bien plus grave que l’handicape de votre enfant ! Nourrir une espérance mal placée risque de vous rendre malade à votre tour et d’augmenter la maladie de votre enfant! Je vous invite à vous soumettre au décret divin et à patienter sans nourrir d’espérance mal placée…

 

L’espérance mal placée consiste à asservir l’espoir à une passion, une opposition au destin, ou à un interdit. Ainsi, l’espérance mal placée est une forme de chirk car l’on espère non en Allah directement mais l’on utilise le Créateur pour atteindre une créature comme celui-ci qui espère en Allah, augmente en dévotion afin d’obtenir l’objet de son amour ! Il puise une conviction et une force spirituelle non pour Allah mais pour une chose d’ici-bas ! Quel rabaissement ! Allah ne mérite-t-il pas cette espérance sans la créature qui a généré votre stimulation ?!?   

 

Je m’attriste de voir qu’aujourd’hui, les musulmans veulent guérir de maux en ne respectant pas les deux règles suivantes :

  • -          Placer sa confiance en Allah
  • -          User d’une voie légale

 

Refuser le destin, ou ne pas accepter sa propre laideur, ou ne pas comprendre sa propre souffrance ou penser qu’un raqy indépendamment de nos actes peut nous être utile, empêche effectivement la réalisation de la première condition. Et, il ne sert à rien d’aller voir tous les raqys du monde, si nous pensons obtenir la guérison indépendant d’une réforme intérieure et d’une croyance en la toute puissance divine !

 

Ceux qui pensent qu’une personne étrangère, quelque soit sa notoriété et sa piété, peut leur être utile indépendamment de leur propre spiritualité ne guériront jamais, même si aujourd’hui, ils ont abandonné les sorciers et les marabouts, et qu’ils savent que seul Allah guérit car le chirk ne consiste pas uniquement à penser qu’en dehors d’Allah, des créatures possèdent des pouvoirs réservés à Lui comme celui de guérir mais consiste aussi à croire qu’une créature peut nous être utile spirituellement sans que nous fassions d’efforts !

 

Je viens de mettre l’accent sur une forme subtile d’associationnisme moderne qui explique, en partie, l’explosion du nombre de demandes de roqya, et par déduction l’état spirituel chaotique de notre communauté, qui veulent des résultats et du bonheur sans fournir les efforts associés, et sans reconnaître qu’ils sont les principaux causateurs de leur propre malheur !

 

Mahdy Ibn Salah

 

 

 

 

   

 



[1] Ibn Abi Hatim

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