Écrit par Mahdy Ibn Salah - Catégorie : Médecine du corps - - Affichages : 804


Salem alaycoum cher frère Mahdy,
tout d'abord je voulais vous remercier pour tout vos enseignements qui m'ont été très profitable hamdu lillah. Vraiment je ne sais pas si vous avez conscience de l'impact positif de vos vidéos que l'on peut visionner sur youtube. Qu'Allah vous récompense, qu'Allah fasse en sorte que vous soyez encore meilleure que ce que je pense de vous et qu'Il vous pardonne pour tout ce que je ne sais pas. Je me permets d’insister sur ce point car vos séminaires et conférences ont suscité en moi que des bonnes choses al hamdu lillah.
Sinon je me suis permise de prendre votre adresse mail sur la chaîne youtube car je ne trouve pas d'issue à ma situation. Ayant connaissance de votre profession de thérapeute je vous expose mon problème concernant l'alimentation afin d'avoir vos conseils. Depuis l'âge de 6 ans j'ai toujours eu des problèmes de poids par excès de nourriture, je vous épargne les détails et j'en arrive à l'âge de mes 17 ans ou j'ai décidé de consulter une diététicienne. J'ai perdu 20kg en 2 ans al hamdu lillah. C'est la méthode du GROS, c'est à dire qu'on ne fait pas de régime, on réapprend à manger, on respecte tout simplement sa satiété et sa faim sans se priver. Pendant trois ans la nourriture n'étais plus un problème, je mangeais sereinement et avec plaisir. 
Mais depuis 2 ans, tout a changé, manger est une obsession pour moi, hamdu lillah je n'ai repris que 5 kg car je mange uniquement quand j'ai faim et 2 repas par jours, mais dés que je commence à manger, une sensation de vide me pousse à manger au delà de ma faim sobhanAllah. Ce qui me gêne c'est le fait que je ne sois pas sereine face à ça. C'est devenu pesant insupportable, j'y pense toute la journée ça me colle à la peau ! Je ressens une sorte d'oppression au niveau du cœur, et un vide immense au niveau du ventre, un vide lourd pesant. Plus je me dis que je ne craquerai pas, plus cette sensation de vide augmente et plus la pression au niveau de mon cœur s'intensifie. 
Alors j'attend d'avoir faim pour manger, mais mes repas je les passe dans le stress, le stress de ne pas savoir quand je vais pouvoir m'arrêter, le stress à cause de cette sensation de vide qui me suit tout le long du repas jusqu'au moment où je suis remplie, c'est un calvaire. Et a la fin du repas, une sensation de culpabilité m’envahit, je n'ai qu'une envie c'est de faire sortir tout ce que j'ai mangé. il m'est arrivé une fois de me faire vomir, c'était il y a un mois environ, et c'est là que j'ai compris que j'avais un sérieux problème. 
Alors avant qu'il ne soit trop tard il faut que je réagisse mais je ne sais pas quoi faire, ni comment faire. Je me sens incomprise, et je m'en veux tellement car la solution semble tellement simple pourquoi je n'arrive pas à me contrôler comme ça ? pourquoi je ne m'arrête pas au moment de la satiété ? Lorsque je parle de ce problème autour de moi, on me dit il faut que je mange moins de sucrerie par jour (oui car je ne vous ai pas dit un détail important, mais je craque toujours sur du sucré, notamment le chocolat et les gâteau), ou qu'il faut que je contrôle mon stress ou encore qu'au moment de ressentir ce vide lourd et pesant je n'ai qu'à prier 2 rak'at ou écouter du coran. Tout ces conseils viennent de personnes pleines de bonnes intentions à mon égard mais j'ai l'impression que personne comprend que c'est plus profond. J'aimerai suivre ces conseil et y arriver mais il me faut plus qu'un mode d'emploi, si c'était si simple je ne vous écrirai pas aujourd'hui. Je me suis renseigné sur la boulimie et l'hyperphagie et je retrouve dans ces pathologies des symptômes qui me sont propres. Qu'en pensez vous ? Je ne sais pas vers qui me tourner, ni comment faire pour m'en sortir. ce problème à l’alimentation me suis depuis toute petite, ça muse je n'en peu plus, je veux m'en débarrasser. J'aimerai pouvoir manger normalement sans me poser 30 000 questions, j'aimerai manger sereinement, et arrêter sans cesse de penser à ça...
Je vous ai raconter ma situation très très brièvement, si vous avez besoin d'autres éléments pour m'apporter vos conseils, je vous les apporterai volontiers. Qu'Allah fasse que vous ayez le temps de répondre à ce mail et qu'Allah me donne la solution à travers vos conseils.
Vous remerciant d'avance barakAllahoufik, qu'Allah vous protège.

Wa 3aleikoum salam, okhty al karima

Sachez que manger au-delà du besoin, c’est nourrir les démons qui nous possèdent jusqu’à ce que la graisse prenne l’ascendant sur le muscle et que ne se déforme la morphologie corporelle.

 Comprenez qu’à force de nourrir les démons qui nous possèdent, nous risquons d’inverser la pression, en devenant consécutivement impuissant face à leurs désirs de manger que nous allons subir.

Aussi, si j’ai bien compris votre problème : celui-ci résulte d’une pression qui vous dépasse, et qui vous pousse à manger pour manger, et non pas manger pour vous rassasier car manifestement vous avez réussi à apprendre à bien manger grâce à votre diététicienne.

C’est pourquoi, afin de remédier à votre problème, il faut comprendre comment votre démon parvient à devenir dominant jusqu’à générer, chez vous, une addiction à la nourriture.

Généralement, l’addiction vis-à-vis d’une chose résulte d’un manque essentiel non comblé. En effet, quand nous avons des manques non comblés, nos diables aspirent à combler ces manques par la création d’une addiction parallèle susceptible de nous faire oublier ces manques non-comblés.

D’ordinaire, le manque non comblé qui génère des addictions est celui de l’affection car la plupart des personnes victimes d’addiction souffrent effectivement de solitude.

Dans les années 1970, un professeur en psychologie de Vancouver, Bruce Alexander, avait remarqué que les rats seuls observés dans leur cage, où il y avait deux biberons : un possédant de l’eau pure et un autre possédant de l’eau mélangé à de l’héroïne, n'avaient rien d'autre à faire que de se droguer.

 Il avait donc construit un parc à rats, une cage confortable où les rongeurs pouvaient jouer, se nourrir, et disposaient de tunnels où s’amuser, et étaient entourés de semblables.

Dans le parc, les rats avaient goûté aux deux biberons, ne sachant pas ce qu'ils contenaient. Dans leur grande majorité, les rats qui menaient la belle vie n'étaient pas attirés par l'eau additionnée d'héroïne. Ils buvaient en moyenne un quart de ce que les sujets isolés consommaient, et ne développaient pas de dépendance. Aucun n'y succombait. A l'inverse, les rats isolés ou malheureux devenaient rapidement accro. 

A partir de cette expérience, on peut déduire que c’est notre solitude qui peut développer notre addiction à la nourriture. Aussi, la solitude peut être une faille par laquelle notre démon devient dominant jusqu’à nous imposer une pression de manger.

C’est pourquoi, à titre thérapeutique, je vous invite à vaincre votre solitude, soit par la compagnie, soit par l’instauration d’un cadre et d’un programme de vie car il existe des personnes qui sont hyperphagiques et boulimiques, tout en étant mariées car la solitude n’est pas que physique, elle peut être aussi spirituelle quand une personne, par exemple, est absente malgré sa présence !

Je ne sais pas si cette analyse est susceptible de répondre à vos questionnements ?

Wa bilahi ta3ala chiffa
Mahdy Ibn Salah
  
   
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