Écrit par Mahdy Ibn Salah - Catégorie : Principologie - - Affichages : 2640

 

 

 

Quelques éléments pour comprendre

la méthodologie de lecture des textes scripturaires

qu'est la Zahiriya

 

 

Avant tout j'aimerais souligner que je ne suis pas un Zahiri au sens complet du terme dans le mesure où je ne suis pas un fanatique de cette école de droit, et que je n'adopte pas, par déduction, toutes ses fatawas, bien que la zahiriya soit plus une méthode de lecture qu'une école de jurisprudence. J'ai puisé, en réalité de la Zahiriya les principes que je juge être les plus à même de nous rapprocher de l'islam des sources et je laisserai à chacun le soin de juger de la pertinence de ceux-ci, en vous exposant ci-après les deux principales règles:

 

  • Seule la révélation c'est-à-dire le Coran et la Sunna sont des arguments. Les paroles des hommes quelques soient leur degré et leur station ne valent que lorsqu'ils vont dans le sens de ces deux références.

  • Personne n'a le droit de s'arroger des privilèges divins en se mettant entre les hommes et les textes de la révélation, de sorte de faire écran et par déduction d'écarter de la voie droite

     

La première règle indique que nous sommes tous à égalité face aux textes scripturaires. L'application d'un texte implique toutefois l'acquisition d'un minimum de connaissances, comme celle de la langue arabe et des différentes variantes d'un texte à appliquer. Ainsi, l'application d'un texte est à la portée de tous et de toutes tant que le texte est compris dans ses deux dimensions que sont la profondeur et la surface c'est-à-dire tant quand le sens du terme central est bien assimilé et que le texte soit situé dans son espace et dans son époque afin de ne pas tomber dans l'erreur d'appliquer quelque chose d'abroger.

 

Ainsi, l'application d'un texte est légitime lorsqu'elle est contextualisée et qu'elle vérifie toutes les significations que regorge la thématique centrale du texte. Ce principe nous permet de nous préserver de la lecture faussée des égarés qui usent d'arguments vrais pour justifier leurs erreurs comme les pseudo salafis qui veulent pratiquer aujourd'hui les hadiths relatifs à la loyauté vis-à-vis des gouverneurs, même tyranniques, quand leur définition du terme « gouverneur et de la tyrannie » est totalement différente de celle employée par notre noble messager ou même par nos pieux prédécesseurs! En effet, nos salafs définissaient le gouverneur par ses responsabilités parmi lesquelles se trouvent le devoir de faire respect la législation divine, le défense des intérêts de la religion et de la communauté, et l'aspiration à l'hégémonie musulmane sur la terre afin de réaliser la volonté divine qui veut que l'islam domine sur terre! Quelle différence par conséquent il y a, entre al Hajjaj et Moubarak? Différence, justement occultée par la lecture biaisée du Coran et de la Sunna que la zahiriya nous permet d'éviter.

 

La zahiriya s'est distingué ainsi par sa lutte acharnée contre l'expropriation de droits et de prérogatives prophétiques ou divines par les savants comme ce fut le cas pour les Juifs dont les Rabbins éloignèrent de la voie droite par leur mauvaise lecture! En effet, comme la science n'est pas accessible à tous et à toutes alors le risque de voir des savants corrompus ou sectaire éloigner le peuple de la voie droite en entachant leur lecture des textes scripturaires d'égoïsme, par leur mauvaise compréhension ou leur hypocrisie, est grand!

 

C'est dans ce sens où la zahiriya est une méthodologie réformatrice et combattive puisqu'elle se donne pour challenge de défendre la pureté des textes, la fidélité à l'application du Tawhid et la raison des fidèles contre toutes les formes dérivées du Taqlid (imitation aveugle) et de l'abandon de l'intelligence à des hommes quelques soient leur degré et leur mérite!

 

Le savant n'est donc savant pour le zahiri que lorsqu'il rapproche par ses connaissances le fidèle du Coran et de la Sunna ou qu'il étend la signification d'un texte de manière légitime1 afin de l'appliquer en dehors de son contexte. Le retour aux savants ne se fait donc pas dans toutes les situations comme les pseudo-salafis qui ont institutionnalisé la mauvaise pratique de téléphoner en Arabie pour toutes les interrogations même les plus évidentes, quand Allah nous demande clairement dans le Coran de questionner les gens du rappel uniquement dans le cas de notre ignorance! C'est pourquoi les Zahiri ne reviennent vers les savants que lorsque leurs échappent les connaissances nécessaires pour la bonne application d'un texte scripturaire!

 

Les réformateurs, de tout temps, ont très souvent été influencé par la zahiriya dans ses principes comme le Cheikh Albani ou les frères musulmans car ils vérifient justement les caractéristiques de la parole prophétique suivante: « Il y aura parmi vous ceux qui combattront pour l’interprétation (authentique) de ce Coran comme j’ai combattu pour sa révélation. »2 Quelle école si ce n'est la zahiriya lutte pour la pure interprétation du Coran et de la Sunna? Voilà, j'ai écrits ce texte pour mettre en évidence ce qui m'a essentiellement séduit chez la zahiriya, c'est-à-dire le côté réformateur de sa méthodologie!

 

Mahdy Ibn Salah

 

 

1Par le respect des principes d'extraction de règles

2Ahmed

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