Écrit par Mahdy Ibn Salah - Catégorie : Spiritualité - - Affichages : 583


A 3aleikoum salam, okhty al karima,

Mon objectif à travers mon article n’était pas de mettre en opposition chez l’homme : l’amour des enfants et l’amour de son épouse mais de mettre l’accent sur la notion de pureté et de miséricorde dans l’affection.

En effet, l’amour des enfants est plus pur dans la mesure où dans une tradition rapportée par Boukhari, notre prophète dit : « Allah a fait que la rahma (la Miséricorde) comprenne cent parties. Il a retenu auprès de lui quatre-vingt-dix-neuf parties, et il a fait descendre sur terre une partie : de là vient que les créatures sont compatissantes les unes vis-à-vis des autres. Au point que la jument lève son sabot par crainte de toucher son poulain »

Aussi, à travers mon article, j’aspirais à ce que les lecteurs et les lectrices comprennent que si notre Tawhid contemplatif serait pur alors nous serions convaincu : « qu’il n’y a de miséricorde et d’affection que par Allah » dans le sens où même la miséricorde que la mère peut porter pour son enfant est une miséricorde qu’Allah dépose dans sa poitrine !

Généralement, je profile les diablesses humaines par leur manque de miséricorde à l’endroit des enfants car, en effet, si une femme est privée de miséricorde à l’endroit du fruit de ses entrailles alors c’est qu’elle est évidemment maudite et la malédiction va se traduire chez elle par une inconscience vis-à-vis de ses états maléfiques !

C’est pourquoi, l’affection et la miséricorde que peut susciter un enfant, est lié à son innocence, innocence qui peut refléter le divin absorbant car Allah peut effectivement se trouver derrière la douleur ou l’innocence comme l’atteste une tradition authentique qui révèle qu’Allah peut se trouver derrière l’affamé, l’assoiffé et le malade, de sorte que si nous donnons à boire à l’assoiffé, si nous donnons à manger à l’affamé, et si nous visitons le malade alors nous n’aurions fait que nourrir et visiter Allah dans le sens où c’était Lui qui nous éprouvait à travers ces personnes dans le besoin de sorte de nous récompenser par rapport à notre réaction !

La tradition rapportée par Mouslim dit : « Ô fils d'Adam ! Je suis tombé malade et tu ne m'as pas rendu visite ». Il dira : « Seigneur ! Comment serais-Tu malade pour que je Te rende visite alors que Tu es le Seigneur et Maître de l'univers ? » Dieu dira : « Ne savais-tu pas que Mon serviteur untel est tombé malade et tu ne lui as pas rendu visite ? Ne savais-tu pas que si tu lui avais rendu visite tu M'aurais trouvé auprès de lui ? » Ô fils d'Adam, Je t'ai demandé de la nourriture et tu ne M'as pas nourri.» Il dira : « Ô Seigneur ! Comment aurais je pu Te nourrir alors que Tu es le Seigneur et Maître de l'univers ? » Dieu dira : « Ne savais-tu pas que Mon serviteur Untel t'a demandé de la nourriture, et que tu ne l'as pas nourri ? Ne savais-tu pas que si tu l'avais nourri, tu aurais trouvé la récompense (d'en avoir fait autant avec Moi) ? » « Ô fils d'Adam, Je t'ai demandé de la boisson et tu ne M'as pas donné à boire. Il dira : « Ô Seigneur comment puis-je Te donner à boire quand Tu est le Seigneur des mondes ? » Il dira : « Mon serviteur Untel t'a demandé à boire, et que tu ne lui pas donné ? Si tu lui avais donné à boire, tu aurais sûrement trouvé la récompense (d'en avoir fait autant avec Moi) »

A partir de là, si nous parvenons à réaliser un Tawhid contemplatif c’est-à-dire à ne voir qu’Allah à travers le mouvement des créatures alors nous comprendrons que l’amour pour les enfants est plus pur que celui du sexe complémentaire dans la mesure où il est plus apte à nous faire réaliser cette station contemplative que vous pouvez trouver plus détaillée dans l’ouvrage de l’imam Ghazali à propos de la station de la sincérité et du Tawakoul ou dans la fatwa d’Ibn Taymiyya à propos des trois degrés du Fana !

En effet, le sexe complémentaire de part son autonomie consécutive de l’égo perd cette partie de l’innocence innée chez l’enfant et altère par conséquent la pureté relationnelle ! Cette pureté relationnelle est encore plus entachée quand cette âme bestiale qui se renforce par la croissance rivalise d’avec l’ordre divin en poussant l’homme à s’égocentriser !

C’est dans ce sens que l’homme peut apprécier l’amour pour ses enfants encore mieux que celui de son épouse, surtout si l’épouse manque de miséricorde ou refuse de décentraliser son égo pour laisser l’ordre divin régner au sein du foyer par l’entremise de l’ordre masculin, qui soulignons-le, n’est légitime que lorsqu’il est sage et juste car la sagesse reflète le divin aussi étant donné que toute sagesse est divine : « Il donne la sagesse à qui Il veut. Et celui à qui la sagesse est donnée, vraiment, c´est un bien immense qui lui est donné » (C2/269)

Aussi, je précise que la sagesse qui consiste à mettre les choses à leurs places est indispensable au dialogue et à la communication sans lesquelles il est impossible de résoudre les problèmes de couple ! C’est pourquoi, quand il y a refus de suivre la sagesse par orgueil, quand cette dernière est détenue par l’un des éléments du couple alors il y aura cassure de l’ordre divin et, par déduction, introduction des éléments démoniaques au sein du foyer !

C’est dans ce sens que l’innocence peut être brisée au sein d’un être adulte car briser l’ordre divin en raison de son amour propre : c’est mettre inévitablement un voile sur la vision de l’Unique, et ce, en suscitant du chaos par la constitution de contre-axes nafsiques !

Aussi, mon but à travers l’article est de mettre l’accent sur la pureté de l’amour qui est intrinsèque chez celui des enfants mais doit se construire chez l’adulte ! Je ne dis donc pas que l’amour des femmes doit être inférieur à celui des enfants, mais je dis juste qu’il est moins disposé à nous rappeler le divin, en raison de l’état spirituel, souvent déplorable des deux éléments du couple et des conflits incessants qui peuvent dessiner leur relation !

Pour rebondir sur la notion de stabilité, je tiens à préciser que la stabilité dans l’au-delà s’obtient par une instabilité ici-bas dans le sens où l’au-delà et l’ici-bas sont contraires, et convoiter l’un d’entre eux ne peut se faire que par l’éloignement vis-à-vis de l’autre. Aussi, il n’y a rien de blâmable à être instable temporellement parlant, si par cette instabilité nous cultivons notre stabilité spirituelle, et ce, bien au contraire !

L’illusion, toute l’illusion consiste justement à se croire stable et à critiquer les instables de la vie temporelle quand c’est à cause c’est cette stabilité temporelle que nous sommes devenus des instables dans le domaine spirituel !

Au final, c’est seulement si les adultes parviennent à purifier leur amour réciproque de sorte qu’ils puissent savourer d’aimer le divin à travers cet amour que nous pourrons mettre en avant cet amour sur celui des enfants…

Mais, je pense que nous en sommes loin… D’où le fait, qu’à mes yeux, l’amour des enfants restera toujours plus fort… Ou peut-être je me trompe ?

Que les choses soient claires, n’est amour à mes yeux dans ce sujet que ce qui s’observe à travers l’angle du Tawhid contemplatif : je ne parle pas des amours créés ! Nous risquons effectivement de ne pas nous entendre si, dans ce débat, vous observez l’amour à travers un angle relatif tandis que moi je l’observe à travers un angle plus absolu !

Ceci dit, Merci de susciter un débat qui développe notre intelligence !
Mahdy Ibn Salah

Participant à cette conversation

  • Salam! MachAllah très instructif! Barakalahou fikoum!

    il y a environ 3 jours
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