Écrit par Mahdy Ibn Salah - Catégorie : Takfirisme - - Affichages : 1354

 

Salam alaikum Mahdy Ibn Salah,

 

Je vais détailler ce dont j'ai besoin de savoir pour augmenter notre science. Tout d'abord, je voudrais que vous me répondiez avec des ahadith ou des versets du Coran barakalaoufik 


- Quel est le statut d'une personne musulmane qui fait appel au juge taghut pour soit un divorce, soit porter plainte, soit demander de l'aide pour la subsistance… Peut-on considérer cela comme du Shirk car nous ne vivons pas dans un état islamique et les lois ne sont pas celles du Coran et la Sunna. Et quand est-il du désaveu des personnes qui se font juger par des lois autre que celles d’Allah ta’ala ?


- Quel est le statut d’un homme qui ne va pas à la mosquée et a-t-il le droit de s’interdire d'aller à la mosquée sous prétexte que l’imam parle toujours de la même chose, sauf du Tahwid

Barakalaoufik

 

 

 

Wa ahléikoum salam,

 

Une personne qui juge selon une loi humaine dans un litige qui possède une législation divine associée est un mécréant dans la mesure où il préfère s’orienter par des hommes plutôt que par Allah et son Prophète. Or, l’une des significations de la divinité (ilah) de notre attestation de foi « la ilaha ila lah » est « la chose qui nous oriente. » Donc, s’orienter par une chose au détriment de l’orientation divine est une obstruction à l’application du Tawhid, et à une certaine limite cela peut s’assimiler à de la mécréance ! Et la preuve se trouve dans le Coran : « Et ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a fait descendre, ceux-là sont les mécréants. »[1] Ceci est la règle générale, que l’on ne doit pas appliquer de manière absolue car toute personne qui commet un acte de mécréance n’est pas nécessairement mécréante puisqu’il existe une mécréance de forme et une mécréance de fond. La mécréance de forme est une mécréance par la langue ou l’acte sans être accompagnée d’une intention. Cette mécréance là, n’implique pas l’excommunication (takfir) et la preuve se trouve dans le hadith authentique[2] où le prophète a dit : « Allah Se réjouit certainement de son serviteur, quand il revient à Lui plus que ne se réjouit l'un de vous qui était sur sa monture dans une terre désertique. Elle s'échappe tout à coup en emportant sa nourriture et sa boisson. Il désespère de la revoir et s'allonge à l'ombre d'un arbre n'ayant aucun espoir de retrouver sa monture. Cependant qu'il est ainsi, voilà que sa monture se tient debout devant lui. Il la saisit par la bride et dit en se trompant sous l'effet de sa joie excessive : « Seigneur Allah ! Tu es mon serviteur et je suis Ton seigneur ! ». Le concept de « Koufr de fond » et de « Koufr de forme » est indispensable, si l’on tient à faire une différence dans notre agissement et notre comportement à l’égard des musulmans égarés en raison de leur environnement, et les mécréants de principe et de conviction ! Les khawaradijs ont justement pour caractéristique de détester les musulmans plus que les vrais mécréants ! La mécréance de fond est une mécréance au niveau de l’intention et de la foi et elle implique la mécréance de la personne associée ! A partir de là, nous devons retenir la règle qui stipule que tout acte de mécréance n’implique pas nécessairement la mécréance de celui qui le commet surtout quand l’émotion et l’ignorance prend le pas sur la raison et la conscience ! Nous jouons ici sur un terrain où se disputent plusieures mouvances, car les uns pensent que l’ignorance n’est pas une excuse à l’accomplissement d’un acte de mécréance, tandis que d’autres lient l’acte à l’intention de sorte que celui qui pratique un acte de mécréance est indubitablement mécréant ! Or, l’ignorance est une excuse et l’acte de koufr n’implique pas nécessairement le statut de mécréant de celui qui l’accomplit et la preuve se trouve dans le récit authentique[3] suivant : « Un homme commis de grands péchés contre lui-même, et quand la mort vint à lui, il recommanda à ses fils : Quand je serai mort, brûlez-moi, puis broyez-moi et dispersez [mes cendres] dans la mer, car, par Allah, si mon Seigneur prend possession de moi, Il me punira comme Il n'a jamais puni personne [d'autre]. Alors, ils lui firent ainsi [qu'il le voulait]. Alors Il dit à la terre: Produis ce que tu a pris - et le voilà ! Et Il lui dit : Qu'est-ce qui t'a fait faire ce que tu as fait ? Il dit : par peur de Toi, O mon Seigneur (ou il dit : par crainte de Toi) et à cause de ça, Il lui pardonna. » Ce hadith est une preuve que l’ignorance peut transformer une foi saine en action malsaine ! Et qu’Allah ne tiendra compte que de notre intention, quand l’ignorance nous a empêché, évidemment, de bien agir. Mais soulignons que l’ignorance n’est une excuse que lorsque la science est inaccessible et que celui qui se refuse à apprendre sans raison valable, commet de fait un acte de mécréance en soi car la science est la voie de l’accession à Allah.

A partir de ce que je viens d’écrire :

  • Celui qui fait appel à une législation autre que divine dans un problème qui possède des réponses dans notre religion commet un acte de mécréance, et ce particulièrement dans les cas de divorce en France où en Belgique. Mais la mécréance de celui qui fait appel à cette juridiction impie n’est validée que lorsque la personne s’entête à poursuivre l’acte en question, après éclaircissements par la science et stabilisation de l’état émotionnel, et aspire dans son entreprise à s’appuyer sur des mécréants pour humilier ou nuire à un croyant !
  • Porter plainte n’est pas un acte de mécréance et le croyant peut demander l’aide d’un semblable ou d’un non musulman quand celui-ci est en mesure de le faire. Le chirk consiste à demander l’aide à une personne incapable d’aider de sorte que l’on croit qu’elle possède des pouvoirs exclusivement réservés à Allah comme le fait de demander l’aide à un arbre pour guérir d’une maladie ! Ainsi, la police française ou belge peut s’avérer parfois efficace pour te restituer un bien que l’on t’a volé grâce à leurs registres d’objets saisis et à l’identification de ton bien lors de la plainte ! Il n’y a rien d’illégal dans le fait de demander l’appui des mécréants dans la restitution de tes biens ou pour toute bonne action utile à ton confort, et tu dois même les gratifier pour leur geste et leur effort ! Tout n’est pas à rejeter en occident. Il ne faut pas tomber dans le piège de rejeter en bloc ce qu’apportent nos pays d’accueil, à cause de certaines choses qui s’opposent à nos valeurs ! La liberté de dire ce que je t’écris suffit pour le prouver car le même texte m’aurait valu la prison, ou la disparition à vie, en Syrie !
  • En ce qui concerne le statut de celui qui se refuse d’aller à la mosquée sous prétexte que les discours se répètent et ne traitent pas des questions d’actualité, je suis d’avis, pour ma part, que certaines mosquées doivent être effectivement boycottées car ne réalisant pas leur objectif d’éduquer, de transmettre, et d’unir autour de la bonne compréhension du Tawhid, en toute sincérité ! La grande majorité des mosquées font obstacle à la vérité à cause de la perversion et de l’égarement des dirigeants comme la grande mosquée de Paris où les français qui veulent se convertir son mal accueillis, ou la mosquée de Montfermeil (Pavillon) où son président développe son égocentrisme et use de son statut pour réaliser ses intérêts personnels, ou la mosquée de Nanterre (Emir Abdel Qader) qui est un fond de commerce pour son imam qui vend des invocations, ou enfin la mosquée d’Aulnay sous bois (rose des vents) où l’espace réservée aux commerces et aux salles de mariage a dépassé, en raison du gain mondain, l’espace réservée pour la salle de prière alors qu’à la base les orants ont collecté les fonds pour une mosquée et pas pour un supermarché ! Que dire de ces imams complètement déconnectés des réalités actuelles et ignorants du Tawhid, qui invitent au don du sang pour des mécréants athées, fornicateurs, associateurs, ou buveurs d’alcool, et rendent invalide un halal sous prétexte que celui-ci n’a pas été célébré civilement comme c’est le cas dans les mosquées affiliées à l’UOIF !

 

Ces mosquées là, si nous pouvons les fuir pour d’autres mosquées où la liberté de culte est garantie, où la lumière du savoir brille, et la fraternité unie alors il faut le faire comme la mosquée du Bourget, la mosquée du Cheikh Bachir avant qu’il ne soit exclu par les dirigeants, le Markaz de Saint Denis, ou la mosquée de Stains… A défaut de trouver ce type de mosquée, il faut travailler à la réforme et ne pas fuir car nos mosquées ressemblent étroitement aux dictatures arabes puisque les dirigeants ne reflètent pas l’esprit de l’écrasante majorité des orants et préfèrent suivre les lignes édictées par l’Etat !

 

Cela dit, boycotter une mosquée par pur sectarisme car n'allant pas dans notre sens et notre compréhension faussée de la religion est une attitude excécrable que je condamne évidemment ! 

 

Voilà, j’espère avoir répondu à toutes tes questions, et désolé pour le retard !

 

Fi ‘ismati Llah

 

Mahdy Ibn Salah

 



[1] C5/44

[2][2] Moslim

[3] Boukhari

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