Écrit par Mahdy Ibn Salah  •  Catégorie : Apbif (ahbachisme)  •   •  Affichages : 3580



L’année 2006 approche et vous avez peut être vendu ou acheté, devant votre supermarché, le calendrier des prières journalières de l’apbif (association des projets de bienfaisance islamiques en France) sans savoir que vous avez contribué financièrement à la consolidation d’une organisation très sectaire. Combien de fois ai-je ressenti cette douleur de voir des frères et des sœurs, non avertis, se faire discourir par des membres de la dite organisation. Douleur intérieure que j’expliquerai par une opposition de volontés…

En effet, la sagesse m’interdit de réfuter une doctrine ou une pensée devant des musulmans du commun au risque de les déstabiliser et de les éloigner de l’islam car, effectivement, la vérité unit et l’on s’éloigne naturellement d’un groupe, si ses membres se trouvent en désaccord. Et, simultanément, il m’incombait le devoir de ne pas rester silencieux au risque de participer à leur propagation… C’est pourquoi, j’ai jugé utile d’écrire cette lettre concise, courte et claire qui, je l’espère, atténuera ma douleur. Je la destine prioritairement à mes frères et sœurs de l’apbif, mais pourront en tirer un grand profit les débutants dans la pratique qui ignorent les divergences qui minent notre communauté de foi, ainsi que ceux qui désirent éclaircir la voie authentique en l’occurrence celle du respect de la littéralité en ce qui concerne les attributs divins. J’aurai aimé que les trois catégories susmentionnées puissent trouver, dans cette lettre, leur compte.

J’espère, pour finir, avoir respecté les règles de l’objectivité dans cette discussion puisque après avoir traité la question de la divergence et présenter l’apbif, j’ai délaissé les « ont dit, ont dit… », pour partir d’une définition commune de l’unicité divine, à savoir celle de Jounayd al Baghdadi : « Faire l’absolue distinction entre le contingent et l’Eternel », dans la finalité de démontrer les contradictions internes de leur croyance.

Chapitre I

Les deux qualités qui mènent à la vérité



La vérité est unique et elle doit par conséquent unir ses partisans. On comprend ainsi pourquoi la division peut semer le doute dans la conscience du musulman débutant dans la pratique. Je me souviens de cette interrogation qui m’avait rendu perplexe à mes début dans la pratique de l’islam : « Si l’islam est unique alors pourquoi ces quatre écoles de jurisprudence ? » Je pense que l’on a tous rencontré une telle interrogation au cours de notre cheminement… En effet, la divergence au sein d’un groupe le décrédibilise car la vérité est unique est elle doit harmoniser, et non pas opposer, ses disciples. La contradiction est donc le témoin de la fausseté d’une doctrine car la contradiction n’existe pas ! Le blanc ne sera jamais noir !

C’est pourquoi Dieu, afin de prouver la véracité de sa parole, dit : « Ne méditent-ils donc pas sur le Coran ? S'il provenait d'un autre que Dieu, ils y trouveraient certes maintes contradictions ! »[1] Ainsi, la divergence est un mal dont les musulmans se doivent d’éviter ! C’est pourquoi Allah nous exhorte en ses termes : « Et ne soyez pas parmi les associateurs. Parmi ceux qui se sont divisés dans la religion et sont devenus des sectes, chaque parti étant satisfait de ce qu’il détenait. »[2] Hélas, la divergence est un mal presque inévitable puisque rares sont ceux, ici-bas, qui ont accédé à la vérité, en effet Allah dit : « Ils ne cesseront de diverger sauf à qui Allah a fait miséricorde. »[3] C’est cet amour pour la vérité, l’amour pour la communauté, qui me pousse à écrire cette lettre tellement m’écoeurent ces disputes stériles qui dressent les musulmans entre eux. C’est parce que la vérité s’atteint par ces deux rares qualités qu’elle relève de la miséricorde divine :

· La science

· La sincérité

Celui qui ne parvient pas à élargir son savoir et à agir en fonction du meilleur de ce dernier ne risque pas d’atteindre la vérité. Vous trouverez que beaucoup de personnes sincères sont entrés dans l’islam par l’intermédiaire d’une secte car n’ayant trouvé que cette dernière comme source de savoir. C’est ensuite par le voyage et la rencontre avec d’autres musulmans que ces derniers quitteront leur secte, s’ils sont sincères, puisque élargissant leur connaissance. Vous comprendrez ainsi pourquoi les sectes ont pour principe d’enfermer l’intelligence de leur adepte, en mentant, falsifiant, en interprétant mal, et en faisant de la prévention à leurs frais adeptes sur les supposés égarements de ceux qui ne pensent pas comme eux. Ainsi, l’ignorance et l’orgueil sont les deux facteurs qui mènent à l’égarement. Seigneur augmente notre savoir ! Accorde-nous la vertu de la sincérité et chasse de notre cœur tout orgueil qui nous voilerait de la vérité !



Chapitre II

La divergence tolérable

 

Il existe, toutefois, une divergence tolérable car inévitable et par conséquent pardonnée par Dieu et une autre intolérable puisque évitable, dont les partisans seront châtiés car la division est strictement interdite dans l’islam. En effet, Dieu nous commande : «Et cramponnez-vous tous ensemble au câble d’Allah et ne soyez pas divisés !»[4] Dans un autre verset il ajoute : « Et ne vous disputez pas, sinon vous fléchirez et perdrez vos forces !»[5]La divergence qui est tolérable est celle qui est le fruit de l’étroitesse de la connaissance. Son auteur, sincère, n’a voulu donner que le meilleur de lui-même mais ce meilleur ne lui a pas permit d’atteindre la vérité à cause de l’étroitesse de son savoir. Ce dernier sera pardonné car : « Allah n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité. »[6] Personne, effectivement, ne possède un savoir absolu d’où la difficulté d’atteindre la vérité en l’absence du prophète. Et le récit des Banou Qourayza suffit pour appuyer notre thèse.

Ce récit mentionne : « Après la guerre des coalisés, le prophète avait déclaré : « Que personne n’accomplisse la prière de l’après-midi si ce n’est chez les Banou Qourayza. » Et les compagnons s’étaient mis en route vers le lieu indiqué, l’heure de la prière de l’après midi survint cependant tandis que quelques-uns, parmi eux, étaient encore en chemin. Certains déclarèrent alors qu’ils n’accompliraient la prière qu’une fois arrivés chez les Banou Qourayza, l’heure légale dut-elle se terminer, le prophète n’avait-il pas dit : « Que personne n’accomplisse la prière de l’après midi, si ce n’est chez les Banou Qourayza ? » D’autres firent valoir que le sens de sa parole était plutôt : « Que chacun s’efforce d’arriver chez les Banou Qourayza avant la fin de l’heure de la prière de l’après midi. » Lorsque ces compagnons rejoignirent le prophète, ils lui firent part des interprétations différentes qu’ils avaient eu de sa parole. Le prophète ne dit rien, s’abstenant de donner raison aux uns sur les autres. »[7] Le silence du prophète se justifie par le fait que dans ce cas, la divergence est tolérable puisque inévitable car les deux parties avaient des arguments puisés de la révélation et que rien ne pouvait donner la prééminence d’une interprétation sur une autre puisque le prophète était absent. Seigneur ne nous châtie pas s’il nous arrive d’oublier ou de commettre une erreur ! Et fais que l’on puisse être de ceux qui écoutent la parole et suivent ce qu’elle contient de meilleur !



Chapitre III

La divergence intolérable



Mais lorsque que l’on persiste à défendre notre opinion malgré la preuve de sa fausseté, nous avons à faire avec une divergence qui est intolérable puisque fruit de l’orgueil et de la jalousie, c'est-à-dire du refus extérieur d’une connaissance supérieure malgré la reconnaissance intérieure de celle-ci. Allah nous met en garde contre une telle divergence : « Et ne soyez pas comme ceux qui se sont divisés et se sont disputés après que les preuves leur furent venues, et ceux-là auront un énorme châtiment ! »[8] C’est à cette divergence que faisait allusion le prophète quand il a prédit que : « Les gens du livre se sont divisé au sujet de leur religion en 72 sectes. Cette communauté sera divisée en 73 sectes dont une seule évitera le Feu et les autres y seront précipitées à cause de leurs divergences dans l’application de la religion de ma communauté. »[9] A travers ce récit, nous pouvons comprendre pourquoi beaucoup de musulmans sectaires, aujourd’hui, s’opposent les uns aux autres dans une rivalité mondaine d’augmentation de leur nombre! Ainsi, la divergence au sein de la communauté musulmane n’implique pas que l’islam est une religion fausse mais bien que les cœurs de ses fidèles se soient altérés ! Cette altération est la conséquence de la recherche d’un intérêt autre que le triomphe de la volonté divine et le plus souvent c’est par esprit de partisan que l’on se sectarise, lorsque l’on privilégie l’intérêt du groupe dans lequel on s’affilie au détriment de l’intérêt de la cause divine. Un récit mentionne qu’un compagnon a demandé au prophète : « Lequel de ces trois combattants combats sur le chemin de Dieu :

· L’homme qui combat par bravoure

· L’homme qui combat par esprit de partisan

· L’homme qui combat par pure ostentation

Le messager de Dieu a répondu : « Celui qui lutte pour que la parole de Dieu soit la plus haute, c’est ce combat qui est sur la voie de Dieu. »»[10] Seigneur purifie nos cœurs jusqu’à ce que le triomphe de Ta Cause devienne notre souci majeur !



Chapitre IV

Les étapes de la naissance d’une secte



Ainsi, la divergence au sein de la communauté musulmane est le fruit de la différenciation par rapport au but authentique qu’est le triomphe de la cause de Dieu, à savoir l’islam : « C’est Lui qui a envoyé son messager avec la guidée et la religion de vérité, pour la placer au-dessus de toute autre religion, en dépit de l’aversion des associateurs !»[11] Ceux qui ont Dieu pour finalité seront sur la voie droite par l’imitation de son prophète et les autres qui ont adhéré aux 72 sectes égarées ont eu un autre but que de satisfaire Dieu, ceci par l’éloignement de la voie tracée par l’ultime messager. En effet, un verset du coran énonce effectivement : « Dis : « Si vous aimez vraiment Dieu : suivez moi, Dieu vous aimera et vous pardonnera vos péchés. » »[12] La naissance d’une secte repose donc sur trois étapes :

· L’apparition d’un homme

· L’altération de la croyance authentique par celui-ci

· La différenciation par rapport à la voie droite des gens qui le suivront

En effet, le prophète a tracé un trait au sol et plusieurs traits en intersection avec ce même trait et a dit : « Ce trait est la voie droite et ces autres traits sont les multitudes de voies au bout desquelles se trouve un diable qui y appelle. »Et il a ensuite récité : « Et voilà Mon chemin dans toute sa rectitude, suivez-le et ne suivez pas les sentiers qui vous écartent de sa voie. » Voilà ce qu’Il vous enjoint. Ainsi atteindrez-vous la piété. »[13] Seigneur aide nous à saisir l’anse la plus solide par la négation de la divinité d’un autre que Toi au moyen de l’obéissance exclusive à ton ultime messager !



Chapitre V

Qui sont les membres de l’apbif

 

Les membres de la apbif c'est-à-dire de l’association des projets de bienfaisance islamiques en France sont connus par l’ensemble des musulmans comme étant les membres d’une secte fondée par Abdoullah al Harrari al Habachi connue sous l’appellation « ahbach » en référence à l’origine du fondateur c’est-à-dire l’Éthiopie. La dite association gère actuellement 17 centres en France et propose des cours qui reposent essentiellement sur la croyance en l’incomparabilité de Dieu. Elle organise des groupes de voyage pour le petit et le grand pèlerinage, propose des activités sportives et éducatives, et célèbres chaque année la commémoration du voyage nocturne ainsi que la naissance du prophète. Ils considèrent l’ensemble des musulmans qui n’adhèrent pas à leur voie comme des mécréants. Ils ne prient pas avec les autres musulmans et excommunient tous les savants d’Arabie Saoudite. Tariq Ramadan soutient à leur sujet : « Mais nous pouvons mentionner le groupe sectaire des ahbach, qui provient du Liban, qui a son siège européen en Suisse (Lausanne) mais qui est actif désormais en Europe, aux Etats-Unis comme en Afrique. Se présentant souvent sous l’intitulé : «l’Association de bienfaisance islamiques », ils développent un double discours permanent à l’adresse de leurs interlocuteurs d’Occident, ils affirment défendre l’émancipation de la femme et la laïcité et s’opposer aux « intégristes » (autant de sujets qu’ils savent être sensibles et propres à les faire reconnaître).

Ils développent cependant le discours le plus intransigeant et le plus fermé à l’intérieur des communautés musulmanes : traitant la plupart des principaux oulémas musulmans de Kuffar. Ils se fondent sur des interprétations reconnues comme déviantes par toutes les autres tendances et par tous les savants de référence (leur compréhension unique du sens des noms de Dieu, par exemple, ou l’affirmation que le texte coranique serait le produit de l’interprétation de l’ange Gabriel ou encore la pratique de l’intercession par les morts, etc.). Leur approche des points de doctrine, très spécifique (à l’image de ceux qui nous venons de citer) est conflictuelle et le plus souvent violente. » Tariq ajoute en commentaire : « Derrière, le paravent d’idées très ouvertes sur la femme, la réalité est moins rose : un homme peut contracter un mariage temporaire avec une femme sans lui dire que son intention est telle (le mariage peut durer quelques jours puisque c’était l’intention même non exprimé du mari), l’adultère avec une mécréante est considéré comme un péché mineur par le fait qu’elle n’est pas musulmane.

En réalité, tout le discours sur l’éthique et le comportement social est fondé sur cette distinction « musulmans » (les seuls ahbach) et les autres (les kuffar, compris par les partisans de ce groupe sectaire comme des mécréants au sens le plus péjoratif). Le fondateur, Harrari (qui vivait au Liban jusqu’à sa mort en 2001) émettait des avis juridiques pour ses disciples par lesquels il soutenait que mentir, voler, voire tuer un kaffir, un mécréant est un péché mineur. Leur intervention sur la scène libanaise a provoqué des dégâts : ils sont à l’origine de violentes bagarres et de tueries dans les mosquées. Ne reconnaissant pas les savants des autres tendances comme des musulmans, puisqu’ils sont explicitement des kuffar, ils sont allés jusqu’à les éliminer même s’il s’agissait de savants reconnus.

Certains de leurs responsables, membres du parlement libanais ont à maintes reprises fait l’éloge du président syrien, fils qu’ils n’ont pas hésité à qualifier de saint lors de la mort accidentelle de son fils aîné. On sait la stratégie éprouvée de Hafez al Assad de s’appuyer sur des groupements sectaires pour diviser et semer le trouble chez ses opposants. L’importance des moyens financiers à la disposition des ahbach en Occident est due à des soutiens étrangers venus du Liban et sans l’ombre d’un doute du pouvoir syrien. »[14] Ce qui confirme les assertions de Tariq Ramadan, c’est que dans le rapport sur l’enquête de l’assassinat de l’ex-premier ministre Rafiq Harriri, un membre des ahbach y figure au premier plan, démontrant la relation secrète de la dite secte avec le pouvoir syrien !



Chapitre VI

Les membres de l’apbif légitime l’innovation religieuse

 

Les membres de l’apbif légitime l’innovation puisqu’ils célèbrent la naissance du prophète. En effet, la commémoration de la naissance du prophète a été instaurée en 630 de l’hégire par un roi de Ibril dénommé Ibn Battakin. Les membres de l’apbif justifient cette innovation par leur mauvaise lecture du récit suivant : « Celui qui instaure une bonne tradition, il en aura la récompense ainsi que la récompense de tous ceux qui œuvrent selon elle après lui sans que cela ne diminue en rien à leurs récompenses. »[15] Le contexte de ce récit révèle que le sens à donner à l’expression : « instaure une sunna » est : « de mettre en pratique une sunna existante ou justifiée par la loi. » Or ni les compagnons, ni les salafs, ni les khalafs n’ont célébré la naissance du prophète et s’il y avait un bien à le faire ces derniers nous auraient précédé. En effet, toute innovation qui n’est pas obligatoire ou recommandé est une mauvaise innovation puisque le prophète a dit explicitement : « Toute innovation est égarement et tout égarement mène en Enfer ! »[16] Pour qu’une innovation soit louable, il faut qu’elle est une preuve dans les sources scripturaires qui justifie sa pratique comme ce fut le cas de Omar qui a dit au sujet des prières de Tarawih : « Quelle bonne innovation ! »

Et, effectivement, le prophète a instauré cette pratique mais l’a délaissé par souci de faciliter le culte à sa communauté. De plus, dans une autre tradition, le prophète nous exhorte à suivre la sunna des califes orthodoxes bien guidés. Ainsi, la commémoration de la naissance du prophète n’a aucune preuve qui justifie sa pratique si ce n’est l’argument du verset coranique que les membres de l’apbif brandiront : « Faites le bien puissiez-vous réussir. »[17] Or, le bien et le mal sont des notions relatives : « Il se peut que vous ayez de l’aversion pour une chose alors qu’elle vous est un bien. Et il se peut que vous aimiez une chose alors qu’elle vous est un mal. C’est Allah qui sait alors que vous vous ne savez pas. »[18]

L’innovation consiste justement à se normaliser en pensant que tel acte qui n’existait pas au temps du prophète est aimé de Dieu d’où le fait que toute innovation qui n’a pas de preuve dans la révélation est égarement car l’adoration consiste à plaire à Dieu pour des actes que Dieu et son prophète agréent. Or tout ce qui agrée Dieu est forcément présent dans le Coran et la sunna sinon cela reviendrait à dire que la religion est incomplète et que le prophète n’a pas transmis clairement le message ! Or un verset coranique affirme : « Aujourd’hui, J’ai parachevé votre religion et Je vous ai comblé de Mes bienfaits et J’ai agréé pour vous l’islam comme religion. »[19] Et, le prophète a soutenu de son côté : « Je vais ai laissé sur une voie claire de nuit comme de jour. Ne s’en égare que celui qui est voué à la perte ! »[20]Seigneur, préserve-nous d’être parmi les plus grands perdants en œuvre ! Parmi ceux qui se sont égarés alors qu’ils s’imaginaient faire le bien !



Chapitre VII

Le Tawhid

 

L’attestation de foi : « La ilaha illa lah », qui signifie en français : « il n’y a pas d’autre divinité en dehors de Dieu », traduit la doctrine sur laquelle repose l’édifice entier de la religion musulmane. Le Tawhid consiste à unifier Dieu c’est-à-dire à le rendre unique par la croyance parfaite et par l’adoration pure. En effet, la descente d’Adam et de son épouse du paradis a altérée notre croyance en Dieu et par conséquent son adoration car celui qui croit en un Etre parfait l’adore puisque l’on se soumet naturellement à celui que l’on pense capable de subvenir à nos besoins. Notre challenge, à nous musulmans, consiste à rétablir cette perfection à l’intérieur de nous mêmes car la spécificité de l’homme se localise dans son aptitude à déformer intérieurement la nature des éléments qui l’entourent. C’est à partir d’une interprétation commune et authentique de cette attestation de foi que nous allons démontrer ci-après le mal fondé de la croyance de l’apbif à savoir la définition de Jounayd al Baghdadi : « faire l’absolue distinction entre le contingent et l’éternel »

c’est-à-dire entre ce qui est entré en existence et ce qui n’a pas de début. Le premier plan de la réalisation du Tawhid concerne la connaissance de Dieu. La réalisation du Tawhid au niveau de ce plan consiste à connaître Dieu par tous les attributs parfaits par lesquels Il se décrit, tels que la suffisance, la bienfaisance, la domination, l’administration, l’élévation, la grandeur, la puissance, la richesse, le pouvoir de nuire et de profiter etc. Le Tawhid au niveau de ce plan consiste, par déduction, à connaître le Créateur dans toute Sa perfection et donc à affirmer simultanément l’entière pauvreté et la totale dépendance des créatures à son égard. Lorsque apparaît pour le serviteur le spectacle de la seigneurie, c’est-à-dire, lorsqu’il verra que le royaume et l’administration appartiennent entièrement à Allah, il ne verra ni profit, ni nuisance, ni même un mouvement sans voir Allah être son Auteur et Créateur. L’association au niveau de ce plan consiste à altérer la perfection de la croyance en Dieu en pensant par exemple que Dieu est un corps ou qu’une pierre puisse faire tomber la pluie car celui qui attribue une perfection à une créature dépouille forcément Dieu de cette dernière.

Le second plan par lequel on réalise le Tawhid est celui de la divinité. Le Tawhid au niveau du second plan découle immédiatement du premier plan car celui qui connaît Dieu dans toute sa perfection ne peut que se soumettre à ses directives ! Quand on sait que notre bonheur et notre malheur dépendent de quelque chose alors on se soumet naturellement à cette dernière. La réalisation du Tawhid au niveau de ce plan consiste à vider notre cœur de tout ce qui ne procure pas la satisfaction divine et à y introduire l’amour de Dieu, et l’amour de ce que Dieu aime. Il consiste aussi à mouvoir exclusivement nos adorations corporelles comme la prière, le jeune et l’invocation à Dieu. L’association au niveau des actes corporels consiste à vouer un acte d’adoration réservé à Allah à un autre que Lui comme l’invocation, la prière ou la prosternation. Seigneur ! Fais nous comprendre le sens authentique de la parole : « La ilaha illa lah » et fais que l’on puisse être de ceux qui après sa compréhension disent : « Nous avons entendu et nous avons obéi ! »





Chapitre VIII

La focalisation sur un aspect de la religion et le délaissement du reste est à l’origine de la naissance d’une secte



Les membres de l’apbif ont malheureusement limité cette distinction indiquée par Jounayd à l’espace et au temps alors que cette dernière concernait principalement le culte. « Le tawhid, c'est, selon eux, de faire l'absolue distinction entre Celui Qui n'a pas de début et ce qui est entré en existence. »[21] Cette limitation a poussé les membres de la dite association à ne focaliser que sur les versets et les récits équivoques, si nombreux pourtant, c'est-à-dire ceux qui décrivent Dieu avec des attributs « assimilables » au niveau du terme à ceux de ses créatures comme « la main de Dieu », en effet un verset énonce : « Et les Juifs disent : « La main de Dieu est fermée ! » Que leurs propres mains soient fermées, et maudits soient-ils pour l’avoir dit. Au contraire, Ses deux mains sont largement ouvertes : Il distribue Ses dons comme Il veut, »[22] ou « les yeux de Dieu » quand le prophète dit au sujet de l’Antéchrist : « Notez qu’il est borgne alors que votre Seigneur ne l’est pas. »[23] Pour eux, l'adoration de Dieun’est valable que pour celui qui croit en l'existence de Dieu et qui ne L'assimile à aucune créature.

C’est pourquoi, ils eu recourt à l’interprétation (ta’wil) des récits et des versets équivoques : « Le ta'wil, c'est donner au texte un autre sens que son sens apparent. Cette interprétation par un autre sens que le sens apparent (ta'wil) est permise pour les 'ayah et les hadith dont le sens apparent laisse penser que Allah aurait une main, un visage ou qu'Il serait assis au-dessus du Trône (^arch) ou qu'Il habiterait dans une direction ou qu'Il aurait une des caractéristiques des créatures. »[24]Ainsi, celui qui attribue le corps à Dieu même au niveau du discours devient mécréant car l’apostasie concerne aussi la parole même si cette dernière est le fruit de l’ignorance. Ils excommunieront, par conséquent, ceux qui diront par exemple que : « Dieu est au ciel » ou : « qu’Il a créé Adam de ses propres mains… » Cette focalisation malsaine a déjà été décelé par l’imam Malik quand un homme lui a posé la question : « al istawa[25] comment ? » L’imam a rétorqué : « al istawa est connue et le comment est inconnu et la foi en elle est obligatoire et la question à son sujet est une innovation et je ne vois en toi qu’un innovateur ! » Et, il a ordonné qu’on l’expulse de la mosquée. En effet, les compagnons ne se sont jamais posé des questions de ce genre car n’ayant aucun profit à le faire !

C’est pourquoi nos pieux prédécesseurs comme Malik, al Awza’i, al Thawri, al Laiss Ibn Sa’d, al Shafi’i, Ahmed, Ishaq Ibn Rawah et bien d’autres soutenaient au sujet des attributs divins assimilables au niveau du terme à des créatures : « faites les passer comme ils sont venus, sans modification, sans ressemblance et sans les renier. » Les membres de l’apbif citeront les grandes personnalités précitées uniquement pour confirmer leur voie car certes ils ont tous exempté Dieu de la ressemblance à une créature mais ils ne précisent pas que tous ces grands savants n’ont jamais pratiquer le Ta’wil de ces attributs sans preuve ! En effet, les membres de l’apbif citeront l’imam Shafi’i qui a dit : « Celui qui cherche à connaître son Créateur et qui est parvenu à un être qu’il imagine alors celui-là est un assimilationniste. »

Sans ajouter que le même imam a aussi dit : « A Allah appartient les noms et les attributs qui sont cités dans le Livre et ceux que le prophète a enseigné à la communauté. Il n’est pas possible pour une personne de renier ces attributs et noms. Donc quiconque les contredit après que les preuves évidentes lui furent établies devient mécréant, et s’il ne connaît pas toutes les preuves alors il est excusé à cause de son ignorance, car la science ne peut être obtenue que par la raison. Donc nous affirmons les attributs et nions toute assimilation avec la création comme Allah l’a nié en disant : « Rien n’est à sa ressemblance !»[26] Il citeront aussi l’imam Abou Hanifa qui a dit : « Il est impossible que le Créateur ait une ressemblance avec ses créatures. » Mais pour être impartial, il faut ajouter qu’il a aussi dit : « Il est quelque chose mais pas comme les autres choses, et le sens de chose est affirmé sans considérer un corps et des organes. Il n’a pas de limite et de partenaire, ni de rival, et il n’y a pas de similitudes possibles. Et, il a une main, une face et une entité (nafs). En ce qui concerne ce qui est mentionné dans le coran : la face, la main, l’entité sont des attributs et il ne faut pas demander le comment.

Et, il ne faut pas dire non plus que sa main est son pouvoir ou sa faveur car cela annule son attribut et c’est la parole des partisans du déterminisme absolu (Jabriya) et des Mou’tazila. Sa main est son attribut sans demander le comment et sa colère et sa joie sont ses attributs sans demander le comment. »[27] Ajoutons aussi que l’imam Abou Hanifa a aussi dit : « Celui qui dit je ne sais pas où est Allah est mécréant car Allah a dit : « Le Tout Miséricordieux s’est établi sur son Trône. »[28]Il citerontl’imam Malik qui a dit : « Celui qui croit qu’Allah est à l’intérieur du ciel, limité par ce dernier, ou qu’il a besoin du Trône, ou autre chose que le Trône, ou que son assise est identique à celle des créatures est égaré, innovateur et ignorant ! » Mais sans poursuivre la citation : « Et celui qui croit qu’il n’y a pas a dessus des cieux une divinité adoré et ni sur le Trône un Seigneur que l’on prie et devant qui l’on se prosterne, ou que Mohammed n’a pas réalisé le Voyage Nocturne, et que le Coran n’est pas descendu en provenance de Dieu, alors ce dernier est un négateur pharaonique, égaré et innovateur ! »[29] Tout ceci révèle leur sectarisme et leur intention délibérée d’enfermer l’intelligence de leurs adeptes, qui pensent à tort appartenir à la voie des salafs ! La voie des salafs au niveau de cette question des attributs équivoques est la position médiane entre l’assimilation et la négation des attributs par lesquels Allah se décrit dans la révélation. En effet, Na’im Ibn Himad disait : « Celui qui compare Allah à sa création est un mécréant et celui qui renie les qualités d’Allah par lesquelles Il s’est décrit est aussi mécréant. »[30]



Chapitre IX

Les deux conditions à l’excommunication d’un musulman



Le sectarisme des membres de l’apbif se localise dans le fait qu’ils excommunient ceux qui respectent la littéralité des versets et des récits équivoques alors que cette attitude est l’attitude authentique des compagnons, des salafs et même de l’imam al Ach’ari auquel les membres de l’apbif s’affilient à tort ! En effet, l’ach’arisme fut à son époque une doctrine de juste milieu entre l’anthropomorphisme des uns et la rationalisation des autres. Or l’imam al ‘Achari est revenu sur ses positions à la fin de sa vie par l’écriture de son Ibana[31] où il soutient : « Si on te demande : « Pourquoi nies-tu que les dires : « Ne voient-ils pas que nous avons crée pour eux ce que nos propres mains ont créés, »[32] sont des métaphores » alors réponds lui : « La règle concernant la parole d’Allah, le Très Haut est qu’elle est considéré selon son sens clair et littéral. Rien ne passe du sens apparent au sens métaphorique sans preuves. De même, la parole d’Allah le Très Haut : « Celui que j’ai crée de mes propres mains », le sens apparent et réel est d’affirmer les deux mains à Allah. Il n’est pas possible d’altérer le sens apparent de deux mains à Allah sans preuves ! Il est obligatoire d’affirmer deux mains à Allah, le plus Très Haut, dans son sens véritable et pas avec le sens de faveurs d’Allah. »[33]Ainsi, le fait de reconnaître à Allah les attributs de la main, des yeux, de la descente, de la colère,…, du visage, ne sont, ni même leur traduction[34], des paroles qui font sortir de l’islam puisque confirmées par la révélation!

En effet, il faut savoir que les deux conditions principales à l’excommunication d’un musulman sont :- La preuve du Coran et de la Sunna que l’acte par lequel on excommunie un musulman fait réellement sortir de l’islam- La preuve que le musulman a pratiqué cet acte en toute conscience c’est-à-dire en toute volonté et en connaissance de causeOr celui qui excommunie un musulman pour le simple fait que ce dernier a dit que : « Dieu est au ciel » en pointant son doigt en haut, est lui même mécréant car cet acte ne fait pas sortir de l’islam sinon le prophète serait lui-même un mécréant car lors du pèlerinage d’Adieu, il a dit en levant l’index au ciel : « Ô mon Seigneur sois témoin ! » Et une tradition mentionne : « Celui qui dit à son frère : ô mécréant ! L’un des deux l’est sûrement. »[35] Ainsi, lire les récits et les versets équivoques littéralement ne fait pas sortir de l’islam et à l’opposé juger que celui qui les lit fait automatiquement une comparaison avec la création est un acte de mécréance car personne ne connaît le contenu des poitrines si ce n’est Dieu. Nous soutenons par exemple que Dieu descend au premier ciel juste avant l’aube comme la tradition l’indique sans faire de comparaison avec la descente de ses créatures et cette position ne fait pas de nous des mécréants !

Ibn Taymiyya soutient ce sujet : « Quiconque dit qu’Allah descend, bouge et se déplace d’un endroit pour aller vers un autre ou qu’il délaisse un endroit pour aller vers un autre, ou que sa descente est identique à celle des hommes, du toit vers le sol de la maison, tout ceci n’est que pur mensonge qui ne peut être attribué à Allah ! Car le Seigneur est le Très Haut, si sa descente exigerait qu’il aille d’un endroit vers un autre endroit, il ne pourrait être considéré comme le Très Haut au moment de sa descente. Et de ce fait, les salafs disaient que le Très Haut descend sans quitter sa position d’élévation car sa descente ne ressemble pas à celle des créatures. »[36] En fait, de la même manière que Allah nous enseigné que dans le Paradis il y aura de la viande, du lait, du miel, du vin, de l’eau, de la soie et de l’or qui n’ont rien à voir avec ceux d’ici-bas comme l’a confirmé d’ailleurs quand il disait : « La ressemblance entre le Paradis et sa description ne se situe qu’au niveau des termes. » De la même manière la ressemblance entre Dieu et ses créatures ne situe qu’au niveau des mots. Toutefois, le fondateur de l’apbif a dit à ses disciples :

« Si tu t’es soumis, alors ô serviteur d’Allah tu ne dois pas affecter à Allah, les noms et les attributs dont Il s’est décrit lui même, sinon tu seras considéré comme un anthropomorphiste égaré. La main d’Allah signifie son pouvoir, et sa venue son commandent, son agrément et sa colère : sa volonté... »[37] Et le prophète a dit au père des Khaouaridj : « Tu n’as pas confiance en moi, moi le digne de la confiance de Celui qui est au ciel ! »[38] Qui est plus digne d’être suivi : Notre prophète qui a dit que Dieu est au ciel où celui qui suit les pas de Jahm Ibn Safwan, le père de la négation des attributs divins qui soutenait : « Il n’ y a pas dans le ciel un Seigneur que l’on adore et pas une Divinité que l’on prie et devant qui l’on se prosterne » ? Et l’on rapporte que Jahm Ibn Safwan a tiré sa doctrine de Jahd Ibn Darham.

Ce dernier l’a tiré à son tour de Aban Ibn Sam’an qui, à son tour, l’a tiré de Talout fils de la sœur de Loubaïd Ibn al A’sam qui lui l’a tiré de Loubaïd en personne le sorcier juif qui a ensorcelé le prophète ! Gardons-nous donc de nous éloigner de la voie prophétique pour suivre Abdoulah Al Harrari al Habachi car : « Et quiconque fait scission d’avec le messager, après que le droit chemin lui est apparu et suit un sentier autre que celui des croyants, alors Nous le laisserons comme il s’est détourné et le brûlerons dans l’Enfer. Et quelle mauvaise destination ! »[39]Chapitre XS’éloigner de la littéralité sans preuves revient à imperfectionner DieuCette attitude de vouloir distinguer Dieu au niveau de ses attributs relatifs à l’espace et au temps a poussés les membres de l’apbif à s’éloigner de la voie prophétique. En cherchant à donner des interprétations à ces multitudes de versets et de récits équivoques, le fondateur de la dite mouvance a orienté ses disciples vers une voie nouvelle en contradiction avec elle-même. Les membres de l’apbif pensent bien agir en interprétant sans preuves les attributs par lesquels Allah s’est qualifié dans le Coran alors que par cet agissement, ils attribuent l’une de ces deux imperfections à Dieu et à son messager :

· Soit, Allah et son prophète ne savent pas ce qu’ils disent quand ils soutiennent de telles informations

· Soit, ils savent ce qu’ils disent mais veulent nous induire en erreur

Et pourtant ils soutiennent : « La parfaite transmission de la révélation est obligatoire à leur sujet. Il est de ce fait impossible qu’ils taisent quoi que ce soit de la révélation car se serait une contradiction avec le statut du prophète. »[40] Ils sont donc en contradiction avec eux-mêmes quand ils refusent la littéralité des versets et des récits équivoques car ils sous entendent par ce refus que la religion est incomplète et que le prophète n’a pas transmis clairement le message alors qu’une tradition énonce : « Je n’ai rien omis de ce qui peut vous rapprocher du Paradis et je n’ai rien omis de ce qui peut vous éloignez de l’Enfer. »[41] En confirmation du verset coranique suivant : « Nous n’avons rien omis dans le Livre. »[42] Ainsi, les membres de l’apbif ont constitué une nouvelle voie en opposition avec la voie authentique car aucun prophète, aucun compagnon, ni aucun salaf n’a fait de l’éloignement de la littéralité des versets et des récits équivoques la base de sa voie et le fondement de son message. Ils se sont constitués en groupe hostile au partisan du respect littéral des textes et de leurs interprétations authentiques qu’ils qualifient de wahabites, d’anthropomorphistes ou de mécréants…





Chapitre XI

Le respect de la littéralité des récits et des versets équivoques est plus conforme à la réalisation intérieure de la perfection divine que leurs interprétations





A partir de la même définition du Tawhid, les partisans de la vérité ne se limitent pas à la distinction au niveau de l’espace et du temps mais opère cette dernière principalement au niveau du culte car l’attestation de foi est axée autour de la notion de « divinité » et la « divinité » est : « ce vers quoi l’on tend. » Ainsi, réaliser le Tawhid, c’est adorer Dieu par le respect de Sa volonté en calquant l’attitude de son messager. Or le prophète n’a pas focalisé sur les attributs équivoques, donc nous devons agir similairement en ayant la ferme conviction que cette attitude est la seule bénéfique pour notre fin dernière.

La droiture en ce qui concerne les attributs équivoques est selon la parole de l’imam Ahmed : « De les laisser comme ils sont, de les affirmer sans faire de comparaison (avec les créatures). C’est sur cela que les savants se sont entendus. »[43] Cette posture de respecter la littéralité n’implique aucunement que nous attribuons à Dieu des organes humains, bien au contraire ce sont ceux qui nous font ce reproche qui lui attribuent inconsciemment le corps ! En effet, avant de dire que : « Dieu n’a pas de main » et que sa main signifie : « son bienfait » il a fallu comparer intérieurement « la main de Dieu » avec celle d’une créature afin d’opérer une négation. Alors que les partisans de la littéralité évite une telle comparaison car selon eux c’est celui qui s’exprime qui donne le sens des termes qu’il emploie et non pas celui qui reçoit : « Dieu a une main qui lui est propre » sans aller plus loin ! Un récit fait allusion à notre incapacité à saisir la signification de ces versets équivoques : « Dieu le Très Haut vous a prescrit des obligations, ne les négligez pas. Il vous a tracé des limites, ne les dépassez pas. Il vous a interdit certaines choses ne les transgressez pas.

Il s’est tu enfin sur certaines choses par miséricorde pour vous et non par oubli, ne questionnez pas à leur sujet. »[44] Un verset coranique met en évidence l’égarement de ceux qui focalisent sur les récits et les versets équivoques : « C’est Lui qui a fait descendre sur toi le livre : il s’y trouve des versets sans équivoques qui sont la base du livre et d’autres versets qui peuvent prêter à d’interprétation diverses. Les gens, donc, qui ont au cœur une inclination vers l’égarement mettent l’accent sur les versets à équivoque, cherchant la dissension en essayant de leur trouver une interprétation alors que nul n’en connaît l’interprétation à part Allah. Mais ceux qui sont bien enracinés dans la science disent : « Nous y croyons : tout est de la part de Notre Seigneur ! » Mais seuls les doués d’intelligence s’en rappellent. »[45] Ce verset suffit, à lui seul, à faire la part des choses : Qui sont ceux qui focalisent ou qui cherchent à interpréter les versets équivoques et qui sont ceux qui disent : « Nous y croyons » ?



Chapitre XII

La sagesse de Dieu derrière les versets et les récits équivoques

 

Puisque la religion est parfaite alors il y a forcément une sagesse derrière ces versets et ces récits équivoques. Dans un verset du coran, il est dit : « Et rien n’empêcha les gens de croire quand le guide leur est parvenu si ce n’est qu’ils disaient : Allah envoie-t-il un être humain messager ? » Dis : « S’il y avait sur terre des anges marchant tranquillement, Nous aurions certes fait descendre sur eux du ciel un ange messager. »[46] Dieu nous donne ici un argument qui justifie la présence des versets et des récits équivoques. Dieu veut nous élever spirituellement et pour cela il faut qu’il utilise un langage que l’on comprenne. En effet, sans sa description par des attributs que l’on peut percevoir par nos sens nous n’aurions pu tendre vers lui par la réalisation de sa volonté.

Puisque l’on se rapproche de Lui par nos actes d’obéissance et que nous nous éloignons de Lui par nos actes de désobéissance. Ainsi, il est indispensable que Dieu se décrit par des attributs susceptibles de nous stimuler comme sa colère, sa descente au premier ciel pour accueillir le repentir, ou sa joie… D’ailleurs, une tradition confirme ce principe naturel lorsque Dieu s’adresse à ses anges au sujet de ses adorateurs : « M’ont-ils vu ? Dit Allah. Non, par Allah ils ne t’ont pas vu. Et que serait-ce s’ils m’avaient vu ? Ajouta Allah. S’ils t’avaient vu, leur adoration serait encore plus vive, leur glorification plus intense ainsi que leur exaltation. »[47] Cette attitude de décrire Dieu par des attributs perceptibles par l’homme n’implique aucunement l’anthropomorphisme mais met en relief la sagesse de Dieu qui utilise un langage accessible afin de nous élever et qui n’a, soulignons-le, aucune commune mesure avec sa création.

De la même manière, Dieu utilise des paraboles afin de nous faire accéder à des significations dont nous ne pouvoir saisir directement. Prenons l’exemple de ce verset : « Allah propose en parabole un esclave appartenant (à son maître), dépourvu de tout pouvoir, et un homme à qui Nous avons accordé de Notre part une bonne attribution dont il dépense en secret et en public. (Ces deux hommes) sont-ils égaux ? Louange à Allah ! Mais la plupart d’entre eux ne savent pas. »[48] Personne n’ira soutenir que Dieu est un homme et pourtant cette parabole nous aide à opérer une distinction entre le Créateur et sa créature. L’attitude de renier toute ressemblance à Dieu en interprétant tous les versets et les récits équivoques mène à l’adoration d’un Dieu mort puisqu’à force de dépouiller Dieu de toute détermination positif en le décrivant que par la négative en disant : « Il n’est pas un corps, il n’est pas une lumière, il n’est pas à l’intérieur ni à l’extérieur de l’Univers, il n’est pas non plus dans une direction … » il ne reste plus d’autre solution que de le renier intérieurement ! Les membres de l’apbif ressemblent ainsi à ceux qui réclamaient un ange comme messager car en cherchant à purifier Dieu de toute ressemblance avec ses créatures ils veulent dé humaniser le discours !

Ibn Jaousy ajoute en ce qui concerne cette question : « Lorsque l’homme du commun et l’enfant sont bien imprégnés de ces affirmations, qu’ils sont prêts à s’habituer à des descriptions que leurs sens comprennent bien, c’est alors seulement qu’on leur dit : « Rien n’est à sa ressemblance. » Ainsi peut s’effacer du cœur ce que l’imagination y avait gravé. C’est pourquoi le prophète a approuvé ce genre de choses, il entendit quelqu’un lui réciter : « Et sur le trône, se trouve le Créateur des mondes », il se mit à rire. Quelqu’un lui demanda : « Notre Seigneur est-il vraiment ? » « Oui » répondit-il et il ajouta : «Et sur le trône il est ainsi.» Tout cela pour installer dans les âmes le caractère concret de Dieu. La plupart des hommes conçoivent l’existence de Dieu qu’en fonction de ce qu’ils connaissent par expérience, c’est tout ce qu’on leur demande jusqu’au moment où ils pourront concevoir le dépouillement.

Mais quand en commençant l’initiation de l’homme du commun qui n’a aucune idée de ce qu’est l’existence de Dieu, en lui disant : « Il n’est pas dans le ciel, Il n’est pas sur le trône, on ne peut lui donner la main comme attribut, Sa Parole est un attribut indépendant, nous n’avons avec lui rien de commun et nous ne pouvons nous représenter sa descente… » Alors le respect de cet homme pour le Coran s’éteint dans le cœur et d’idée de l’existence de Dieu ne s’incruste pas en lui. C’est là un grand crime que nous commettons à l’encontre des prophètes et qui conduit à la ruine de ce qu’ils ont peiné à éclaircir. Il n’est pas bon qu’un savant sème la confusion dans la foi d’un homme du commun familiarisé avec l’idée d’un Dieu concret, il la corromprait et le mal serait difficilement réparable ! »[49]



Chapitre XIII

Les contradictions qui découlent de la croyance de l’apbif



Bien que les membres de l’apbif n’iront pas à jusqu’à l’extrême en reniant tous les attributs par lesquels Dieu s’est décrit, ce qui les met en contradiction avec eux-mêmes d’ailleurs ! Ils répertorient 13 attributs à savoir : « L’existence, l’unicité, le non commencement, la non fin, le non besoin, la puissance, la volonté, la science, l’ouïe, la vue, la vie, la parole, la non ressemblance aux créatures, » sans savoir qu’il n’y aucune différence entre ces derniers et le reste des attributs qu’ils interprètent ! Alors pourquoi dire que : « Allah parle mais pas comme nous parlons. Sa parole n'a pas de lettres ni de voix ni de langue»,[50] et ne pas faire la même chose avec « al istawa » ou « sa main » ? Pour illustrer la contradiction de leur système, prenons aussi l’exemple de l’ouïe et de la vue ; pourquoi reconnaître ses attributs sans faire de comparaison avec ceux des créatures et ne pas faire la même chose avec les autres attributs ? Car littéralement voire et entendre, c’est percevoir des images localisées dans un endroit et capter des sons aux moyens d’organes.

Et je passe sur les innombrables attributs par lesquels vous les mettrez en contradiction avec eux même ! Ainsi, trois alternatives se présentent en ce qui concerne cette question des récits et des versets équivoques :- Soit on renie tous les attributs jusqu’à l’athéisme- Soit on les accepte tous en les assimilant à ses créatures- Soit en les accepte tous sans les assimiler à ses créaturesLes deux premières positions sont des positions extrêmes qui excluent de l’islam ses partisans alors que la troisième est la voie du juste milieu : « tous les affirmer sans faire de comparaison » c’est le sens de la parole divine : « Il n'y a rien qui Lui ressemble et Il voit et entend. »[51] La position d’en accepter quelqu’un et d’en interpréter d’autres est une voie contradictoire avec elle-même car l’être humain est obligé de concevoir une idée inconnue en fonction de son propre repère.



Chapitre XIV

La croyance de l’apbif mène à légitimer l’associationnisme !



Tous les prophètes sont venus avec cette même parole : « Ô Mon peuple ! Adorez Dieu, vous n’avez pas d’autre divinité en dehors de lui. »[52] Effectivement, l’ensemble des messagers sont venus pour nous annoncer que la réussite éternelle se trouvait dans l’adoration exclusive de Dieu. C’est donc au niveau du culte que se localise le véritable crime de la comparaison du Créateur avec ses créatures ! En effet, un verset du coran énonce : « Dis : « Qui est le Seigneur des cieux et de la terre ? » Dis : « Allah. » Dis : « Et prendrez-vous en dehors de Lui des maîtres qui ne détiennent pour eux même ni bien ni mal ? » Dis : « Sont-il égaux, l’aveugle et celui qui voit ? Ou sont-elles égales, les ténèbres et la lumière ? Ou donnent-ils à Allah des associés qui créent comme sa création au point que les deux créations se soient confondues à eux ? Dis : « Allah est le Créateur de toute chose, et c’est Lui l’unique, le dominateur suprême. »[53] Les membres de l’apbif s’opposent encore une fois à la voie des messagers en légitimant le Tawasoul, l’Isti’ana oua al Istihgatha bil makhlouq,…, ainsi que le Tabarrouk alors que ces actes sont des actes de polythéisme majeur qui excluent de l’islam quand ils ne sont pas justifiés par la législation.Le Tawasoul qui exclue de l’islam est celui qui consiste à prendre un intermédiaire qui n’a pas de preuve dans la révélation entre nous et Dieu dans le culte en pensant que cet intermédiaire peut nous être utile.

L’Isti’ana oua al Istighatha bil makhlouq qui exclue de l’islam est celui qui consiste à chercher refuge auprès d’une créature en pensant que cette dernière peut nous aider pour un problème que seul Allah peut résoudre. Le Tabarouk qui exclue de l’islam est celui qui consiste à croire qu’un esprit habite un objet que l’on considère béni et dont le contact est source de bénédiction. Lorsque que l’on pense que toucher une chose est source de bénédiction alors qu’elle ne l’est pas alors c’est un acte de polythéisme mineur mais si l’on pense que le contact de cette chose est un moyen de nous rapprocher de Dieu alors c’est du polythéisme majeur. Le Tabarouk permis est celui du corps des prophètes.Il ne fait pas de doute que ces trois actes sont des actes de polythéisme majeur quand ils consistent à octroyer par la croyance un pouvoir divin à une créature. En effet, un verset énonce : « C’est à Allah qu’appartient la religion pure. Tandis que ceux qui prennent des protecteurs en dehors de Lui (disent) : « Nous ne les adorons que pour qu’ils nous rapprochent davantage d’Allah. Allah ne guide pas celui qui est menteur et grand ingrat. »[54]On peut expliquer cette légitimation par l’apbif de ces actes associationnistes par le fait que pour eux on ne dit pas « Où » pour Dieu[55], ainsi ils ne peuvent pas s’orienter vers Dieu pour leurs supplications et chercheront par conséquent à s’orienter vers des créatures tout en disant que : « rien ne profite ni ne nuit en dehors de Dieu. » Cette attitude ne ressemble-t-elle pas à celle des associateurs qui disaient : « Nous ne les adorons que pour qu’ils nous rapprochent davantage d’Allah » et qu’Allah qualifie de « menteur !» En effet, c’est un mensonge de dire que l’on adore Dieu et que simultanément on invoque un autre que Lui car l’invocation fait partie de l’adoration et la destiner à un autre que lui c’est par conséquent lui associer une fausse divinité.

Le prophète ne disait-il pas : « L’invocation : c’est l’adoration. »[56] Le verset qui recèle les trésors du Coran, à savoir : « C’est Toi (Seul) que nous adorons et c’est Toi (Seul) dont nous implorons le secours, »[57] indique bien que le croyant parfait doit n’implorer que Dieu et ne rechercher refuge qu’après de Lui. Dans un autre verset Allah nous commande explicitement : « Et n’invoque pas, en dehors d’Allah, ce qui ne peut te profiter ni te nuire »[58] Une tradition énonce en outre : « Nous partîmes en campagne avec le messager de Dieu contre Hounayn alors que nous avions à peine abandonné le paganisme pour l’islam. Les mécréants avaient l’habitude d’accrocher leurs armes et leurs armures à un arbre connu sous le nom dhat anwat. Quand nous passâmes près du dit arbre, nous demandâmes au prophète : « Ne vas-tu pas nous dresser un autre dhat anwat, tout comme ces gens-là en ont un ? » Le prophète rétorqua : « Dieu est Grand ! Vous venez de parler comme la tribu des fils d’Israël l’avait fait à Moïse : « Ô Moïse, désigne-nous un dieu comme ces gens-là ont des dieux ! »[59] Vous n’êtes que des ignorants ! Allez-vous suivre les pas de ceux qui vous ont précédés ? »[60]Dans une autre tradition le prophète a fait de la prévention en soutenant : « Dieu a maudit les juifs et les chrétiens car ils ont fait de leurs tombeaux des lieux de culte. »[61] En effet, l’adoration des idoles a pour origine la fabrication de statues à l’image d’un peuple pieux qui a vécu au temps de Noé. C’est Satan qui a insufflé au gens le désir d’immortaliser ce peuple par la fabrication de statues les représentant afin de préserver à travers le temps un respect à leur égard.

L’intention première de Satan était bien l’associationnisme mais il a procédé par étape en partant d’une action que les gens considéraient comme bonne à leurs yeux. Et effectivement, au début, il n’y avait pas d’adoration mais au fur et à mesure que le temps a passé les générations qui ont suivi ont fini par adorer les statues et les prendre pour des intermédiaires entre eux et Dieu. Ainsi, même le port des amulettes peut être considéré comme un acte associationniste lorsqu’on octroie à celles-ci des pouvoirs de protection. Un compagnon raconta que : « Le prophète vit un jour un homme portant une chaîne en laiton. Quand il lui en demanda la raison, l’homme répondit qu’il en avait besoin pour surmonter la faiblesse de l’âge. Le prophète lui ordonna de l’enlever en ajoutant : « Elle ne peut qu’intensifier ta faiblesse. Si la mort te surprenait alors que tu portes cette chaîne, tu ne réussiras jamais. »[62] Les membres de l’apbif useront pour justifier leurs actes associationnistes de récits faibles comme le récit suivant où : « Bilal Ibnou l-Harith Al-Mouzaniyy était venu auprès de la tombe du Messager durant l'année de la sècheresse (ar-ramadah) au temps du califat de ^Oumar, et qu'il avait dit : « Ô Messager de Allah, demande la pluie pour ta communauté, ils risquent de périr. » Et auront recours à des interprétations mauvaises de versets coraniques comme celui-ci : « Si lorsqu’ils ont fait du tort à leurs propres personnes ils venaient à toi en implorant le pardon d’Allah et si le messager demandait le pardon pour eux, ils trouveraient, certes, Allah, Très Accueillant au repentir, miséricordieux, »[63] Ou celui-là : « Et cherchez le moyen de vous rapprocher de Lui »[64] qu’ils traduiront par : « Recherchez les causes pour l'agrément de Allah » car pour eux on ne se rapproche pas de Dieu ! Ce qu’il faut retenir en ce qui concerne cette question du Tawassoul : c’est que le Tawassoul permis est celui que Dieu agrée parmi les œuvres obligatoires ou surérogatoires qu’Il aime comme la prière ou la patience :« Et recherchez l'aide par la patience et la prière. »[65] Et Dieu déteste l’associationnisme puisqu’il ne le pardonne pas !

Les membres de l’apbif s’appuient pour légitimer le Tawassoul sur des récits qu’ils n’ont pas comprit ou qu’ils comprennent à leur manière. Ils soutiennent : « Il est permis de faire le tawassoul par les prophètes selon l'unanimité. Le tawassoul, c'est demander à avoir un profit ou à repousser une nuisance par la mention du nom d'un prophète ou d'un saint par honneur pour celui par qui on fait le tawassoul, tout en croyant que c'est Allah qui crée le profit et la nuisance. Allah ta^ala dit :[66] Le Messager a enseigné à l'homme aveugle de faire le tawassoul, d'invoquer Allah par le degré du Prophète. L'aveugle l'ayant fait, Allah a rendu la vue à cet aveugle. Ceci a été rapporté par At-Tabaraniyy qui a jugé sûr ce hadith… Il est permis de faire le tawassoul par les saints et on ne connaît personne qui ait contredit à ce sujet et qui fasse partie des gens de la vérité, que ce soit parmi les gens du Salaf ou du Khalaf. Le hadith : ce qu'a rapporté Al-Boukhariyy que ^Oumar a fait le tawassoul par Al-^Abbas en disant : « Ô Allah nous faisons le tawassoul à Toi par l'oncle de notre Prophète. Donne-nous la pluie ». C'est ainsi qu'ils ont eu la pluie. »[67]Pour revenir sur la citation, notons qu’ils affirment : « Il est permis de faire le tawassoul par les prophètes selon l'unanimité » ! ! ! Mais de quelle unanimité font-ils allusion ? S’ils ne visent que les membres de leur secte alors cette phrase a du sens sinon elle n’est que pure mensonge ! Ils ajoutent : « Il est permis de faire le tawassoul par les saints et on ne connaît personne qui ait contredit à ce sujet et qui fasse partie des gens de la vérité, que ce soit parmi les gens du Salaf ou du Khalaf. » Si les membres de l’apbif visent le tawassoul par les morts alorsencore heureux que personne parmi les compagnons et les salafs ne l’est contredit puisqu’il n’existait pas à leur époque.

Bien au contraire, il y a unanimité que le tawassoul était comprit par les compagnons par la foi et l’obéissance ainsi que par les invocations d’un homme pieux si ce dernier est vivant. Ce que confirme la tradition citée en haut que les membres de l’apbif citerons à moitié, en effet Omar avant de dire : « Nous faisons le tawassoul par l’oncle du prophète. Donne-nous la pluie, » a dit : « Auparavant nous faisions le tawassoul par notre prophète et tu nous as donné la pluie. » Ceci indique que le tawassoul n’est pas permit pour un mort sinon dans ce cas Omar l’aurait fait par le prophète vu la station qu’il a auprès de Dieu et pas par son oncle. Ibn Abbas serait-il plus méritant que le prophète ? Le second récit sur lequel les membres de l’apbif s’appuient confirme également notre thèse, en effet un aveugle a demandé au prophète d’invoquer Dieu pour qu’il guérisse et le prophète a répondu : « Si tu le désires, j’invoquerai Dieu en ta faveur et si tu patientes cela est meilleur pour toi. » Et, l’aveugle demanda l’intercession du prophète et ce dernier lui enseigna une invocation où figurait le tawassoul par lui et il guérit de son aveuglement. Tout ceci confirme que le sens authentique du tawassoul est l’invocation et l’intercession d’un homme de mérite et cela doit se faire de son vivant car demander un bienfait à une personne incapable de profiter est à l’origine de l’associationnisme ! On ne demande l’aide ou l’intercession qu’à ce qui peut nous aider réellement.

Et l’arme du croyant est l’invocation et la patience comme l’indique une tradition. Ainsi, faire du tawassoul par les morts un moyen d’accéder au paradis n’est, ni plus ni moins, qu’un acte de polythéisme majeur qui exclu de l’islam ! Car les œuvres d’un mort sont coupées à l’exception : « d’une aumône qui continue de porter des fruits, d’une science qui continue de profiter ou d’un fils qui invoque en sa faveur. »[68] Remarquer que cette dernière tradition révèle qu’une œuvre n’est profitable pour nous que lorsqu’elle nous a pour origine. Compter sur les œuvres d’un autre pour accéder au Paradis ressemble à l’associationnisme des chrétiens qui pensent que la foi au Christ suffit à elle seule pour sauver. Le péché consiste, ici, à penser qu’un autre, indépendamment de nous, puisse nous être profitable alors que seuls nos actes nous profiterons. D’ailleurs c’est notre foi au prophète ainsi que son obéissance qui fait que son intercession nous sera profitable le jour du jugement, en effet il a dit : « Celui qui bénéficiera de mon intercession le jour du jugement c’est celui qui aura dit : « Il n’y a pas de divinité en dehors d’Allah » sincèrement de tout son cœur et de toute son âme. »[69]



Conclusion

 

Cette lettre concise n’avait pas pour ambition de cerner cette question des versets et des récits équivoques qui a engendré de grandes dissensions, par le passé, au sein de la communauté musulmane et qui continue de le faire, aujourd’hui, en France par l’intermédiaire de l’apbif. Mon objectif premier était d’éclaircir l’esprit de celui qui ignore les divergences qui minent notre communauté de foi, de réfuter les assises doctrinales de l’apbif, et de démontrer l’authenticité de la voie du respect de la littéralité. Mon second objectif était de réunir mes frères et mes sœurs divisés par de stériles disputes et de les rapprocher du but dont ils se sont éloignés. C’est en effet le dégoût que m’inspire l’excommunication non justifiée d’un musulman qui m’a poussé à écrire sur le sujet ! Dans l’espérance que nous puissions constituer une unité où concordent nos idées, où se rapprochent nos cœurs et où s’accordent nos aspirations.

Le prophète disait en effet : « Méfiez vous de la présomption car la présomption est le parler le plus mensonger. N’employez pas vos cinq sens à la recherche des défauts des autres et ne vous espionnez pas ! Bannissez entre vous toute concurrence déloyale, toute envie et toute haine. Ne vous tournez pas le dos les uns aux autres et soyez frères ô esclaves d’Allah ! Le musulman est le frère du musulman ! Il ne lui fait pas d’injustice, ne lui refuse pas son soutien et ne le méprise pas ! La piété est ici (désignant sa poitrine) ! Il suffit pour être mauvais de mépriser son frère musulman. Pour le musulman, le sang, l’honneur et les biens de son frère musulman sont interdits ! »[70] Je sais que beaucoup de membres de l’apbif sont sincères dans leur cheminement qu’ils considèrent comme le seul qui protège de l’Enfer… Beaucoup de gens ne savent pas ce qu’est l’islam disent-ils… Je les aime et leur destine ces quelques pages dans l’espérance qu’ils puissent quitter la voie dans laquelle ils cheminent. Louange à Dieu, le Maître de l’univers et que la bénédiction de Dieu soit sur son ultime messager ainsi que sur sa famille et ses compagnons.

 

Mahdy Ibn Salah


[1] C4/82

[2] C30/31

[3] C8/46

[4] C3/103

[5] C8/46

[6] C2/286

[7] Boukhari

[8] C3/105

[9] Ahmed, Abou Daoud

[10] Authentique

[11] C61/9

[12] C3/31

[13] C6/53

[14] « Les musulmans d’Occident et l’avenir de l’islam », Tariq Ramadan, p. 59-60

[15] Moslim

[16] Authentique

[17] C22/77

[18] C2/216

[19] C5/3

[20] Ibn Maja

[21] Site de l’Apbif

[22] C5/64

[23] Boukhari

[24] Site de l’Apbif

[25] Au sujet du verset : « Le Tout Miséricordieux s’est établit sur son Trône », C20/5

[26] Siyar a’lamin an Nuboula 10/80, Dhahabi a dit : « Il est rapporté par al Hakkari et d’autres, via une chaîne contenant des narrateurs dignes de confiance », Moukhtassar al uluw, p. 177

[27] « Fiqh al Akbar », Abou Hanifa, p. 36-37

[28] « Majmouh Fatawa », Ibn Taymiyya, Tome 5, p. 33 & C20/5

[29] « Majmouh Fatawa », Ibn Taymiyya, Tome 5, p. 159

[30] « Majmouh Fatawa », Ibn Taymiyya, Tome 3, p. 123

[31] Authentifié par al Bayhaqi, Ibn Assakir, ad Dhahabi, as Sabouni, Abou Mohammed ibn Ali al Baghdadi et bien d’autres

[32] C36/71

[33] “Al Ibana”, L’imam al Ach’ari, p. 133

[34] L’imam Abou Hanifa a autorisé la traduction de « yadou Allah » en langue perse dans « Fiqh al Akbar »

[35] Boukhari

[36] « Majmouh al Fatawa », Ibn Taymiyya, T. 5, p 458 et 575

[37] Réfutation d’Abou Bakr el Djazaïri de la secte des ahbach.

[38] Boukhari

[39] C4/115

[40] Brochure de l’apbif, la préservation des prophètes

[41] Abdelrazaq

[42] C6/38

[43] « Manaqib al imam Ahmed », Ibn Jaousy, p. 155-156

[44] Daraqoutni

[45] C3/7

[46] C17/94-95

[47] Boukhari

[48] C16/75

[49] « La pensée Vigile », Ibn Jaousy, paragraphe 50

[50] Site de l’Apbif

[51] C42/11

[52] C7/159

[53] C13/16

[54] C39/3

[55] Ce qui va à l’encontre d’une tradition rapporté par Boukhari où le prophète questionna une esclave de la manière suivante : « Où est Allah ? »

[56] Tirmidhi

[57] C1/5

[58] C4/62

[59] C7/138

[60] Tirmidhi

[61] Boukhari

[62] Ahmed

[63] C4/64

[64] C5/35

[65] C2/45

[66] C5/35

[67] Site de l’Apbif

[68] Authentique

[69] Boukhari

[70] Moslim

 

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