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Écrit par Mahdy Ibn Salah  •  Catégorie : Hizb Tahrir  •   •  Affichages : 1694

 

L’on apprend souvent de l’échange constructif, puisque par ce dernier, l’on découvre des idées nouvelles grâce justement à l’association de concepts anciens, qu’engendre le débat. Discuter est une donc une voie pour apprendre et ce même avec des ignorants ! C’est pourquoi, il ne faut donc pas avoir peur de la réfutation, comme il ne faut pas avoir peur de la critique et du noble rabaissement consécutif de notre ignorance puisque, ne l’oublions pas, dire « je ne sais pas » est un savoir en soi ! Ainsi, je prends votre réponse à mon article, comme un bienfait par lequel notre science se développe puisqu’elle engendre l’approfondissement nécessaire à la dissipation des doutes et des confusions dans la conscience des lecteurs. Rien à voir avec la critique pseudo-salafiste qui dénigre, quant à elle, pour écraser le visé quand nous devrions, en réalité, critiquer pour parfaire le concerné !

 

Il est vrai que je ne me suis pas basé sur des livres de premières mains pour écrire ce que j’ai écris, à propos du Hizb at Tahrir, car je voulais ma critique plutôt globale. Je reconnais, par déduction, m’être partiellement trompé, bien qu’il soit important ici de nuancer les dires plus ou moins faux de mon article puisque selon un certain angle ils peuvent, en effet, s’avérer vrais ! Ainsi, je conçois que l’erreur peut se trouver dans mes propos suivants :

-         Le Hizb at Tahrir n’a pas été fondé à la base pour la libération de la Palestine

-         Aspire à réformer par le Haut la société sans passer par une éducation du bas

-         Le Hizb at Tahrir s’oppose à toute œuvre instantanément bénéfique pour la Oumma en raison de sa focalisation sur la restauration du califat

-         Le Hizb at Tahrir s’oppose à toute introduction étrangère dans l’administration du califat

-         Le Hizb at Tahrir développe une certaine forme de sectarisme en raison de sa focalisation

 

Je ne vais pas m’attarder sur ces différents points, qui comme je l’ai dit en haut, selon l’angle de leur observation peuvent varier entre le vrai et le faux car, par exemple, d’un certain côté le Cheikh Nabhani n’a peut être pas fondé son mouvement uniquement pour libérer la Palestine, mais il n’en demeure pas moins que la colonisation injuste des israéliens a déclenché naturellement en lui le désir et la volonté qui est à l’origine de ce mouvement chargé de répondre justement au problème de la perte de l’identité musulmane consécutif de la disparition de leur état, et par conséquent à l’incapacité des musulmans de défendre et de récupérer leur terre perdue…

 

Cela dit, je reste sur les positions du fond de mon article en ajoutant que la conciliation entre nous n’est possible que par une élucidation des quatre questions suivantes :

 

  • Faut-il prendre le terme Khalif, selon le sens linguistique ou le sens idéologique ?
  • Le Khalifat est-il un moyen ou une fin ?
  • La focalisation sur le Khalifat est-elle une valeur ajoutée, ou s’opère-t-elle au détriment d’un aspect de la religion ?
  • Le sectarisme des membres du Hizb at Tahrir renforce-t-il la cohésion du groupe sans excommunier les non membres, ou divise-t-il la communauté ?

 

Vous soutenez que le Mahdi sera un calife parmi d’autres califes sur la base de traditions prophétiques pour démontrer que le califat peut précéder la venue de l’Imam. Or, tout dépend du sens que le prophète voulait donner au terme khalif ! Visait-il le « gouverneur d’une contrée donnée» ou « le commandeur de tous les croyants » ? Je ne pense pas, pour ma part, probable l’unité parfaite de toute la oumma, avant la victoire finale de l’imam[1], contre les meneurs injustes de la terre, tout comme la libération du Qouds par Salahdine al Ayoubi n’a pas été réalisé par toute la communauté de l’époque mais par seulement une minorité, résidant dans les régions qui avoisinent la ville de Damas. Ainsi, mon raisonnement avait pour but de montrer que si le mouvement Hizb at Tahrir repose sur la restauration du califat selon le sens idéologique[2] pour l’obtention de la victoire, alors il est un non sens car cette restauration n’aura probablement jamais lieu avant la victoire. Et si elle a lieu, elle est déjà une victoire en soi ! Et l’on voit mal pourquoi l’imam viendrait pour réaliser une mission déjà accomplit…

 

C’est pourquoi je pense que la réponse à la seconde question est fondamentale pour ce qui concerne notre sujet ; « le khalifat est-il une fin ou un moyen en soi? » Puisqu’à partir de la réponse, nous pouvons départager entre les égarés et les gens de la vérité ! En effet, l’une des voies du sectarisme vil consiste justement à focaliser sur un aspect accessoire de la religion au détriment d’un essentiel ! Or, nous nous rejoignons dans le fait que la restauration du califat est un essentiel de la foi musulmane ! Mais devons-nous, cependant, le prendre comme un moyen pour atteindre une fin, ou plutôt comme la fin de notre effort à réaliser les moyens de son obtention ? Je pense pour ma part que le califat est une fin et que nous devons travailler à sa restauration authentique pour qu’enfin l’islam puisse culminer et que la volonté divine puisse dominer la planète au sein de cet espace de paix régit, par la Loi divine et administré indirectement par l’Un! Je pense donc, par déduction, que la prise du califat comme un moyen est une erreur puisque l’on peut se passer de ce concept en promouvant par exemple le sens linguistique du terme c’est-à-dire la restauration non pas du califat authentique mais d’un simple état musulman limité. Et les textes scripturaires vont de ce sens ! En somme, il est important de ne pas confondre entre les différents sens que regorge le terme « Khalifat » si l’on tient à faire une juste part des choses entre les partisans et les non adhérents du Hizb at Tahrir.

 

A partir de là, nous pouvons mettre en évidence que la focalisation sur le Khalifat peut s’avérer être une erreur quand nous privilégions un sens particulier au détriment du sens approprié puisque cela va générer naturellement le non sens, consécutif de l’œuvre en vue d’une fin utopique ! Et c’est ce que je crains pour le Hizb at Tahrir… Je peux toutefois me tromper.

 

En somme, nous devons tous travailler effectivement à la victoire de l’islam et au retour califale nécessaire à cette victoire. Mais, je pense qu’il n’existe pas qu’un seul chemin ! Et que les musulmans ne doivent se réunir que sur la Parole d’Allah et de son prophète selon une compréhension juste. Cela dit, je sais que cette unification totale est très peu probable et je soutiens par déduction que le regroupement local ou par un mouvement international est parfois nécessaire et louable surtout s’il permet la préservation de l’identité musulmane de ses adhérents. Je ne suis donc pas contre une certaine forme de sectarisme[3] nécessaire au développement d’un mouvement musulman tolérable puisque conforme globalement à l’islam des sources. Je condamne toutefois tous les groupes qui se disent posséder en toute exclusivité la vérité, au point de considérer les non adhérents de leur mouvement comme des égarés !

 

Je pense que les sincères ne peuvent que se rejoindre, et qu’ils se rejoindront autour de l’imam avant l’heure, sans considération de leur groupe, de leur langue, ou de leur couleur… C’est uniquement là que les vrais et les faux se départageront ! Avons-nous préparé notre soutien à la victoire de l’imam par notre projection à l’émigration prochaine au Cham ou projetons-nous, par la longue espérance, de vivre notre retraite en France, en raison de ses allocations ?

 

L’islam est un et personne n’a le droit de dire que son groupe est celui qui est le seul dans la vérité ! Notre prophète a complété sa mission ! Et, il n’y a par déduction rien à rajouter ! Nous avons toutefois le droit de nous organiser afin de parvenir aux fins de notre religion, tout en aspirant à la complémentarité et non à la rivalité !

 

 

Wa bilahi ta’ala taoufiq

 

 

Mahdy Ibn Salah

 

 

 



[1] Et encore, je soutiens même que seuls les croyants de la région du Cham seront les principaux concernés des événements qui vont précédés la fin des temps !

[2] Espace de la terre, qui regroupe tous les croyants, et dont la Loi repose sur la Parole d’Allah

 

[3] Il ne faut pas prendre ce terme que j’utilise selon le sens français car l’arabe du terme firqa n’est pas négatif puisque le prophète l’utilise pour décrire le groupe sauvé

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