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Écrit par Mahdy Ibn Salah  •  Catégorie : Hizb Tahrir  •   •  Affichages : 1510

 

بسم الله الرّحمن الرّحيم

السّلام عليكم ورحمة الله وبركاته

 

 

Avant d'exprimer mon humble avis sur le texte "Les erreurs des maqdissistes...", je voudrais d'abord dire que la formulation selon laquelle "la démocratie est une religion mécréante" est malheureuse en français. Il s'agit en effet d'un arabisme car le mot dîn revêt une acception beaucoup plus large que le mot "religion". En effet, le mot dîn ne désigne pas seulement, comme son correspondant français, le culte que l'on rend à la divinité, mais aussi "la loi et le droit" (cf. al-Mou'jam al-'arabî al-'asâsî, art. DYN) : "La vraie Religion, pour Dieu, c'est l'islam" (sourate 'Âl-'Imrân, verset 19). Je dirais plutôt que la démocratie est un dogme.

Pour ce qui est du texte lui-même, qui se propose de discuter l'opinion d'al-Maqdisî, force est de constater qu'il tente de ranger la démocratie dans l'ordre du permis, sans user d'arguments convaincants. Car la souveraineté est un concept juridique qui fait référence à la législation, c'est-à-dire au pouvoir de faire et de défaire les lois. La démocratie est un système politique dans lequel le peuple est souverain : il est la source des pouvoirs. Comme le peuple ne peut, dans son intégralité, avoir la même opinion en matière du permis et de l'interdit, c'est l'avis de la majorité qui fait loi, et c'est elle qui décide pour la minorité. Donc, "le peuple est souverain" veut dire en fait que "la majorité est souveraine".

En vérité, dans la pratique de la démocratie ce n'est ni le peuple qui choisit, ni même la majorité, mais les détenteurs de capitaux, seuls véritables dirigeants réels. Les exemples crèvent les yeux en Europe et en Amérique.

Qu'en est-il maintenant de cette démocratie par rapport à l'islam ? Tout musulman sait que c'est Dieu seul qui décide du permis et de l'interdit, et que, par conséquent, la souveraineté appartient à Lui et à Lui seul. Des dizaines de versets établissent que la législation est une prérogative de Dieu seul.

Les exemples avancés dans le texte comme illustration de la démocratie n'ont rien à voir avec le domaine législatif : la consultation, l'élection des différents califes, le limogeage des responsables dont la 'Oummah est mécontente, le système de chancellerie (et non du droit romain !) pris aux Byzantins, tout cela n'entre pas dans le cadre législatif du licite et de l'illicite ; ce sont de pures dispositions pratiques ou administratives qui relèvent de la pure rationalité en matière de gouvernance. Et pour cause, si la souveraineté appartient à Dieu, c'est la 'Oummah qui détient l'autorité.

Quant à la question des élections, il ne s'agit pas de l'apanage de la démocratie. Les élections constituent une technique utilisée depuis la nuit des temps, y compris par la 'Oummah islamique, pour départager les concurrents ou les candidats. Il est donc légitime d'y participer pour élire un candidat dont la piété, la probité et l'honnêteté sont avéré. Mais que dire d'une participation à des élections dont les candidats sont incroyants et vicieux ? Peut-on un seul instant songer à participer à ce genre d'élection pour permettre à des candidats de cet acabit de mettre en vigueur des lois impies ?

Que la démocratie absolue n'ait jamais existé, là n'est pas la question. En effet, la démocratie est un système utopique qui, dans tous les cas, est en contraction totale avec l'islam. Quant au problème que pose la participation à un système démocratique, celle-ci n'entraîne pas nécessairement l'apostasie, mais une transgression de la loi de Dieu. En revanche, s'impliquer dans un tel système en le considérant meilleur que l'islam est assurément un acte d'incroyance.

 

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