Écrit par Mahdy Ibn Salah  •  Catégorie : Principologie  •   •  Affichages : 1302

Salam Ahléikoum,

 

Si j’écris en utilisant des faits réels, c’est toujours pour mettre le lecteur dans la peau des personnages principaux afin qu’il puisse se reconnaître dans mes écrits, et soit intensément captivé par le contenu. Les gens qui ont déjà assisté à mes cours du dimanche à Stains savent que chacun de mes cours puisait son inspiration d’une anecdote ou d’un événement vécu dans la même semaine ! Je pourrais, effectivement, utiliser un langage plus global, loin des particularités, qui ne viserait donc personne mais j’ai choisi volontairement ce style car il permet une proximité qui est l’un des piliers de ma méthodologie !

 

Ainsi, saisissez que la voie que j’ai décidé d’emprunter dans l’enseignement, c’est d’enseigner à partir de l’expérience et de la proximité afin que cela soit plus vivant et plus percutant pour les élèves ! Je crée stratégiquement du lien afin de véhiculer de la lumière par ce dernier. J’essaie de faire de ma personne une illustration de ce que  j’enseigne afin que par l’exemplarité, ma sincérité puisse introduire et véhiculer le savoir dans la poitrine de mes élèves. Il faut donc comprendre que je ne parle pas sous l’emprise de la passion, ni ne règle des comptes personnels, ou me venge de souffrances non cicatrisées ! Je me sers de mon vécu et de mes sentiments pour véhiculer les connaissances édifiantes associées. Et ceci, soulignez-le, est un style, non une faiblesse…

 

En effet, je suis un homme et c’est à partir de son humanité que l’homme peut s’élever dans les hauteurs et les perfections de la spiritualité. Se dépouiller de toute sensibilité humaine n’est pas humain !

 

Et la tradition qui fait dire à l’imam Ali, quand il a refusé de tuer un ennemi lors de la bataille de Khandaq parce que ce dernier lui a craché dessus et l’a insulté : « avant je voulais te tuer pour Allah mais quand tu m’as craché dessus j’ai voulu te tuer pour me venger de la douleur que tu as infligé à mon ego… » est sujette à des doutes solides en ce qui concerne son authenticité !

 

En effet, cette version provient d’historiens chiites[1], et sachez que même dans la version chiite, Ali finit par tuer son adversaire après le retour de la tranquillité de son âme. Un hadith faisant l’éloge de ce duel est considéré, selon le Cheikh Albani et Dahabi, comme un mensonge pur introduit par les Rawafid !  J’ai trouvé une douzaine de variantes concernant ce récit et aucun texte authentique ne fait mention de cette histoire de crachat que l’on entend souvent dans les discours soufis !

 

Quoiqu’il soit, nul doute que ce récit, et ce même s’il était authentique, révèlerait la faiblesse de l’imam Ali, au lieu de mettre en évidence sa bravoure, car au moment où il a été perturbé par ce crachat, il a refusé de faire ce qu’il devait faire au yeux d’Allah puisque selon une version authentique concernant ce combat, il dit à son adversaire ‘Amrou Ibn  ‘Abd Oud qui refusa de le défier en raison de son jeûne âge : « Moi, par contre je veux te tuer car tu es un mécréant ! »

 

En effet, la sincérité, selon le qadi ‘Iyad, c’est d’être exempter du fléau d’œuvrer pour les gens et aussi d’être exempté du fléau diamétral qui consiste à arrêter d’œuvrer à cause des gens ! Ainsi, arrêter de combattre à cause d’une émotivité consécutive à un crachat ou à une insulte est un signe d’ostentation à l’égard de sa propre âme ! Comprenez !

 

Les soufis qui se basent sur ce récit pour démontrer la grandeur d’âme d’Ali ou pour justifier que l’adoration authentique doit être dépouillée d’émotivités personnelles sont proches de la croyance impure qu’est l’unicité de l’existence voulant qu’Allah s’adore lui-même par l’adoration de ses serviteurs!

 

Et ceci est une innovation doctrinale qui fait sortir de l'islam car le Tawhid authentique implique justement de s’éteindre dans la volonté divine moyennant l’assujettissement de notre émotivité à la cause d’Allah. C’est, en effet, adorer Allah que de mettre notre intelligence, notre émotivité, notre force physique et nos biens personnels au service de la juste cause ! Aimer et détester fillah est la couronne du Tawhid selon Ibn Abbas ! Et comment pouvons-nous aimer et détester si ce n’est en laissant guider les barques de nos sentiments personnels sur les rivières de la volonté divine !

 

Pendant que les aveugles ne voient que de la vanité,

Les clairvoyants verront, quant à eux, de la sincérité,

Car c’est réaliser l’unicité que d’assujettir l’âme à la vérité,

Comme le malin, qui à l’opposé, utilise le bien pour aveugler ! 

 

Comprenez, que je n’ai donc pas réglé de comptes avec cette sœur Malika, ni avec les personnes qui lui ressemblent et que j’ai connu, cette dernière ne fut qu’un support symbolique à la dénonciation de ce qu’est une double facette afin que les gens qui vivront de telles épreuves puissent se reconnaître et agir adéquatement face à ces suppôts du diable !

 

Je reconnais toutefois, qu’être affecté par ce genre d’individus en pensant à eux constamment est un signe de faiblesse, bien évidemment, car les doubles facettes ou les passionnés quand ils n’arrivent pas à vous atteindre par l’amour tentent de la faire par la haine ! La faiblesse consiste ici à conserver, sous quelque motif que ce soit, une image en notre conscience de ces doubles facettes et non à revivifier la haine associée ! En effet, quelle calamité que de laisser de telles impuretés pénétrer votre conscience ! L’indifférence est, par conséquent, ici un signe de la force véritable et donc en ce qui concerne notre propos : il est tout à fait possible de haïr des doubles facettes avec une force et une hauteur d'âme quand celle-ci s'opère bien évidemment dans l’indifférence des personnes concernées !

 

Revivifier des haines liées à des descriptions diaboliques est légal car notre prophète le faisait avec les khawaridjs dans de nombreuses traditions authentiques qu’il désignait d’ailleurs par l’appellation « chiens de l’enfer » en raison de leur double facette car ils adoraient Allah avec dévotion et intensité, et simultanément ils tuaient les croyants avec acharnement et ferveur ! 

 

Ainsi, l’émotivité et la colère qui ont accompagné mes articles ne sont donc que des traductions de la réalisation du Tawhid au niveau de l’émotion concernant la laideur du dédoublement du visage car effectivement c’est un devoir religieux que d’être répugné par ce genre d’individus.

 

Sachez, mes sœurs et mes frères,

Que la véritable faiblesse est bien celle qui vous fragilise ;

Ce n’est surement pas celle qui provoque votre colère,

C’est celle qui pénètre votre forteresse et, de l’intérieur, vous déstabilise !

 

Ceci n’est donc que stratégie de ma part, tout comme le fait de mettre en relief dans mon site mes avis singuliers, sujets à controverse, et ce, pour enseigner une règle pourtant célèbre de nos salafs, celle qui énonce : « qu’une personne ou une voie doit être acceptée, si ses avantages l’emportent sur ses inconvénients. » Ceux qui s’écartent d’un ensemble globalement utile, et ce, à cause de rares failles ne sont pas dignes de l’enseignement prophétique car c’est justement satanique que de focaliser sur la faille. Omar Ibn al Khatab disait à juste titre : « L’hypocrite focalise sur les défauts tandis que le croyant trouve des excuses ! »

 

Mahdy Ibn Salah



[1] ابْنُ شَهْرَآشُوبَ فِي الْمَنَاقِبِ، عَنْ أَمِيرِ الْمُؤْمِنِينَ قَالَ
لَمَّا أَدْرَكَ عَمْرَو بْنَ عَبْدَ وُدٍّ لَمْ يَضْرِبْهُ فَوَقَعُوا فِي عَلِيٍّ ع 
فَرَدَّ عَنْهُ حُذَيْفَةُ فَقَالَ النَّبِيُّ ص مَهْ يَا حُذَيْفَةُ فَإِنَّ عَلِيّاً ع سَيَذْكُرُ سَبَبَ وَقْفَتِهِ ثُمَّ إِنَّهُ ضَرَبَهُ فَلَمَّا جَاءَ سَأَلَهُ النَّبِيُّ ص عَنْ ذَلِكَ قَالَ قَدْ كَانَ شَتَمَ أُمِّي وَ تَفَلَ فِي وَجْهِي فَخَشِيتُ أَنْ أَضْرِبَهُ لِحَظِّ نَفْسِي فَتَرَكْتُهُ حَتَّى سَكَنَ مَا بِي ثُمَّ قَتَلْتُهُ فِي اللَّهِ
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