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Écrit par Mahdy Ibn Salah  •  Catégorie : Sectes diverses  •   •  Affichages : 6552

 Introduction

Écrire sur la divergence ne vend pas ! C'est même un sujet qui fâche... Qui fâche ceux qui se sentent visés et touchés par une vérité qui n'est pas toujours sucrée c'est-à-dire qui ne va pas toujours dans le sens de leur intérêt et de leur passion. Beaucoup aiment et penchent instinctivement vers celui qui aura un discours agréable à l'ouïe de l'âme bestiale alors que l'attitude du musulman modèle est de s'incliner devant la vérité car « Peut-être que vous détestez une chose alors qu'elle est un bien pour vous et peut-être que vous aimez une chose alors qu'elle est un mal pour vous » dit un verset du coran. Les sens sont trompeurs tandis que la vérité est immuable. On pourrait penser que l'ombre d'un objet causé par le soleil ne bouge pas alors que notre raison soutient le contraire car la terre est en perpétuel mouvement. Dans cet exemple, nous avons une preuve que la raison s'oppose parfois à la sensation et qu'elle doit avoir la primauté sur cette dernière mais hélas les gens sont plus émotionnels que rationnels. J'ai donc plus de chance d'être rejeté par la masse qu'un « muslim démagogue » qui dira presque: « tout est halal ! » Qu'on se le dise! Les mosquées, les conférenciers et les imams qui officient ne sont pas toujours de bonnes références! D'ailleurs, le prophète disait: « Il y aura à la fin des temps des savants pervers et des dévots ignorants. »

 

Je ne veux pas rendre difficile l'islam, je veux juste que l'islam reste l'islam et que ce dernier ne se transforme pas comme le christianisme en s'adaptant à nos passions ! Si l'islam est la religion de Dieu alors il ne peut changer ! L'islam de notre prophète doit être le même pour notre époque. Supposer le contraire c'est faire de l'islam une religion humaine et point divine, qui varie dans ses principes et sa pratique selon les époques et les contextes ! Je ne vise, bien évidemment, que le domaine du culte. J'aimerais tant entendre des voix humbles qui disent face à la vérité : « Oui ceci est vrai mais je n'ai pas encore la capacité de le faire » et qui feront à leur rythme des efforts pour cheminer vers une pratique authentique de l'islam. De ces gens-là on peut espérer beaucoup... Mais des autres qui utilisent l'islam pour justifier une passion, une lâcheté ou une paresse : rien, absolument rien... Comme c'est le cas de celui-là, Tariq Oubrou, qui dit que le béret peut remplacer le voile, ou de cet autre qui pense qu'à notre époque on est dispensé de se soucier de l'état de la communauté, ou celui-ci qui pense que la « Da'wa » c'est-à-dire la prédication ne se fait que par le comportement et pas par une approche physique et verbale comme on l'entend de ces « musulmans en costards cravates » !

 

Le prophète nous a mit en garde contre les gens qui parleront sans se baser sur une science, c'est-à-dire librement, et qui égareront les autres : « Certes, Allah ne prendra pas la science en l'ôtant des serviteurs mais il prendra la science en prenant les savants. Et quand il ne laissera plus aucun savant, les gens mettront à leur tête des ignorants qui seront questionnés et qui répondront sans aucune science, ils s'égareront et égareront les autres. » Dans une autre tradition le prophète disait: « L'heure n'aura pas lieu tant que vous ne prendrez pas la science des petits. » Selon Ibn Moubarak, « les petits », dont fait allusion ce récit, sont ceux qui parlent librement c'est-à-dire selon leur opinion. Selon une autre version, ce sont les innovateurs. Ibn Mass'oud disait quant à lui: « Les gens ne cesseront d'être dans le bien tant que la science leur proviendra des compagnons de Mohammed et de leurs aînés. Mais quand la science leur arrivera de la part de leurs cadets et que leurs passions divergeront, ils périront. »

 

Ainsi, mon discours, je le sais, risque fort probablement d'attirer des ressentiments. N'est-ce pas là un témoin de l'adhésion à la vérité? Waraka Ibn Naoufel n'a-t-il pas dit au prophète: « Nul n'est venu avec ce que tu es venu sans qu'il ne soit prit en animosité! » En effet, « la ilaha ilal lah » est un credo qui veut mettre l'intérêt divin avant les intérêts des humains qui usurpent et exploitent leurs semblables ! Du coup, une pratique correcte de cette parole doit vous attirer la foudre de ceux qui risquent de perdre leur prérogative terrestre, si votre appel se propage! En un mot, si vous n'êtes pas éprouvés dans votre foi par les associateurs et les mécréants alors vous ne suivez pas les traces des véritables unificateurs de Dieu (Les Mouwahidines)! Ce n'est donc pas du côté de ceux qui sont l'objet d'éloges par les mécréants et dont on peut lire les écrits et qu'on peut voir partout dans les médias que l'on doit chercher une orientation ! Bien au contraire ! Ce sont souvent ceux que l'on ignore et qui sont incessamment calomniés et critiqués par eux, les ennemis de Dieu, dont il faut puiser les enseignements et puiser le savoir...

 

C'est pourquoi, la plupart de mes ouvrages sont boycottés par les principales librairies musulmanes de Couronne (Sana, Essalam, Ennour, Ghazali, al Azhar, Tawhid). On se permet de vendre des ouvrages contenant des blasphèmes comme ceux d'Ahmed Tall, le marabout du Sénégal, d'Harun Yahya qui prônent la doctrine de « l'illusoirité » du monde extérieur de Berkeley et le panthéisme de Spinoza et combien j'en passe! Alors que l'on boycotte des ouvrages utiles et contextuels qui répondent à des questions du moment ! Les librairies de Couronne ne méritent que le boycotte car elles agissent en véritable mafia pour qui l'argent compte plus que la vérité ! Pour preuve, allez chez eux et demandez le livre: « Les signes de la fin des temps » du Dr Yusuf al Wabil et demandez-leur pourquoi un chapitre à été rayé de blanc dans le sommaire et que les pages associées ont été arrachées du livre en question ? Alors que les pages des autres ouvrages contenant des impiétés sont toutes conservées? Le prophète ne disait-il pas: « Celui qui cache un savoir est maudit jusque par le poisson dans la mer et l'oiseau dans le ciel. » Que dire de ceux qui en plus de cacher le savoir propagent des impiétés?

 

J'écris donc cette lettre, pour répondre avant tout à un devoir qui incombe à chacun d'entre nous, celui de se battre pour le triomphe de la justice et de la vérité, à une époque où prime le ventre, le lit ou la poche sur la volonté divine : « Il ne restera à la fin des temps, disait le prophète, que de la racaille, ils n'ordonneront aucun bien et ne blâmeront aucun mal! » Et, je la destine à tout musulman sincère qui aspire à Dieu et qui désire élucider une question fondamentale, une question qui ne va pas tarder à être d'actualité et qui l'est déjà ! Je fais allusion à la question de l'identité musulmane et, de surcroît, du positionnement par rapport à la divergence au sein de la communauté. Il va falloir bientôt faire un choix! Celui qui comprend de quel choix je fais allusion a déjà une longueur d'avance... Le prophète disait en effet: « Empressez-vous d'accomplir des bonnes oeuvres avant que les tentations n'arrivent, durant lesquels l'homme se réveillera au matin en étant croyant et sera la nuit mécréant, ou sera la nuit croyant et se réveillera mécréant. Il vendra sa religion pour des jouissances de ce monde. » Ce récit met en relief l'instabilité de la foi des musulmans de la fin des temps. Ils passeront de la croyance à la mécréance comme la nuit embrasse le jour à l'aurore. C'est hélas une triste réalité qui touche aujourd'hui beaucoup de nos frères et soeurs qui commettent, le plus souvent, par ignorance ou inconsciemment des actes d'impiété ! Dans un autre récit relatif à la fin des temps, le prophète a dit: « Viendra une époque où les gens jeûneront, prieront et feront le hadj sans que ne se trouve parmi eux un seul croyant ! » Dans une autre tradition: « Viendra une époque où mille orants prieront dans une mosquée sans que ne se trouve parmi eux un seul croyant! » Loin de faire un takfir (excommunication) général, le prophète voulait mettre en relief par les paroles précédentes qu'à la fin des temps, la véritable foi se fera rare!

 

C'est pourquoi j'ai jugé fondamentale l'écriture d'une lettre concise qui l'expose clairement afin que le lecteur et la lectrice puissent faire la part des choses entre ceux qui suivent la voie droite et ceux qui, adeptes de sectes et de courants, se sont égarés.

 

La divergence au sein de la communauté musulmane est une triste réalité qui ralentit la progression de l'islam. En effet, « Si l'islam est la vérité, alors pourquoi toutes ces divergences en son sein ? La vérité unie et ne peut dresser ses partisans les uns contre les autres ! » Se dit sceptiquement ce novice dans la pratique qui, à cause de la division, préfère l'isolement au militantisme associatif.

 

Écrire sur la divergence est un devoir fondamental qui incombe à toute personne qui peut mettre en relief les failles des doctrines contraires à l'islam originel car l'ignorance et l'incapacité des musulmans à séparer le vrai du faux risque, face à la divergence, de les éloigner naturellement de l'islam ! Et beaucoup, n'ont pas la maturité intellectuelle et la fermeté doctrinale susceptibles de les protéger de la tentation et de l'égarement.

 

Il est donc important de consolider la croyance du musulman de France afin de raffermir son action et de diminuer l'impact de Satan et des innovateurs sur sa pratique religieuse. Un sage ne disait pas sans cause que l'une des voies de Satan pour égarer les fidèles croyants est de mélanger le vrai avec le faux afin que le vrai soit un moyen de les obnubiler pour qu'ils tombent par la suite dans le faux en pensant être dans la vérité. N'est-ce pas là, la plus grande perdition ? « Voulez-vous que Nous vous apprenions lesquels sont les plus grands perdants en œuvres ? Ceux dont l'effort, dans la vie présente s'est égaré, alors qu'ils s'imaginaient faire le bien. » C'est pourquoi, les savants ont établi la règle suivante : « L'absence de défauts prévaut sur la présence de qualités. » C'est-à-dire que ce n'est pas parce qu'une personne a fait beaucoup de bonnes œuvres qu'elle est exempte de l'égarement ou de la mécréance! Mais c'est l'absence d'imperfections intolérables qui nous dira si elle est dans la vérité ou pas... D'ailleurs, l'imam Ali disait: « Ne reconnais pas la vérité par les hommes mais connais la vérité et tu reconnaîtras les véridiques. » De part ce dire, il voulait mettre en évidence que c'est La vérité, c'est-à-dire le coran et la sunna, qui peuvent nous dire qui sont ceux qui suivent le droit chemin et non pas les apparences séductrices et les belles paroles.

 

J'espère enfin que cette lettre aidera le lecteur à saisir la notion de la divergence et lui permettra de faire, lumineusement, la part des choses face à toutes les sectes présentes sur le territoire français! Ce n'est ni l'amour des honneurs, ni l'attrait pour la considération qui me poussent à écrire ces quelques pages car je sais que l'on me dénigrera de la manière suivante: « Mais qui es-tu pour critiquer autrui et prétendre par le dénigrement des autres posséder seul la vérité? » Je ne prétends pas à l'infaillibilité, ni à la possession exclusive de la vérité et demande au lecteur et à la lectrice de juger par lui ou elle-même et de comparer mes écrits avec les deux références que sont le coran et la sunna afin de voir si réellement je suis sur la voie de notre prophète bien aimé et si les critiques à mon encontre sont vraies... Je sais que des jaloux s'acharneront contre moi comme ils ont coutume de le faire contre toute personne qui fait un petit effort pour la « oumma »! La jalousie traduit l'état de celui qui ne supporte pas qu'une personne s'accapare un bien éphémère que l'on convoite, comme la renommé ou le leadership ! Ainsi, étudiez la critique de celui qui me critiquera et regardez si cette dernière est fondée sur un argument provenant du coran ou de la sunna contre l'un de mes dires et pas sur une chose que j'aurais supposé dite, si elle s'attaque à la forme ou au fond de mon discours, à ma propre personne ou à ce que je dis ou écris... Si la critique n'est pas solide elle est alors le fruit de la jalousie, du sectarisme, de l'ignorance, de l'orgueil... On doit agir de la sorte avec tous les musulmans : Nous garder de juger trop rapidement sans vérifier et avoir, toujours, une bonne opinion des autres jusqu'à preuve du contraire !

 

Je ne demande qu'à progresser et invite, par conséquent, les plus savants et les plus éclairés à m'écrire si je me suis trompé afin que je ne reste pas sur une erreur. Je ne cherche qu'à partager mes minimes connaissances afin de rendre ceux qui ne les possèdent pas plus éclairés et meilleurs.

 

Oua billahi ta'ala taoufiq

Mahdy Ibn Salah

 

Qu'est-ce que la divergence ?

 

La divergence suppose l'opposition entre deux parties. Elle est le témoin de la contradiction entre deux pensées. C'est pourquoi La divergence au sein de la communauté musulmane est interdite car elle met en péril son unité et discrédite l'authenticité de l'islam. En effet, la vérité est synonyme d'unité et d'harmonie tandis que la fausseté est synonyme de division et de contradiction. C'est pourquoi, un verset du coran énonce : « Ne méditent-ils pas sur le coran ? S'il provenait d'un autre qu'Allah, ils y trouveraient certes maintes contradictions ? » Par ce verset, Allah met en évidence l'une des preuves du caractère divin de sa parole par le fait que cette dernière ne contient aucune contradiction car la contradiction est un, témoin de l'imperfection. Ainsi, la divergence est un mal et non un bienfait car Allah a dit : « Il ne cesseront d'être en désaccord (entre eux) sauf ceux à qui ton Seigneur a accordé sa miséricorde. » Si Allah accorde uniquement sa miséricorde à ceux qui ne divergent pas alors comment peut-on encore soutenir qu'elle est un bien ou une richesse ? Y a-t-il du bien dans ce qui est privé de la miséricorde divine ? La divergence est donc un mal puisqu'elle contribue à la disparition de l'islam. En effet, Allah a dit : « Et obéissez à Allah et à son Messager et ne vous disputez pas sinon vous fléchirez et perdrez votre force ! » Effectivement, la force est contenue dans l'unité. La destinée d'un bateau à voile qui subit différents vents face à d'autres bateaux ennemis qui n'en subissent qu'un seul sera, de toute évidence, la déchéance ! Or, les contraires, afin de subsister, doivent se livrer bataille et l'islam est le contraire d'une civilisation basée sur l'athéisme et le culte des passions. « Nos ennemis, disait le directeur de la revue al Manar, n'ont jamais cessé de nous déclarer une guerre à mort par le fer et le feu. Voici que la tactique a changé, elle se fait plus sournoise, c'est par la ruse, par les opinions et les idées nouvelles, en corrompant les croyances qu'on s'attaque à notre religion, en décriant ses institutions, sa discipline et sa morale... cette guerre où la politique et la science marchent ensemble, nous est devenue plus funeste que le siècle des croisades. Celle-ci avait sommé le ralliement parmi les musulmans, la nouvelle guerre, guerre d'idées et de principes, les divise, met le trouble dans leurs rangs et les dresse les uns contre les autres. Jouets de leurs ennemis, ils se déchirent de leurs propres mains. » Le 23 février 1862, Ernest Renan prononce son discours inaugural au Collège de France, sur : «La part des peuples sémitiques dans l'histoire de la civilisation » : «A l'heure qu'il est, la condition essentielle pour que la civilisation européenne se répande, c'est la destruction de la chose sémitique par excellence, la destruction du pouvoir théocratique de l'islamisme; car l'islamisme ne peut exister que comme religion officielle; quand on le réduira à l'état de religion libre et individuelle, il périra [...] Là est la guerre éternelle, la guerre qui ne cessera que quand le dernier fils d'Ismaël sera mort de misère ou aura été relégué par la terreur au fond du désert. L'islam est la plus complète négation de l'Europe; l'Islam est le fanatisme, comme l'Espagne du temps de Philippe Il et l'Italie du temps de Pie V l'ont à peine connu; l'Islam est le dédain de la science, la suppression de la société civile; c'est l'épouvantable simplicité de l'esprit sémitique, rétrécissant le cerveau humain, le fermant à toute idée délicate, à tout sentiment fin, à toute recherche rationnelle, pour le mettre en face d'une éternelle tautologie: Dieu est Dieu. L'avenir, Messieurs, est donc à l'Europe et à l'Europe seule. L'Europe conquerra le monde et y répandra sa religion, qui est le droit, la liberté, le respect des hommes, cette croyance qu'il y a quelque chose de divin au sein de l'humanité.» Ce discours traduit ouvertement la guerre que l'Occident livrera éternellement à l'islam. C'est pourquoi la division des musulmans est une trahison envers notre propre clan et que ceux qui, parmi les musulmans, la défendent sont, pour la plupart, des hypocrites ou des suiveurs d'hypocrites. Cela dit, elle est inévitable dans certains cas et évitable dans d'autres : « Et si ton Seigneur avait voulu, il aurait fait des gens une seule communauté. » Elle constitue une épreuve pour le croyant car Dieu l'a voulu de part sa volonté universelle (Irada kaouniya) mais ne l'a pas souhaité de part sa volonté légale (Irada char'iya). Le mal n'est voulu par Dieu que pour que le bien apparaisse car ce sont par les contraires que les choses se distinguent. Ainsi, l'unité absolue constitue l'idéal du croyant qui doit tendre vers cette dernière, du meilleur qu'il peut par la défense de la vérité car il n'y a que Dieu qui peut unir parfaitement ses fidèles. « Et cramponnez-vous tous ensemble au câble d'Allah et ne soyez pas divisés, et rappelez-vous le bienfait d'Allah sur vous lorsque vous étiez ennemis, c'est Lui qui réconcilia vos cœurs. Puis, par son bienfait vous êtes devenus frères. Et alors que vous étiez au bord d'un abîme de feu, c'est Lui qui vous en a sauvés. Ainsi, Allah vous montre ses signes afin que vous soyez bien guidés. » Mais puisque l'idéal est une chose et que la réalité en est une autre, alors la divergence devient une épreuve à surmonter. Et, il ne devrait (y) avoir de divergence que pour l'unité ! En effet, l'idéalité de l'islam est d'unir tous les hommes derrière le credo de l'unicité divine. Or, Dieu étant inaccessible en soi, il a manifesté sa volonté par l'entremise de son prophète et puisque l'unité n'est possible que par l'un alors l'union des hommes n'est réalisable que par la soumission à Allah au moyen de l'obéissance à son Messager. C'est pourquoi, un verset du coran soutient : « Non ! Par ton Seigneur ! Ils ne seront pas croyants aussi longtemps qu'ils ne t'auront demandé de juger de leurs disputes et qu'ils n'auront éprouvé nulle angoisse pour ce que tu auras décidé, et qu'ils se soumettent complètement (à ta sentence). » Or, la divergence est inévitable du fait que la présence du prophète n'est pas continuelle et absolue. C'est ce qui ressort du fameux récit des banou Qourayza. Ce récit mentionne : « Après la guerre des coalisés, le prophète avait déclaré : « Que personne n'accomplisse la prière de l'après-midi si ce n'est chez les banou Qourayza. » Et les compagnons s'étaient mis en route vers le lieu indiqué, l'heure de la prière de l'après midi survint cependant tandis que quelques uns, parmi eux, étaient encore en chemin. Certains déclarèrent alors qu'ils n'accompliraient la prière qu'une fois arrivés chez les banou Qourayza, l'heure légale fut-elle dépasser, le prophète dit : « Que personne n'accomplisse la prière de l'après midi, si ce n'est chez les banou Qourayza ? » D'autres firent valoir que le sens de sa parole était plutôt : « Que chacun s'efforce d'arriver chez les banou Qourayza avant la fin de l'heure de la prière de l'après-midi. » Lorsque ces compagnons rejoignirent le prophète, ils lui firent part des interprétations différentes qu'ils avaient eues de sa parole. Le prophète ne dit rien s'abstenant de donner raison aux uns sur les autres. » Le silence du prophète se justifie par le fait que dans ce cas, la divergence était inévitable et donc tolérable, car les deux parties avaient des arguments puisés de la révélation et que rien ne pouvait donner la prééminence d'une interprétation sur une autre puisque le prophète était absent. Ce récit est donc un argument contre ceux qui prétendent que le prophète dit par son silence son respect pour la pluralité des interprétations ! C'est discréditer et rabaisser le prophète que de croire qu'il avait voulu deux attitudes de la part de ses compagnons concernant son ordre ! Le respect de la pluralité divise bien plus qu'il n'unit car la croyance est le repère de l'orientation. Verriez-vous de l'harmonie, si à Paris les anglais se mettaient à conduire à gauche? Ainsi, l'union que prônent les partisans du « On est tous des frères, mettons de côté nos différences et unissons-nous sur nos points communs » n'est qu'une union hypocrite que leurs actes contredisent car ils ne sont jamais « frère » avec des gens qui ne vont pas dans leur sens doctrinal ou méthodologique! D'ailleurs Allah condamne fermement cette union: « Tu les croirais unis alors que leurs cœurs sont divisés » quand il fait allusion aux idolâtres.

 

Le récit des banou Qourayza révèle, bien au contraire, l'origine de la divergence : la distanciation par rapport à la révélation. Et cette distanciation n'est pas que physique, elle est aussi spirituelle et intellectuelle. La distanciation physique engendre le manque de connaissance et la connaissance est le support de l'orientation. Ainsi, la divergence qui naît de l'étroitesse de la connaissance est tolérable tant qu'elle n'est pas le fruit de l'orgueil car : « Allah n'impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité. » L'auteur d'une telle divergence a voulu donner le meilleur de lui-même pour accéder à la vérité mais ce meilleur de lui-même ne lui a pas permis de l'atteindre en raison de l'étroitesse de sa connaissance fruit de son éloignement physique par rapport au prophète. C'est pourquoi Ibn Taymiyya disait: « On voit parfois s'égarer des gens qui cherchent la vérité, qui font de leur mieux pour la découvrir, mais qui en ont été incapables. Ils ne sauraient être châtiés. Ils s'acquittent aussi parfois d'une partie des ordres qu'ils ont reçu; ils auront la récompense de leur effort; l'erreur qui les a fait s'égarer hors de la réalité de l'ordre d'Allah leur sera pardonnée. »

 

La divergence intolérable qui mène au châtiment est celle de ceux qui, après acquisition de la connaissance juste, reste sur leur position fausse et standardisent leurs repères dans le jugement en raison de leur orgueil, comme ce fut le cas d'Iblis, des juifs et des chrétiens : « Et ne soyez pas comme ceux qui se sont divisés et se sont disputés après que les preuves leur furent venues, et ceux-là auront un énorme châtiment ! » C'est à cette divergence que faisait allusion le prophète quand il a dit : « Les gens du livre se sont divisés au sujet de leur religion en 72 sectes. Cette communauté sera divisée en 73 sectes dont une seule évitera le feu et les autres y seront précipitées à cause de leurs divergences dans l'application de la religion. » Cette divergence est le fruit de l'orgueil et de la jalousie selon Ibn Omar et de la déformation du dogme pur de l'unicité divine : « Et ne soyez pas parmi les associateurs, parmi ceux qui se sont divisés dans la religion et sont devenus des sectes, chaque parti étant satisfait de ce qu'il a ! » Notre distanciation par rapport à Allah se remédie par notre proximité par rapport au prophète et notre distanciation par rapport au prophète se remédie par notre proximité par rapport aux savants puisque : « les savants sont les héritiers des prophètes » selon une tradition célèbre, et qu'Allah a dit : « Ô les croyants ! Obéissez à Allah et obéissez au messager et à ceux d'entre vous qui détiennent le commandement. Puis si vous vous disputez en quoi que ce soit, renvoyez-là à Allah et au messager, si vous croyez en Allah et au jour dernier. Ce sera bien mieux et de meilleure interprétation. » Les savants sont selon Moujahid : « ceux qui détiennent le commandement » et à qui l'on doit obéir car l'intelligence est une adoration et elle consiste à tendre vers le meilleur, or les savants pieux sont les plus proches du prophète après les gens de sa famille et les compagnons. Soulignons bien les « savants pieux » car la distanciation spirituelle par rapport au prophète est à l'origine de la mauvaise interprétation. Et « n'est pas savant celui qui n'a pas de crainte » disait notre prophète David ! En effet, les gens qui ont une maladie dans le cœur auront tendance à interpréter les sources scripturaires dans le sens de leur passion. C'est pourquoi Allah a dit : « Ô vous les croyants ! Si vous craignez Allah, il vous accordera la faculté de discerner. » Ceux qui sont privés de crainte, puisque désobéissant à Allah et à son Messager, auront donc une lecture faussée des sources car le respect de la loi musulmane est un témoin de la piété et la piété est un témoin du savoir : « Et quiconque exalte les injonctions sacrées d'Allah s'inspire en effet de la piété des coeurs. » Le prophète avait prédit qu'à la fin des temps : « Les savants seront soumis aux gouverneurs à tel point qu'ils donneront des fatwas pour leur faire plaisir en déclarant licite ce qui est illicite et illicite ce qui est licite. » La divergence qui a donc pour origine la passion, l'orgueil ou la jalousie est strictement interdite et entraîne le courroux de Dieu et le châtiment dans l'au-delà! C'est cette divergence là, qui est à l'origine de la division de notre communauté et qu'il faut combattre absolument!

 

Ainsi, la divergence est un mal qu'il faut gérer du meilleur que l'on peut avec juste mesure sans tomber dans l'excès, ni le défaut car l'idéal est inaccessible et l'indifférence vis-à-vis d'elle divise plus qu'elle n'unie. L'attitude juste en ce qui concerne cette question est de ne pas tolérer la divergence évitable, celle qui est le fruit de l'orgueil et qui concerne la doctrine et de tolérer celle qui est inévitable, fruit de l'ignorance et des cheminements individuels, et qui concerne les ramifications de la religion, tout en aspirant continuellement à la vérité qui, elle, est unique. Les gens sages savent que la divergence est inévitable mais qu'elle ne doit pas être une finalité, ils seront unis de part leur croyance pure malgré les quelques divergences qui peuvent survenir dans tout ce qui ne touche pas le dogme de l'unité divine.

 

Quelques conseils pour plus de lucidité

 

Dans un environnement plein de divisions, il apparaît délicat de faire la part des choses et de distinguer le vrai du faux. C'est pourquoi, j'ai jugé utile

d'exposer, ci-après, pour le lecteur et la lectrice, quelques règles salutaires pour aborder le problème de la divergence avec plus de lucidité.

 

1 La vérité se fonde sur la raison et non sur l'émotion

 

Ce principe est d'une importance fondamentale quand on sait que le second nom de la fausseté, c'est la tromperie ! En effet, Satan est dénommé : « le grand séducteur, le grand trompeur. » Il y a une différence entre convaincre et persuader. Il ne faut pas croire que ce qui persuade soit nécessairement une vérité, la même chose ne persuade pas tout le monde, ni toujours les mêmes personnes, la persuasion vient d'ailleurs, des choses étrangères à l'objet en question : de la réputation de celui qui parle, de son sérieux, de son ton insinuant, de ce qu'ont le connaît bien, de ce qu'il nous fait plaisir... C'est pourquoi les partisans de doctrines fausses se baseront sur les émotions afin de cacher les défaillances, au niveau de la logique, de leur assise doctrinale. Ainsi, ce n'est pas les beaux discours, ni la largesse du savoir, ni les dévotions qui font qu'une personne est dans la vérité mais c'est sa conformité avec la voie prophétique ! Le sensible est relatif aux sens et l'exaltation des sens ne prouve pas la véracité de ce qui nous captive. C'est pourquoi notre prophète n'a pas eu les miracles de Moïse car une foi basée sur des émotions n'est pas stable tandis qu'une foi basée sur des réflexions est ferme car la raison est interne tandis que l'émotionnel est relatif à l'externe. Ainsi, s'explique pourquoi beaucoup sont revenus à la désobéissance après une période de pratique religieuse intense puisque leur source de foi externe s'est tarie à cause d'un changement environnemental ou d'une épreuve comme le divorce... Beaucoup, par exemple, pensent à tort que le grand nombre est une preuve de la véracité d'une tendance ou de la droiture d'un individu. En effet, un verset du coran énonce : « Et si tu obéis à la majorité de ceux qui sont sur la terre, ils t'égareront du sentier d'Allah... » S'il est vrai que la main d'Allah est avec le groupe, il ne faut pas perdre à l'esprit que le groupe c'est, selon une sage sentence : « Ce qui est conforme à la vérité même si tu es seul. » D'ailleurs, Abraham constituait à lui seul une communauté ! Bien au contraire, les gens de la vérité perdurent dans leur voie même si la masse s'oppose à eux ! Et, l'histoire nous révèle que c'est une coutume de Dieu que d'éprouver ses sincères fidèles par l'opposition de la masse afin de tester si ces derniers fondent leur foi sur des émotions ou sur des raisonnements ! Ainsi, ce n'est pas le petit nombre d'adhérents qui fait la fausseté d'une doctrine, ni la célébrité d'un individu qui prouve sa droiture mais c'est encore la conformité avec la voie prophétique. Une tradition énonce que le prophète a dit : « Il restera toujours dans ma communauté un groupe de personnes attaché à la vérité et ne les ébranleront pas ceux qui s'opposeront à eux ou les trahiront. » C'est la raison et la révélation seules qui peuvent nous dire si un individu suit la bonne voie. La raison est pour la révélation ce que la balance est pour l'étalon. Nous nous devons d'examiner une tendance, un individu ou une doctrine par la révélation qu'est le coran et la sunna au moyen d'une raison saine, celle qui vise le triomphe seul de la vérité même s'il faut mettre, parfois, de côté la sensibilité de notre cœur.

 

2 Un morceau de vérité n'est pas toute la vérité !

 

Chaque secte se prétend être dans la vérité et se permet de jeter l'anathème, de critiquer ou de déconsidérer ceux qui suivent un autre courant de pensée. On peut dire, sans mentir, que toutes les mouvances musulmanes de France possèdent une part de vérité. Quoique les partisans du Furkan atomique, qui se revendiquent à tort de l'islam, aient une doctrine totalement inconnue des sources et qui pourtant cherche une légitimité dans le coran! D'ailleurs sans cette part de vérité, les sectes ne pourraient attirer des adeptes. Or, ce n'est pas la possession de la parcelle qui nous prouve la possession du tout, et beaucoup, hélas, tombent dans le panneau en adhérant à des courants de pensée qui focalisent sur quelques aspects de la religion tout en délaissant le reste car subjugué par le grossissement de cette parcelle. Il ne faut donc pas concentrer notre esprit sur les raisons qui nous persuadent de la véracité d'une secte ou de la droiture d'un individu mais plutôt le concentrer sur les raisons qui détruisent la secte ou discréditent l'individu. Ce n'est pas la présence de qualités qui prouve la véracité mais c'est l'absence de défauts ! Il ne faut pas, soulignons-le, tomber dans la paranoïa en ne focalisant que sur les défauts car l'on risquerait de se sectariser comme les « rabi'istes », mais il faut peser les bonnes et les mauvaises œuvres d'une secte ou d'un individu afin de voir qui des avantages ou des inconvénients l'emportent. Les gens de la vérité condamnent la focalisation sur un aspect de la religion par le délaissement du reste. L'islam est une pensée globale! On ne peut choisir une partie et renier une autre partie de cette religion sans la quitter puisque Allah a dit : « Ceux qui ne croient pas en Allah et en ses messagers et qui veulent faire distinction entre Allah et ses messagers et qui disent: "Nous croyons en certains d'entre eux mais ne croyons pas en d'autres," et qui veulent prendre un chemin intermédiaire, les voilà les vrais mécréants! Et nous avons préparé pour les mécréants un châtiment avilissant. » En effet, la vérité est unique et forme un tout, et le fait de croire en une partie de cette dernière tout en reniant le reste est de la mécréance pure car nous avions dans cette partie de vérité en laquelle nous croyions de quoi croire au reste! Le terme « Kafara » que l'on traduit par « mécréance » signifie étymologiquement : « renier »! Et, pour renier quelque chose, il faut avoir les moyens d'y croire. Ainsi, un véritable mécréant est celui qui possède une part de vérité lui permettant d'accéder à la vérité entière mais qui refuse par orgueil et renie les autres vérités. C'est le cas de ceux qui croient en certains prophètes tout en reniant certains autres ou qui croient en certains versets du coran tout en reniant d'autres. Ainsi, la focalisation par le délaissement du reste est de la mécréance! L'on doit donc rester lucide à l'encontre de ceux qui brandiront des vérités même nobles comme le coran, et qui délaissent d'autres vérités.

 

3 Tous les chemins ne mènent pas à Allah !

 

Ce n'est pas parce que nous prétendons avoir les mêmes buts que nous suivons la même voie. Et ce n'est pas parce que, il y a différentes manières de parvenir à Dieu que Dieu accepte toutes les voies qui « mènent » prétendument à lui. La voie qui mène à Dieu est unique et c'est celle qu'il agrée et c'est la voie de son ultime prophète. C'est pourquoi le prophète traça un trait au sol et à la gauche et à la droite de ce même trait d'autres traits et ajouta : « Ce trait que voici est la voie d'Allah et les traits qui sont à sa gauche et à sa droite sont les multitudes de voie à l'extrémité desquelles se trouve un diable qui y appelle », et ensuite il récita le verset suivant: « Et voilà Mon chemin dans toute sa rectitude, suivez-le et ne suivez pas les sentiers qui vous écartent de Sa voie. » Voilà ce qu'Il vous enjoint. Ainsi atteindrez-vous la piété. » Cette voie est relative au contexte et peut donc prendre différentes couleurs. C'est la voie de la lutte armée dans un contexte d'occupation, c'est la voie de la lutte intellectuelle dans un contexte médiatiquement hostile, c'est la voie de la science dans un contexte d'ignorance, et c'est la voie du social dans un contexte où brille l'égoïsme... Les partisans de l'islam originel saisissent qu'ils font partie d'un même ensemble, la oumma, et travaillent selon leur contexte au triomphe de la même cause. Ils pensent globalement mais agissent localement et comprennent que les péchés individuels ici sont la cause des échecs de l'islam ailleurs. Ils s'aimeront d'un amour authentique, au-delà des frontières raciales et géographiques! Beaucoup s'égarent en pensant être dans le droit chemin en agissant d'une manière non conforme au contexte. C'est le cas de ceux qui prêchent ou apprennent la religion alors que l'ennemi tue nos enfants et viole nos femmes ! C'est le cas de ceux qui font du social sans se soucier du savoir et de l'importance de la doctrine ! C'est le cas de ceux qui veulent renverser un gouvernement sans passer par l'éducation du peuple ! Et j'en passe de ces mouvances et de ces associations qui gaspillent beaucoup d'énergie ou qui pourraient foisonner leur bénéfice pour la communauté s'ils voyaient globalement tout en respectant les priorités! La bonne action ne garantie pas notre adhésion à la vérité car beaucoup agissent sans privilégier les priorités et font plus de mal que de bien car dispersant les forces. En effet, une bonne action individuelle peut paraître utile à l'échelle individuelle mais nuisible à l'échelle collective quand elle ne s'inscrit pas dans une démarche collective et organisée. Ainsi, la recherche de l'agrément divin ne prouve pas que nous soyons dans le droit chemin car tant que nous n'agissons pas en tenant compte du contexte pour tendre vers l'idéal alors nous ne serons pas sur la bonne voie. D'ailleurs, beaucoup pensent aspirer à la satisfaction divine dans leur action mais ignorent que la satisfaction divine ne s'atteint pas par l'éloignement de la voie prophétique. On adore, effectivement, Dieu de la manière qui plaît à Dieu et pas d'une manière qu'élabore notre esprit afin de satisfaire notre ego ! Les gens de la vérité voit globalement et aiment tous ceux qui désirent faire triompher la cause juste quelque soit l'endroit où ils oeuvrent tant que leur action est conforme au contexte. Ils condamnent ceux qui divisent la communauté, par une action qui ne répond pas au besoin essentiel du moment, ceux qui focalisent, ceux qui sautent les étapes, ou ne veulent pas quitter certaines d'entre elles. La voie qui mène à Dieu est donc unique et c'est celle qui est conforme à la voie prophétique mais peut prendre différentes formes en fonction du contexte.

 

Les caractéristiques de la secte sauvée

 

Nous arrivons, enfin, au sujet central qui risque de réveiller des rancoeurs et de susciter du mépris vis-à-vis de l'auteur de l'écrit que vous lisez mais la vérité me tient à cœur et la défense de cette dernière est un devoir qui incombe à chacun d'entre nous. C'est pourquoi, j'appelle le lecteur à me lire avec un œil objectif qui cherche à établir des principes plutôt qu'un œil partial qui tend à confirmer ses préjugés.

 

La secte sauvée

 

Dans un verset coranique Allah a dit : « Cette communauté, la vôtre est une seule communauté tandis que je suis votre Seigneur. Craignez-moi donc ! Mais ils se sont divisés en sectes, chaque secte exultant de ce qu'elle détenait. Laisse-les dans leur égarement pour un certain temps... » A partir de ces versets nous pouvons énoncer les deux objectifs de la secte sauvée :

• L'unité de Dieu

• L'unité de la communauté

 

En effet, toute mouvance musulmane possède un but et un moyen. La secte sauvée lutte, par conséquent, pour défendre deux unités : celle de Dieu et celle de la communauté musulmane. De la réalisation de la première unité dépend la seconde. Effectivement, seul Dieu peut unir véritablement les hommes : « Il a uni leurs cœurs. Aurais-tu dépensé tout ce qui est sur terre, tu n'aurais pu unir leurs cœurs ; mais c'est Allah qui les a unis, car Il est Puissant et Sage. » En effet, l'homme est un loup pour l'homme dans la mesure où il désire toujours se privilégier en matière de plaisir, ce qui implique que rien en dehors de Dieu ne peut unir véritablement un homme à un autre homme car tout ce qui n'est pas Dieu est éphémère et illusoire. Ainsi, les unions terrestres qui ne reposent pas sur Dieu ne dureront que tant que dureront les causes passagères de leurs unions. C'est d'ailleurs dans l'épreuve et la difficulté que les fausses unions sont mises à jour ! C'est pourquoi Abraham disait : « En effet, c'est pour cimenter les liens entre vous-mêmes dans la vie présente, que vous avez adopté des idoles, en dehors d'Allah. Ensuite, le jour de la résurrection, les uns rejetteront les autres et les uns maudiront les autres, tandis que vous aurez le Feu pour refuge et vous n'aurez pas de protecteurs ! » Les gens de la vérité sont unis par Dieu et ne se désolidariseront jamais car Dieu est éternel et ne meurt pas. Leur combat ne prend donc pas fin avec la fin d'un cours ou d'une rencontre. Tant qu'il leur reste du temps à vivre, ils partageront la même voie, tout comme les compagnons ont peiné toute leur vie pour la triomphe de la cause juste ! L'union des cœurs n'est possible que par le partage d'un objectif commun qu'est le triomphe de la vérité ! « C'est Lui qui a envoyé Son messager avec la guidée et la religion de Vérité, pour la placer au-dessus de toute autre religion, en dépit de l'aversion des associateurs. » Or toute déformation de l'unicité divine met en péril cette union en Dieu car seul l'unique peut unir. C'est pourquoi le premier combat des gens de la vérité est le combat contre l'associationnisme qu'est la recherche de la satisfaction d'un intérêt qui s'oppose à celui de Dieu et la division doctrinale qui divisent les hommes : « Et ne soyez pas parmi les associateurs, parmi ceux qui ont divisé leur religion et sont devenus des sectes, chaque parti exultant de ce qu'il détenait. »

En somme les deux critères qui nous permettent de savoir si un individu ou une secte suit la bonne voie sont :

• Le Tawhid

• L'unité de la communauté

 

Les deux questions qui nous permettent de savoir si telle mouvance ou tel homme est sur la bonne voie sont :

Quel sens donnes-tu au Tawhid ?

Quelle est ta position vis-à-vis de la divergence ?

 

Car le vrai musulman n'adore que Dieu et se positionne vis-à-vis des autres en ce qui concerne l'exclusivité de l'adoration que l'on doit à Dieu. Les gens de la faction victorieuse soutiennent, effectivement, que le Tawhid consiste à rendre la perfection à Dieu par la croyance et par le culte en attribuant, par la pensée, la perfection à Dieu et en plaçant, pragmatiquement, l'intérêt divin au dessus de tout autre intérêt qui le rivaliserait au moyen de son obéissance. Cette réalisation de l'unicité divine possède deux chantiers : l'individuel et le collectif. Il s'agit d'orienter l'individu, et ensuite la société par la parole divine jusqu'au triomphe de l'islam sur la terre : « Allah a promis à ceux d'entre vous qui ont cru et fait les bonnes œuvres qu'Il leur donnerait la succession sur terre comme Il l'a donnée à ceux qui les ont précédés. Il donnerait force et suprématie à leur religion qu'Il a agréée pour eux. Il leur changerait leur ancienne peur en sécurité. Ils m'adorent et ne m'associent rien et celui qui mécroit par la suite, ce sont ceux-là les pervers. » Ce credo implique l'union des partisans de la vérité autour d'un combat continuel contre la divergence évitable car sans la séparation entre le vrai et le faux par la victoire de la vérité, il n'y a pas de séparation entre les partisans de la vérité et ceux de la fausseté par le triomphe des croyants ! Et sans cette dernière séparation, il n'y a pas de lutte qui permettra le triomphe de la cause juste et sans cette lutte, les injustes qui tiennent le monde ne s'inquièteront jamais car ne risquant pas de perdre leur prérogative. C'est pourquoi les mécréants travaillent à propager ou à encourager à l'intérieur de l'islam des doctrines contraire au Tawhid, et des sectes promouvant l'œcuménisme afin d'anesthésier les volontés militantes pour assurer la pérennité de leur règne sur les esprits et les corps. Ainsi, il n'est pas suffisant de croire et de suivre la bonne voie pour obtenir le salut dans l'au-delà mais il faut aussi conserver la pureté de la doctrine et du cheminement face aux « choubouhat » c'est-à-dire aux doutes que peuvent nous insuffler les diables parmi les hommes et les djinns car le « koufr » et la « bid'a » menacent indubitablement ceux qui s'éloignent de la vérité. Le « koufr » est l'acte de renier une vérité et tout « kafir » est nécessairement un « mouchrik » c'est-à-dire un associateur et réciproquement tout associateur est un « kafir ». La « bid'a », quant à elle, consiste à agir d'une manière non conforme à la voie par ajout d'actes d'adoration qui n'ont pas d'assise dans la révélation. Il existe donc un « koufr » idéologique relatif à la croyance et un koufr pragmatique, relatif aux actes de la même manière qu'il existe une « bid'a » idéologique et une « bid'a » pragmatique. Ainsi, il faut combattre la mécréance et l'innovation si l'on tient à atteindre notre but par la lutte contre leurs partisans respectifs. Les mécréants et les innovateurs sont, effectivement, des ennemis de Dieu qu'il faut, par déduction, détester et combattre de la manière appropriée. Les premiers sont des ennemis externes tandis que les seconds sont les ennemis internes qui ouvrent les portes de la citadelle de l'islam aux ennemis externes. Ibn Taymiyya soutient : « Il fait partie des caractéristiques du croyant que d'avoir de l'hostilité pour l'amour d'Allah et de prendre des alliés pour l'amour d'Allah. » Toutefois le cheikh poursuit : « Si la personne est croyante il est du devoir de la prendre pour allié même si elle est en désaccord avec nous parce que les méfaits n'annulent pas l'allégeance qui est exigée par la foi. » De son côté, Ibn Abbas assurait que : « Ne goûtera pas la saveur de la foi celui qui n'aime pas et ne déteste pas en Allah et cela même s'il prie et jeûne abondamment. Les gens se basent dans leur amitié sur des affaires de ce monde, mais cela ne leur profitera pas dans l'au-delà. » Le prophète ne disait-il pas : « Celui qui aime en Dieu, déteste en Dieu, donne en Dieu et interdit en Dieu a certes parfait sa foi. »

 

Les gens de la vérité sont des gens courageux qui appartiennent à un islam actif et combatif ! C'est l'islam du prophète, celui de l'imam Ali, de l'imam Ahmed, de l'imam Ibn Taymiyya... « Ô les croyants ! Quiconque parmi vous apostasie de sa religion... Allah va faire venir un peuple qu'Il aime et qui l'aime, modeste envers les croyants et fier et puissant envers les mécréants, qui luttent dans le sentier d'Allah, ne craignant le blâme de personne. » Un islam prioritaire qui n'est pas secondaire dans la vie ! Un islam qui engendre une fierté et pas un complexe d'infériorité ! Un islam de cœur et d'actions qui ne se localise pas uniquement sur la langue ! Science, action, fermeté, fierté, courage et patience sont les caractéristiques du musulman authentique. Les ennemis de l'islam sont ceux qui travaillent à la disparition de ces valeurs. Et ils font partie le plus souvent de mouvances qui se réclament de l'islam mais qui n'ont rien à voir avec... Beaucoup, hélas, de nos frères et sœurs adhèrent à ces courants sans savoir qu'ils ne suivent pas réellement les pas du dernier prophète. Analysons le complexe d'infériorité qui traduit l'état de celui qui a honte de ses propres valeurs pour calquer celles de l'environnement dominant. Eh bien, nous avons dans cet exemple, un signe que la personne commet un acte associationniste, en effet, celui qui imite servilement un peuple au point d'avoir honte de son identité musulmane place la mécréance au dessus de la croyance ! Car nous aspirons toujours à ce que l'on considère comme supérieur. Ainsi, celui qui n'est pas fier de l'islam au point d'imiter les mécréants a placé le faux au dessus du vrai alors que sa finalité consistait à remettre les choses à leur place c'est-à-dire la vérité en haut du faux !

 

Les caractéristiques des sectes égarées

 

Une mouvance possède deux niveaux : la croyance et la voie. La divergence doctrinale engendre inévitablement la divergence au niveau de la voie. Les premières sont à éviter entièrement car la divergence doctrinale engendre inévitablement la divergence au niveau de la voie or cette dernière n'est pas tolérable dans l'islam car empêchant l'union qui est un pilier tandis, que la seconde catégorie qui diverge sur la voie mais pas sur la doctrine est à réformer. Leur déviation se situe soit dans la focalisation, soit dans le non respect des priorités, soit dans l'esprit de partisan et le manque de sincérité. Les membres de ces sectes de seconde zone peuvent avoir des croyances hérétiques mais avec une dominance de la foi sur les pensées hétérodoxes. Nous allons étudier ci-après les différentes sectes de l'islam en axant, dans la réfutation pour chacune d'entre elle, sur trois points car cet écrit ne se veut pas exhaustif.

1. Les sectes intolérables

A. Le libéralisme islamique

 

Née de l'influence de la pensée occidentale, cette école veut une intégration et une assimilation des musulmans à la société occidentale. Selon sa doctrine, les musulmans doivent s'adapter, coûte que coûte, au mode de vie du pays où ils résident. Ils pensent que l'islam est en retard et qu'il doit imiter l'évolution de l'occident pour pouvoir avancer. Ces derniers s'opposent, en conséquence, à une pratique extériorisée, en se contentant uniquement de la dimension intérieure de l'islam. Cette mouvance fait le sourire des occidentaux qui voient en elle le moyen de lutter contre le retour des musulmans à la pratique. Les bibliothèques publiques ne regorgent que d'ouvrages d'auteurs libéraux afin d'orienter ceux qui s'intéressent à l'islam vers une position hostile vis-à-vis de l'islam authentique, celui des sources. Les libéraux s'attaquent principalement à trois concepts clés : celui du khalifat, de la chari'a, de la oumma. En effet, ces trois concepts sont la base du Tawhid collectif. On comprendra, aisément, pourquoi les libéraux aux prénoms arabes sont, la plupart des cas, des hypocrites au service de l'occident qui combattent l'islam politique. Ainsi, on accueillera Bencheikh comme un défenseur de l'islam de France quand on apprendra à la lecture du journal, qu'il soutient qu' : « Aujourd'hui, nous sommes en pleine dérive avec des groupes qui veulent imposer une interprétation unique, littérale et obscurantiste des textes. Je fais allusion aux groupes dits wahhabites ou salafites qui veulent imiter, au millimètre près, l'exemple du prophète Mahomet ! Mais le prophète était tellement lié à son siècle, ancré dans la culture et le mode de vie de son temps, qu'il est impossible de croire qu'il ait voulu imposer son exemple aux siècles suivants. Imiter, au XXIe siècle, ses modes vestimentaires, ses goûts, sa façon de manger ou de se comporter, cela relève de la folie. Or ce type d'imitation servile est une source de marginalisation pour l'islam dans le monde moderne. Le prophète n'a jamais demandé au musulman de vivre comme un marginal dans son siècle. Suivre la « sunna », c'est-à-dire la tradition, ce n'est pas revenir au premier siècle de l'Hégire, mais suivre un chemin pour le siècle d'aujourd'hui.» A la réponse à la question : « Retourner aux sources de l'islam signifie, aux yeux de l'opinion publique, s'abandonner au salafisme, reprendre la charia à la lettre, etc. N'est-ce pas dangereux ? » Gamal al Banna rétorque de son côté : « Cela n'a rien à voir. Le salafisme signifie une lecture conservatrice, passéiste de l'islam. Le retour aux sources de l'islam signifie autre chose : comprendre le contexte social et même économico-historique, qui a enfanté le Coran. Aucune comparaison n'est possible entre les deux. Quant à la charia, rien ne dit que c'est un texte sacré. La charia est une base de travail, il faut en garder les lois compatibles avec notre époque, et changer, voire éliminer les lois qui ne sont pas, ou ne sont plus, justes. Le retour aux sources n'est pas un retour au salafisme, mais à la raison, à la sagesse de l'esprit. Parce que l'essence même de l'islam, et je dirai même de toute religion, n'est pas un texte sacré, mais le cerveau humain. C'est l'homme qui prime. Et l'homme c'est l'esprit, c'est la réflexion, c'est le renouvellement. En privilégiant l'approche inverse, figée, on perpétue les khorafat, les mythes. Cela ne mène nulle part. » Dans une interview du nouvel observateur, Mohammed Talbi répond à la question : « Vous parleriez d'une nouvelle charia ? » « Absolument. Cela ne signifie pas qu'il faille tout détruire. Je dis oui au jeûne, à la prière, je dis non au voile. Ma position consiste à dire : Mademoiselle ou Madame, rien ne vous oblige à mettre un foulard sur la tête, sauf si vous êtes chrétienne parce que c'est saint Paul qui le dit. Seulement les chrétiennes, aujourd'hui, l'ont abandonné. Pas un mot dans le Coran sur la femme qui doit couvrir ses cheveux. Que l'on me trouve un seul verset où il y a le mot cheveux (chaar). Il en va de même pour la question de l'usure, du ribâ. On n'a pas défini cette notion. Il n'y avait pas de banques du temps du Prophète. Ce qui était interdit, c'était l'appauvrissement des gens par la spéculation sur la nourriture. » Dans une autre interview du Jeune Afrique l'intelligent Mohammed Talbi dit que : « Du moment qu'ils s'acquittent ne serait-ce que d'une seule prescription. Et même lorsqu'ils ne s'acquittent d'aucune prescription mais conservent l'esprit de repentir, ils font partie de la Oumma, virtuelle. Elle inclut ceux qui croient au caractère obligatoire des prescriptions, ne les rejettent pas par principe, mais se disent : je n'ai pas le temps, je n'ai pas envie, j'ai mes préoccupations, mais un jour... À ceux dont la vie ne permet pas de respecter les prescriptions, je dis : faites comme le Prophète. Lorsqu'il était sur sa monture et que l'heure de la prière arrivait, il la faisait avec les yeux. Il récitait le Coran en remuant les paupières. Cela prend trois ou quatre minutes. Personne ne s'en aperçoit. J'ai souvent prié de cette façon en voiture ou dans l'avion. » J.A.I. : « Et cette prière est valable ? » M.T. : « Absolument. Prenons l'exemple du chirurgien. Il ne peut laisser un malade mourir pour aller faire sa prière. Soit il fait toutes ses prières en une fois, le soir. Ou bien, en manipulant le bistouri, il pense à Dieu, il balbutie quelques versets, il fait le geste avec les yeux. Pour le ramadan, si je n'ai pas envie de jeûner, je peux ne pas jeûner. Et le jour où j'en ai envie, je rattrape. C'est absolument valable. Pourquoi devriez-vous crever de soif pendant l'été ? Si vous n'êtes pas convaincu, cela ne sert à rien. Jeûner sans conviction est stupide. C'est une privation pour rien. Ou bien ça vient du cœur, ou bien ce n'est pas la peine. » Ces paroles ne sont ni plus, ni moins que de la mécréance et leur auteur et ceux qui les défendent sont des mécréants. Cette mouvance réunit tous ceux qui défendent la laïcité, le respect de la pluralité doctrinale et veulent abroger entièrement ou partiellement la charia ou la tradition du prophète. Cette mouvance n'appartient pas à l'islam et quiconque défend ces idées a, tout simplement, quitté la religion de Dieu. Nous allons dans les lignes qui vont suivre réfuter les trois principes sur lesquels se rassemblent les libéraux.

 

• Réponse aux libéraux qui défendent de la laïcité

 

Les libéraux sont des défenseurs de la laïcité. On les appelle, parfois, les "musulmans laïques." Nomination purement absurde car la laïcité est contraire à l'islam selon le verset suivant : « Le jugement appartient seulement à Allah. » La laïcité telle qu'elle est conçue en occident n'est qu'une simple appellation qui cache la réalité de l'athéisme. En réalité, la laïcité que l'on définit par la défense de la neutralité n'est autre que l'attaque du pouvoir divin. La neutralité est une notion contradictoire, car être neutre c'est ne pas avoir de position et ne pas avoir de position c'est exactement avoir la position de ne pas avoir de position. Et ainsi, l'on se rapproche des doctrines du grec Pyrrhon d'Elis (365-275) le fondateur du scepticisme. « Parce que toutes les opinions s'équivalent, parce que nos sensations ne sont ni vraies ni fausses, parce que les doctrines des sages se contredisent, il faut ne rien affirmer et se détacher de tout et par le silence mériter l'ataraxie. Le souverain bien est cette paix de l'âme qui chez le sage résulte de la suspension de tout jugement. » L'agnosticisme moderne fille du scepticisme antique s'accompagne chez Hume, par exemple, d'un vif intérêt pour la science. Désormais le scepticisme moderne doute surtout de Dieu et des religions et ne doute plus de l'expérience concrète rationnellement ordonnée par les sciences. Ainsi, la laïcité est l'achèvement de ce lent processus d'affirmation de la divinité de l'homme par la négation de celle de Dieu. C'est très exactement l'antithèse de l'islam qui se définit par la doctrine du Tawhid qui consiste à affirmer la seule divinité de Dieu par la négation de la divinité d'une créature en calquant notre conduite sur celle du prophète. Ibn Taymiyya écrira un texte fort intéressant à ce sujet. A l'époque des conquêtes tatars dirigées par Gengis Khan, fondateur de l'empire Mongol qu'il considère comme le nouveau Némrod. En effet, ce dernier n'appartenait à aucune confession, c'était en quelque sorte un prince laïc. Ainsi Ibn Taymiyya dénonça le danger de laïciser l'islam. Selon lui : «Les bonnes œuvres et les actes d'adoration forment trois divisions : le rationnel ('aqli), à savoir ce que les gens doués de raison, croyants et mécréants, ont en commun, le confessionnel (milli), à savoir ce que les adeptes des diverses confessions ont en propre, comme adorer Dieu seul, sans qu'il ait d'associé, et le légal (shar'i), à savoir par exemple ce que la loi de l'Islam a en propre. Les trois sont nécessaires. Le légal est cependant d'un certain point de vue, il a en propre une mesure distinctive...Quand ceux qui se rattachent à ces trois divisions sont croyants musulmans, ils entachent l'Islam soit de Judaïsme, soit de nazaréisme, soit de sabéisme, si ce vers quoi ils dévient a été remplacé, abrogé par l'islam...» C'est-à-dire que si un musulman croyant ne parvient pas à la pratique de la Loi musulmane en l'occurrence ne devient pas un coran ambulant, c'est qu'il ne réalise pas sa nature et qu'il a été soit christianisé, soit judaïsé ou soit laïcisé dans certains domaines de sa personnalité. Le domaine légal ressemble au fruit, celui du confessionnel à l'arbre et celui du rationnel à la racine. Compréhensible qu'un pommier sans pomme ne réalise pas sa fonction et qu'en conséquence un musulman qui n'arrive pas à une pratique de la loi musulmane définie par notre prophète n'est plus un musulman : « La religion acceptée d'Allah c'est l'Islam. » Le même Cheikh conclura son traité des droits publics par les dires suivants : « Les deux autres religions scripturaires ont été affaiblies par leur inaptitude à se parachever, ou par la crainte qu'éprouvaient leurs adeptes à affronter les épreuves nécessaires, elles apparurent alors sans force et sans grandeur aux hommes, qui comprirent qu'elles étaient impuissantes à assurer leur propre bonheur et celui d'autrui. Ces deux fausses voies sont celle d'hommes qui ont adopté une religion sans la parfaire par tout ce qui est nécessaire à sa propre existence : pouvoir, lutte, ressources matérielles ou celle d'hommes qui ont recherché le pouvoir, la fortune ou la guerre, sans se donner pour but de faire triompher la religion. Ces deux voies sont celle de ceux qui ont encouru la colère divine, et celle de ceux qui se sont égarés. L'une est celle des chrétiens qui errent dans l'erreur, l'autre celle des juifs, objet de la colère divine. » En somme, le réformisme libéral par l'entremise du concept de laïcité constitue l'outil par lequel les occidentaux travaillent à anéantir l'islam. A n'en pas douter qu'il bénéficiera d'un soutien médiatique, financier et idéologique occulte. Prenons l'exemple de la Turquie. Mohammed Arkoun soutient, en effet, que : « Le cas de la Turquie et d'Atatürk mérite une longue analyse parce que l'on crédite la Turquie d'un préjugé favorable en raison de son avancée audacieuse vers une valeur de l'occident : la laïcité, tandis que le reste du monde musulman n'a rien compris au mouvement de la civilisation et reste fermé au progrès des idées et des institutions » « L'exemple, soulignera Oliver Carré, de la modernisation « laïque » autoritaire de la Turquie de Moustapha Kémal fait certes le délice des tenants de l'occidentalisation universelle » Nous savons aujourd'hui, l'aide qu'a apporté la franc-maçonnerie aux jeunes turcs qui ont fait le coup d'état contre le sultan Abdel Hamid II. En effet : « L'un des témoignages les plus intéressants sur la vie de la loge « Macédonia Risorta » dira Thierry Zarconne, et sur le processus au cours duquel elle s'est lentement transformée en une société révolutionnaire, nous est rapporté par l'un des successeurs d'Emmanuel Carasso à la présidence de la loge. La participation active de celle-ci dans les rangs de l'opposition aurait commencé avec la venue de trois franc maçons désireux de participer à ses travaux et réclamant son aide : « contre les persécutions qu'ils enduraient avec toute la partie la plus intellectuelle de l'empire en raison de leur juste aspiration à la liberté, le commentaire qui avait été donné à leurs doléances est le suivant : « Dans notre loge en ce temps comme cela est naturel, les travaux et les discussions tournaient constamment autour de la situation intolérable que le gouvernement imposait à la population de l'empire et sur les moyens d'améliorer son sort. C'est pour cela que les néophytes qui avaient déjà voué leur vie et leur esprit à cet idéal trouveraient dans la loge le terrain et lieu propice au développement de leurs projets. Ceux-là nous ont décrit d'une manière efficace les douleurs de tout un peuple, douleurs qu'ils avaient eux-mêmes goûtées et vécues la condition misérable à laquelle un absolutisme fou et féroce avait réduit l'empire et ils ont invoqué la maçonnerie dont le principal objectif est la liberté du peuple pour qu'elle leur apporte une coopération solide et qu'elle leur permette de voir se réaliser leurs plus ardents désirs : voir un jour la Turquie libérée du despotisme : la maçonnerie ne restera pas sourde devant un appel si noble et si enthousiaste. » Ainsi, la laïcité est une doctrine qui veut séparer le pouvoir politique du religieux afin d'affaiblir ce dernier jusqu'à faire disparaître l'influence du pouvoir divin sur les esprits. Or, le peuple a la religion de son gouvernement comme l'affirme un adage célèbre, ce qui met en évidence le pourquoi de la promotion de la laïcité par les libéraux dans les pays arabes : faire disparaître l'islam. La Turquie d'aujourd'hui a bien changé...

 

• Réponse aux libéraux qui dénigrent la sunna

 

Les mouvements libéraux qui prônent un retour au coran par la déconsidération de la sunna sont aussi des ennemis de l'islam ! La révélation est double et celui qui soutient le contraire est un mécréant. En effet, Allah dit : « Et nous avons fait descendre le livre et la sagesse. » « C'est lui qui a envoyé parmi les illettrés, un messager parmi eux, leur récitant ses versets, les purifiant, et leur enseignant le livre et la sagesse. » La sagesse dont il est fait allusion ici est la sunna car la sagesse consiste à faire ce qu'il faut, de la manière qu'il faut et au moment où il le faut ! Ainsi, la sunna est l'application du coran. Et une tradition célèbre mentionne que le prophète était : « un coran ambulant. » Le « coranisme » est donc l'une des mouvances les plus dangereuses car elle sanctifie le joyau de l'islam qu'est le coran en allant à contre sens de ce dernier ! Rien de mieux pour détruire la religion musulmane et égarer les musulmans ! Les « coranistes » se prétendent, effectivement, être les vrais unificateurs de Dieu en raison de leur accès direct avec le texte divin alors que les autres ne sont, à leurs yeux, que des polythéistes qui prennent les compagnons et les savants comme des intermédiaires entre eux et Dieu alors que par cet agissement ils sont les plus grands polythéistes qui veulent faire dire au texte ce que commande leurs passions ! L'intelligence est une adoration et donc il n'est pas permis de « penser librement » sans suivre une chronologie saine et précise puisque l'intelligent est celui qui tend vers le meilleur. Il commet un péché celui qui pense libre quand il peut puiser le savoir d'une personne plus savante que lui! Ainsi, les libéraux sont des hérétiques qui se placent orgueilleusement à la même hauteur que les pieux anciens dont le mérite est attesté par les sources ! En effet, s'il s'avère que telle personne connaît le chemin qui mène au but alors il fait partie de l'intelligence et du bon sens que de le suivre et toute différenciation par rapport à sa voie ne peut que nous égarer. Il en va de même du prophète, des compagnons et des savants. Les références directrices du musulman sont donc par ordre chronologique, le coran et la sunna, le consensus des savants. Ensuite vient l'avis individuel le plus proche du coran et de la sunna, d'un membre de la famille du prophète ou d'un compagnon puis celle d'un pieux prédécesseur puis celle d'un savant, après eux, qui suit cette chronologie car Allah nous demande : « Interrogez les gens du rappel si vous ne savez pas. » Et les gens du rappel sont les savants pieux. Le prophète a fait mention du mérite des trois premières générations dans la tradition suivante : « Les meilleurs sont mes contemporains puis ceux qui les suivent puis ceux qui les suivent. » En effet, les partisans de l'islam originel admettent que l'opinion libre est contraire à l'essence du Tawhid car Allah a qualifié l'homme « d'injuste et d'ignorant » pour avoir choisi la liberté d'adorer : « Nous avions proposé aux cieux, à la terre et aux montagnes la responsabilité. Ils ont refusé de la porter et en ont eu peur alors que l'homme s'en est chargé ; car il est très injuste et très ignorant. » La perfection se trouve dans l'obéissance et l'obéissance est synonyme d'anéantissement de la volonté propre pour réaliser celle de celui à qui l'on désire obéir. Si l'intelligence consiste à tendre vers le meilleur selon la parole divine : « Mes serviteurs qui écoutent la parole et suivent ce qu'il y a de meilleur en elle. Voilà ceux que Dieu a dirigés ! Voilà ceux qui sont doués d'intelligence ! » Ainsi, la véritable intelligence est la soumission à la révélation et à l'argument meilleur : « Les seules paroles que disent toujours les croyants quand on les invite à venir à Dieu et à son messager pour qu'Il juge entre eux sont : « Nous avons entendu et nous avons obéi. » Ceux-là sont ceux qui ont récolté le succès ! » Or nul doute qu'un compagnon ou un membre de la famille du prophète est plus apte à comprendre la parole divine qu'un simple dévot des temps modernes qui dénigrent de nombreuses traditions et que donc la soumission à une compétence supérieure est synonyme d'intelligence. En effet, Allah a dit : « Ô vous qui croyez ! Si vous craignez Allah, il vous accordera la faculté de discerner (entre le vrai et le faux) » Et nul doute que les premiers croyants sont plus pieux que les suivants comme l'atteste cette parole divine : « N'est pas comparable, celui d'entre vous qui a donné ses biens et combattu avant la conquête. Ces derniers sont plus hauts en hiérarchie que ceux qui ont dépensé et ont combattu après ! » Et cette tradition : « Les gens pieux disparaîtront les uns après les autres. » Celui qui, au nom de l'intelligence, refuse l'obéissance à Dieu ou à Son prophète, ou d'une manière générale, refuse l'orientation par le plus compétent, ou se considère équivalent à un pieux prédécesseur, voire contredit ces derniers, est un orgueilleux qui standardise sa raison et ses passions et les prend comme des divinités : « Vois-tu celui qui prend sa passion pour sa propre divinité ? Et Allah l'égare sciemment et scelle son ouïe et son cœur et étend un voile sur sa vue. Qui donc peut le guider après Allah ? Ne vous rappelez-vous donc pas ? » La raison juste est synonyme d'obéissance car la racine arabe « 'Aql » a le sens « d'attacher ». Ainsi, raisonner ne signifie rien d'autre qu'obéir. Et quand Allah dit : « Il voue au châtiment ceux qui ne raisonnent pas. » Il faut donc comprendre par-là que « raisonner », c'est obéir car l'on peut toujours raisonner selon le mode conventionnel et traditionnel sans pour autant échapper à ce courroux ! Allah menace de son châtiment, par ce verset, ceux qui pensent librement! Ainsi tout musulman se doit de connaître rationnellement à qui doit-on obéir et comment. En effet, la soumission à laquelle Allah appelle doit être une soumission de conscience et de conviction, éclairée par la science, et non pas une obéissance aveugle.

 

Les libéraux qui pensent librement rejettent, en effet, de l'islam tout ce qui s'oppose à la modernité et voient l'islam et le coran à travers les yeux d'un occidental. Les « coranistes » ne pratiquent donc pas la seconde partie de l'attestation de foi car ils soutiennent que la sunna n'est pas fiable ! Ils se sont donc séparés du prophète en se considérant comme des « prophètes » eux-mêmes car indirectement si l'on ne suit pas les ordres prophétiques concernant l'application de la première attestation de foi : « la ilaha ilal lah » alors on adore Allah d'une manière libre et seule l'adoration à la manière que Dieu veut est acceptée car l'adoration signifie « satisfaire » ce qui implique que pour adorer Allah il est nécessaire que notre Seigneur mette en évidence sa volonté que l'on doit privilégier sur la nôtre, ce qui est impossible sans l'envoi de messagers. Ainsi, c'est par l'obéissance au prophète et le calquage de ses faits et gestes que l'on adore véritablement Dieu. Ainsi, nul ne va vers Allah sans passer par le prophète car le prophète est la manifestation de la volonté divine. C'est Lui qui explique la parole de Dieu. C'est pourquoi Allah dit : « Et quiconque fait scission d'avec le Messager après que le droit chemin lui est apparu et suit un sentier autre que celui des croyants alors Nous le laisserons comme il s'est détourné, et le brûlerons dans l'Enfer. Et quelle mauvaise destination ! » Dans ce verset Allah fait mention du droit chemin en utilisant un singulier, ce dernier est donc unique. C'est pourquoi la suivie du prophète ne concerne pas uniquement les principes mais aussi la loi de son époque car dans le cas contraire le droit chemin ne serait plus unique mais multiple, fonction de l'interprétation des individualités et des contextes. Chacun prendra du texte divin ce qui flatterait ses passions ou lui fera dire ce qu'il a envie d'entendre ! Ibn Hazm soutenait à juste titre : « Allah a dit : « Aujourd'hui, j'ai parachevé pour vous votre religion et accompli sur vous mon bienfait et J'agrée l'Islam comme religion pour vous » Et Il a aussi dit : « Et quiconque désire une religion autre que l'Islam, ne sera point agrée et il sera dans l'au-delà, parmi les perdants. » Ainsi, quiconque revendique que quelque chose de l'époque du prophète n'est plus valable en ce qui concerne le jugement et que cela a changé après sa mort a déjà choisi une autre religion que l'islam. Cela est dû au fait que les actes d'adoration, de jugement, de choses légiférées comme illicite, de choses considérées comme licite et les décisions de la religion qui existait de son temps, constituent l'islam que Allah agrée pour nous. Et l'islam n'est rien d'autre que cela. Ainsi quiconque délaisse quoi que ce soit de cela a simplement quitté l'islam. Et quiconque parle d'autre chose que cela a simplement parlé d'autre chose que l'islam. Il n'y a pas de doute sur le fait que Allah nous a informé de tout et qu'Il l'a déjà parachevé. Et quiconque prétend que quelque chose du Coran ou des traditions auxquelles nous devons nous fier est abrogé et que cette personne ne présente pas de preuves ou un texte qui abroge le précédent, alors elle ment sur Allah et appelle au refus de la loi islamique et donc à Iblis et entrave le chemin d'Allah, nous en cherchons refuge auprès d'Allah. Allah a dit : « En vérité c'est nous qui avons fait descendre le Coran et c'est nous qui en sommes gardien. » Ainsi, quiconque prétend que le Coran a été abrogé a simplement dit un mensonge sur son Seigneur et a en réalité a prétendu qu'Allah n'a pas préservé le Coran après l'avoir révélé. » C'est donc à la destruction de l'édifice de l'islam qu'appellent les partisans de l'islam libéral ! C'est pourquoi Allah joint à la voie du prophète, le chemin « des croyants », c'est-à-dire celui des compagnons qui étaient les plus aptes à comprendre la révélation car les plus proches physiquement et spirituellement du Messager. Il est logique de se référer à la personne la plus compétente et ceux qui, aujourd'hui, se considèrent équivalent aux compagnons et aux pieux prédécesseurs dans l'interprétation du coran sont des orgueilleux car le mérite des anciens est attesté par les textes tandis que la distanciation physique et surtout spirituelle des modernes par rapport au prophète garantit une compréhension erronée du coran !

 

• Réponse aux libéraux qui défendent le respect de la pluralité doctrinale

 

Le respect de la pluralité doctrinale est l'une des voies permettant l'anéantissement de l'islam car cette doctrine s'attaque au cœur du Tawhid : « Al Wara' wal bara' » qui signifie : « L'alliance et le désaveu. » En effet : tout musulman doit s'affilier à sa communauté de foi, celle qui adore exclusivement Allah et doit se désavouer de ceux qui associent des divinités à Allah par imitation à notre prophète Abraham ceci afin de défendre l'intérêt de Dieu qu'est le triomphe de la religion de vérité. C'est pourquoi la division est interdite car amoindrissant la force nécessaire à la victoire de la cause juste : « Et ne vous disputez pas, sinon vous fléchirez et perdrez votre force. » Ainsi, sans « l'alliance et le désaveu » le musulman ne peut pas lutter car pour lutter il faut des opposés, des contraires. Or, l'islam authentique est un islam qui lutte contre le faux, l'injustice... Nul doute que le Paradis et l'Enfer sont des évidences doctrinales pour tout musulman, ce qui implique que le monde se partage en deux catégories : « Les gens de la droite » et « les gens de la gauche. » Ceux qui, après la mort, auront gagné le Paradis et ceux qui l'auront perdu pour éterniser en Enfer... Ainsi, la vie est un combat à l'échelle individuelle car : « L'Enfer a été voilé par les choses répréhensibles et le Paradis par les passions » selon une tradition. Le musulman doit lutter contre ses pulsions individuelles qui le poussent à la désobéissance à Dieu et donc à l'Enfer. Ce combat n'est pas qu'individuel car le Tawhid possède deux degrés. Le second degré concerne la communauté et consiste à gérer la société par la parole divine. La seconde lutte consiste donc à faire prévaloir la communauté musulmane, la communauté des gens du Paradis sur les autres communautés qui promeuvent l'injustice et la tyrannie sur terre et veulent entraîner les musulmans en Enfer par l'assimilation humiliante. La lutte ne doit pas prendre fin tant que les musulmans ne gouverneront pas le monde. Or ceci, n'est point possible sans une unification de la communauté musulmane derrière un calife et une parole commune qu'est le dogme de l'unicité divine d'où l'importance de l'intolérance vis-à-vis de la divergence doctrinale ! Le respect de la pluralité anéantit l'âme du combat car elle divise derrière un faux semblant d'unité. Séparer le vrai du faux, implique aussi de séparer les mécréants des croyants et puisque le Tawhid consiste à rendre vrai ce qui est vérité et à rendre faux la fausseté alors sa réalisation implique de faire triompher les croyants sur les mécréants au moyen de la conquête du pouvoir. C'est une pensée juste fruit d'un raisonnement logique, appuyée par le coran et la sunna mais qui ferra de moi, sans le moindre doute, un islamiste radical si vos repères sont les médias : « Allah a promis à ceux d'entre vous qui ont cru et fait de bonnes œuvres qu'Il leur donnerait la succession sur terre comme Il l'a donnée à ceux qui les ont précédés. Il donnerait force et suprématie à leur religion qu'il agréée par eux. Il leur changerait leur ancienne peur en sécurité. »

 

En somme, le libéralisme islamique est une mouvance qui n'a rien à voir avec l'islam et quiconque soutient sa doctrine n'est plus musulman.

 

B. Le chiisme

 

Le chiisme est une mouvance qui est née à l'aube de l'islam. L'étymologie du terme indique, effectivement, qu'il y a eu position par rapport à un conflit puisqu'il signifie : « le parti pris. » En effet, un conflit est né après l'assassinat du troisième calife de l'islam, c'est-à-dire Uthmane Ibn 'Affan. En fait, Mou'awiya qui était gouverneur de Syrie voulait précipiter la vengeance de son cousin tandis que Ali le calife successeur et légitime voulait patienter, le temps d'un éclaircissement. Cette opposition engendra une guerre entre les partisans d'Ali, composés principalement d'irakiens et les partisans de Mou'awiya composés principalement de syriens. Les guerres qui sont nées de ce conflit n'avaient aucune assise doctrinale si ce n'est le différent politique. Mou'awiya et Ali avaient donc la même croyance en Dieu et la même religion ! Et dans ce différent qui les opposait, c'est Ali qui avait raison et Mou'awiya qui avait tort. Des juifs demandèrent à Ali : « A peine avez-vous enterré votre prophète que la dissension s'est installée au milieu de vous ! » L'imam leur dit : « Nous disputons de son représentant et non de son message ! » Alors que vous autres, à peine les pieds séchés de la traversée de la mer vous avez dit à votre prophète en voyant un peuple attaché à ses idoles : « Ô Moïse ! Fais-nous un Dieu semblable à leurs dieux ! » Ainsi, on peut être un vrai chiite, c'est-à-dire un vrai partisan d'Ali dans le conflit qui l'opposa à Mou'awiya sans adhérer au chiisme que l'on connaît aujourd'hui et qui a subi une altération radicale. En effet, à partir du conflit politique, des hypocrites élaborèrent une doctrine totalement étrangère à l'islam des sources puisque s'opposant au Tawhid. Cette secte que l'on appelle à tort « chiite » est en réalité connue sous l'appellation « rafida. » L'une des raisons de l'appellation « rafida » remonte à l'époque de Zayd Ibn Ali, un membre de la famille du prophète qui avait reproché aux chiites le fait d'insulter Abu Bakr et Umar. Ils lui demandèrent : « Que penses-tu d'eux ? » Il répondit : « Je ne dis d'eux que du bien » Ils lui dirent : « Alors, tu ne fais plus partie de nous. » Et ils l'abandonnèrent et le renièrent et Zayd Ibn Ali dit : « Ils nous ont reniés, aujourd'hui.» Les rawafid d'aujourd'hui divergent principalement sur trois points : le successeur du prophète, l'infaillibilité des 12 imams et l'excommunication des compagnons.

 

• Réponse aux chiites concernant la succession du prophète

 

La position juste en ce qui concerne cette question est que la révélation et l'histoire présentent la preuve de la légitimité des premiers califats. En effet, certains bédouins ont refusé de combattre avec le prophète lors de la bataille de Tabouk, et il déclara, à leur encontre : « Vous ne partirez plus jamais avec moi, vous ne combattrez plus jamais avec moi un ennemi ! » Dans un autre verset Allah énonce : « Dis : à ceux des bédouins qui restèrent en arrière : vous serez bientôt appelés contre des gens d'une force redoutable. Vous les combattrez à moins qu'ils n'embrassent l'islam. Si vous obéissez, Allah vous donnera une belle récompense, et si vous vous détournez comme vous vous êtes détournés auparavant alors Il vous infligera un douloureux châtiment ! » Il s'ensuit que celui qui appellera à combattre et à qui ils devront l'obéissance est un autre que le prophète. Selon les exégètes ces « gens doués d'une force redoutable » sont soit les gens d'al Yamamah, ou soit les perses. Or, c'est Abou Bakr qui a combattu les premiers et c'est Omar qui a combattu les seconds ! Ce qui démontre que leur califat fut légitime car Allah ne peut récompenser que le bien et le juste. De plus, lors du traité de réconciliation entre Mou'awiya et Hassan, car le conflit déborda sur la mort d'Ali, et son fils Hassan, qui prit le califat, refusa de gouverner pour préserver le sang des musulmans, confirmant la prédiction du prophète : « Mon fils que voici sera un homme dont Allah permettra peut-être de réconcilier deux groupes importants parmi les musulmans. » Dans ce récit, le prophète n'excommunie aucun de ces deux groupes qui se font la guerre, prouva la pureté de leur doctrine. En effet, dans ce « traité de réconciliation » Hassan stipula dans l'article premier : « Al Hassan remet le pouvoir à Mou'awiya à condition que ce dernier applique le Coran et la Sunna du prophète et suive la voie des califes pieux. » Ce traité révèle bien que les califats précédant Mou'awiya étaient tous légitimes et, en plus, dignes d'éloge ! Ajoutons qu'Ibn Taymiyya a écrit que : «Le prophète informa sa communauté de l'état de discorde dans lequel elle tombera après sa mort, s'il lui avait été donné de désigner un individu alors qu'il savait qu'il serait jamais investi mais qu'il serait au contraire écarté à l'avantage d'un autre susceptible de réaliser par son investiture les buts finaux découlant de sa charge et si le prophète savait également que l'homme désigné une fois investi à son tour serait la cause de guerres civiles plus sanglantes que toutes celles qui s'étaient déroulées auparavant en terre d'Islam sans parler de la non réalisation des buts finaux de sa charge, il deviendrait en ce cas impérieux d'abandonner l'homme désigné par Mohammed. »

 

• Réponse aux chiites concernant la doctrine de l'infaillibilité des 12 imams

 

Selon la doctrine de al Hilli, l'un des plus grands représentants du Chiisme, l'auteur du « Minhag al Karama » : « L'homme est par nature un animal sociable : il lui est impossible de vivre seul en raison de la diversité de ses besoins et de l'incapacité où il est de les satisfaire en faisant appel à ses seules ressources. Il a besoin de l'aide d'autrui. En même temps, chaque homme poussé par l'égoïsme convoite ce que les autres possèdent ou cherche à les dominer et à les asservir. L'homme est nécessaire à l'homme mais c'est aussi un loup pour l'homme. Cette compétition naturelle est une cause permanente de conflits pour arbitrer les hommes, un imam qui soit lui-même à l'abri de toute erreur et de toute faute. C'est à cette condition seulement que les droits des uns et des autres pourront être défendus comme ils doivent l'être. » Cette thèse n'est pas soutenable car Allah dans sa sagesse n'a pas souhaité que l'infaillibilité accompagne les hommes perpétuellement, ce qui est impossible à moins d'être soi-même infaillible. De plus, selon les chiites, leur 12ième imam est absent ! En effet, la mort de Hassan al 'Askari, le onzième imam, a engendré une grande discorde chez les eux et une démonstration de la fausseté de leur doctrine des 12 imams qui se succèdent car ce dernier était stérile. Ainsi, ils inventèrent l'existence d'un enfant caché qui se serait réfugié dans une grotte et qu'ils attendent encore qu'il se dévoile. Ils ont usé des récits concernant la venue de l'imam al Mahdi afin de justifier cette doctrine infondée. Ils sont allés jusqu'à inventer la doctrine du retour où Allah ressuscitera les ennemis du prophète afin que cet imam les décapite, en commençant par Abou Bakr, cela afin que la secte chiite subsiste dans le temps ! On peut dire que le chiisme engendre du schisme, puisqu'il naît de la volonté de choisir son propre imam car à la mort d'un de leurs imams, ils ont divergé sur le successeur et se sont divisés. Ajoutons leur doctrine contraire au Tawhid de la « renonciation » (bada'). Cette croyance veut que l'imam successeur soit le fils aîné de l'imam prédécesseur. Or, à la mort d'Ismaël, fils aîné du sixième imam, l'imamat fut pour son petit frère : Moussa. Et ceci est une atteinte à la perfection de la science divine car selon eux, Allah a vu autrement que son premier plan et ils pensent qu'Allah ignorait ces événements pour changer d'avis au moment d'un imprévu terrestre, ce qui porte atteinte à la science divine ! Nul doute que la croyance en l'infaillibilité des 12 imams annule le caractère ultime de la prophétie par Mohammed. D'ailleurs, le prophète lui-même n'a pu éviter certains conflits entre ses compagnons durant son apostolat. Et lui-même n'était pas toujours présent et pareillement pour tout imam qui est un homme et ne peut régler les soucis de tout le monde. D'ailleurs, dès la mort du messager, la division a vu le jour chez les compagnons car naturelle et humaine. Nulle part dans le coran, il est fait mention de cette doctrine en l'infaillibilité des 12 imams descendant du prophète ! Ali disait dans le « Nahg al balagha » un livre de référence pour les chiites : « Sur la terre existaient deux protections contre le châtiment divin ; l'une a été enlevée, tournez-vous vers la seconde et tenez fermement à elle ! La protection enlevée était dans la personne du prophète et l'autre dans la repentance. Dieu a dit : « Dieu ne les châtiera pas tant que tu es au milieu d'eux. Dieu ne les châtiera pas tant qu'ils se repentent. » Dans ce passage, l'imam Ali met en relief que c'est la repentance qui peut remédier à notre déchéance après la disparition du prophète. En effet, la repentance traduit ce sentiment de retour vers Dieu après le constat du caractère illusoire de celui qui nous a éloigné de Son obéissance. Sans la repentance, il n'y aurait pas d'épreuve sur terre et par conséquent pas de mérite ! Pour affirmer l'unicité de Dieu, il faut indubitablement renier la divinité d'un autre que Lui est ceci n'est point possible sans la négation de celui qui s'approprie des attributs divins. Le péché et l'erreur sont donc propres à l'homme et son essence se localise par déduction dans la repentance ! La croyance en l'infaillibilité d'un imam annule la repentance car on sait que selon les chiites l'imam ne se trompe pas ! Cette doctrine n'a donc pas de fondements ni dans les sources, ni dans la raison. A partir de cela, il est suffisant de déduire que le Chiisme n'appelle pas à Allah car il invite les gens à se soumettre à des imams qui selon le Kafi : « ont la science du passé et du futur et rien ne leur est caché. » Car ils accordent aux imams des attributs de perfection qui ne peuvent qu'être réservés à Allah. Leur croyance est basée en conséquence sur l'association divine. Dans l'ouvrage d'al Majlisi : « Bihar al Anwar », nous pouvons lire : « Il ne me vient à l'esprit aucune différence entre l'imamat et la prophétie. » Dans les titres de quelques chapitres du Kafi, on peut lire que :

- « Les imams connaissent toutes les sciences accordées aux Anges et aux prophètes

- Les imams savent quand ils mourront et ne meurent que d'après leur choix

- Tout ce que les gens possèdent sans provenance des imams est illégal et tout ce qui provient en dehors des imams n'est pas fondé

- La terre appartient à l'Imam

- Les imams connaissent le futur et le passé »

Selon le Kafi : «Quiconque installe un autre imam en dehors de Ali et retarde son califat est un polythéiste » Ce qui implique que leurs propres imams sont des mécréants car Hassan, le second Imam a abandonné de plein gré le califat afin de réconcilier les musulmans et l'imam Ali, en personne, a accepté l'arbitrage lors du conflit qui l'opposa à Mou'awiya !

 

• Réponse aux chiites concernant l'excommunication des compagnons

 

Les chiites excommunient l'ensemble des compagnons car ces derniers ont prêté serment d'allégeance aux « califes usurpateurs ». Or, le coran vante les mérites des compagnons dans un grand nombre de versets : « Les tout premiers croyants parmi les émigrés et les auxiliaires et ceux qui les ont suivis dans un beau comportement, Allah les agrée, et ils L'agréent. Il a préparé pour eux des jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, et ils y demeureront éternellement. Voilà l'énorme succès ! » « (Il appartient) aux émigrés besogneux qui ont été expulsés de leurs demeures et de leurs biens, tandis qu'ils recherchent une grâce et un agrément d'Allah, et qu'ils portaient secours à la cause d'Allah et à son Messager. Ceux-là sont les véridiques. Il (appartient également) à ceux qui, avant eux, se sont installés dans le pays et dans la foi, qui aiment ceux qui émigrent vers eux, et ne ressentent dans leurs cœurs aucune envie pour ce que (les immigrés) ont reçu et qui (les) à préfèrent à eux-mêmes, même s'il y a pénurie chez eux. Quiconque se prémunit contre sa propre avarice, ceux-là sont ceux qui réussissent. Et (il appartient également) à ceux qui sont venus après eux en disant : « Seigneur, pardonne-nous, ainsi qu'à nos frères qui nous ont précédé dans la foi ; et ne mets dans nos cœurs aucune rancœur pour ceux qui ont cru. Seigneur, Tu es Compatissant et Très Miséricordieux. » Nul doute que ces versets font allusion aux compagnons du prophète et attestent de leur mérite auprès de Dieu. L'imam Malik soutenait donc, à juste titre, que celui qui ressent en lui de la répulsion vis-à-vis des compagnons est un mécréant car Allah a dit : « (Allah) Par eux (les croyants) remplit de dépit les mécréants. » Soufian Ibn 'Uyainah disait : « Celui qui dit un seul mot contre les compagnons du prophète est un innovateur. » Et l'imam Ahmed de poursuivre : « Si vous voyez quelqu'un parler en mal des compagnons du prophète doutez de son islam. » C'est pourquoi Dhahabi disait : « Celui qui aime le prophète aime et respecte chacun de ses compagnons. Détester l'un d'entre eux, c'est détester le Prophète. » Les Chiites ont instauré le culte de l'insulte des compagnons alors que le prophète a dit: « N'insultez pas mes compagnons car celui d'entre vous qui aura dépensé la montagne d'Uhud en or, n'aura pas atteint le mérite de l'un d'entre eux. » Dans une autre tradition le prophète a dit : « Quiconque insulte mes compagnons, la malédiction d'Allah est sur lui, ainsi que celle des anges et des gens. » Abdullah ibn Moubarak disait : « Si tu poses la question suivante aux juifs : quels sont les meilleurs êtres de la création après Moïse ? Ils te répondront : les compagnons de Moïse. Et si tu poses la question aux chrétiens : quelles sont les meilleures créatures d'Allah après Jésus ? Ils te répondront : les Apôtres de Jésus. Et si tu poses la question aux chiites : quelles sont les pires des créatures que la terre ait jamais portées ? Ils te répondront : les compagnons de Mouhammed ! » En effet, les chiites ne reconnaissent que quelques compagnons parmi lesquels : Abu Dhar, Miqdad et Salman el Farisi bien sûr ! Selon le Kafi quiconque doute de la mécréance des autres compagnons est lui même mécréant. Ainsi, tu verras les chiites insulter Aicha et Hafsa sans se rendre compte qu'ils insultent simultanément le prophète car étant les femmes de ce dernier et Allah a dit : « Les mauvaises femmes aux mauvais hommes et les mauvais hommes aux mauvaises femmes et les bonnes femmes aux bons hommes et les bons hommes aux bonnes femmes. » Si Allah, selon al Hilli: « est souverainement juste et souverainement sage. Il ne fait jamais rien de laid et ne cesse jamais de se conformer à ce qui est obligatoire. Ses actes correspondent toujours à un but valable. Il ne commet jamais d'injustice et n'agit jamais pour rien, il est compatissant envers ses serviteurs, il fait toujours ce qui est meilleur pour eux.» est-il concevable qu'il ait pu entourer son prophète des plus ignobles créatures que la terre n'ait jamais connu ? Soulignons au passage que l'imam Ali lui-même disait des compagnons : « Où sont les gens qui ont été invités à l'Islam et l'ont accepté, ont lu le Coran et l'ont appliqué, ont sortis leurs épées de leur fourreau, ceux qui ont conquis les coins de la terre, avancée sur avancée et rang par rang, les yeux remplis de larmes, le ventre vide par le jeûne et les lèvres sèches par les invocations, pâles de visage par leurs veillées (en prière), sur leurs visages la poussière des craintifs : ceux-là sont mes frères défunts, il nous revient donc le devoir d'avoir soif d'eux et de nous mordre les doigts de leur séparation. » Si vraiment Ali détestait les compagnons, il n'aurait pas nommer trois de ses enfants par les noms des trois premiers califes et il n'aurait pas non plus donner en mariage, sa fille Oum Kelsoum à Umar. Ainsi, on trouvera que leurs propres imams infaillibles ont nommé leurs enfants : Abou bakr ou Aïcha...et j'ajouterais aussi que ce sont des déclarations reconnues chez les chiites eux-mêmes mais que l'on passe sous silence.

 

En somme, le chiisme que l'on connaît aujourd'hui est une secte de l'islam qu'il faut éviter absolument car divergeant sur la doctrine. Les partisans d'Ali ont tellement exagéré qu'ils ont d'élaboré une doctrine étrangère aux sources musulmanes. Les irakiens sont connus pour leur déviation passionnelle. En réalité, le chiisme a pour fondateur, la tête des hypocrites Abd Allah Ben Saba qui était juif et a simulé l'Islam afin de le corrompre de l'intérieur. Ce dernier est le premier à avoir dit que Ali était infaillible et qu'un texte l'a désigné pour le califat après le prophète. Or, Ali Ibn Abi Talib, de son vivant, a recherché ce personnage afin de le tuer, quand il a appris que ce dernier insultait Abu Bakr et Umar et le plaçait avant ces deux. Cet hypocrite prit la fuite. Al Nubakhti dans son ouvrage : « firaq al chi'a » dit : « Abd Allah ben Saba est parmi ceux qui ont ouvertement dénigré Abu Bakr, Umar et Uthman et les compagnons et les a reniés en disant que Ali lui avait ordonné de le faire. Ali convoqua alors cet homme qui avoua son acte et Ali donna l'ordre de l'exécuter, mais les gens crièrent : Ô Commandant des croyants exécuterais-tu un homme qui invite les gens à t'aimer ? » L'historien chi'ite al Ya'qubi rapporte dans sa chronique que lorsque Ali Ibn al Hussayn vint à Kufa, il vit des femmes pleurer et crier et il dit : « Celles-ci pleurent sur nous mais qui donc nous a tués ? » Et pour finir cette citation de l'imam Ali extraite du « Nahg al Balagha » : « Par Allah, je ne pensais pas que ces gens auraient l'avantage sur nous et ce par leur regroupement autour de leur erreur et votre divergence dans la vérité et leur obéissance à leur imam dans l'erreur et par leur remise du dépôt à leur propriétaire et par votre trahison et par leur ordre dans leur pays et par votre désordre...Par Allah, je ne crois plus en vos paroles et n'espère plus votre soutien et ne menace plus l'ennemi par vous, à quoi pensez-vous ? Quel est votre remède ? Je veux me soigner par vous alors que vous êtes un mal, comment faire sortir une épine par une autre ? » On rapporte aussi de l'imam Ali ces propos : « Deux groupes de gens divergeront à notre propos : ceux qui exagéreront dans leur amour pour nous jusqu'à l'égarement et ceux qui nous détesteront avec exagération au point de l'égarement. Les meilleurs sont ceux qui seront au juste milieu. » Il a aussi dit : « Nos grands ennemis sont ceux qui portent faussement notre Nom. » De qui parle-t-il ? Si ce n'est de ses partisans égarés ! Ajoutons pour finir, la doctrine, qui rend mécréant son défenseur, de l'altérité du coran réservée aux seuls initiés chiites. En effet, selon les chiites, le verset suivant aurait été falsifié : « Ô Messager, transmets ce qui t'a été descendu de la part de ton Seigneur. Si tu ne le faisais pas, alors tu n'aurais pas communiqué Son message. Et Allah te protègera des gens. Certes Allah ne guide pas les gens mécréants. » Selon al Khumayni, il y a falsification de ce verset, on aurait supprimé l'expression : « A propos de Ali », c'est pourquoi, il ajoute : « Et nous croyons que le prophète devait désigner le Calife après lui et qu'il l'a fait car s'il ne l'avait pas fait, il n'aurait pas transmis son message. » Lorsque le verset précité a été révélé : le prophète aurait dit à Ali : « Si je ne transmets pas ce qui m'a été ordonné concernant ton alliance, mes actions seraient vaines ! » Cette croyance est dissimulée du commun des chiites afin de ne pas troubler leur sensibilité et de les conserver dans la secte.

 

C. L'association des projets de bienfaisance islamiques en France (l'A.P.B.I.F.)

 

Les membres de l'apbif c'est-à-dire de l'association des projets de bienfaisance islamiques en France sont connus par l'ensemble des musulmans comme étant les membres d'une secte fondée par Abdoullah al Harrari al Habachi connue sous l'appellation « ahbach » en référence à l'origine du fondateur c'est-à-dire l'Éthiopie. La dite association gère actuellement 17 centres en France et propose des cours qui reposent essentiellement sur la croyance en l'incomparabilité de Dieu. Elle organise des groupes de voyage pour le petit et le grand pèlerinage, propose des activités sportives et éducatives, et célèbrent chaque année la commémoration du voyage nocturne ainsi que la naissance du prophète. Ils considèrent l'ensemble des musulmans qui n'adhèrent pas à leur voie comme des mécréants. Ils ne prient pas avec les autres musulmans et excommunient tous les savants d'Arabie Saoudite. Tariq Ramadan décrit les membres de cette association de la manière suivante : « Mais nous pouvons mentionner le groupe sectaire des ahbach, qui provient du Liban, qui a son siège européen en Suisse (Lausanne) mais qui est actif désormais en Europe, aux Etats-Unis comme en Afrique. Se présentant souvent sous l'intitulé : « Association de bienfaisance islamique », ils développent un double discours permanent : à l'adresse de leurs interlocuteurs d'Occident, ils affirment défendre l'émancipation des femmes et la laïcité et s'opposer aux « intégristes » (autant de sujets qu'ils savent être sensibles et propres à les faire reconnaître). Ils développent cependant le discours le plus intransigeant et le plus fermé à l'intérieur des communautés musulmanes : traitant la plupart des principaux oulémas musulmans de kuffar. Ils fondent sur des interprétations reconnues comme déviantes par toutes les autres tendances et par tous les savants de référence (leur compréhension unique du sens des noms de Dieu, par exemple, ou l'affirmation que le texte coranique serait le produit de l'interprétation de l'ange Gabriel, ou encore la pratique de l'intercession par les morts, etc.). Leur approche des points de doctrine, très spécifiques (à l'image de ceux que nous venons de citer), est conflictuelle et le plus souvent violente. » Tariq Ramadan ajoute en commentaire : « Derrière le paravent d'idées très ouvertes sur la femme, la réalité est moins rose : un homme peut contracter un mariage temporaire avec une femme sans lui dire que son intention est telle (le mariage peut durer quelques jours puisque c'était l'intention même non exprimée du mari), l'adultère avec une mécréante est considéré comme un péché mineur par le fait qu'elle n'est pas musulmane. En réalité, tout le discours sur l'éthique et le comportement social est fondé sur cette distinction « musulmans » (les seuls ahbach) et les autres (les kuffar, compris par les partisans de ce groupe sectaire comme des mécréants au sens le plus péjoratif), le fondateur, Harari (qui vivait au Liban jusqu'à sa mort en 2001), émettait des avis juridiques pour ses disciples par lesquels il soutenait que mentir, voler, voire tuer un kafir, un mécréant est un péché mineur. Leur intervention sur la scène libanaise a provoqué des dégâts : ils sont à l'origine de violentes bagarres et de tueries dans les mosquées. Ne reconnaissant pas les savants des autres tendances comme des musulmans, puisqu'ils sont explicitement des kuffar, ils sont allés jusqu'à les éliminer même s'il s'agissait de savants reconnus. Certains de leurs responsables, membres du parlement libanais, ont à maintes reprises fait l'éloge du président syrien fils qu'ils n'ont pas hésité à qualifier de saint lors de la mort accidentelle de son fils aîné. On sait la stratégie éprouvée de Hafez al Assad de s'appuyer sur des groupements sectaires pour diviser et semer le trouble chez ses opposants. L'importance des moyens financiers à la disposition des ahbach en Occident est due à des soutiens étrangers venus du Liban et sans l'ombre d'un doute du pouvoir syrien. » Nous axerons la réfutation sur les trois points suivants : sur la question de l'incomparabilité de Dieu, l'excommunication de celui qui accepte la littéralité et le Tawassoul.

 

• Réponse aux ahbaches concernant la question de l'incomparabilité de Dieu

 

La question des attributs divins est l'une des épreuves qui scinda l'unité de la communauté musulmane de part le passé. En effet, certains pensant purifier l'idée de Dieu ont interprété, voire renié certains attributs divins par lesquels Dieu s'est décrit dans le coran et la sunna car contredisant le principe de son incomparabilité. Effectivement, il y a pour ces derniers une contradiction entre l'incomparabilité de Dieu appuyée par le verset coranique suivant : « Nul n'est à sa ressemblance et il est l'Audient et l'Omniscient, » et les multiples attributs divins qui présentent une « ressemblance », au niveau du terme, avec sa création comme les versets et les traditions suivantes : « Vers Lui monte la bonne parole », « Allah dit : « Ô Jésus, certes, Je vais mettre fin à ta vie terrestre et t'élever vers Moi », « Êtes-vous à l'abri que celui qui est au ciel vous enfouisse dans la terre ? », « Mais Allah l'a élevé vers Lui », « Les anges ainsi que l'Esprit montent vers Lui en un jour dont la durée est de cinquante mille ans », « Du ciel à la terre, Il administre l'affaire, laquelle ensuite monte vers Lui en un jour équivalent à mille ans de votre calcul. », « Ils craignent leur Seigneur, au-dessus d'eux et font ce qui leur est commandé », « Puis Il s'est assis sur son trône », « Le Tout Miséricordieux S'est assis sur le Trône », « Et Pharaon dit : « Ô Haman, bâtis-moi une tour : peut-être atteindrai-je les voies des cieux et apercevrai-je le Dieu de Moïse, mais je pense que celui-ci est menteur », « Le faux ne l'atteint (d'aucune part : le coran), ni par devant, ni par derrière : descendu de la part d'un Sage, Digne de louanges », « Ceux auxquelles Nous avons donné le Livre savent qu'il est descendu avec la vérité venant de ton Seigneur. Ne sois donc point du nombre de ceux qui doutent. » « Ô Iblis qui t'a empêché de te prosterner devant ce que j'ai créé de mes mains ? » En ce qui concerne les récits, le prophète a dit : « Quand se plaint l'un d'entre vous ou que se plaint un frère de lui qu'il dise : « Notre Seigneur Allah qui est au ciel. » Le prophète a dit au père des khaouaridj : « Tu n'as pas confiance en moi, Moi, le digne de la confiance de Celui qui est au ciel, alors que me parvient des informations des cieux matin et soir. » Et la question du prophète adressée à la femme : « Où est Allah ? » Elle a répondu : « Dans les cieux. » Le prophète poursuivra : « Et qui suis-je ? », « Le messager d'Allah » répondit-elle et le prophète conclura : « Libérez-là : c'est une croyante ! » Et cette autre tradition où le prophète a dit : « Allah est vivant et généreux et Il a honte de ne pas exaucer son serviteur qui élève ses mains vers Lui. » Ajoutons cette autre tradition où le prophète a dit : « Allah a créé la création puis a écrit un écrit dont le lieu est au dessus du Trône : « Ma miséricorde a précédé ma colère. »» Le prophète a aussi dit : « L'enfer ne sera plein que quand Allah y posera son pied. » Allah a dit dans un récit divin : « Si mon serviteur se rapproche de moi d'un empan, je m'approcherai de lui d'une coudée... » Et Adam a dit : « Je choisis la main droite de mon Seigneur et les deux mains de Mon Seigneur sont droites et bénies. » Et L'ange Gabriel a dit : « Allah aime untel, aimez-le donc. » Et cette parole d'Allah au gens du paradis : « Je vous donne mieux que cela ? Et quelle chose serait-elle meilleure que cela ? Rétorquèrent-ils, Je vous accorderais Ma satisfaction et ensuite Je ne M'irriterai jamais contre vous. » Et le dialogue entre Allah et les anges au sujet de ceux qui se remémorent ici-bas par des glorifications, des louanges, des sanctifications : « M'ont-ils vu ? dit Allah, Non, par Allah ils ne t'ont pas vu, Et que serait-ce s'ils m'avaient vu ? Ajouta Allah, S'ils t'avaient vu, leur adoration serait encore plus vive, leur glorification plus intense ainsi que leur exaltation... » Et le prophète a dit au sujet du messie charlatan : « Notez qu'il est borgne et que votre Seigneur ne l'est pas ! » Dans un autre récit le prophète a dit : « Une fois que les gens du paradis y seront entrés, Dieu dira : « Voulez-vous encore quelque chose ? » Ils diront : « Ne nous as-tu pas blanchi nos visages ? Ne nous as-tu pas introduis au paradis et sauvés de l'Enfer ? » Il soulèvera alors le voile et voilà qu'ils n'ont jamais rien reçu de plus cher que la vue de leur Seigneur. » Dans une autre tradition Allah a dit : « J'ai planté de Ma propre Main l'arbre des honneurs. » Les compagnons demandèrent au prophète : « Verrons-nous Notre Seigneur le jour du jugement ? Il a répondu : « Avez-vous de la difficulté à voir le soleil dans le ciel s'il n'est pas caché par les nuages ? » Les compagnons répondirent : « non ! » Et, il questionna pareillement pour la pleine lune et finira par conclure : « De même que vous n'avez aucune difficulté à voir le soleil et la pleine lune dans le ciel qui n'est pas couvert de nuage, de même vous n'aurez pas de difficulté à voir votre Seigneur au jour du jugement. » Ces différents versets et récits qui présentent Dieu par des attributs que l'on peut assimiler à ceux des créatures ont été interprété, déformé voire renié par certains alors que d'autres les ont carrément assimilé aux créatures. La position juste en ce qui concerne cette question est que nous croyons en tous ces attributs sans déformation, sans interprétation, sans négation, et sans faire de comparaison. En effet, l'interprétation, la déformation et la négation conduit à attribuer l'un des deux défauts suivants à Dieu et à son prophète :

- Soit, ils ne savent pas ce qu'ils disent

- Soit, ils savent ce qu'ils disent mais veulent nous induire en erreur

Tandis que l'assimilation conduit à imperfection Dieu en faisant de Lui un être dépendant et composé ! En effet, si Allah est « en haut » d'une direction matérielle alors il serait dans un lieu et aurait besoin d'un espace, s'il « descendait » comme une créature alors il aurait besoin d'un espace pour se déplacer, s'il « s'assied » comme une créature alors il aurait besoin d'un siège, s'il « aime, éprouve de la pudeur, ou se met en colère » comme une créature alors il aurait besoin de sensations, s'il avait « des mains, des pieds, des yeux » comme une créature alors il aurait besoin d'organes... Tout ceci est impossible pour Dieu qui possède la perfection, synonyme de suffisance par soi ! Effectivement, il ne serait plus l'éternel Créateur s'il ressemblait à ses créatures car toute chose dépendante d'une autre chose pour exister est forcément une créature car ne pouvant être à l'origine de sa création, et la créature ne peut être créatrice de quelque chose. Ainsi, si Dieu est nécessairement incomparable alors comment expliquer la présence dans les sources de ces versets et récits équivoques ? La réponse est que Dieu s'exprime à notre niveau d'intelligence et que le sens des termes qu'il emploie est fixé par celui qui parle et non pas par celui qui entend. Ainsi, il « descend » d'une manière qu'il convient à sa perfection, il « s'assied » d'une manière digne de sa perfection, il possède « des mains, des yeux et des pieds dignes » de sa perfection... Cette apparente imperfection dans le discours divin n'est que le fruit de l'étroitesse de notre entendement qui se trompe dès qu'il se normalise dans la signification de la parole divine quand cette dernière est inaccessible. La meilleure attitude en ce qui concerne cette question est la croyance en tous ces attributs sans les comparer, sans les déformer et sans focaliser sur ces derniers : « C'est Lui qui a fait descendre sur toi le livre ; il s'y trouve des versets sans équivoque, qui sont à la base de livre, et d'autres versets qui peuvent prêter à des interprétations diverses. Les gens, donc qui ont au cœur une inclinaison vers l'égarement, mettent l'accent sur les versets à équivoque, cherchant la dissension en essayant de leur trouver une interprétation, alors que nul n'en connaît l'interprétation à part Allah. Mais ceux qui sont bien enracinés dans la science disent : « Nous y croyons : tout est de la part de notre Seigneur ! » Mais, seuls les doués d'intelligence s'en rappellent. » Les partisans de la faction victorieuse croient en tous les attributs par lesquels Dieu se décrit dans son Livre, sans mettre l'accent sur ces derniers, ni interpréter, ni déformer, ou renier et sans faire de comparaison.

 

• Réponse aux ahbaches concernant la question de l'excommunication de ceux qui se contentent de la littéralité des versets et récits équivoques

 

Le sectarisme des membres de l'apbif se localise dans le fait qu'ils excommunient ceux qui respectent la littéralité des versets et des récits équivoques alors que cette attitude est l'attitude authentique des compagnons, des salafs et même de l'imam al Ach'ari auquel les membres de l'apbif s'affilient à tort ! En effet, l'ach'arisme fut à son époque une doctrine de juste milieu entre l'anthropomorphisme des uns et la rationalisation des autres. Or l'imam al 'Achari est revenu sur ses positions à la fin de sa vie par l'écriture de son Ibana où il soutient : « Si on te demande : « Pourquoi nies-tu que les dires : « Ne voient-ils pas que nous avons créé pour eux ce que nos propres mains ont créés, » sont des métaphores » alors réponds lui : « La règle concernant la parole d'Allah, le Très Haut est qu'elle est considérée selon son sens clair et littéral. Rien ne passe du sens apparent au sens métaphorique sans preuve. De même, la parole d'Allah le Très Haut : « Celui que j'ai créé de mes propres mains », le sens apparent et réel est d'affirmer les deux mains à Allah. Il n'est pas possible d'altérer le sens apparent de deux mains à Allah sans preuves ! Il est obligatoire d'affirmer deux mains à Allah, le Très Haut, dans son sens véritable et pas avec le sens de faveur d'Allah. »

Ainsi, le fait de reconnaître à Allah les attributs de la main, des yeux, de la descente, de la colère, du visage, ne sont, ni même leur traduction, des paroles qui font sortir de l'islam puisque confirmées par la révélation! En effet, il faut savoir que les deux conditions principales à l'excommunication d'un musulman sont :

- La preuve du Coran et de la Sunna que l'acte par lequel on excommunie un musulman fait réellement sortir de l'islam ;

- La preuve que le musulman ait pratiqué cet acte en toute conscience c'est-à-dire en toute volonté et en connaissance de cause

Or celui qui excommunie un musulman pour le simple fait que ce dernier a dit que : « Dieu est au ciel » en pointant son doigt en haut, est lui même mécréant car cet acte ne fait pas sortir de l'islam sinon le prophète serait lui-même un mécréant car lors du pèlerinage d'Adieu, il a dit en levant l'index au ciel : « Ô mon Seigneur sois témoin ! » Et une tradition mentionne : « Celui qui dit à son frère : ô mécréant ! L'un des deux l'est sûrement. » Ainsi, lire les récits et les versets équivoques littéralement ne fait pas sortir de l'islam et à l'opposé juger que celui qui les lit fait automatiquement une comparaison avec la création est un acte de mécréance car par cet agissement il rend mécréant les pieux anciens et personne ne connaît le contenu des poitrines si ce n'est Dieu. Nous soutenons par exemple que Dieu descend au premier ciel juste avant l'aube comme la tradition l'indique sans faire de comparaison avec la descente de ses créatures et cette position ne fait pas de nous des mécréants ! Ibn Taymiyya soutient à ce sujet : « Quiconque dit qu'Allah descend, bouge et se déplace d'un endroit pour aller vers un autre ou qu'il délaisse un endroit pour aller vers un autre, ou que sa descente est identique à celle des hommes, du toit vers le sol de la maison, tout ceci n'est que pur mensonge qui ne peut être attribué à Allah ! Car le Seigneur est le Très Haut, si sa descente exigeait qu'il aille d'un endroit vers un autre endroit, il ne pourrait être considéré comme le Très Haut au moment de sa descente. Et de ce fait, les salafs disaient que le Très Haut descend sans quitter sa position d'élévation car sa descente ne ressemble pas à celle des créatures. » En fait, de la même manière qu'Allah nous enseigne qu'au Paradis il y aura de la viande, du lait, du miel, du vin, de l'eau, de la soie et de l'or, sans ressemblance avec ceux d'ici-bas, comme l'a confirmé par ailleurs Ibn Abbas quand il disait : « La ressemblance entre le Paradis et sa description ne se situe qu'au niveau des termes. », de la même manière la ressemblance entre Dieu et ses créatures ne se situe qu'au niveau des mots.

Pourtant, le fondateur de l'apbif a dit à ses disciples : « Si tu t'es soumis, alors ô serviteur d'Allah tu ne dois pas affecter à Allah, les noms et les attributs dont Il s'est décrit lui même, sinon tu seras considéré comme un anthropomorphiste égaré. La main d'Allah signifie son pouvoir, et sa venue son commandent, son agrément et sa colère : sa volonté... » Et le prophète a dit au père des Khaouaridj : « Tu n'as pas confiance en moi, moi le digne de la confiance de Celui qui est au ciel ! » Qui est plus digne d'être suivi : Notre prophète qui a dit que Dieu est au ciel où celui qui suit les pas de Jahm Ibn Safwan, le père de la négation des attributs divins qui soutenait : « Il n'y a pas dans le ciel un Seigneur que l'on adore et pas une Divinité que l'on prie et devant qui l'on se prosterne » ? Et l'on rapporte que Jahm Ibn Safwan a tiré sa doctrine de Jahd Ibn Darham. Ce dernier l'a tirée à son tour de Aban Ibn Sam'an qui, à son tour, l'a tiré de Talout fils de la sœur de Loubaïd Ibn al A'sam qui lui l'a tiré de Loubaïd en personne le sorcier juif qui a ensorcelé le prophète ! Gardons-nous donc de nous éloigner de la voie prophétique pour suivre Abdoullah Al Harrari al Habachi car : « Et quiconque fait scission avec le messager, après que le droit chemin lui est apparu et suit un sentier autre que celui des croyants, alors Nous le laisserons comme il s'est détourné et le brûlerons dans l'Enfer. Et quelle mauvaise destination ! »

 

• Réponse aux ahbaches concernant le Tawassoul

 

Tous les prophètes sont venus avec cette même parole : « Ô Mon peuple ! Adorez Dieu, vous n'avez pas d'autre divinité en dehors de lui. » Effectivement, l'ensemble des messagers sont venus pour nous annoncer que la réussite éternelle se trouvait dans l'adoration exclusive de Dieu. C'est donc au niveau du culte que se localise le véritable crime de la comparaison du Créateur avec ses créatures ! En effet, un verset du coran énonce : « Dis : « Qui est le Seigneur des cieux et de la terre ? » Dis : « Allah. » Dis : « Et prendrez-vous en dehors de Lui des maîtres qui ne détiennent pour eux même ni bien ni mal ? » Dis : « Sont-il égaux, l'aveugle et celui qui voit ? Ou sont-elles égales, les ténèbres et la lumière ? Ou donnent-ils à Allah des associés qui créent comme sa création au point que les deux créations se soient confondues à eux ? Dis : « Allah est le Créateur de toute chose, et c'est Lui l'unique, le dominateur suprême. » Les membres de l'apbif s'opposent encore une fois à la voie des messagers en légitimant le Tawassoul, l'Isti'ana oua al Istighatha bil makhlouq,..., ainsi que le Tabarrouk alors que ces actes sont des actes de polythéisme majeur qui excluent de l'islam quand ils ne sont pas justifiés par la législation.

Le Tawasoul qui exclut de l'islam est celui qui consiste à prendre un intermédiaire qui n'a pas de preuve dans la révélation entre nous et Dieu dans le culte en pensant que cet intermédiaire peut nous être utile. L'Isti'ana oua al Istighatha bil makhlouq qui exclut de l'islam est celui qui consiste à chercher refuge auprès d'une créature en pensant que cette dernière peut nous aider pour un problème que seul Allah peut résoudre. Le Tabarouk qui exclut de l'islam est celui qui consiste à croire qu'un esprit habite un objet que l'on considère béni et dont le contact est source de bénédiction. Lorsque l'on pense que toucher une chose est source de bénédiction alors qu'elle ne l'est pas, alors c'est un acte de polythéisme mineur, mais si l'on pense que le contact de cette chose est un moyen de nous rapprocher de Dieu alors c'est du polythéisme majeur. Le Tabarrouk permis est celui du corps des prophètes.

 

Il ne fait pas de doute que ces trois actes sont des actes de polythéisme majeur quand ils consistent à octroyer par la croyance un pouvoir divin à une créature. En effet, un verset énonce : « C'est à Allah qu'appartient la religion pure. Tandis que ceux qui prennent des protecteurs en dehors de Lui (disent) : « Nous ne les adorons que pour qu'ils nous rapprochent davantage d'Allah. Allah ne guide pas celui qui est menteur et grand ingrat. » On peut expliquer cette légitimation par l'apbif de ces actes associationnistes par le fait que pour eux on ne dit pas « Où » pour Dieu, ainsi ils ne peuvent pas s'orienter vers Dieu pour leurs supplications et chercheront par conséquent à s'orienter vers des créatures tout en disant que : « rien ne profite ni ne nuit en dehors de Dieu. » Cette attitude ne ressemble-t-elle pas à celle des associateurs qui disaient : « Nous ne les adorons que pour qu'ils nous rapprochent davantage d'Allah » et qu'Allah qualifie de « menteur !» En effet, c'est un mensonge de dire que l'on adore Dieu et que simultanément on invoque un autre que Lui car l'invocation fait partie de l'adoration et la destiner à un autre que Lui c'est par conséquent lui associer une fausse divinité. Le prophète ne disait-il pas : « L'invocation : c'est l'adoration. » Le verset qui recèle les trésors du Coran, à savoir : « C'est Toi (Seul) que nous adorons et c'est Toi (Seul) dont nous implorons le secours, » indique bien que le croyant parfait doit n'implorer que Dieu et ne rechercher refuge qu'auprès de Lui. Dans un autre verset, Allah nous commande explicitement : « Et n'invoque pas, en dehors d'Allah, ce qui ne peut te profiter ni te nuire » Une tradition énonce en outre : « Nous partîmes en campagne avec le messager de Dieu contre Hounayn alors que nous avions à peine abandonné le paganisme pour l'islam. Les mécréants avaient l'habitude d'accrocher leurs armes et leurs armures à un arbre connu sous le nom dhat anwat. Quand nous passâmes près du dit arbre, nous demandâmes au prophète : « Ne vas-tu pas nous dresser un autre dhat anwat, tout comme ces gens-là en ont un ? » Le prophète rétorqua : « Dieu est Grand ! Vous venez de parler comme la tribu des fils d'Israël l'avait fait à Moïse : « Ô Moïse, désigne-nous un dieu comme ces gens-là ont des dieux ! » Vous n'êtes que des ignorants ! Allez-vous suivre les pas de ceux qui vous ont précédés ? » Dans une autre tradition le prophète a fait de la prévention en soutenant : « Dieu a maudit les juifs et les chrétiens car ils ont fait de leurs tombeaux des lieux de culte. » En effet, l'adoration des idoles a pour origine la fabrication de statues à l'image d'un peuple pieux qui a vécu au temps de Noé. C'est Satan qui a insufflé au gens le désir d'immortaliser ce peuple par la fabrication de statues les représentant afin de préserver à travers le temps un respect à leur égard. L'intention première de Satan était bien l'associationnisme mais il a procédé par étape en partant d'une action que les gens considéraient comme bonne à leurs yeux. Et effectivement, au début, il n'y avait pas d'adoration mais au fur et à mesure que le temps a passé les générations qui ont suivi ont fini par adorer les statues et les prendre pour des intermédiaires entre eux et Dieu. Ainsi, même le port des amulettes peut être considéré comme un acte associationniste lorsqu'on octroie à celles-ci des pouvoirs de protection. Un compagnon raconta que : « Le prophète vit un jour un homme portant une chaîne en laiton. Quand il lui en demanda la raison, l'homme répondit qu'il en avait besoin pour surmonter la faiblesse de l'âge. Le prophète lui ordonna de l'enlever en ajoutant : « Elle ne peut qu'intensifier ta faiblesse. Si la mort te surprenait alors que tu portes cette chaîne, tu ne réussiras jamais. » Les membres de l'apbif useront pour justifier leurs actes associationnistes de récits faibles comme le récit suivant où : « Bilal Ibnou l-Harith Al-Mouzaniyy était venu auprès de la tombe du Messager durant l'année de la sècheresse (ar-ramadah) au temps du califat de 'Oumar, et qu'il avait dit : « Ô Messager d' Allah, demande la pluie pour ta communauté, ils risquent de périr. » Et ils auront recours à des interprétations mauvaises de versets coraniques comme celui-ci : « Si lorsqu'ils ont fait du tort à leurs propres personnes ils venaient à toi en implorant le pardon d'Allah et si le messager demandait le pardon pour eux, ils trouveraient, certes, Allah, Très Accueillant au repentir, miséricordieux, » Ou celui-là : « Et cherchez le moyen de vous rapprocher de Lui » qu'ils traduiront par : « Recherchez les causes pour l'agrément de Allah » car pour eux on ne se rapproche pas de Dieu !

 

Ce qu'il faut retenir en ce qui concerne cette question du Tawassoul : c'est que le Tawassoul permis est celui que Dieu agrée parmi les œuvres obligatoires ou surérogatoires qu'Il aime comme la prière ou la patience : « Et recherchez l'aide par la patience et la prière. » Et Dieu déteste l'associationnisme puisqu'il ne le pardonne pas ! Les membres de l'apbif s'appuient, pour légitimer le Tawassoul, sur des récits qu'ils n'ont pas compris ou qu'ils comprennent à leur manière. Ils soutiennent : « Il est permis de faire le tawassoul par les prophètes selon l'unanimité. Le tawassoul, c'est demander à avoir un profit ou à repousser une nuisance par la mention du nom d'un prophète ou d'un saint par honneur pour celui par qui on fait le tawassoul, tout en croyant que c'est Allah qui crée le profit et la nuisance. Allah ta^ala dit : Le Messager a enseigné à l'homme aveugle de faire le tawassoul, d'invoquer Allah par le degré du Prophète. L'aveugle l'ayant fait, Allah a rendu la vue à cet aveugle. Ceci a été rapporté par At-Tabaraniyy qui a jugé sûr ce hadith... Il est permis de faire le tawassoul par les saints et on ne connaît personne qui ait contredit à ce sujet et qui fasse partie des gens de la vérité, que ce soit parmi les gens du Salaf ou du Khalaf. Le hadith : ce qu'a rapporté Al-Boukhariyy que ^Oumar a fait le tawassoul par Al-^Abbas en disant : « Ô Allah nous faisons le tawassoul à Toi par l'oncle de notre Prophète. Donne-nous la pluie ». C'est ainsi qu'ils ont eu la pluie. » Pour revenir sur la citation, notons qu'ils affirment : « Il est permis de faire le tawassoul par les prophètes selon l'unanimité » ! ! ! Mais de quelle unanimité font-ils allusion ? S'ils ne visent que les membres de leur secte alors cette phrase a du sens sinon elle n'est que pur mensonge ! Ils ajoutent : « Il est permis de faire le tawassoul par les saints et on ne connaît personne qui ait contredit à ce sujet et qui fasse partie des gens de la vérité, que ce soit parmi les gens du Salaf ou du Khalaf. » Si les membres de l'apbif visent le tawassoul par les morts alors encore heureux que personne parmi les compagnons et les salafs ne l'ait contredit puisqu'il n'existait pas à leur époque. Bien au contraire, il y a unanimité que le tawassoul était compris par les compagnons par la foi et l'obéissance ainsi que par les invocations d'un homme pieux si ce dernier est vivant. Ce que confirme la tradition citée en haut que les membres de l'apbif citeront à moitié, en effet Omar avant de dire : « Nous faisons le tawassoul par l'oncle du prophète. Donne-nous la pluie, » a dit : « Auparavant nous faisions le tawassoul par notre prophète et tu nous as donné la pluie. » Ceci indique que le tawassoul n'est pas permis pour un mort sinon dans ce cas Omar l'aurait fait par le prophète vu la station qu'il a auprès de Dieu et pas par son oncle. Ibn Abbas serait-il plus méritant que le prophète ? Le second récit sur lequel les membres de l'apbif s'appuient confirme également notre thèse, en effet un aveugle a demandé au prophète d'invoquer Dieu pour qu'il guérisse et le prophète a répondu : « Si tu le désires, j'invoquerai Dieu en ta faveur et si tu patientes cela est meilleur pour toi. » Et, l'aveugle demanda l'intercession du prophète et ce dernier lui enseigna une invocation où figurait le tawassoul par lui et il guérit de son aveuglement. Tout ceci confirme que le sens authentique du tawassoul est l'invocation et l'intercession d'un homme de mérite et cela doit se faire de son vivant car demander un bienfait à une personne incapable de profiter est à l'origine de l'associationnisme ! On ne demande l'aide ou l'intercession qu'à ce qui peut nous aider réellement. Et l'arme du croyant est l'invocation et la patience comme l'indique une tradition. Ainsi, faire du tawassoul par les morts un moyen d'accéder au paradis n'est, ni plus ni moins, qu'un acte de polythéisme majeur qui exclut de l'islam ! Car les œuvres d'un mort sont coupées à l'exception : « d'une aumône qui continue de porter des fruits, d'une science qui continue de profiter ou d'un fils qui invoque en sa faveur. » Remarquez que cette dernière tradition révèle qu'une œuvre n'est profitable pour nous que lorsqu'elle nous a pour origine. Compter sur les œuvres d'un autre pour accéder au Paradis ressemble à l'associationnisme des chrétiens qui pensent que la foi au Christ suffit à elle seule pour sauver. Le péché consiste, ici, à penser qu'un autre, indépendamment de nous, puisse nous être profitable alors que seuls nos actes nous profiterons. D'ailleurs c'est notre foi au prophète ainsi que son obéissance qui fait que son intercession nous sera profitable le jour du jugement, en effet il a dit : « Celui qui bénéficiera de mon intercession le jour du jugement c'est celui qui aura dit : « Il n'y a pas de divinité en dehors d'Allah » sincèrement de tout son cœur et de toute son âme. »

 

En somme, l'Apbif est une secte égarée qui est née de la focalisation sur l'incomparabilité de Dieu. Or, la religion est parfaite alors il y a forcément une sagesse derrière ces versets et ces récits équivoques. Dans un verset du coran, il est dit : « Et rien n'empêcha les gens de croire quand le guide leur est parvenu si ce n'est qu'ils disaient : Allah envoie-t-il un être humain messager ? » Dis : « S'il y avait sur terre des anges marchant tranquillement, Nous aurions certes fait descendre sur eux du ciel un ange messager. » Dieu nous donne ici un argument qui justifie la présence des versets et des récits équivoques. Dieu veut nous élever spirituellement et pour cela il faut qu'il utilise un langage compréhensible. En effet, sans sa description par des attributs que l'on peut percevoir par nos sens nous n'aurions pu tendre vers lui par la réalisation de sa volonté. Puisque l'on se rapproche de Lui par nos actes d'obéissance et que nous nous éloignons de Lui par nos actes de désobéissance. Ainsi, il est indispensable que Dieu se décrive par des attributs susceptibles de nous stimuler comme sa colère, sa descente au premier ciel pour accueillir le repentir, ou sa joie... D'ailleurs, une tradition confirme ce principe naturel lorsque Dieu s'adresse à ses anges au sujet de ses adorateurs : « M'ont-ils vu ? Dit Allah. Non, par Allah ils ne t'ont pas vu. Et que serait-ce s'ils m'avaient vu ? Ajouta Allah. S'ils t'avaient vu, leur adoration serait encore plus vive, leur glorification plus intense ainsi que leur exaltation. » Cette attitude de décrire Dieu par des attributs perceptibles par l'homme n'implique aucunement l'anthropomorphisme mais met en relief la sagesse de Dieu qui utilise un langage accessible afin de nous élever et qui n'a, soulignons-le, aucune commune mesure avec sa création. De la même manière, Dieu utilise des paraboles afin de nous faire accéder à des significations que nous ne pouvons saisir directement. Prenons l'exemple de ce verset : « Allah propose en parabole un esclave appartenant (à son maître), dépourvu de tout pouvoir, et un homme à qui Nous avons accordé de Notre part une bonne attribution dont il dépense en secret et en public. (Ces deux hommes) sont-ils égaux ? Louange à Allah ! Mais la plupart d'entre eux ne savent pas. » Personne n'ira soutenir que Dieu est un homme et pourtant cette parabole nous aide à opérer une distinction entre le Créateur et sa créature.

 

L'attitude de renier toute ressemblance à Dieu en interprétant tous les versets et les récits équivoques mène à l'adoration d'un Dieu mort puisqu'à force de dépouiller Dieu de toute détermination positive en ne le décrivant que par la négative en disant : « Il n'est pas un corps, il n'est pas une lumière, il n'est pas à l'intérieur ni à l'extérieur de l'Univers, il n'est pas non plus dans une direction ... » il ne reste plus d'autre solution que de le renier intérieurement ! Les membres de l'apbif ressemblent ainsi à ceux qui réclamaient un ange comme messager, car en cherchant à purifier Dieu de toute ressemblance avec ses créatures ils veulent déshumaniser le discours ! Ibn Jaousy ajoute en ce qui concerne cette question : « Lorsque l'homme du commun et l'enfant sont bien imprégnés de ces affirmations, qu'ils sont prêts à s'habituer à des descriptions que leurs sens comprennent bien, c'est alors seulement qu'on leur dit : « Rien n'est à sa ressemblance. » Ainsi peut s'effacer du cœur ce que l'imagination y avait gravé. C'est pourquoi le prophète a approuvé ce genre de choses, il entendit quelqu'un lui réciter : « Et sur le trône, se trouve le Créateur des mondes », il se mit à rire. Quelqu'un lui demanda : « Notre Seigneur est-il vraiment ? » « Oui » répondit-il et il ajouta : «Et sur le trône il est ainsi.» Tout cela pour installer dans les âmes le caractère concret de Dieu. La plupart des hommes conçoit l'existence de Dieu qu'en fonction de ce qu'ils connaissent par expérience, c'est tout ce qu'on leur demande jusqu'au moment où ils pourront concevoir le dépouillement. Mais quand en commençant l'initiation de l'homme du commun qui n'a aucune idée de ce qu'est l'existence de Dieu, en lui disant : « Il n'est pas dans le ciel, Il n'est pas sur le trône, on ne peut lui donner la main comme attribut, Sa Parole est un attribut indépendant, nous n'avons avec lui rien de commun et nous ne pouvons nous représenter sa descente... » Alors le respect de cet homme pour le Coran s'éteint dans le cœur et d'idée de l'existence de Dieu ne s'incruste pas en lui. C'est là un grand crime que nous commettons à l'encontre des prophètes et qui conduit à la ruine de ce qu'ils ont peiné à éclaircir. Il n'est pas bon qu'un savant sème la confusion dans la foi d'un homme du commun familiarisé avec l'idée d'un Dieu concret, il la corromprait et le mal serait difficilement réparable ! »

 

D. Le soufisme

 

On considère généralement que ce mot (Tasawouf) vient de l'arabe suf qui signifie laine et qu'il fait allusion aux premiers ascètes, qui préféraient se vêtir de frocs en laine grossière. Selon une autre hypothèse, ce terme serait l'arabisation de la théosophie. Ce terme grec se rapporte à l'ancien système de philosophie ou de mysticisme par lequel on parvient à établir des liaisons avec Dieu. Cette secte prétendait que par l'intermédiaire d'une certaine illumination intérieure et d'un mode de vie spécial on pouvait atteindre la sagesse divine. Ainsi pour arabiser le mot théosophie, on a transformé le préfixe grec théo en ta préfixe arabe et le suffixe sophie en saouf. Le soufisme est un courant de l'islam qui s'est donné pour objectif de revivifier la spiritualité authentique, à une époque de dégénération, au moyen d'une méthodologie pratique de vérification des actes du cœur présents dans le Saint Coran. Le soufisme s'est spécialisé dans la dimension intérieure de l'islam et s'est constitué en science de la réalisation spirituelle du Tawhid. Jounayd définissait le soufisme par les paroles suivantes : « C'est que l'Être divin te fasse mourir à toi-même et qu'Il te fasse vivre par Lui. » Dans une autre maxime il ajoute : « C'est que tu sois avec Dieu, et que tu n'aies plus aucune attache. » Mais, hélas, beaucoup se sont réclamés du soufisme alors qu'ils ne suivaient pas les lignes directrices de ce courant et ont fondé des voies en totale opposition avec la voie prophétique. C'est pourquoi beaucoup, parmi les littéralistes ont condamné le soufisme comme un courant hérétique dans son entièreté. Je soutiens, pour ma part, la position médiane entre la condamnation et la tolérance du soufisme dans son entièreté. En effet, Ibn Taymiyya soutenait en ce qui concerne le soufisme : « Un groupe a blâmé le soufisme et a dit qu'ils (les soufis) étaient des innovateurs qui sont sortis de la sunna. Un autre groupe les a élevés et a prétendu qu'ils étaient les meilleurs de la création, les plus parfaits après les prophètes, et ces deux positions en ce qui concerne cette question sont extrêmes ! La justesse est qu'ils (les soufis) font des efforts dans l'obéissance à Dieu comme le font les autres. Il y a parmi eux les premiers, ceux qui ont précédé les autres dans les bonnes actions ceci en fonction de leur effort, il y a aussi parmi eux les gens de la droite. Dans ces deux catégories, il y en a qui font des efforts et se trompent tout comme il y en a qui font des péchés, et se repentent ou ne se repentent pas. Et parmi ceux qui se réclament d'eux, il y a celui qui se fait du tort à lui-même, en désobéissant à Dieu, et se sont aussi réclamés d'eux des groupes d'hérétiques, d'innovateurs, cependant selon les véritables maîtres du soufisme, ils ne sont pas des leurs, comme al Hallaj que beaucoup de maîtres de la voie ont renié et ont sorti du chemin, par exemple al Jounayd Ibn Mohammed, le seigneur de la tribu et d'autres que lui ! Comme le mentionne Abu Abd Rahman Sulami dans « Tabaqat soufia » et comme l'a mentionné al Hafiz Abu Bakr al Khatib dans « Tarikh Baghdad. » » L'éminent Ibn Khaldoun ajoute de son côté un petit complément à l'endroit du soufisme hérétique : «La voie des pratiquants du soufisme se compose de deux voies :

- Une première qui est la voie de la sunna, la voie des anciens et qui se déroule conformément au Livre et à la sunna et à l'imitation des salafs salihs à savoir les compagnons et les suivants ;

- Et une seconde voie, qui, elle, est contaminée par les innovations blâmables et qui est la voie d'un certain groupe de modernes... du nombre de ces pratiquants du soufisme furent Ibn Arabi, ibn Sab'in, ibn Barajan et leurs disciples qui suivirent leurs traces en embrassant leurs sectes.

Ils ont produit quantité d'ouvrages remplis d'une impiété déclarée, d'innovations ignobles et pour justifier cela ils interprètent des expressions littérales du dogme dans le sens les plus extravagants, les plus détestables et tels qu'on se demande quand on les examine, comment on a pu les attribuer à la religion musulmane ou les considérer comme contenues dans la loi religieuse. Que tel ou tel fasse l'éloge de ces gens-là n'est nullement un argument en leur faveur, si élevée soit l'excellence du laudateur, parce que le Livre et la sunna présentent une excellence et un témoignage bien plus considérables que qui que ce soit ! Quant au jugement à porter sur les livres contenant ces croyances pernicieuses et sur leurs exemplaires qui se trouveraient entre les mains des gens tels les Fusus et les Futuhat al Makiyya d'Ibn Arabi, le Budd d'Ibn Sab'in et le Khal'at na'layn d'Ibn Qasi. Le jugement sur ces livres et les livres du même genre, le voici : « Qu'on les fasse disparaître concrètement quand on les trouvera, en les brûlant par le feu et en les lavant à l'eau de sorte que la trace de l'écriture en soit définitivement effacée. On fera cela pour servir l'intérêt général, en matière de religion, par la suppression des croyances hétérodoxes. Il revient donc au détenteur de l'autorité publique de brûler ces livres pour écarter un préjudice général comme il reviendrait à ceux qui les posséderaient de permettre qu'on s'en saisisse pour les brûler. » Nous allons axer notre réfutation du soufisme égaré sur la doctrine de l'unicité de l'existence, sur l'œcuménisme et sur la passivité vis-à-vis des ennemis de Dieu.

 

• Réponse aux soufis égarés concernant la question de l'unicité de l'existence

 

Selon Ibn 'Arabi, l'un, si ce n'est le plus grand, des représentants du soufisme égaré, l'univers serait l'émanation directe de Dieu. Ce qui aboutit à renier la création divine, en effet si de l'un émanait un alors cela revient à dire que le monde est un reflet de la seule existence comme le précise Louis Gardet : « Le monde contingent dira le mystique n'est que le reflet manifeste de la seule existence divine et l'esprit humain une émanation directe de l'essence divine. » Cette doctrine de l'unité de l'existence a été puisée en réalité, de la philosophie helléniste, bouddhiste, et hindouiste. Elle correspond à l'Advaïta Vendanta des hindous et à la doctrine du Tao. Les soufis ont aussi confondu Platon et Aristote dans un seul système. Selon Platon, le monde n'est qu'une pure illusion et il peut être réduit à Dieu si on le dépouille de ses illusions : synthèse de l'œuvre d'Ibn 'Arabi appelé Ibn Aflatun c'est-à-dire le fils de platon. La formulation d'Aristote fait du monde une réalité, mais cette réalité n'est que le fruit de la suppression des qualités de l'absolu à la réalité elle-même. A l'imitation d'une couleur particulière dont l'existence, la manifestation n'est que le fruit de la suppression des autres couleurs, de la lumière blanche qui elle-même est incolore mais contient toutes les couleurs. La connexion de ces systèmes a donné naissance à la croyance en l'unicité de l'existence, c'est-à-dire que l'existence est unique et n'est que celle de Dieu, c'est la doctrine d'Ibn 'Arabi qu'il faut différencier de celle d'Ibn Sab'in pour qui Dieu est toutes choses !?! Les conséquences de la croyance en l'unicité de l'existence sont horribles, en effet : s'il n'y a plus de dualité entre Allah et sa création, il n'y a plus de loi et obéissance et transgression deviennent deux synonymes : c'est donc, tout l'édifice de l'islam qui s'effondre. « On déclare licite tout ce qui est illicite, en ne faisant aucune distinction entre une fille, une mère ou une étrangère : toutes étant licites » comme l'a dit al Afif al Tlimsani, un fervent disciple d'Ibn 'Arabi. L'Emir Abdel Qader, lui aussi fervent disciple d'Ibn 'Arabi, interprétait le verset : « Quiconque d'entre eux dit : « Je suis un Dieu en dehors de Lui » nous lui donnerons l'enfer pour récompense » de la manière suivante : « Le châtiment dans la vie future est réservé par Dieu dans ce verset à celui qui dit : « Je suis un Dieu en dehors de Lui » et pour qu'il s'applique, il faut que cette stipulation ait été ajoutée. La créature qui se bornerait à dire : « Je suis un Dieu » n'est pas menacée d'un châtiment dans la vie future. » En effet, selon la doctrine de l'unicité de l'existence, Dieu est l'essence de chaque chose et les hommes ne sont mécréants que lorsqu'ils adorent Allah en le limitant comme c'est le cas des chrétiens qui adorent Dieu par l'entremise de trois entités : le père, le fils et le saint esprit. Les partisans de l'unicité de l'existence sont allés plus loin ! Ils soutiennent que si l'on adore tout et bien nous sommes de véritables unificateurs de Dieu car Dieu est en toute chose ! Ces paroles sont de la mécréance pure car elles ont pour assises un polythéisme ayant autant d'idoles qu'il y a de créatures puisque confondant le Créateur avec sa création ! Ce qui va à l'encontre du Tawhid qui consiste à faire : « L'absolu distinction entre le Créateur et sa création » selon une parole de Jounayd al Baghdadi, l'un des représentants du soufisme authentique ! Les soufis qui soutiennent les croyances d'Ibn 'Arabi sont donc pires que les chrétiens ! Les partisans de l'unicité de l'existence dans la contemplation de l'unique ont fait l'erreur de ne pas séparer entre la création et le Créateur et donc entre la volonté universelle et la volonté légale. Allah est certes unique mais il a deux volontés, une volonté qu'il aime réaliser et une autre qu'il crée par nécessité afin que la première se réalise mais qu'il n'aime pas, celle qui concerne le mal. L'être humain doit se libérer de la créature, en adorant le Créateur par la réalisation de sa volonté légale, celle qu'il aime afin d'opérer une distinction entre la créature et le Créateur dans le culte : qui constitue la finalité de l'être humain !

 

• Réponse aux soufis égarés concernant l'oecuménisme

 

Ibn 'Arabi a disait : « Les êtres créés se sont formés au sujet de Dieu des croyances et moi je professe tout ce qu'ils ont cru » On rapporte d'Abdullah ibn Tahir Azdi : « J'étais à une querelle avec un Juif au marché de Bagdad et un mot m'échappa : « Chien ! » passant alors à côté de moi, Husayn ibn Mansur al Hallaj me regarda d'un air fâché et me dit : « Ne fais donc pas aboyer ton chien ! » Et s'éloigna en hâte. Finie ma querelle, je le cherchai, entrai chez lui mais il détourna de moi son visage. Je m'excusai et il s'apaisa puis il dit : « Mon fils les confessions religieuses, toutes relèvent de Dieu le très haut et il assigna à chaque groupe une confession non par choix émanant d'eux mais en lui imposant son choix. Quand on reproche à une autre confession erronée, c'est qu'on présuppose qu'il la choisie de lui même ce qui est l'hérésie des qadariyya qui sont les mazdéens de cette communauté. Sache que le Judaïsme, le christianisme et l'Islam et les autres dénominations confessionnelles sont des surnoms différents et des appellations contrastantes ; mais que leur but lui ne souffre ni de différence, ni de contraste » Selon les soufis égarés toutes les voies mènent à Allah, et ceci suffit pour démontrer que le soufisme n'appelle pas à Allah. En effet, dire : « que tous les chemins mènent à Dieu » est absurde et contraire au Tawhid ! Car certains chemins n'ont pas pour finalité Dieu, par contre, il est plus adroit de dire qu'il existe une multitude de chemins qui mène à Dieu car d'où qu'ils puissent prendre source, divers chemins peuvent avoir la même finalité. Cette multitude de chemins est à l'imitation du tir à l'arc, comparable aux multiples trajectoires de la flèche qui est fonction de la position et du lieu du tireur. Concluons qu'il n'y a qu'une seule manière de bien faire et c'est d'unifier Allah ce qui n'est possible que par l'Islam authentique et une infinité de possibilités de rater la cible qu'est l'association à Dieu que sont les autres cultes car refuser l'Islam c'est associer à Dieu dans la mesure où notre volonté l'a emporté sur la satisfaction Divine ! « Certes la religion acceptée d'Allah, c'est l'Islam. »

 

• Réponse aux soufis égarés concernant la passivité vis-à-vis des ennemis de Dieu

 

Ibn 'Arabi disait, dans le prolongement de sa croyance, que lorsque Dieu accorde le pouvoir à un injuste sur un peuple, celui-ci ne devra pas le combattre car ce n'est pour lui qu'un châtiment venant de Dieu. Ce dernier a vécu du temps des croisades et il n'a pas participé au combat, ni n'a appelé au Jihad, ni n'en a parlé dans ses poésies, ni ne s'est plaint des calamités qui avaient frappé les musulmans à cette époque, il disait uniquement : « Dieu est témoin de tout cela ; que les musulmans laissent les Chrétiens agir car ils n'incarnent que la nature même de Dieu. » Le monde serait le fruit de l'unique volonté divine, selon la croyance en l'unicité de l'existence et à partir de cette thèse, il serait contraire à l'unicité divine de s'opposer au mal, fruit de la seule volonté divine. Comme le dit l'Emir Abdel Qader : « Celui qui en tout acte contemple le seul agent véritable, cette obligation ne lui incombe pas. L'opposition au mal par la force de la part des détenteurs de l'autorité ou par la parole de la part des docteurs comporte un profit pour la communauté et pour celui qui commet un mal. L'opposition au mal par le cœur elle ne profite qu'au croyant ordinaire lui-même, en ce qu'elle renforce sa foi par la conviction que le mal est interdit et prévient ainsi de toute inclinaison à l'accomplir à son tour. Mais le fait de s'opposer au mal par son cœur n'entraîne pas ipso facto la ruine d'un pilier de la loi sacrée et n'a pas pour effet de rendre licite ce qu'est illicite...Il n'appartient pas à l'un des trois groupes de s'opposer au mal par le cœur car cela revient à nier l'unicité divine. L'unicité divine exclut, en effet, l'opposition au mal par le cœur puisqu'elle exclut l'attribution de l'acte à son agent. Il n'est pas d'être qui puisse s'opposer puisqu'une seule et même réalité est l'unique Agent de tous les actes qui sont attribués aux créatures. S'il y avait un agent autre que Dieu, il n'y aurait plus d'unicité divine. Ce qui provoque l'opposition au mal par le cœur, c'est l'existence de l'acte, or il n'y a pas d'agent si ce n'est Dieu » Celui qui s'opposerait au mal, porterait atteinte à l'unicité Divine ! C'est l'une des plus infâmes sottises que l'on a pu formuler. La guerre contre l'ennemi est une nécessité ! Dans la mesure où les contraires afin de subsister doivent se livrer bataille. Ne point se défendre : c'est se dissoudre dans notre contraire et perdre ainsi l'héritage de notre identité. L'on se rapproche des partisans du déterminisme absolu qui excusent le mal par la volonté divine. Pour répondre à ces hérétiques, il faut savoir que Dieu a deux volontés : une qu'il souhaite qu'elle se réalise et une autre volonté nécessaire mais qui n'est pas désirée. Allah a certes crée l'Homme pour que ce dernier L'adore ! Or l'adoration n'est possible que par la foi en Dieu et en conséquence, il a créé la mécréance sans quoi la foi n'aurait peut être distinguer car nous savons que les choses se distinguent par leurs contraires ! Quand le jour se lève : la nuit s'enfuit. Donc, Allah a créé la mécréance de même qu'il a créé la foi, mais cela n'implique pas qu'il aime la mécréance, car aimant la foi, il déteste forcément la mécréance ! Et celui qui ne s'oppose pas à ce que Dieu déteste ; c'est comme s'il aimait ce que Dieu déteste et détestait ce que Dieu aime ! Les partisans du déterminisme absolu qui ne luttent pas avec leurs biens et leurs personnes dans le sentier d'Allah pour le triomphe de sa religion sont les ennemis d'Allah ! Car la guerre qu'elle se situe au niveau de la pensée par la langue et la plume ou au niveau de la terre par l'épée est une nécessité car Dieu a créé l'Enfer et le Paradis avant la création de l'Homme et nous savons que les contraires tendent à se détruire et cela par instinct de subsistance car toute créature est dotée de l'instinct de subsistance sans quoi l'acte créateur perdrait son sens. Pour ce qui est du mal en lui-même, citons Ibn Taymiyya qui dit que : « Le monde est le fruit de la bonté divine, le mal est sans existence réelle dans le monde, tout ce que Dieu a voulu ne peut que répondre qu'à une souveraine justice et une infinie bonté à la condition toute fois d'être envisagée du point de vu de la totalité et non sous celui de la connaissance fragmentaire et imparfaite que ces créatures ont des choses. » Le mal sur terre n'est mal qu'à cause de l'étroitesse de la vue du cœur qu'est la science. En effet celui qui connaît Dieu, doit forcément croire en sa justice et sa justice sera pleine par sa récompense, c'est-à-dire le paradis ou son châtiment qu'est L'enfer. Dieu est juste d'une infinie justice. C'est uniquement de la vision de l'homme que provient son injustice. Le cube reste un cube quand bien même l'homme verrait un carré, faute de ne l'observer que d'en face. Le soufisme, avec une telle doctrine ne peut que satisfaire les ennemis de Dieu et ce qui satisfait les ennemis de Dieu irrite Dieu ! Afin de montrer que le soufisme satisfait les ennemis de l'Islam, prenons l'exemple de la burhaniyya, fondée au Soudan par le Cheikh Uthman Abduh al Burhani. L'histoire de cette confrérie illustre la véritable nature des confréries soufies dans un régime. Les dirigeants de cette confrérie prônent l'unicité de l'existence et louent ce que Dieu a rendu illicite et renient ce que Dieu a rendu licite. Ils ont même un livre bata'n al asrar qu'ils vénèrent comme le Coran et qui présente les mêmes divisions que ce dernier. Les adeptes de cette confrérie assurent que leur cheikh les inspire à travers la mort, ils falsifient les textes sacrés qu'ils interprètent suivant un sens caché. Ils disent que leurs fidèles voient Dieu et même qu'ils entreront au paradis quelles que puissent avoir été leurs fautes ! Car tous les burhanis bénéficieront de l'intercession du Cheikh Uthman et de son fils Ibrahim. Leur Cheikh, mort en 1983, se manifesterait encore à ses fidèles pour les instruire. Ils affirment de plus, voir le prophète en état de veille... Pendant 15 ans, de 1974 à 1988, voici une confrérie qui s'est vue la cible des dénonciations les plus graves, les plus importants responsables religieux que ce soit de al Azhar, au ministère des Waqfs, au comité des fatwas, ont condamné à plusieurs reprises ses théories et sa pratique et ont appelé à sa dissolution. Malgré cela, le cheikh Muhammed Uthman Abduh, nommé le charlatan, l'hérétique s'est rendu en visite en Egypte à plusieurs reprises et il fut officiellement reçu à al Azhar. La citadelle de l'orthodoxie musulmane où des cérémonies de bravoure furent données en son honneur. Sept ans après la première interdiction des activités burhanis en 1975, les mesures prisent ne sont toujours pas appliquées et quatre ans après avoir dénoncé « l'hérésie » que constituait le lien prétendument établi par delà la mort entre le cheikh Uthman et son fils Ibrahim et appelé à l'interdiction de la publication de bata'n al asrar. Le Cheikh Taj Tanzani accueillant ce même cheikh Ibrahim expliquait que l'éloignement du Soudan était la cause des malentendus et que de toute façon les dirigeants de la burhaniyya avait fait amende honorable ! La duplicité du pouvoir et des responsables d'al Azhar est patente, les opposants au régime n'ont cessé d'accuser le pouvoir de propager des hérésies afin de canaliser les volontés musulmanes. Cette confrérie recruta en masse dans les années 60 en Egypte, cette diffusion rapide semble avoir été le résultat des efforts de Sanhuri, soudanais en contact direct avec de nombreux membres de l'élite égyptienne, souvenir du temps où il était au service de Salah Salem, proche compagnon de Nasser et ministre de l'orientation national. Ainsi, on peut dire qu'à l'heure actuelle, le soufisme serait plutôt l'agent anesthésique du peuple musulman et cela suffit pour démontrer qu'il n'appelle pas à Allah, puisque détruisant sa religion. « Mystique, Philosophie et franc maçonnerie en Islam » de Thierry Zarconne, révèle comment la franc-maçonnerie a détruit le califat de l'Islam en Turquie à l'aide du soufisme. Les jeunes turcs qui ont fait un coup d'état contre Abdul Hamid II à Istanbul en 1896 ont avoué combien la franc-maçonnerie leur fut utile. Resid Sey l'un des chefs du comité Jeunes Turcs expliquait en 1908 : « Il est vrai que nous avons eu l'appui moral de la franc-maçonnerie et surtout de la franc-maçonnerie italienne. Il existe à Salonique plusieurs loges. La « Macédonia Risorka » et le « Labor lux » qui dépendent du grand Orient d'Italie (...) à vrai dire, les deux premières seules nous ont vraiment servi. Elles ont été pour nous des refuges. Nous nous y réunissions comme Maçons car beaucoup d'entre nous faisaient partie de la maçonnerie. Mais en réalité pour nous organiser, de plus nous avons pris une grande partie de nos adhérents dans les loges qui par le soin avec lequel elles faisaient leurs enquêtes servaient ainsi de crible à notre comité... Voilà à quoi s'est borné dans toute cette affaire le concours du reste très utile de la franc-maçonnerie. » On sait la stratégie franc-maçonnique d'utiliser le soufisme afin d'anesthésier un peuple. Selon Martin Hartman : « Grâce aux explications du derviche Ahmed Kischaschaf qui a un très bon sens de l'observation j'avais déjà reconnu à l'évidence qu'il doit exister un certain lien entre les jeunes Turcs et les ordres de derviches. Dans la mesure où ces derniers voient dans les prescriptions de la loi musulmane seulement une simple œuvre humaine qui est déduite d'une façon qu'il ne faut pas considérer comme universellement valable, à partir des sources sacrées, ils sont la main dans la main avec les jeunes turcs, ceux-ci sont en effet également au dessus des prescriptions extérieures de la loi dans leur plus grande majorité.» « On sait peu de choses sur la situation du bektachisme pendant les années qui ont précédé l'arrivée des jeunes turcs au pouvoir. On peut soutenir néanmoins que l'histoire de cette tariqa a été associée de très près à l'histoire des jeunes turcs et que les membres de cette confrérie ont été comme ces derniers poursuivis par la haine du sultan. Il fait noter que l'un des leaders du coup d'état dirigé contre Abdul Hamid II à Istanbul en 1896 était Segh Na'il ; un derviche Bedevi et Bektachi gagné aux idées libérales qui avait une grande influence sur les bektachis jeune turcs ».

 

En somme, le soufisme est une mouvance égarée qu'il faut délaisser. Les nombreuses innovations de cette mouvance salissent l'islam comme c'est le cas de leurs réunions dansantes. L'imam Shafi'i disait : « Je me suis opposé à Bagdad à une chose que les libres penseurs ont inventé et qu'ils nommaient « battre la cadence » et par laquelle ils écartaient les gens du Coran. » En effet, selon Ibn Taymiyya : « Claquer des mains, chanter, jouer du tambourin, souffler dans des chalumeaux et se réunir à cette fin...adopter une telle pratique comme religion, comme voie vers Dieu et comme moyen de se rapprocher de Lui, cela ne fait pas partie de la religion de l'Islam, cela ne fait pas partie de ce que le prophète nous a recommandé, ni aucun de ses Califes nous a prescrit. Aucun des Imams des musulmans n'a apprécié ces choses et bien plus parmi les gens de la religion, personne ne les a pratiqué, ni à l'époque du prophète, ni à celle des compagnons et de ceux qui les ont suivis en bienveillance et les suivants des suivants. Personne parmi les gens de la religion des trois premières générations que ce soit au Hidjaz, en Syrie, au Yémen, en Iraq, dans le Khorrosan, au Maghreb ou en Egypte ne s'est réuni pour quelque chose de pareil a ce sama' : c'est une innovation qui s'est introduite dans l'Islam après les trois premières générations seulement, voilà pourquoi l'Imam Shafi'i a dit quand il les a vus : « je me suis opposé à Bagdad à une chose que les libres penseurs ont inventé. » A notre époque, les soufis ont dépassé les limites, lorsqu'ils pensent adorer Allah en dansant, chantant et parfois avec des femmes, style boîte de nuit ! Le soufisme égaré enferme la pensée de ses adeptes selon l'adage célèbre de 'Izz al Dine Mahmud Ibn Ali al Kashami : « s'abandonner au Cheikh comme un cadavre aux mains du laveur. » En effet, selon Ibn 'Arabi : « De même que le monde ne peut être soumis à deux dieux, et qu' un croyant ne peut suivre la voie de deux prophètes, et qu'une épouse ne peut être partagée par deux maris, le soufi idéal ne peut être instruit que par un seul : le cheikh. » Selon la cinquième condition de la Tariqa Tijaniyya : « Il faut aimer le cheikh d'un amour puissant et toujours croissant. » Ce qui aboutit à l'association, en effet, selon Najm al Dine Razi Daya : « Capable d'accomplir des miracles, de lire dans les pensées, d'interpréter les rêves et de prédire l'avenir ; le cheikh possède le don de clairvoyance et un volonté magnifiée par une énergie surnaturelle » alors qu'Allah dit : « Et parmi les hommes il en est qui prennent en dehors d'Allah des égaux à lui en les aimant comme on aime Allah. » Précisons, toutefois, qu'il existe un soufisme pur, celui des anciens pieux. Le but du véritable soufisme consistait, en effet, à purifier notre cœur des idoles qui divisent notre individu afin d'habiller notre être d'une unique volonté, en l'occurrence celle de Dieu dans la finalité d'entrer entièrement dans la « paix », que l'on traduit en arabe par « salam » qui dérive du terme « islam. » En effet, celui qui a deux divinités qui habitent son cœur souffrira de satisfaire l'une au détriment de l'autre. Prenons l'exemple de celui qui divinise l'argent, et bien ce dernier souffrira de posséder de l'argent sans pouvoir le dépenser car l'augmentation de ses économies le réjouit et la diminution de ces dernières l'attriste. Il souffrira donc du non sens de son enrichissement car à quoi bon posséder sans profiter de ses possessions. Ne remarquons-t-on pas que les vrais voleurs sont des riches ? Autre exemple, celui qui divinise la femme souffrira de se marier car le mariage le limitera à une épouse alors qu'il les désire toutes ! Il veut se marier tout en répugnant le mariage car ce dernier s'oppose à son but qui est de posséder la Femme avec un grand F. Je vise ici les musulmans pratiquants car chez les non musulmans l'adultère et le libertinage font partie des mœurs et la douleur prend chez eux la forme d'une dépendance sexuelle assimilable à une drogue. Ainsi, la douleur poursuit perpétuellement celui qui associe une fausse divinité à Dieu car ce dernier ne trouvera jamais pleinement satisfaction puisque rien en dehors de Dieu n'est saisissable dans son entièreté : « A Lui l'appel de la vérité ! Ceux qu'ils invoquent en dehors de Lui ne leur répondent d'aucune façon, semblable à celui qui étend ses deux mains vers l'eau, pour la porter à sa bouche et qui ne parvient jamais à l'atteindre. L'invocation des mécréants n'est qu'aberration ! » C'est dans cette optique que nous pouvons comprendre le sens de cette parabole : « Dieu vous propose en parabole un serviteur qui a plusieurs maîtres et un autre serviteur qui n'a qu'un seul maître. Le sort de ces deux serviteurs est-il le même ? Louange à Dieu, la différence est claire ! Mais trop peu d'hommes en ont conscience ! » Le musulman ou la musulmane qui aura réalisé l'objectif de la purification du cœur ne connaîtra plus jamais les maux de la démotivation, de la déprime, et de la perte du goût de vivre qui sont de plus en plus récurrents à notre époque où prime un polythéisme moderne ! Celui du culte de l'argent, du sexe, de l'image ou du diplôme... C'est pourquoi l'imam Abou Hamid al-Ghazali soutenait : « Sache qu'à celui qui suit la voie de Dieu, il faut un maître pour guide et éducateur, qui, par sa bonne éducation, corrigera les mauvais penchants et leur substituera de bonnes habitudes. L'éducation ressemble, en effet, au travail du laboureur qui déracine les épines, sarcle le blé afin qu'il pousse mieux et donne une abondante moisson. Tout homme donc qui désire suivre la vraie voie ne peut se passer d'un maître pour l'éduquer et le guider dans la voie de Dieu. » Le guide aura pour fonction de faire un diagnostic des maladies qui affectent ses disciples puis de procéder à la purification progressive de leur âme en les éclairant par des principes puisés du coran et en leur imposant un programme de conduites purificatrices à accomplir tout en tenant compte de leur capacité. En effet, selon le même Ghazali : « Il n'est pas souhaitable que ton temps reste sans programme ! Tu risques, sinon, de l'occuper à n'importe quelle fin et de n'importe quelle manière, au hasard. Non, tu devrais te contrôler ! Il est noble que tu organises ta part d'activité pieuse de la journée et de la soirée, et que tu précises pour chaque moment une occupation qui ni ne sera augmentée ni ne sera influencée en cours d'exécution par autre chose. C'est seulement par une telle attitude que les bénédictions du temps se manifesteront. Mais, si tu te laisses aller tel un bétail sans savoir de quoi t'occuper à chaque moment, la plupart de ton temps sera perdu, alors que ton temps c'est ta vie ! Et ta vie est ton capital sur lequel est fondé ton commerce. Par ton temps, tu arriveras à la belle vie de la demeure éternelle auprès d'Allah. Chacune de tes respirations est une prière précieuse sans prix puisqu'elle ne pourrait être rattrapée une fois passée. Ne sois donc pas comme ces imbéciles voilés qui sont contents de voir tous les jours leurs biens augmenter alors que simultanément l'échéance de leur vie se rapproche d'eux ! Qu'y a-t-il de bien dans une richesse qui s'agrandit au cours d'une vie qui diminue ? Ne sois heureux que de l'augmentation d'une connaissance, ou d'une bonne action car ces deux choses-là seront tes compagnons dans la tombe au moment où ta femme, tes biens et tes enfants te délaisseront. » Le soufisme authentique a pour finalité d'entretenir notre éveil vis-à-vis de notre but puis remercier le Seigneur de nous avoir accordé ses faveurs sans lesquelles nous n'aurions pu nous réveiller par rapport à notre but. Il s'agit ensuite de faire un examen de conscience puis d'axer sur l'idole causatrice d'un péché ou du non accomplissement d'une obéissance. Il faut ensuite se repentir de cette déficience et renoncer à l'idole causatrice en nous de cette déficience tout en plaçant notre confiance en Dieu dans cette entreprise jusqu'à la purification totale de Dieu.

 

E. Le Takfirisme

 

Je classe dans le Takfirisme tous les courants qui ont pour origine le kharidjisme. Les khawaridjs se sont séparés d'Ali du fait qu'à leur avis celui-ci avait accepté l'arbitrage concernant le pouvoir qui lui revenait de droit, comme il n'a pas appliqué le verdict de Dieu. Ils considèrent ainsi que la légitimité au pouvoir émane d'un verdict de Dieu et que par conséquent aucun compromis n'est permis. A partir de cela les khawaridjs rappelèrent qu'il est un droit et un devoir pour tout croyant de se révolter contre tous Califes ou gouverneur lorsque celui-ci commet une faute grave. L'histoire de la fondation de cette mouvance justifie cette assertion, en effet : lorsque les partisans de Mou'awiya ont levé des copies du Coran au bout de leurs lances et ont invité les partisans de Ali à l'arbitrage basé sur le Coran, ils ont suggéré qu'un homme représentant chaque coté se rencontrent et en viennent à une solution basée sur le Coran. Les deux côtés ont accepté de négocier et les partisans de Mou'awiya ont envoyé 'Amr Ibn al 'As pour les représenter. Quand les partisans de Ali ont choisi Abou Moussa pour les représenter, Ali a exprimé qu'il ne le pensait pas approprié et a proposé Ibn Abbas à la place. Cependant, les partisans de Mou'awiya ont dit qu'ils ne voulaient personne qui soit de la parenté de Ali, et ils ont envoyé Abu Moussa Al Ash'ari. L'arbitrage a été plus tard retardé jusqu'au mois de Ramadan. Pendant cette période, la validité même des hommes décidant quelque chose se trouvant dans la juridiction d'Allah, a été remise en cause par un des partisans de Ali du nom de Urwah Ibn Uthainah qui a dit : « Le jugement appartient seulement à Allah ». Quand Ali a détourné son armée de la plaine de Siffin et est entré dans Koufa, environ douze milliers de ses partisans ne sont pas entrés dans la ville avec lui. Au lieu de cela, ils ont campé dans la ville de Haroura (village près de Koufa en Irak) et ont élevé leurs voix à l'unisson récitant le slogan : « le jugement appartient seulement à Allah! » Cet incident marque l'apparition des Khawarij comme mouvement sectaire. Ils ont plus tard nommé Shu'aib Ibn Rib'i at-Tamimi comme leur Amir pour la bataille, et Abdullah Ibn al-Kawwa al-Yashkari comme leur Imam pour la prière. Ces Khawaridjs étaient au début très pieux et méticuleux au sujet de l'exécution des divers actes du culte. Cependant, leur croyance qu'ils étaient bien plus savants que le compagnon du prophète, Ali Ibn Abi Tali, est devenue la base d'une terrible maladie qui les a affligés et les a menés vers l'égarement. Ils sont allés jusqu'à tuer le prince des croyants Ali ! Quand al-Hasan Ibn Ali a voulu conclure un traité de paix avec Mu'awiyah, un Kharijite du nom al-Jarrah ibn Sinan s'est révolté contre lui. Al-Jarrah lui a dit : "Tu as commis le même shirk qu'avait commis ton père". Alors il l'a poignardé dans la cuisse supérieure. Les Khawaridjs ont continué à se révolter contre l'état musulman massacrant les hommes, les femmes, et les enfants musulmans innocents durant les dynasties des Oumayyades et des Abbassides. Une variété de sectes surgit bientôt parmi eux : Al Azariqah, Al 'Ibâiyah, Al Sufriyah et bien d'autres ! Par exemple, les partisans de Nafi' Ibn al-Azraq se considéraient eux même comme mécréants aussi longtemps qu'ils étaient dans une terre mécréante, mais s'ils la quittaient, ils devenaient musulmans. Ils ont également considéré ceux qui étaient en désaccord avec leurs points de vues et ceux qui ont commis de grands péchés comme mécréants, alors que ceux qui ne se sont pas joints à leurs forces pendant la bataille étaient considérés kafirs. Ils ont été la cause du massacre de femmes musulmanes et d'enfants, en rendant permis la chose du le fait qu'ils les considéraient comme mécréants. Cependant, un des 'Azraqis, Ibn Amir ath-Thaqafi, de Najdah, divergea avec certains points de vues de Naafi et interdit le versement du sang musulman et la prise de la propriété musulmane. Il a également soutenu que les pécheurs parmi ses partisans seraient punis dans un endroit autre que le feu de l'enfer et que l'enfer était réservé pour ceux qui étaient en désaccord avec ses vues sectaires. Le fondateur moderne d'une branche de cette mouvance serait l'égyptien Moustapha Chokri. Les militants islamistes détenus au temps de Nasser à la suite des événements de 1965 se sont opposés à l'exégèse à donner au livre : « Signe de piste » de Sayyed Qoutb. Les anciens membres de l'organisation de frères musulmans se sont rassemblés autour de leur guide Hassan el Hoddéïbi qui a défendu le credo des frères qui consiste à avoir une position modérée vis-à-vis du gouvernement, tel que tracé par Hassan al Banna dans son ouvrage : « Prédicateur et pas juges ». Entre temps, la jeunesse pleine d'élan constituait de petits groupes séparés de la société mère par des idéologies diverses et principalement deux tendances, qui ont divergé sur quelques idées Qoutbiennes, ont vu le jour :

- En ce qui concerne la première mouvance, elle considérait que le concept de séparation ne s'entend que comme une séparation abstraite et spirituelle par rapport à la société contemporaine « antéislamique ».

- Alors que la seconde tendance prônait, une séparation totale et c'est ce groupe qui est affilié à Moustapha Chokri.

 

Chokri est issu d'une famille moyenne résidant dans l'un des villages de la haute Egypte. Son niveau culturel est rudimentaire et avant son épanouissement en 1965, il était étudiant à l'université d'agronomie. Depuis sa libération en 1971, il prêcha la jeunesse et son succès fut rapide. Repéré par la police en 1972, certains de ses disciples furent arrêtés en 1973 et une partie de ses écrits fut saisie, ce qui le contraignit ainsi que son mouvement à se réfugier dans la montagne pour ainsi mettre en pratique et sur le terrain l'idée d'excommunication de la société égyptienne mécréante. Le fondateur de la mouvance hijra oua takfir, en raison de la complicité des théologiens avec le gouvernement, se voit investi (élu) par Allah afin de procéder à une interprétation du Coran et de la tradition selon sa conception et d'en déduire la loi religieuse. Selon ce dernier, la prière dans les mosquées publiques est non valable en raison de leur institution dans un système politique perverti. Ainsi que l'inacceptation Et ils s'opposent, de plus, à toute relation civile avec la société égyptienne et la nécessité d'œuvrer pour l'instauration d'une société musulmane. Selon ce même Chokri : « Si les juifs ou d'autres arrivaient, il ne faudra pas que le mouvement participe au combat dans les rangs de l'armée égyptienne mais au contraire, qu'il fuit dans un lieu sûr. En général, notre ligne de conduite c'est de fuir devant l'ennemi extérieur comme devant l'ennemi intérieur et de ne point lui résister. » Au début de son intervention, Chokri cite qu'il n'existe point une science autre que la théologie. Les médias surnommèrent ainsi le groupe de Chokri : « Hijra oua Takfir » car il pratiquait l'excommunication de ses concitoyens et faisait retraite dans les montagnes. Par la suite, les événements se précipitèrent et l'ex-ministre des affaires religieuses, le Cheikh Dhahabi fut pris en otage en 1977 pour deux raisons :

- La première est due aux critiques adressées à ce groupe par le cheikh en considérant ses adeptes comme des enfants ne saisissant pas la portée réelle de la religion musulmane.

- Tandis que la seconde raison visait à contraindre l'Etat à satisfaire certaines revendications. Parmi lesquelles figuraient la libération des membres détenus du groupe et autoriser le groupe à faire connaître son identité et ses objectifs par la radio, la télévision et la presse locale.

Cette demande prit fin avec l'exécution du ministre en plus de l'arrestation des membres du groupe et leur leader après de sanglants combats. Nous axerons notre réfutation, sur les trois points suivants : la révolte contre le gouverneur, l'excommunication des musulmans du commun, le non respect des priorités.

 

• Réponse aux takfiris concernant la révolte armée contre le gouverneur

 

Selon ces gens, toute participation à une société mécréante est synonyme d'apostasie ! Ainsi, ces gens excommunient ceux qui participent volontairement ou par ignorance à la vie d'une société qui ne repose pas sur les principes du coran et de la sunna et légitiment, par conséquent, leur sang. L'avis le plus juste en ce qui concerne cette question est que les musulmans doivent l'obéissance au détenteur de l'autorité parmi eux, c'est un ordre divin : « Ô les croyants ! Obéissez à Allah et obéissez au Messager et à ceux d'entre vous qui détiennent le commandement. Puis, si vous vous disputez en quoi que ce soit, renvoyez-là à Allah et au Messager, si vous croyez en Allah et au Jour dernier. Ce sera bien mieux et de meilleure interprétation. » Ibn Taymiyya disait que : « L'avis le plus authentique chez les gens de la sunna, les savants et les imams, est qu'il faut strictement lui obéir (gouverneur) dans tout ce qui n'est pas désobéissance à Allah, il faut exécuter ces sentences dans tout ce qui est juste, même s'il s'agit d'un juge ignorant et d'ordinaire injuste, mais qui proclame un jugement équitable, alors il faut lui obéir dans ce jugement. Ceci est l'avis de la majeure partie des savants. C'est pour cela que chez les gens de la sunna, il est reconnu qu'il est interdit de se révolter contre les imams et les gouverneurs, de les combattre par les armes même s'ils sont injustes, comme le prouvent les récits authentiques du prophète ; en effet la perversion causée par la lutte armée et le désordre public serait plus importante que celle causée par cette injustice, qui ne comporte aucune tuerie, ni troubles. On ne doit donc pas lutter par un mal plus grand contre un mal moindre. » Dans le cas où le gouverneur ne jugerait pas selon les lois divines, il nous appartient, avant tout, de réformer nos âmes dans la finalité de réformer sagement et progressivement la société.

• Réponse aux takfiris concernant la question de l'excommunication des musulmans du commun

La question de l'excommunication scinda la communauté de part le passé. Certains excommunient les auteurs de péchés capitaux car le prophète a dit : « Le fornicateur ne fornique pas sans que la foi ne le quitte au moment où il commet cet acte, le voleur ne vole pas sans que la foi ne le quitte au moment où il commet cet acte, le buveur d'alcool, ne boit pas sans que la foi ne le quitte au moment où il commet cet acte. » D'autres excommunient les ignorants qui commettent des actes de mécréance, en prétextant le fait que l'ignorance n'est pas une excuse et à l'autre extrême certains ont émis l'avis qu'il n'y a pas de relation entre la foi et les actes. Toutes ces positions sont extrêmes et la position juste consiste à relier les actes à la foi et que celui qui pratique un acte de mécréance en toute conscience de cause est un mécréant. Or, tous les péchés capitaux ne sont pas des actes de mécréance et pour commettre un acte en toute conscience il faut la science. Les deux conditions à l'excommunication de la foi sont donc :

- La preuve du coran et de la sunna que l'acte en question est un acte de mécréance

- La conscience de la pratique d'un acte de mécréance c'est-à-dire l'agissement en connaissance de cause et en toute volonté

A partir de là, il n'est plus à la portée de quiconque d'excommunier à la légère, car en effet, il faut désormais s'assurer de la conviction que l'individu renie le caractère obligatoire d'un ordre donné ou commet un acte de mécréance en toute conscience. Le prophète a dit : « Celui qui dit à son frère : « Tu es mécréant », l'un des deux l'est sûrement. Soit c'est celui qui reçoit l'accusation si elle se vérifie, soit c'est celui qui accuse. » Or un péché capital n'est pas un acte de mécréance et l'ignorance est une excuse. L'argument se trouve dans les deux sahihs, en ce qui concerne l'homme qui a dit : « Lorsque je serais mort, brûlez-moi, broyez-moi et répandez-moi dans la mer par Dieu, si Allah le peut, il me châtiera d'un châtiment sans pareil. Ils ont agit ainsi (selon les directives) et Allah lui a dit : Qu'est-ce qui t'a poussé à agir ainsi, il a répondu : « ta crainte » et il a été pardonné. » Ibn Taymiyya ajoute : « Cet homme a douté de la capacité divine et son retour après le poudrage de son corps. Il a même cru, qu'il ne serait pas ressuscité et cela est de la mécréance par le consensus des musulmans. Cependant, il était ignorant, ne sachant pas cela et il était croyant, craignant le châtiment divin et il a été pardonné pour cela. Et l'interprétation parmi les gens de l'ijtihad, accrochée à la suivie du prophète est plus à même d'être pardonnée que ce dernier. » C'est pour cela que nous avons adopté la position des pieux prédécesseurs qui consiste à juger l'acte mais pas la personne tant que la preuve de sa mécréance n'a pas été établie. En effet, le terme « kafara » signifie étymologiquement « renier » et donc il n'est pas possible de renier ce que l'on ne connaît pas. C'est pourquoi Allah a dit : « Allah n'est point tel à égarer un peuple après qu'Il les a guidés, jusqu'à ce qu'Il leur ait montré clairement ce qu'ils doivent éviter. » La véritable mécréance suppose la connaissance de la vérité : « Ceux qui ne croient pas en Allah et en ses messagers et qui veulent faire distinction entre Allah et ses messagers et qui disent : « Nous croyons en certains d'entre eux mais ne croyons pas en d'autres », et qui veulent prendre un chemin intermédiaire : les voilà les vrais mécréants ! Et nous avons préparé pour les mécréants un châtiment avilissant ! » Le Cheikh Jamal Dine Al Qassimi a dit : « Et quant à l'ignorant, il est celui qui s'est trompé de cette communauté, même s'il a fait de la mécréance ou du Shirk (association), il n'est ni mécréant, ni associateur car il est sous le prétexte de l'ignorance et de l'erreur jusqu'à ce qu'on lui prouve par les arguments qui montrent clairement que l'acte commis rend la personne mécréante et, après cela, s'il renie ce qui est connu de la religion islamique comme principes fondamentaux alors là seulement il est mécréant. Ce point a été tranché fermement par le consensus.» Le savant Dhahabi a dit de son côté : « Personne n'est considéré pécheur qu'après le savoir et qu'après lui avoir indiqué les preuves et Allah est compatissant et doux envers Ses créatures. Allah l'Exalté a dit: « Et Nous n'avons jamais puni (un peuple) avant de (lui) avoir envoyé un messager. » A l'opposé, celui qui prétend que l'acte n'a pas de relation avec la foi est un égaré car selon une tradition : « La foi se compose de 70 branches. La plus élevée est l'attestation : « Il n'y a pas de divinité en dehors de Dieu » et la partie la plus basse est le fait de retirer du chemin ce qui peut nuire à autrui. Et la pudeur fait également partie de la foi. » Cette tradition révèle que l'acte physique fait partie de la foi car retirer un obstacle d'un chemin est la partie la plus basse de cette dernière. Ainsi, la foi augmente par les obéissances et diminuent par les désobéissances puisque un verset énonce : « Quant aux croyants, elle (la sourate) fait certes croître leur foi et ils s'en réjouissent. » En somme, les gens de la faction victorieuse n'excommunient personne à la légère tant que la preuve de la mécréance ne s'est pas vérifiée sur l'individu.

 

• Réponse aux takfiris concernant le non respect des priorités

 

Les Takfiris sont des gens qui focalisent sur le Tawhid collectif c'est-à-dire l'instauration de la loi divine au sein de l'Etat. Cette focalisation les a poussés à excommunier les membres de la société qui ignorent ce second aspect de la réalisation de l'unicité divine et qui participent, par conséquent, au renforcement d'une société idolâtre. Ainsi, vous trouverez beaucoup de Takfiris avoir des paroles de « grands » tout en étant négligeant en ce qui concerne la spiritualité individuelle. En réalité, la réalisation de l'unicité divine se fait par étapes car un verset du coran énonce : « En vérité, Allah ne modifie pas l'état d'un peuple, tant que les individus qui le composent ne modifient pas ce qui est en eux-mêmes. » Nul doute que l'acte de juger selon autre que la loi divine est un acte de mécréance qui entache la société de mécréance aussi mais c'est une question qui risque d'engendrer plus de mal que de bien quand on la privilégie au détriment de l'orientation prioritaire de nos âmes par cette même loi divine ! La sagesse consiste à agir par étapes en tenant compte du contexte. La sagesse consiste, en effet, à faire ce qu'il faut, de la manière qu'il faut, ou moment où il le faut. Et celui qui est privé de sagesse est aveugle : « Celui qu'Allah prive de lumière n'a pas de lumière. »

En somme, le Takirisme est une mouvance égarée qui s'axe sur le Tawhid collectif et qui excommunie, illégalement, les membres qui soutiennent par leur passivité les sociétés idolâtres qui ne reposent pas sur le coran et la sunna. Les takfiris s'acharnent sur les musulmans bien plus que sur les vrais mécréants en raison de leur sectarisme. Selon Ibn Taymiyya : « Il est établi, par différentes voies que le prophète a ordonné de combattre les khawaridjs. Dans les deux sahihs, Ali rapporte : « J'ai entendu le prophète dire : vers la fin des temps surgira des jeunes gens aux rêves chimériques, qui proféreront les paroles les meilleures, mais dont la foi n'ira pas plus loin que le gosier. Ils quitteront la religion comme la flèche quitte l'arc. Partout où vous les trouverez, tuez-les. Celui qui les tuera sera récompensé le jour du jugement. » Dans une autre version rapportée par Mouslim, Ali dit aussi : « J'ai entendu le prophète dire : « des gens sortiront de ma communauté. Ils réciteront le coran et votre récitation n'approchera en rien de la leur. Votre prière de même ne sera rien à côté de la leur, ni votre jeûne en comparaison du leur. Ils réciteront le Coran en s'imaginant qu'il est pour eux, alors qu'en réalité il les condamne. Leur récitation n'ira pas plus loin que leur gosier. Ils quitteront la religion comme la flèche quitte l'arc. Si les troupes qui se trouvent devant eux viennent à savoir avec quelle sévérité le prophète les a condamnés elles les attaqueront avec acharnement. » Abu Sa'id rapporte que le prophète a dit : « au sujet de ce hadith : « Ces gens-là tueront les croyants et laisseront en paix les idolâtres. Si je vis jusqu'à eux, je les tuerai tous jusqu'au dernier, comme les gens de Ad ont été exterminés. » L'authenticité de ce hadith est universellement reconnue. Dans une version rapportée par Mouslim, le prophète dit : « ma communauté se scindera en deux partis. Entre ces deux partis surgiront des hérétiques. Celui des deux partis qui aura le droit pour lui se chargera de les tuer. » Or, ces hérétiques sont ceux-là mêmes que l'émir des croyants Ali a massacrés, lors de la scission entre les irakiens et les syriens et qui s'appellent les harouriya. Le prophète a ainsi montré que chacun de ces deux partis, qui se faisaient la guerre, appartenait à sa communauté, mais que les partisans de Ali avaient le droit pour eux. Il n'a ordonné de combattre que ces hérétiques qui étaient sortis de l'Islam, s'étaient séparés de la communauté et avaient rendu licites le sang et les biens des autres musulmans. »

 

1. Les sectes qui possèdent des avantages et des inconvénients

 

Nous allons étudier ci-après les sectes qui globalement ne sont pas égarées car possédant des avantages qui l'emportent sur les inconvénients. Nous axerons notre étude sur les trois avantages et les trois inconvénients les plus visibles afin que le lecteur et la lectrice puissent faire la part des choses en ce qui concerne ces dernières mouvances.

 

A. Le Tabligh

 

Le mouvement Tabligh a été fondé par l'indien Mohammed Ilyas qui est né en 1880 dans un village nommé Kandahla en Inde. Il élabora à la suite d'une prise de conscience de l'échec des méthodologies traditionalistes d'éducation ; un programme pratique de 6 chapitres qui aura pour finalité : la revitalisation de la foi, celui de constituer des groupes de quelques personnes qui désigneront un chef parmi eux et qui quitteront leurs femmes, leurs enfants, leurs foyers et leurs affaires mondaines pour se consacrer à la prédication des quartiers avoisinants, en faisant retraite dans les mosquées. Le fondateur de cette mouvance est le cheikh Mohammed Ilias al kandahlaoui qui aurait essayé de plusieurs façon de rappeler la communauté à la religion mais qui : « désespéré, il se serait réfugié dans la mosquée du prophète pour y finir ses jours. C'est alors qu'il aurait entendu en rêve le verset : « Vous êtes la meilleure communauté qu'on ait fait surgir pour les hommes, vous ordonnez le convenable et interdisez le blâmable et croyez en Allah. » (C3/110) En entendant ce verset, il eut l'image de personnes qui se déplacent en groupe et vont vers les gens pour leur ordonner le convenable et leur interdire le blâmable. Il vit ensuite le prophète qui lui dit : « rentre dans ton pays et fais mon travail. » » « Le but principal, dira Le cheikh Ilyas, de notre groupe est d'enseigner aux musulmans la religion originelle et pure, celle qui fut enseignée par le prophète et c'est notre véritable but. Quand à notre Tabligh et à nos tournées, ce n'est qu'un moyen préliminaire d'accomplir nos missions, l'instruction de la bonne parole et de la prière n'est que l'alphabet de nos cours. » Dans l'ouvrage de Abdel Raouf ben Halima, il est dit: « Cheikh Ilyas a donc fait un effort, ijtihad et à conçu une méthode dans le but de réformer la communauté et d'imiter le modèle du prophète. Cet effort ne vise pas du tout à inventer une chose nouvelle ; le but recherché est de retrouver la manière utilisée par le prophète, pour propager la religion. Ce n'était pas l'école ; les écoles ont été instituées longtemps après. Or il n'y avait pas dans la communauté une activité pour ramener les musulmans à la religion et revivifier leur foi. Il a donc cherché la manière dont cela se faisait du temps du prophète et a essayé de l'appliquer. L'innovation répréhensible dans la religion est toute nouvelle pratique religieuse, ils ne sont pas limités ; on compte parmi les moyens inventés pour mettre en place la pratique religieuse : les écoles islamiques, les sciences linguistiques, les livres de hadith, les sciences du hadith, les diplômes pour divers niveaux de sciences religieuses etc.. Les moyens doivent répondre à quatre conditions : être licite, répondre à un besoin réel, être adapté à ce besoin et que ce besoin n'existait pas au temps du prophète. C'est selon ce regard qu'il faut juger le Tabligh et non le considérer comme une nouveauté dans la religion. » Il ajoute : « Il faut bien comprendre qu'on ne prêche pas le Tabligh mais la religion. On désire que les gens pratiquent l'Islam et acquièrent les qualités, le Tabligh n'est qu'un outil. »

 

Les avantages du Tabligh

 

• Le Tabligh permet de se détacher du bas monde

 

Le Tabligh est un excellent moyen de purifier le cœur. De part ces retraites, de 3, 10, 40 jours à 4 mois à la mosquée, il constitue un rempart contre les égarements de la vie quotidienne, qui nous voilent de la réalité d'outre tombe. C'est, en effet, l'accaparation de notre temps par la société qui constitue le plus opaque des voiles à la contemplation de la vérité. Les Tablighs sont les rares personnes qui ont réussi à se libérer de ce bas monde pour se consacrer entièrement à leur cause. A la question de la limite des sorties à des temps déterminés, le cheikh Ibn al Othéïmine répond : « Limiter les sorties pour la prêche à Allah et pour visiter ses frères, 40 jours, ou une semaine ou pour un mois, ou pour une autre durée n'a aucune origine dans la sunna, selon mes connaissances. Mais quant à ceux qui prennent ce temps pour limiter et pour s'organiser tout en sachant que la période n'est pas le but voulu mais seulement un moyen, il n'y a en cela aucun mal tant que ceci n'est pas considéré ou pris comme une adoration. »

 

• Le Tabligh promeut la prédication

 

Nul ne peut renier les effets du Tabligh sur nos cités. La plupart des pratiquants sont revenus à l'islam par l'entremise de ce mouvement. En effet, extrêmement prosélyte, il a contribué au retour à l'islam d'une grande partie de la deuxième génération. L'acte de commander le convenable et de blâmer le répréhensible est un acte d'adoration noble des plus indispensables pour notre contexte actuel et seuls les tablighs s'y adonnent énormément. Le prophète a dit : « Par celui qui tient mon âme entre ses mains, vous devez ordonner le convenable et interdire le blâmable, sans quoi Dieu s'apprêtera à vous envoyer un tel châtiment que vous Le supplierez mais Il ne vous exaucera pas. »

 

• Les Tablighs développent un lien fraternel

 

En effet, ils ont réussit à casser l'obstacle qui se situe entre la jeunesse et la vieillesse. Vous trouvez ainsi, les tablighs de toutes races et de toutes générations s'unirent autour de la mosquée et développer une relation fraternelle. Le prophète disait : « Vous n'aurez pas la vrai foi tant que vous n'aimerez pas pour votre frère ce que vous aimez pour vous-même. »

Les inconvénients du Tabligh

 

• Le Tabligh néglige l'étude de la science

 

C'est l'une des raisons de son déclin car effectivement sans la théorisation, une œuvre court à sa perte, n'étant pas soutenue par une assise doctrinale. Il est vrai que le mouvement Tabligh est d'avantage une mouvance d'émotion que de conviction et donc c'est l'environnement qui entretient la foi et non la science. C'est une erreur qui a causé l'éloignement de beaucoup de tablighs quand ils se sont éloignés de l'action. Le Cheikh Ilyas avait pourtant prédit que : « Vos tournées de Tabligh s'avèreront également inutiles si vous ne continuez pas à apprendre la religion islamique et à observer le Rappel, plus exactement. Je le crains, vous autres, vous seriez induits en erreur si vous négligez ces deux choses. Si vous n'avez pas de bonnes connaissances de la religion alors votre Islam et votre Foi demeureront choses inutiles, car aucun bon acte n'est possible sans aucune connaissance approfondie de l'Islam. La connaissance elle-même n'est que ténèbres sans le rappel et il n'y saurait avoir une lumière divine, mais la plupart de vos travailleurs manquent de ces qualités. Même l'excès du rappel devient dangereux sans la connaissance, et il ne peut produire de bons résultats sans cette dernière. En conséquence, les deux doivent aller à la fois côte à côte dans la vie du prédicateur. Autrement ce mouvement de Tabligh ne serait ni plus ni moins que du vagabondage et à Dieu ne plaise, vous serez les perdants. » Ibn Jaousy disait, à juste titre : « Que c'est l'une des ruses les plus insidieuses de Satan que de négliger la science pour l'action ! En faisant croire que le but est l'œuvre et non la science elle-même, il a caché à l'homme aveugle que la science est œuvre et qu'elle œuvre ! Méfie-toi de cette sournoise supercherie ! C'est la science qui est le principe essentiel la lumière la plus vive et parfois il vaut mieux feuilleter un livre que de jeûner, de faire la prière, le pèlerinage ou la guerre ! Combien de ceux qui s'écartent de la science, plongent en se livrant à leurs pratiques culturelles dans les tourments de la passion, négligeant une grande part de leurs obligations canoniques en s'adonnant à des occupations surérogatoires et en se détournant de leur devoir, ils auraient pourtant trouvé le bon chemin si le flambeau de la science avait jeté en eux une simple lueur. »

 

• L'immuabilité de la méthodologie

 

L'immuabilité de sa méthodologie est aussi une cause de la décadence du Tabligh en France et cela, quand bien même Abdel Raouf ben Halima affirmerait que : « Le chapitre précédent pourrait laisser croire que ce mouvement est figé et invariable quelles que soient les circonstances. Il n'en n'est rien. Depuis son début jusqu'à maintenant, il est en constante évolution, en recherche d'adaptation et de perfectionnement. » Force est de constater que la souplesse et la recherche d'adaptation font défaut au sein du Tabligh, chassées par l'application rigoureuse de la méthodologie de ce dernier. Et l'on ne peut que s'attrister d'entendre les autorités de la mouvance défendre l' immuabilité de la méthodologie par l'argument de l' immuabilité des cinq prières car la prière est une adoration et le Tabligh un moyen. Si l'on prend le moyen comme un but, on risque de s'égarer et hélas beaucoup, parmi les tablighs, pensent qu'il n'y a pas de voie qui mène au salut en dehors des Khouroujs, c'est-à-dire les sorties dans les mosquées pour prêcher les quartiers avoisinants.

 

• Le Tabligh ne fait pas de politique

 

Les tablighs ne cessent d'interdire la politique alors que la réalisation du tawhid collectif passe indubitablement par une prise de position en ce qui concerne la politique, qu'elle soit nationale ou internationale. Il est vrai que le cheikh Ilyas adhéra à la confrérie soufie Tchitchiya qui adopta à partir du XIV ième siècle la doctrine de l'unicité de l'existence et c'est cette dernière qui poussera le Tchitchi à être bienveillant à l'égard des hindous et des colons anglais. En effet, nous pouvons souligner que cette mouvance aujourd'hui constitue pour les gouvernements un rempart contre un islam politique et un moyen de canaliser les volontés militantes. Cette interdiction va de pair avec cet amour excessif de l'humanité qu'ils développent cher leur adepte. Vous les verrez, en effet, aimer le genre humain dans sa totalité en arguant le souci de sa destination future. Ils se référeront à la tradition où le prophète avait pleuré lorsqu'il aperçut le cortège funèbre d'un juif en disant : « c'est une âme qui m'a échappée » pour justifier leur opposition à la lutte contre l'injustice ! C'est ici que l'on remarque qu'ils focalisent sur la prédiction car dans certains contextes cette dernière n'est pas adéquate quand, par exemple, en guerre nos ennemis nous envahissent, nous pillent et tuent nos femmes nos enfants ! C'est là un défaut très grave qui peut remettre en cause leur adhésion à l'islam originel !

 

B. Le pseudo salafisme

 

Le Rabi'isme qui se réclame de la salafiyya est une mouvance récente en France. Le salafisme, n'a pas de fondateur puisqu'il prône un retour au Coran et à la sunna selon la compréhension des pieux prédécesseurs. Cela dit le hizb salafi, c'est-à-dire celui du parti salafi, en a un, à l'heure actuelle c'est le Cheikh Rabi' al Madkhali qui préside en quelque sorte ce hizb. La méthodologie salafi repose sur le coran et la sunna authentique. As salaf est un terme général se référant aux pieux prédécesseurs de l'Islam et à tous ceux qui les suivent dans leurs croyances, actes et moralités. La description de « salafi » s'applique donc à toute personne qui se cramponne vraiment aux salafs. En somme, selon les salafis ; le salafisme serait le groupe sauvé, la secte qui ira au paradis, la tendance secourue de l'islam qui en nos temps est sujet à la division et au sectarisme. Nous étudierons ceux qui, en France, s'affilient au salafisme tout en suivant l'école du Cheikh Rabi' car beaucoup de mouvances s'affilient à tort à ce courant pur.

 

Les avantages du pseudo salafisme

 

• Le retour à la référence du coran et de la sunna

 

L'une des qualités des pseudo salafis est le retour à la référence au coran et à la sunna. En effet, c'est une injonction divine que d'avoir pour référence ces deux sources selon la parole d'Allah : « Ô les croyants ! Obéissez à Allah et obéissez au messager et à ceux d'entre vous qui détiennent le commandement. Puis, si vous vous disputez en quoi que ce soit, renvoyez-le à Allah et au Messager, si vous croyez en Allah et au jour dernier. Ce sera bien mieux et de meilleure interprétation. » Dans ce verset, Allah attribue la foi à ceux qui prennent le coran et la sunna et les savants comme des références.

 

• La valorisation de l'étude de la science

 

Les pseudo salafis se consacrent énormément à l'étude du savoir et vont jusqu'à émigrer pour l'acquérir. Et c'est une noble qualité car sans la science il n'y a pas de lumière : « Dis : ceux qui savent et ceux qui ne savent pas sont-ils comparables ? » Le prophète disait en outre : « Quand Dieu veut du bien à l'un de Ses serviteurs Il lui accorde la compréhension de la religion. » Dans une autre tradition, il a dit : « La demande du savoir est une obligation. » Dans un autre récit : « Celui qui sort pour acquérir le savoir alors il est dans la voie de Dieu jusqu'à son retour. »

 

• La lutte contre l'innovation

 

Les pseudo salafis ont aussi la qualité de lutter contre les innovations et les innovateurs qui entachent l'islam d'aujourd'hui de pratiques inconnues des sources. En effet, le prophète a dit : « Celui qui pratique une œuvre qui n'a rien à voir avec la nôtre est rejetée. » C'est un noble combat, qui permet de protéger l'islam de sa destruction par l'intérieur car on compare souvent les innovateurs qui ajoutent dans le culte des actes inconnus des sources à des traîtres qui ouvrent les portes de la citadelle de l'islam aux ennemis extérieurs.

 

Les inconvénients du pseudo salafisme

 

• Les pseudo salafis s'affilient ou désavouent en fonction de l'appréciation de leurs cheikhs

 

En effet, les pseudo salafis se réfèrent toujours à leurs chouyoukh en ce qui concerne l'alliance et le désaveu alors qu'Ibn Taymiyya a dit : « Il n'appartient à personne d'ériger un individu à propos duquel on invite à sa voie, en fonction de qui on aime ou on déteste, à l'exception du prophète ! De même, on ne brandira pas une parole par rapport à laquelle on aime ou on déteste si ce n'est la parole d'Allah, de son messager et de ce autour de quoi s'est assemblée la communauté. Cela est une caractéristique des gens de l'innovation qui érigent un personnage ou un slogan avec lesquels ils divisent la communauté. Ils pratiquent l'alliance et le désaveu par rapport à tel slogan ou telle affiliation. » C'est un défaut, très grave, qui fait de son possesseur un véritable innovateur ! Dans une autre fatwa, Ibn Taymiyya ajoute : « Mais ils se fâchent contre celui qui s'oppose à eux, même si ce dernier fait plein d'efforts, de réflexion (Moujtahad) donc excusable car (car il peut se tromper) Allah ne se met pas en colère contre lui. Par contre, ils acceptent et agréent celui qui les suit et leur donne raison même si ce dernier est ignorant, de mauvaise intention ou de bonne intention, ne possédant pas de science. Cela leur suffit pour louer celui qu'Allah et Son Messager ne louent pas et de se dresser contre celui qu'Allah et Son Messager acceptent. Ils pratiquent l'alliance et le désaveu selon leurs propres passions, non selon la religion d'Allah et de Son Messager. » Il est vrai que les pseudo salafis pensent que tous ceux qui ne suivent pas leur voie est un innovateur ! Le prophète disait:« Certes, qui de vous vivra, verra de nombreuses discordes. Il vous incombera donc d'adhérer à ma sunna.» Dans l'interprétation de ce récit le Cheikh Ibn al Othéimine disait : « Nous comprenons que lorsque de nombreux groupes émergent au sein de la communauté, il ne faut pas t'affilier à un hizb. Par le passé, de nombreux hizb sont apparus : Khawarij, Mou'tazilah, Jahmiyyah, Shi'ah et même Rafidah. Puis est apparu plus tard les Ikhwanis, les Salafis, les Tablighis et d'autres encore. Mets tous ces groupes de côté et va de l'avant, va sur le chemin tracé par le Prophète lorsqu'il a dit : « Adhérez à ma sunna et à la sunna des califes bien guidés. » Il n' y a aucun doute qu'il est obligatoire pour tous les musulmans de suivre l'école des pieux prédécesseurs et pas d'adhérer à un hizb spécifique appelé les salafis. C'est en effet une obligation pour la communauté islamique de faire sienne l'école des pieux ancêtres, non pas de s'affilier fanatiquement (ta'asoub) à ceux qui se disent salafis. J'attire votre attention sur ce point précis, cette nuance : Il y a d'un côté l'école des salafs et il y a de l'autre côté un hizb qui s'appelle les « salafis ». Qu'est ce qui est demandé ? De suivre les Salafs ! Pourquoi ? Parce que s'il n' y a pas de doute que les frères salafis sont la secte la plus proche de ce qui est correct, leur problème est le même que les autres: le fait de déclarer les autres comme égarés, ils déclarent les autres comme étant des innovateurs ou des fasiq (pervers, transgresseurs, pêcheurs). Nous ne nous opposons pas à cela, si cela se justifie, mais nous nous opposons à cette innovation. Il incombe aux responsables de ces groupes de se rassembler et de dire « Il y a entre nous le Livre d'Allah et la Sunna de Son messager, donc jugeons entre nous par cela et non pas par nos propres passions, ni nos propres opinions ni d'après untel ou untel. Chacun de nous fait des erreurs et dit des bonnes choses et ceci quelque soit son niveau de connaissance, de science ou d'adoration. Mais l'infaillibilité est seulement au niveau de la religion de l'Islam. Dans ce hadith, le Prophète nous montre ainsi le chemin à suivre : l'affiliation à aucun groupe, mais plutôt au fait de suivre le chemin des pieux ancêtres, ou plus précisément suivre la Sunna du Prophète et celle des Califes bien guidés. » »

 

• Le pseudo salafisme focalise sur la mise en garde

 

Les pseudo salafis usent sans la compétence requise, de la science « de la critique et de l'éloge » (Jarh oua ta'dil). Ils dénigrent, en effet, des doctrines sans saisir leurs significations et leurs portées, des hommes, sans avoir lu leurs écrits, ni écouter leurs discours, en se basant sur les dires d'untel... Combattant l'imitation aveugle, pour devenir les plus aveugles des imitateurs. Tu les verras condamner le soufisme dans sa totalité, alors que les plus éminents savants ne l'ont pas fait ! Tu les verras mettre tous les gens d'une même tendance dans un même tas, alors qu'il y a sûrement des gens sincères, d'une croyance authentique. Faisant fi de la règle qui affirme que celui qui tombe dans l'innovation n'est pas forcément un innovateur ! « Gardons-nous, écrira Ibn Badis, de nous laisser dominer par nos instincts de défense et de rivalité...Celui pour qui la discussion devient une seconde nature, qui s'y livre à tout propos, et pour les motifs les plus insignifiants, sans se soucier du vrai ou du faux, son but étant uniquement de triompher de toute manière, celui-là est tout désigné dans la parole du prophète : « Le plus détestable des hommes au regard de Dieu, c'est celui qui cherche querelle et chicane. » Mais celui qui est maître de soi, et qui a sans cesse à présent à l'esprit le nom du Seigneur, celui-là ne recherche la discussion que pour la vérité et de la meilleure manière. » Il ne fait pas de doute que le pseudo salafisme focalise sur la mise en garde. Ils recherchent les défauts des autres sans mettre en relief les avantages et donc sans appliquer la règle qui veut que si les avantages l'emportent sur les inconvénients, alors cette personne ou cette mouvance devient acceptable. Cette attitude est un défaut méthodologique car la mise en garde a pour finalité de protéger quelque chose, or si cette chose n'existe pas dans l'esprit de celui que l'on veut mettre en garde ou ne s'est pas établie solidement, on risque plus de troubler la conscience, en détruisant le repère précédent, pour aboutir à l'éloignement certain de la personne en question. La sagesse veut que l'on établisse la vérité avant de détruire le faux dans la conscience d'un individu. Or, les pseudo salafis critiquent sans proposer de solutions, ce qui révèle qu'ils ne finalisent que la critique et pas la satisfaction divine. Le Cheikh Bakr Abou Zayd rétorqua après avoir énuméré les lacunes et les erreurs d'un livre du cheikh Rabi' que : « Ce livre encourage la nouvelle forme de sectarisme, qui a produit chez la jeunesse une facilité dans l'interdiction, la révocation, l'accusation que ceci soit une innovation, celui-ci un innovateur, ceci est une déviation et celui-ci un déviant... Sans arguments ni preuves suffisantes, elle a fait naître une arrogance dans l'attachement à la religion qui fait croire à ces jeunes qu'en faisant ce qu'ils font, ils se débarrassent d'un grand fardeau, qu'ils sont en train de surnager dans la piété et la protection de la religion. Ceci devient alors destructif lorsqu'il ne s'accompagne pas de justificatifs et d'arguments solides. Ce qu'ils croient être une grande construction n'est qu'en fait une ruine et effondrement. » Le cheikh Abdel Muhcin al 'Abad a écrit en visant le pseudo salafisme: « Il n'est pas permis à un étudiant d'éprouver n'importe quel autre étudiant parce qu'il a une position sur telle personne réfutée ou auteur de la réfutation. S'il concilie la réfutation alors il est épargné et s'il ne concilie pas la réfutation alors il est considéré comme un innovateur et il est délaissé. Il n'appartient à personne d'affilier aux gens de la sunna ce groupe de l'anarchie dans l'acte de considérer innovateur et de délaisser. Il n'appartient aussi à personne de décrire celui qui n'emprunte pas ce chemin chaotique par le fait qu'il a quitté la voie des salafs ! »

 

• Le pseudo salafisme promeut une docilité aveugle vis-à-vis des gouverneurs

 

Il est vrai que le pseudo salafisme encourage l'obéissance au gouverneur qui est certes un acte noble car recommandé par les sources puisque le prophète a dit : « Quiconque se révolte contre l'autorité, rencontrera Dieu au jour du jugement sans disposer du moindre argument et quiconque meurt sans avoir contracté un pacte, meurt d'une mort de la période d'ignorance ! » Cela dit, cette docilité ne doit plus être encouragée lors d'une désobéissance à Allah car le prophète a dit : « Pas d'obéissance à la créature dans la désobéissance au Créateur. » Dans une autre tradition, il a dit : « Il est du devoir du croyant d'écouter et d'obéir tant que l'on n'invite pas à une désobéissance. Lorsque l'on invite à une désobéissance alors il n'y a plus d'écoute, ni d'obéissance. » Or, nos gouverneurs actuels ne sont pas dignes de l'autorité selon une tradition relative à la fin des temps : « Quand l'autorité sera octroyée à celui qui n'en est pas digne attends toi à l'heure ! » Dans une autre tradition rapportée par Ahmed, le prophète fait mention que la période qui précédera le retour du califat prophétique sera une époque où la communauté musulmane sera composée de dictatures hostiles les unes envers les autres ! Ces dernières informations nous imposent le devoir de ne pas obéir aveuglement à l'autorité quand cette dernière nous impose de rester silencieux quand il faut parler, ou bien de rester inerte quand il faut bouger ! Il est évident que la révolte précipitée sans tenir compte des priorités est un mal mais nous nous devons de rester, au minimum, vigilant en ce qui concerne les questions relatives à la politique extérieure des pays qui se revendiquent de l'islam et qui ferment les yeux sur les sévices que l'on inflige aux musulmans de part le monde ! Les pseudo salafis condamnent les résistants des pays occupés comme c'est le cas de l'Irak, aujourd'hui, et vont parfois jusqu'à les dénoncer aux américains !

 

C. L'islam associatif

 

Je classe dans cette mouvance, les différentes mouvances et les différentes associations qui s'affilient, de près ou de loin, à la méthodologie « des frères musulmans » de Hassan al Banna. En premier lieu, l'Uoif, Présence musulmane, le collectif des musulmans de France ou Participation et spiritualité musulmane, bien que chacune de ces mouvances, citée en haut, a sa propre autorité. Hassan al Banna raconte dans ses mémoires qu'un groupe de six compagnons qui avaient été touchés par son enseignement et ses conférences est venu le voir en 1928 afin de lui faire part d'un projet. Une discussion s'ensuivra et al Banna acceptera la proposition de ses six compagnons. Ensemble, ils feront un pacte devant Dieu par lequel ils promettront de se consacrer totalement à la cause de la prédication. Le groupe organisé autour de Hassan al Banna, nommé « les Frères Musulmans » choisira un lieu de rencontre qu'il nommera : l'école de la formation. Ils commenceront une action en profondeur dans la ville d'Isma'iliyya où les résultats positifs seront extrêmement rapides. Lors du V ième congrès « des Frères Musulmans », il avait mentionné que « les Frères Musulmans » sont : « Une prédication salafi, car ils appellent à un retour à l'Islam dans son sens le plus pur, tiré du Coran et de la sunna de l'envoyé » puis il ajoutera : « une voie sunnite », « une réalité soufie », « un organe politique », « une association sportive », « une institution scientifique et culturelle », « une entreprise économique », « une conception sociale. » Il affirme aussi : « Dites à ceux qui se posent des questions : nous portons la plénitude et la globalité du message du Coran véritable : nous sommes une confrérie soufie qui aspire à la réforme des intimités à la purification des âmes et à l'union des cœurs avec Dieu le très haut. Nous sommes une association de solidarité utile qui commande le bien et lutte contre le mal qui consol l'affligé, qui donne à qui demande et à qui est privé de bien et qui enfin réconcilie ceux qui se sont disputés. Nous sommes une fondation sociale qui lutte contre l'ignorance, la pauvreté, les maladies et les vices quelles que soient leurs formes. Nous sommes un parti politique propre libéré de toute ambition, qui a déterminé un objectif et à assaini sa direction et son orientation. » Dans al « Ma'thurat », al Banna écrit : « Tu as donc su cher lecteur que les Frères Musulmans ont pour objectif premier l'éducation des cœurs, le renouveau des âmes et le renforcement de la morale, le développement de la vraie force de caractère chez les êtres humains de la nation. Ils considèrent que c'est le fondement sur lequel se réalise la renaissance des nations et des peuples. »

 

Les avantages de l'islam associatif

 

• L'islam associatif s'organise et se structure

 

L'une des qualités de l'islam associatif est la structuration. En effet, toutes les œuvres ont un squelette, le bâtiment ; un plan. Il apparaît donc que sans une organisation, une œuvre court au désordre et donc à la ruine telle une maison que l'on construit sans tenir compte du climat instable de l'environnement. En un mot, sans percevoir le temps, c'est-à-dire de dépasser l'instant présent, en prévoyant les éventuels obstacles. Il est accessible à tout esprit doué de clairvoyance, que l'harmonie d'une œuvre est le fruit d'un seul penseur et ordonnateur et de plusieurs ouvriers, si cette œuvre réclame la participation de plusieurs personnes. Cela est d'ailleurs l'une des preuves de l'existence de Dieu et de son unicité, que la création est une harmonie parfaite où chaque élément est complémentaire d'un autre. Il apparaît, en conséquence, nécessaire de structurer notre islam en créant des associations qui auront pour finalité de coordonner les efforts divers de la communauté. En effet, la division diminue la force de propagation du message et fragilise la défense de l'islam contre les appels opposés. Cette division n'est le fruit que de la recherche de finalités diverses. Ainsi, la structuration est une obligation que les membres de l'islam associatif réalisent par leur association et leur activité.

 

• L'islam associatif permet au non musulman et au non pratiquant d'accéder à l'islam

 

En effet, de part ces activités ouvertes à tout public comme les conférences, ses éditions ou ses manifestations, l'islam associatif permet à l'islam de faire parler de lui. Il permet de donner un aperçu de l'islam aux non musulmans ou aux musulmans qui ne pratiquent pas et qui, par déduction, ne fréquentent pas les mosquées. Il permet aussi, à des jeunes musulmans de s'engager et par conséquent d'entretenir leur foi car sans l'action pour une foi, celle-ci s'éteint comme le feu que l'on n'alimente pas en bois.

 

• L'islam associatif s'intéresse à la politique et à la société

 

L'islam associatif a aussi la qualité d'éduquer leur adhérent à la responsabilité vis-à-vis de la société. Il lutte contre les discriminations qui font des musulmans de France des citoyens de seconde zone. Il appelle les musulmans à revendiquer leurs droits, à s'investir dans la vie politique par la participation aux élections. Nul doute que ces caractéristiques profitent à l'islam en France.

Les inconvénients de l'islam associatif

 

• L'islam associatif n'axe pas sur le Tawhid

 

Malheureusement, l'islam associatif n'axe pas sur le Tawhid et peut parfois soutenir des paroles contraires à cette notion sur laquelle se fonde l'identité musulmane. La majorité des courants de l'islam associatif n'élucide pas le sens de la parole sur laquelle se fonde l'islam, à savoir ; « la ilaha ilal lah » ! Ainsi, l'union qu'il arrive à générer n'est qu'environnementale et pas de conviction. Or, c'est la première chose à laquelle notre prophète a appelé ! Ainsi, vous les trouverez soutenir aveuglement des doctrines contraires à l'islam originel ! C'est le cas de Tariq Ramadan qui dit à propos de la définition de l'espace dans lequel nous vivons : « Je pense que Dar ad da'wa est une formulation dangereuse, du fait de ce qu'elle peut véhiculer si on la réduit à « l'appel » ou à « l'invitation ». Dar ad da'wa, cela pourrait vouloir dire que les musulmans sont là pour islamiser l'Europe. C'est pourquoi j'ai proposé la notion de Dar ash shahada, « l'espace du témoignage », qui est plus claire et permet de comprendre que les musulmans doivent s'efforcer d'être des « témoins » de leur message, de leurs enseignements, de leurs valeurs. Un témoin ne force pas à autrui à épouser ses vues, il en exprime uniquement la cohérence devant autrui. La notion de « témoignage » renvoie clairement à la responsabilité du sujet vis-à-vis de sa propre conscience. Cette notion me permet d'ailleurs d'affirmer que l'univers entier est devenu aujourd'hui un espace de témoignage et ainsi la barrière entre deux mondes, entre le « nous » et « eux », disparaît. » Dans un autre ouvrage Tariq Ramadan ajoute : « Il s'agit clairement de dépasser la vision binaire et de cesser d'entretenir en nous le sentiment d'être d'éternels étrangers vivant en parallèle, en marge ou en minorités recluses pour accéder à la vision globale de l'universel islamique qui intègre et permet l'épanouissement confiant de l'être. » Ces paroles vont à l'encontre de la parole d'Allah qui veut qui l'islam triomphe et que, par conséquent, les croyants triomphent de leur ennemi ! En effet, Allah a dit : « C'est Lui qui a envoyé Son messager avec la guidée et la religion de Vérité, pour la placer au-dessus de toute autre religion, en dépit de l'aversion des associateurs. » « Luttez contre ceux qui ne croient pas en Allah et au jour dernier et qui n'interdisent pas ce qu'Allah et son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de vérité parmi ceux qui ont reçu le livre jusqu'à ce qu'ils versent la capitation de leur propre main après s'être humiliés. » « Les mécréants demeurent pour vous un ennemi déclaré » Ainsi, à partir de là, on ne peut pas dire que nous n'avons pas d'ennemi ou que nous pouvons vivre notre foi pleinement dans une société non musulmane comme le soutient Tariq Ramadan ! C'est pourquoi, le musulman doit définir l'espace dans lequel il vit afin de déterminer le rapport qu'il va nouer avec celui-ci. En effet, l'espace agit sur l'individu si ce dernier n'agit pas sur lui. Les musulmans du monde doivent vivre en terre d'islam où l'Etat leur garantit une pratique fidèle de leur religion. Les pieux prédécesseurs avaient partagé le monde en deux blocs : Dar al islam et Dar al koufr. La demeure de l'islam ou Dar al islam est l'espace où la religion musulmane est dominante c'est-à-dire l'espace où le gouverneur est musulman et où les lois musulmanes puisées du coran et de la sunna sont en vigueur. La demeure de la mécréance ou Dar al koufr est par conséquent l'espace où la religion dominante n'est pas l'islam c'est-à-dire l'espace où le gouverneur n'est pas musulman et où les lois en vigueur ne reposent pas sur le coran et la sunna. La différence entre Dar al islam et Dar al koufr repose sur un rapport antagoniste. Dar al islam est la demeure où les musulmans se sentent en sécurité et peuvent pratiquer leur culte en toute liberté tandis que Dar al koufr représente la demeure où les musulmans doivent batailler s'ils désirent préserver leur foi et leur religion car, par principe, les contraires doivent se faire la guerre s'ils désirent perdurer. Ainsi, Dar al koufr devient logiquement, dans tous les cas, Dar al Jihad c'est-à-dire la demeure de la « lutte. » Mais précisons que cette « lutte » peut prendre différentes formes en fonction de la situation et du contexte dans lequel vivent les musulmans. La « lutte » peut être spirituelle par la patience, intellectuelle par la plume et la parole, économique par le travail et le don, ou enfin par l'épée dans un contexte d'occupation. Le « Dar ash shahada » de Tariq Ramadan ne résiste donc pas à la vérité du « Dar al Jihad » car, à bien observer, notre Tariq Ramadan se défend plus contre les mécréants qu'il ne témoigne de sa foi.

 

• L'islam associatif ne fait pas de mise en garde contre les sectes égarées de l'islam

 

Il est vrai que l'islam associatif ne met pas en garde contre les sectes égarées de l'islam qui elles ne se gênent pas pour réfuter tous ceux qui différent de leur méthodologie ! C'est une tare qui fragilise leur appel. En effet, nous nous devons, constamment, d'affirmer la vérité et de renier la fausseté afin de préserver nos fidèles des diables, parmi les hommes et les djinns, qui combattent, au moyen d'insufflations et de mensonges, les musulmans pour les détourner de l'islam. Ainsi, il est du devoir du musulman de prouver la véracité de l'islam et de dénoncer les égarements de ceux qui le déforment afin d'éviter la division de la communauté en secte où chacune se contente de ce qu'elle possède tout en reniant les autres.

 

• L'islam associatif développe un complexe d'infériorité

 

Hélas, c'est un défaut que je rencontre souvent chez eux. Ils ont tendance, en effet, à mépriser les musulmans scrupuleux vis-à-vis de la sunna tout en nouant des liens de compassion envers des mécréants ! Ils veulent ainsi, montrer leur sujétion à l'occident par leur opposition à un islam radical, archaïque qui s'extériorise. Certains d'entre eux rient de la sunna et ne cessent de dénigrer ceux qui la pratiquent. Ceci révèle qu'ils ont un complexe d'infériorité qui indique que dans leur coeur l'occident est supérieur à l'islam ! Car on s'incline toujours devant ce que l'on considère comme supérieur en perdant la fierté de notre identité. Or la sunna est, dans beaucoup de cas, une marque de différenciation par rapport aux mécréants ! Et un musulman doit nécessairement être fier considérant l'islam comme la vérité qui se place toujours en haut ! C'est pourquoi vous les entendrez dire qu'à notre époque on prêche par le comportement et qu'il n'est pas utile d'inviter verbalement à l'islam ! Attitude qui révèle le manque de foi en la perfection divine et en la suprématie de l'islam : « Ceux qui prennent pour alliés des mécréants au lieu des croyants, est-ce la puissance qu'ils recherchent auprès d'eux ? La puissance appartient entièrement à Allah. »

 

Conclusion

 

La vérité est unique et elle doit par conséquent unir ses partisans. On comprend ainsi pourquoi la division peut semer le doute dans la conscience du musulman débutant dans la pratique. Je me souviens de cette interrogation qui m'avait rendu perplexe à mes débuts dans la pratique de l'islam : « Si l'islam est unique alors pourquoi ces quatre écoles de jurisprudence ? » Je pense que l'on a tous rencontré une telle interrogation au cours de notre cheminement...En effet, la divergence au sein d'un groupe le décrédibilise car la vérité est unique, elle doit harmoniser, et non pas opposer, ses disciples. La contradiction est donc le témoin de la fausseté d'une doctrine car la contradiction n'existe pas ! Le blanc ne sera jamais noir ! C'est pourquoi Dieu, afin de prouver la véracité de sa parole, dit : « Ne méditent-ils donc pas sur le Coran ? S'il provenait d'un autre que Dieu, ils y trouveraient certes maintes contradictions ! » Ainsi, la divergence est un mal que les musulmans se doivent d'éviter ! C'est pourquoi Allah nous exhorte en ces termes : « Et ne soyez pas parmi les associateurs. Parmi ceux qui se sont divisés dans la religion et sont devenus des sectes, chaque parti étant satisfait de ce qu'il détenait. » Hélas, la divergence est un mal presque inévitable puisque rares sont ceux, ici-bas, qui ont accédé à la vérité, en effet Allah dit : « Ils ne cesseront de diverger sauf à qui Allah a fait miséricorde. » C'est cet amour pour la vérité, l'amour pour la communauté, qui m'a poussé à écrire cette lettre tellement ces disputes stériles qui dressent les musulmans les uns contre les autres m'inspirent de l'aversion. C'est parce que la vérité s'atteint par ces deux rares qualités qu'elle relève de la miséricorde divine :

• La science

• La sincérité

 

Ibn Jaousy disait : « J'entends par le mot science : l'intelligence des principes de la foi et non la connaissance étendue des différentes versions se rapportant à un même hadith, non plus que celles des points de controverse à son sujet. » Il y a donc, une différence entre apprendre et comprendre ! Tu verras des lettrés qui connaîtront le coran par cœur sans pouvoir saisir le sens d'un verset ! La connaissance traditionnelle que l'on apprend mécaniquement étant commune à tous les hommes est facile à cultiver et avec un égal succès les vieux et les jeunes peuvent se la procurer : c'est qu'elle fait peu de place à la raison. C'est avant tout ; une affaire de mémoire. L'on se tromperait ainsi dans la hiérarchisation des gens si l'on prenait pour critère de jugement la largesse de la connaissance quoique la noblesse de la connaissance soit fonction de sa largesse. Le mérite quant à lui est fonction de l'utilisation de cette largesse. Celui qui avec peu fait beaucoup est de loin meilleur que celui qui a beaucoup et fait peu. La sincérité est l'acte de tendre vers le meilleur de ce qu'on connaît. Cette dernière est la seule qualité qui peut nous unir. C'est en effet, elle qui m'invita à délaisser les nombreuses sectes que j'ai côtoyées. Celui qui ne parvient pas à élargir son savoir et à agir en fonction du meilleur de ce dernier ne risque pas d'atteindre la vérité. Vous trouverez que beaucoup de personnes sincères sont entrées dans l'islam par l'intermédiaire d'une secte car n'ayant trouvé que cette dernière comme source de savoir. C'est ensuite par le voyage et la rencontre avec d'autres musulmans que ces derniers quitteront leur secte, s'ils sont sincères, puisqu'ils élargiront leur connaissance. Vous comprendrez ainsi pourquoi les sectes ont pour principe d'enfermer l'intelligence de leur adepte, en mentant, falsifiant, en interprétant faussement, et en faisant de la prévention à leurs frais adeptes sur les supposés égarements de ceux qui ne pensent pas comme eux. Ainsi, l'ignorance et l'orgueil sont les deux facteurs qui mènent à l'égarement. J'invite pour ma part tout musulman de France à aimer son prochain en s'investissant pour le retour à l'identité musulmane et pour le triomphe de l'islam. Mon grand souhait est donc que cet ouvrage puisse engendrer des musulmans éclairés qui prennent le meilleur d'où qu'il provienne et rejette le mauvais d'où qu'il provienne. C'est uniquement en travaillant sur ce chantier ; de la formation d'un tel état d'esprit que l'on pourra ensuite songer à l'union de la communauté musulmane. Ibn Taymiyya disait que: « L'opinion de tout homme est sujette à critique, seul le prophète a droit à une adhésion totale de l'esprit et à une soumission entière de la volonté. » Son élève Ibn Al-Qayyim ajoutera : « Celui qu'Allah guide à empoigner la vérité, n'importe où qu'elle soit, quelle que soit la personne qui la détient, qui réfute le faux quelle que soit la personne de qui elle émane, est considéré comme le plus savant des hommes, le mieux guidé, le détenant du propos le plus droit. Ceux qui agissent de la sorte, en cas de divergence, sont assurés d'une divergence de miséricorde et de guidée. Cette conduite s'axe dans le domaine de l'aide mutuelle dans la religion, où chaque information qu'il lui paraît être la vérité. Si les divers avis sont confrontés, puis soumis au Livre d'Allah et à la Sunna de son messager et que celui qui controverse se dégage de tout sectarisme, chauvinisme et se dépense du mieux qu'il le peut, ne visant que l'obéissance à son Seigneur et à son messager et affirmant que la vérité et ce qui s'y approche le plus parmi tous ces avis, alors ce genre d'attitude se situe dans le domaine de la divergence ne requérrant nulle aversion, ni désunion et modification de l'unité. »

 

Nous invoquons, pour finir, le Seigneur des mondes de nous unir en Lui, en faisant de nous des musulmans sincères qui s'aiment en Lui, se visitent en Lui et se réunissent en Lui et qui puisent le meilleur d'où qu'il provienne et qui rejettent le mauvais d'où qu'il provienne afin de s'engager à lutter pour le triomphe de la cause juste par l'unité !

 

Paix et bénédiction divines sur l'ultime messager, ainsi que sur sa famille et l'ensemble de ses compagnons, et ceux qui les suivront malgré la succession des générations !

 

Mahdy Ibn Salah

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