Écrit par Mahdy Ibn Salah - Catégorie : Salafisme - - Affichages : 6759

 

 

Dans le prolongement de mes précédents articles, j’aimerais ici montrer pourquoi certaines personnes n’arrivent pas à me comprendre, particulièrement les pseudo-salafis ou les ahbaches par exemple. En réponse à un frère salafi qui me demande « de craindre Allah et d’arrêter de les incendier sur la toile… » J’aimerais éclaircir quelques points fondamentaux !

 

En effet, la compréhension est la clé de l’unité et de la conciliation. Certains parmi nos pieux ancêtres se lamentaient même de ne pas comprendre certaines paraboles du Coran puisque Allah décrit justement les hypocrites comme des personnes qui ne comprennent pas ! « Cependant les hypocrites ne comprennent pas ! » (C63/7) 

 

Ainsi, la compréhension est un témoin de la sincérité et de la science d’une personne ! Il est impossible effectivement qu’une personne égarée puisse comprendre profondément les choses d’où la crainte de nos pieux ancêtres quand ils ne comprenaient pas ! « Celui qui voit juste dans beaucoup et se trompe dans peu est un savant, disait l’un d’entre eux, et réciproquement celui qui se trompe dans beaucoup et voit juste dans peu est un ignorant ! » Ainsi, l’étroitesse d’esprit est donc un témoin de l’égarement ! En effet, il y a une étroite corrélation entre les sectaires et l’étroitesse d’esprit, de sorte que celui qui se « sectarise », se rapproche de l’hypocrisie car voyant à travers l’intérêt de son groupe et non celui de la vérité !

 

Ainsi, la sincérité permet le savoir grâce à la vision globale qu’elle apporte puisque le sincère tend constamment vers le meilleur par le raisonnement et la comparaison à la vérité, ce qui implique une évolution positive, même si le début est entaché d’erreurs et d’égarements. Diamétralement, celui qui n’est pas sincère dans la discussion n’évoluera pas, puisqu’il partira de principes donnés d’avance, qu’il tendra uniquement à démontrer lors du débat, rendant consécutivement à cet acte, étroite sa vue du cœur, de sorte qu’il deviendra aveugle vis-à-vis des arguments de son interlocuteur !

 

Si donc mes frères et sœurs, salafis ou ahbaches, vous voulez comprendre pourquoi je n’adhère pas à vos courants respectifs, que je combats d’ailleurs, c’est tout simplement parce qu’ils obstruent à la voie d’Allah !

 

Et pourquoi me diriez-vous ?

 

Parce que le salafisme est un non sens puisqu’une règle générale ne peut naître de quelques cas particuliers. En effet, être salafi, c’est « suivre le Coran et la Sunna selon la compréhension des pieux prédécesseurs. » Alors, je pose la question, à juste titre, et à toutes personnes douées par le bon sens et la clairvoyance, en quoi avons-nous besoin des salafs dans notre pratique quotidienne de l’Islam ? Où et quand les salafis mettent en pratique le principe de leur mouvement ? Quand ils prient ? Dorment ou travaillent ? Le lundi ou le samedi ?! Dans deux ou trois questions doctrinales accessoires de la religion peut être, comme celle des versets équivoques, qu’ils peuvent parfois aborder qu’une à deux fois dans l’année !? Exsite-t-il un livre qui condense les compréhensions des salafs comme ils en existent qui condensent les traditions du prophète ? Les salafs ont-ils dit qu'il fallait suivre le Coran et la Sunna selon leurs propres compréhensions ? J’ai donc le droit de m’étonner d’entendre certaines personnes, parfois des prédicateurs célèbres, se revendiquer encore de la compréhension des salafs alors qu’ils ne mettent pratiquement jamais ce principe en œuvre dans leur vie !

 

A partir de là, qui est le plus proche de la droiture ? Les pseudo-salafis qui veulent suivre le Coran et la Sunna selon la compréhension des pieux prédécesseurs ou mon humble personne qui appelle à suivre le Coran et la Sunna selon la compréhension même du Coran et de la Sunna ? En effet, pourquoi amputer une partie de la mission prophétique et ne l’accorder qu'aux pieux prédécesseurs, quel que soit leur mérite ? Quand Allah dit dans le Coran : « Nous n'avons fait descendre le Livre sur toi, que comme un éclaircissement de toute chose ? » (C16/89) « Et vers toi, Nous avons fait descendre le Rappel, pour que tu exposes clairement aux gens ce qu’on a fait descendre sur eux et afin qu’ils réfléchissent. » (C16/44)

 

Ainsi, si nous devons suivre quelqu’un en dehors du Prophète, car je reconnais toutefois que tout le monde n’a pas la capacité de comprendre directement le Coran et la Sunna par le Coran et la Sunna, que ce quelqu’un soit un savant, un salaf, un prédicateur, ou un maître spirituel, alors ce quelqu’un doit transmettre un enseignement qui tend à le faire disparaître, de sorte que le suivre, c’est suivre le prophète ! C’est uniquement dans ce cas, qu’il est légitime de suivre quelqu’un ! Par contre quand suivre quelqu’un, nous éloigne de la voie prophétique en raison de la déviation de l’enseignement que cette déviation concerne, la croyance, la voie ou la manière… alors c’est la porte ouverte à l’innovation blâmable, à la division et au sectarisme ! J’ai donc encore le droit de m’étonner de voir mes frères et sœurs citer abondamment cheikh untel ou cheikh untel, tout en négligeant les paroles de notre noble prophète ?! Qui est le plus attaché à la Sunna ? Celui qui dit Qala rasoul ou celui qui dit Qala cheikh ?

 

Voilà, pourquoi je ne suis pas salafi. Cela dit, j’avoue que revenir aux salafs est indispensable parfois, dans les cas, par exemple, non traités par notre prophète comme celui des attributs équivoques, puisqu’étant les plus proches spirituellement et temporellement de ce dernier, et par conséquent, les plus à même de le comprendre. Donc en somme on peut dire que je suis salafi, mais selon une juste mesure, c’est-à-dire quand il le faut car jamais je ne généraliserai mon retour aux salafs, si mon retour à eux ne se résume qu'à quelques questions secondaires.

 

J’ajoute que le salafisme comprend plusieurs courants et celui que je combats avant tout est celui des « inquisiteurs », celui qui s’affilie au Cheikh Rabi’ al Madkhali, et en raison duquel certains pseudo-salafis ont pour unique mission de chercher les failles des personnes influentes dans la oumma, parmi les prédicateurs et les savants, afin de mettre en garde contre eux ! Je m’étonne que certaines personnes ne se démarquent pas nettement d’eux par peur de la « mise en garde » ! Ils subissent, en quelques sortes, leur influence même s’ils s’opposent à ces derniers oralement ! Il existe donc un salafisme de la conscience et un salafisme de l’acte. Certains l’ont donc quitté en actes mais pas encore dans la conscience…  Cela est visible chez ces frères qui veulent bouger pour la oumma en proposant des projets bénéfiques mais qui sont encore attachés aux principes de la salafiyya comme « le coup de téléphone aux savants avant tout mouvement » ou « la mise en quarantaine des personnes ayant des failles» ! Ces frères là, ne comprennent pas la différence radicale entre le salafisme traditionnel et le salafisme réformiste ! Ils ne savent donc pas la dualité de leur propre identité ! Une externe, une interne comme ces musulmans dans l’apparence, mais occidentaux à l’intérieur !    

 

Ainsi, à part le groupe des pseudo-salafis, je respecte les salafis qui reviennent aux sources de manière traditionnelle, bien que pour ma part, le vrai salafisme, c’est-à-dire le plus proche de la vérité, est celui qui est réformiste. La différence entre le salafisme traditionnel et le salafisme réformiste se situe au niveau de la contextualisation. Le salafi traditionnel ne contextualise pas les textes, il opère une coupure entre les textes et le contexte de sorte que ce qui est interdit, l’est absolument. Ce n’est donc pas un courant qui va vers les gens, ce sont les gens qui vont vers ce courant. En effet, le salafisme traditionnel se réfère principalement aux savants et aux anciens de sorte que cette référencialisation empêche une certaine vivification de la religion, et fait, par déduction, de l'Islam : une somme de traditions !

 

A l'opposé, le salafi réformiste tend, quant à lui, vers l’idéal tout en tenant compte du contexte et aspire à la progression des gens par le respect des étapes et les concessions stratégiques. C’est ce courant qui permet l’amélioration de la société et des membres de la communauté. Je me revendique plus de ce second courant qui se singularise du premier par la profondeur de son enseignement axé autour de la notion du Tawhid, par la vision globale de la religion, et le respect des étapes dans la da’wa…    

 

En ce qui concerne les ahbaches, c’est le même problème ! Ils ont ajouté une mission à la voie prophétique en essayant à tout prix d’exempter Allah de la ressemblance à sa création, et ce, uniquement au niveau du discours ! Le Tawhid, c’est selon eux d’exempter à Allah le corps en interprétant tous les récits et versets équivoques qui présentent une ressemblance nominale entre Allah et sa création. Ainsi, vous les trouverez m’excommunier par ce que je les réfute puisque, selon la logique sectaire, si je m’oppose à eux, je dois naturellement adopter la posture contraire soit d’attribuer le corps à Allah. Ce qui est faux ! On peut donc s’opposer à des gens sans pour autant penser différemment dans le fond ! Or, le sectarisme empêche justement la compréhension de ce principe fondamental !

 

Je suis partisan, tout comme les ahbaches de la non ressemblance d’Allah avec sa création mais je ne renie pas les attributs par lesquels il s’est décrit dans sa révélation et surtout je ne m’attarde pas sur ces questions accessoires qui ne m’apportent rien spirituellement parlant ! Que dis-je ! C’est même un devoir de les délaisser car il fait partie de la Sunna ici, que de délaisser ce que notre prophète a sagement délaissé puisqu’il n’a rien omis de nous transmettre d’utile pour notre réussite dans l’au-delà ! S’éloigner de la voie prophétique ne peut être que nuisible par conséquent ! C’est pourquoi Allah dit dans le verset même que les ahbaches aiment citer : « Les gens, donc qui ont au cœur une inclinaison vers l’égarement, mettent l’accent sur les versets à équivoque, cherchant la dissension en essayant de leur trouver une interprétation. » (C3/7) Il y a dans le côté évident du Coran de quoi nous dispenser de nous pencher vers son côté équivoque…

 

En final,

 

N’ayez pas peur de vous démarquer des gens égarés ! Ne suivez aucun cheikh, ni aucun groupe en particulier qui vous éloignerait de la voie prophétique ! Adhérez au groupe des « croyants », revendiquez-vous uniquement de l’Islam et nommez-vous simplement « musulmans », tout en vous accrochant au suivisme de l’ultime messager…

 

Si je m’attaque aux groupes sectaires avec force et colère, c’est uniquement par amour de l’unité et de la vérité…

Mahdy Ibn Salah


 

 
     

Participant à cette conversation

  • Salem aleykoum, on m'a énormément incité à suivre (où rejoindre) ce chemin (minhaj salafi). La première personne qui m'a incité à cela est un non-musulman (selon lui, la parole d'Allah n'a pas touché son cœur malgré lui...) qui prétend que ce minhaj est le seul véridique. Il m'a même dit que si on dit uniquement : je suis le coran et la sunna (sans rajouter selon la compréhension des pieux prédécesseurs) et bien, nous devenons automatiquement des égarés. Bon, j'ai essayé de m'y intéresser mais il y a quelque chose qui me bloque, je ne saurais dire quoi. Donc, je me considère uniquement comme musulmane. J'aimerais juste vous remercier, car vos mots (vos différentes publications à ce propos) m'ont conforté dans ce choix. J'espère apprendre énormément auprès de vous et de ceux qui vous accompagnent et surtout évoluer... Qu'ALLAH vs récompense.

    il y a environ 1 an
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