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Écrit par Mahdy Ibn Salah  •  Catégorie : Croyances  •   •  Affichages : 449

  1. Est-ce que vous vous sentez concernés par un "grand débat sur l'identité nationale » ?
Plus aujourd’hui, il fut un temps où je me sentais concerné mais ce n’est plus le cas à l’heure actuelle en raison de mon engagement plutôt orienté vers l’humanitaire à une échelle internationale. D’autant plus que le paysage a énormément changé, en France, cette dernière décennie, en raison du traumatisme national lié aux attentats. Beaucoup se sont effectivement mis en retrait concernant le militantisme…

Ceci dit, mon retrait ne m’empêche pas de me prononcer sur certains sujets d’actualité lié à l’identité et à la résidence des musulmans en France car l’identité est un sujet qui renvoie à la foi.
  1. Quelle était votre première réaction à l'égard du débat en 2009 ?
Le débat sur l’identité nationale ne fut pas une surprise pour moi étant donné que j’avais abordé dans mon ouvrage édité en 2006 : « Nordine made in France » la question de la citoyenneté dans le dernier chapitre. C’est un phénomène naturel, une minorité tant qu’elle est invisible ne pose pas de problème au sein d’une société. C’est uniquement lorsqu’elle se développe et qu’elle devient de plus en plus visible qu’elle peut pousser l’ethnie majoritaire à se poser des questions quant à leur propre identité, de sorte de la définir afin de la « protéger » de l’éventuelle dissolution.

Aussi, les musulmans de France ont participé, en quelque sorte, au retour du mouvement dit « souverainiste », dont la vocation est justement la défense des intérêts et, de surcroit, de l’identité de la France contre la dissolution de cette dernière dans une mondialisation qui efface justement les frontières au profit des intérêts économiques de multinationales.

D’autant plus, que les crises globales qui s’annoncent, dans un futur proche, ne facilitent pas les choses pour les musulmans, étant donné la nature humaine à prendre une minorité comme boucs émissaires d’une situation dramatique quand justement les emplois et les biens deviennent rares et difficilement accessibles pour le peuple.  
  1. Comment définissez-vous votre rapport à l’identité nationale ? Quel est le rapport des "communautés musulmanes" à ce terme ?
A la base l’identité en France était une question de « sang » (naître d’une liaison ou l’un des parents est français) ou de droit du sol (l’acquisition de la nationalité s’opérait par le lieu de naissance) mais depuis le phénomène d’immigration massive, l’identité française s’est vêtue d’une dimension plus spirituelle à savoir ; être français, c’est, entre autres, désormais aimer la France…
Ainsi, l’identité est un terme qui varie selon l’angle à travers lequel nous le définissons. Et, à travers un référenciel républicain ; être français, c’est croire aux valeurs républicaines.

Certains musulmans complexés, par souci d’intégration, se reconnaissent dans l’association « islam républicain » mais d’autres y voient une contradiction patente car l’identité musulmane s’oppose au nationalisme, et ce, même celui des origines.
A la base, la république est un mode de gouvernance reposant sur l’élection du dirigeant, par opposition à la monarchie, et ce, dans le but de faire prévaloir l’intérêt, et le bien commun de tous, et non plus d’une caste (oligarchie).

Or, de nos jours on veut que la définition de la république et des valeurs républicaines soit en opposition avec celle de l’identité musulmane de sorte que se pose un dilemme pour le musulman de France, à savoir choisir entre « être musulman contre la république » et « être français avec un islam folklorique ! »

Il y a donc comme une hypocrisie, chez certains français qui veulent occulter leur islamophobie à travers le débat sur l’identité nationale et qui, consécutivement, font tout, par exemple, pour mettre les musulmans à l’écart de la société par la discrimination que cela soit au niveau de l’accession à des postes stratégiques ou à de grandes écoles, et ce, pour ensuite les blâmer d’être communautaires !  
  1. Est-ce que vous observez un changement au sein des communautés musulmanes concernant le rapport avec la France ? (Comparaison de la nouvelle génération de jeunes musulmans nés en France avec leurs pères et grands-pères)
Évidemment, que le rapport à la France est différent. Les générations précédentes étaient plutôt complexées et n’osaient pas revendiquer des droits. C’est à partir des années 80 que la jeunesse s’est affirmée, avec la célèbre « marche des beurres », et c’est dans les années 90 que l’islam s’est énormément développé.

Or, les choses se distinguent par leur contraire. D’où le fait que l’expansion de l’islam en Europe a provoqué des interrogations et a fait ressurgir à la surface chez les « souchiens » ce qui existait dans les profondeurs de l’être, à savoir une haine enfouie liée à la peur de l’inconnue et surtout à un traumatisme historique issue de l’époque des croisades.
  1. Être musulman et être français. Pourquoi les deux sont compatibles ?
Ou pourquoi les deux ne sont pas compatibles ? Tout dépend du repère à travers lequel nous définissons la notion d’identité. Le grand challenge des musulmans réformistes consiste justement à proposer une voie conciliatrice entre les deux identités de sorte de ne pas les mettre en opposition.

Le souci pour certains islamophobes, c’est que si les deux identités ne sont pas en opposition alors c’est l’identité musulmane qui en sortira gagnante car le mélange et la mixité sociale profite à l’islam car c’est essentiellement l’ignorance qui génère la peur et la haine d’où le fait que certains islamophobes travaillent à dresser des murs entre les musulmans et les non-musulmans de sorte d’occulter aux yeux du peuple l’imposture républicaine par l’action d’exploiter la peur de l’islam.  

C’est dans ce sens que nous pouvons comprendre l’exploitation médiatique du fait terroriste ! A savoir, dresser des barrières entre le peuple et les musulmans, en désignant ces derniers comme les boucs émissaires de la décadence actuelle, de sorte de protéger le système oligarchique de la France qui profite à une caste, qui a donc tout intérêt à manipuler le peuple à coup de démagogie, de manipulation, et d’hypocrisie, pour préserver leur prérogative !

Ceci dit, le peuple devient de plus en plus conscient ! C’est pourquoi, cela ne m’étonnerait pas que la censure se profile à l’horizon, démontrant le caractère illusoire du système démocratique en France…
  1. Comment définissez-vous votre identité nationale ?
Une identité se définit, selon moi, par rapport, à un idéal, une voie, et surtout un Etat de droit, juste et protecteur par sa législation de l’identité individuelle. Ainsi, la question qui devrait précéder le sujet de l’identité nationale est celle de l’authenticité car à quoi bon parler d’identité quand nous ne sommes pas en conformité, en tout point, avec cette dernière où que l’on applique ses valeurs et ses principes pour exclure et non pour inclure l’ensemble avec égalité ! Ce sujet me fait penser au réformateur Ibn Badis qui durant la colonisation en Algérie critiquait la France qui n’appliquait les valeurs de la république « Liberté, égalité, fraternité » seulement pour les leurs et pas pour les indigènes considérés comme des sous-citoyens !

Mahdy Ibn Salah
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