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Écrit par Mahdy Ibn Salah  •  Catégorie : Jurisprudence  •   •  Affichages : 251

Salam alaykoum, j'espère que vous allez bien.

Je vous contacte car j'avais besoin de l'avis d'une personne de confiance et on m'a renvoyé vers vous, que Dieu vous en remercie.
J'aimerais savoir si il est permit islamiquement pour une femme qui, suite a plusieurs grossesses et à l'age qui passe, souhaite embellir son corps pour son mari et ce, pour continuer à lui plaire exclusivement tout en cachant ses attouts aux autres personnes.
Je parle ici d'une chirurgie visant à augmenter et raffermir sa poitrine.
Est-ce que ceci lui est permis dans le cadre précité ou est-ce que cette femme devrait faire abstractions des technologies et chirurgies actuelles disponibles à cet effet. D'avance un grand merci pour votre éclaircissement, barakallahou fikoum.
Très bonne journée à vous, wa salaam alaykoum.

Wa 3aleikoum salam, akhi al karim,

C’est une question importante que tu poses car elle oppose les sources scripturaires avec le contexte actuel étant que la chirurgie esthétique n’existait pas à l’époque du prophète dans sa capacité à redonner à un attribut physique une jeunesse que le temps peut faire disparaitre naturellement comme la perte des cheveux, les déformations physiques liées aux grossesses etc…

Aussi, concernant la chirurgie esthétique, deux avis sont à mettre en relief :
  • L’avis qui l’autorise sous conditions
  • L’avis qui l’interdit
Le premier avis est celui de ceux qui considèrent que toute chirurgie à même de soigner, de corriger ou de redresser une anomalie physique consécutive d’un accident, d’une maladie ou d’une malformation naturelle est permise. Ainsi, c’est le caractère nécessaire de l’intervention qui confère à cette dernière son statut de permission.

Le second avis est celui de ceux qui considèrent que toute chirurgie qui ne relève pas du nécessaire mais plutôt de l’accessoire comme l’embellissement est strictement interdit étant donné que notre prophète a explicitement dit dans une tradition rapportée par Moslim : « Qu’Allah maudisse la tatoueuse et celle qui sollicite ses services, la coiffeuse spécialisée dans l’enlèvement des poils et celle qui sollicite ses services, la limeuse qui chercher à améliorer la dentition : elle modifient la création d’Allah. »

A partir de ce qui a été dit précédemment, certains savants autorisent aux femmes, moyennant la chirurgie esthétique, le redressement de leur poitrine, qui après maintes grossesses, se sont aplaties consécutivement à l’allaitement, à l’exemple du Cheikh Ibn Baz.

D’autres savants ne le permettent pas puisque considérant cette déformation comme le signe d’une évolution naturelle, et il est interdit de cacher des défauts causés par le temps.

Voilà, pour le côté technique de la réponse. Maintenant rentrons dans le profond de sorte que nous puissions tirer une sagesse.

A partir de quand l’intervention chirurgicale esthétique s’avère nécessaire ? Et qu’est-ce qui délimite le caractère accessoire et nécessaire de cette dernière ?
En effet, généralement la femme mariée aspire à refaire ses seins en vue de répondre essentiellement à deux besoins :
  • Celui de ne pas souffrir de ne plus attirer son époux
  • Et, celui de guérir de l’angoisse de voir son époux convoiter d’autres femmes
Ces deux besoins nous renvoient à un problème, en amont, à savoir celui de la standardisation par rapport aux normes d’une « beauté » à même de générer en nous des frustrations car à vrai dire ces questions ne se posaient pas à l’époque ancienne car la nudité du corps de la femme n’était pas exposée comme elle l’est aujourd’hui.

Ainsi, il est important de poser la question de l’intention car si le caractère nécessaire de l’opération chirurgicale repose sur une intention qui valorise essentiellement le physique alors cela risque d’altérer l’esprit même d’une alliance qui doit, rappelons-le, reposer sur la religion et le caractère et non sur le physique.

L’attirance physique n’est pas l’amour et beaucoup de femmes se trompent en associant ces deux éléments car un homme peut éprouver une attirance physique pour une femme qu’il n’aime pas, ou il peut aimer une femme vis-à-vis de laquelle, il n’éprouve pas spécialement d’attirance physique.

Mais je conçois que l’idéal est d’aimer puis d’éprouver simultanément une attirance physique car je reconnais que cette question est très importante car cela peut mettre de côté énormément de femmes vis-à-vis du mariage, surtout celles qui sont divorcées et qui des conséquences de multiples grossesses ont subi des déformations physiques qui jouent énormément dans l’éloignement des hommes, qui s’alignent généralement sur des critères de jeunesse dans leur choix.

C’est donc une question importante dont la problématique peut se résoudre si l’on s’attarde sur le sens que nous pouvons donner à la beauté car il y a carrément des femmes qui s’interdisent l’allaitement voire la grossesse pour éviter de perdre des acquis de charme ! Nous rentrons là dans une forme de divinisation de la beauté physique, et justement cette société dans laquelle nous vivons prône cette divinisation au point où des femmes musulmanes jalousent et envient d’autres femmes sur la base du physique, voire certaines se refusent à vieillir, ou que des hommes aspirent à sculpter leur torse avant chaque été !
C’est pourquoi, il est important à mon sens de travailler cette notion de beauté authentique, de sorte de ne pas la calquer sur une culture qui s’oppose à la nôtre, et ce, afin de ne pas souffrir de ne plus plaire physiquement.

Enfin, s’il y a possibilité de ne pas attendre la déformation physique pour se soucier de l’équilibre des bonnes proportions du corps en restant constant dans la pratique d’une activité physique alors on pourrait éviter cette problématique…

On pourrait développer davantage mais je pense t’avoir donné assez d’éléments.
Et Allah sait mieux
Mahdy Ibn Salah
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